mercredi, août 10, 2016

Il faut habituer nos pupilles à la nuit. Voir. Résister.

Poussières en feu, chute libre toute en lumière: l'idée de ses lèvres me perséide le corps, mais il se trace filant dans ma nuit, brisé.

Fais un voeu pour moi. J'ai fermé les yeux.

I'm sorry.

mercredi, juin 15, 2016

S'acharner à aimer la pluie, l'hiver, les tempêtes,
pour le temps qu'elles expandent,
pour le silence, le monde à soi et le froid.

Le froid. Ce qu'on connait le mieux.

Les guerrières n'en finissent plus de frissonner.


L'asphalte mouillée sur tous les km ou on a roulé, loin, jusqu'à l'essence des souvenirs qui perlaient mes doigts de la sueur de ta nuque.

Je suis seule, paisible, les sens forcés ouverts de pluies fébriles, d'odeurs marines, entre le ciel et la mer qui s'apaisent, s'entrechoquent et me mêlent, indifférents au reste du monde éclaboussé.

Les humains ouvrent leurs écrans noirs, éteints, au dessus de leur tête et parent la pluie dont je veux m'emparer, liquéfiée, mes pieds à contre courant vers le fleuve.
Le soleil orange se perd dans l'eau et moi, dans les souvenirs.
Inspirer le salin en chiquant la salicorne.
Revenir. Écrire la paix, un bout, sur un bout de serviette déchirée, avec des tout p'tits mots.

Vider dans l'horizon le temps de ses urgences.

Superpositions translucides. On a changé et le ciel est resté le même, impassible à nos explosions, à notre permanence. L'histoire du monde dans l'immobile, la nôtre toute idem. Du vent dans mon foulard rouge préféré, celui des luttes, souvent lassé autour de mon cou.
Il vole insouciant au vent marin, léger.

Mes pieds dans le sable, je suis enracinée dans tout ce qui importe: rien du tout.

Liberté.
Avoir assez vécu
découvert aimé fui senti souffert joui respiré
pour posséder le privilège profond
celui de revenir, de creuser, de comprendre
du superposer les images.

Toucher l'infini
et habiter le silence
le profond dans les solitudes qui se fondent.

mercredi, décembre 09, 2015

La moitié du temps qui prends toute la place, cette boule noire, chiffonée, dans le ventre, à la place que tu prenais avant, là où il n'y a plus rien d'autre, le vide jusque dans ma main inutile, la moitié du temps qui ne respecte pas ses frontières, la moitié de coeur qui manque, l'autre qui saigne. Je n'arrive pas à me mettre assez en boule pour disparaitre la tristesse, à me boucher les oreilles assez fort pour ne plus entendre pulser la douleur.

J'ai donné la vie, mis un peu de la mienne dans la tienne, puis elle s'en va trop vite, trop longtemps, pour me punir de ne pas avoir su aimer ton père.


lundi, septembre 14, 2015

Je ferme les yeux mais je ne m’endors pas.
Je tremble mais je n’ai pas froid.
Tu me vois jusqu’aux petites choses fragiles
Mon âme recroquevillée ne peut pas te toucher,
ne peut pas ne pas te toucher.

Frémir de désir, trembler, frissonner de peur
du bordel épidermique sur mon trouble viscéral.

Mon sang pulsé de vie, propulsé dans mes failles, doucement mon pouls panique. Et je regarde devant comme si je n’étais pas en train de me liquéfier.

Te regarder, te voir. 
Respirer la douceur et le feu dans l’espace qui s’ouvre.
Sentir mon sang qui fuit sous mes deux mains crispées
sur ce qui refuse de coaguler.

De la vie toute rouge coule sur mon corps, malgré moi. Je ne savais pas avant d’ouvrir les yeux sur toi. Je ne savais pas.
Avoir froid aux yeux ouverts. 

Je veux me penser de bandages doux avant de me mettre à l'air libre, pour ne pas te salir de mes veines ouvertes.
Arracher le morceau de verre planté dans ma confiance pour en faire un autre prisme et prendre tous le soleil.


mardi, septembre 08, 2015

C'est pas grand chose,
des couleurs qui se cognent dans mon ventre parce que, mes deux pieds hésitant devant ton précipice, mes papillons claustrophobes voient tes espaces à explorer. C'est mourir d'envie de vivre d'envies dont on est jamais mort, un peu.

C'est pas grand chose, et ça ne veut rien dire mais,
j'ai désappris l'enivrante chute libre, parce que la blessure du plein quand le reste est trop vide, et pourtant, je sens leurs ailes se réveiller, et j'ai eu envie du vent, et j'ai envie du vide comme une piste plutôt qu'un prélude à tomber.

Ça n'est pas grand chose, et ça ne veut vraiment rien dire parce que
je ne connais pas tes frontières, ton climat, ce qui pousse et vit chez toi, mais ton parfum fait vibrer mes petites ailes de papier de soie, celles qu'on est supposées dompter avec l'âge, comme si la candeur n'était pas l'essence de la vie plutôt que de l'existence.

Pas grand chose, donc.
Mais c'était devant toi.







samedi, août 08, 2015

Overload

Chercher ses mots comme son air alors que tout déboule, qu'on existe trop pour sentir la douceur des pauses du souffle.
S'inspirer, s'inspirer, s'inspirer, expirer de justesse, avant d'exploser, perdre le rythme et pourtant vivre tellement.
Haleter et se souvenir de ces moments ou l'orgasme le réclamait, rechercher la cadence et surtout, le vide qui inspire les mots, le vide qui exige.
Lost, les poumons qui brulent.
L'air.

Dans la frénésie, je veux du manque. Et par dessus, les parfums.
Des mots, du vent, du temps, et me poser sur balancier lent des contradictions.


lundi, mars 02, 2015

Essoufflements,
l'air de nos possibles sur moi
Je suis ailleurs, j'entends le vent.
Tu respires et je te respire.

Cadence forcée et ton visage qui me rape
ton sang chaud glace mon sang libre
tes canines appuyées sur ma lèvre endormie
Je retiens mes soupirs. J'expire.

Tu cours ailleurs, je crois,
longue foulée sans but, je crois,
et je ne crois en rien, je crois.
Je ne crois en rien. J'inspire.

Je n'entend plus rien, à moins que tu ne me le souffle
Mais tu cours.
J'expire. J'inspire,
le feu aux poumons et à ton corps.



lundi, février 09, 2015

Aimer les fleurs

Je suis oiseau enraciné, les deux pieds dans la terre,
dans une cage à ciel ouvert.
Sentir le vent. Tout entendre. Respirer.

Respirer.
Prendre en soi l'air qu'on voudrait sous nos ailes.
et ce ciel encore au dessus de nos têtes, de nos plumes
celles qu'on a perdu, celles qui nous sont restées fidèles.

Plumes amoureuses d'une petite fleur.
La regarder grandir, comprendre l'amour de toute son âme,
taire ce corps qui brûle de voler, de l'emmener voir le monde.

Le ciel n'est pas assez grand, de toute façon
pour rendre hommage à la liberté
mes ailes qui tremblent choisissent de rester près d'elle
de la protéger du vent, du soleil, et des pluies
jusqu'à ce qu'ils l'emmène.

Voler dans ma tête, seul infini réel, à m'étourdir dans les coins.
Aimer le ciel et les fleurs, de toutes ses plumes,
celles qu'on perds et celles qui nous restent fidèles.


lundi, décembre 29, 2014

Black hole

Derrière l’horizon des événements, je brûle
La rage compacte, la tristesse noire,
la lumière qui se fait avaler.
Tellement d’énergie que tout est englouti, déformé
Perdue au centre de l’infinitude, sans formules pour me calculer.
Invisible.

Se décaler vers le rouge, rayonner en s’évaporant
entourée de planètes qui brulent en ne pouvant pas s'empêcher d'être magnifiques, elles.
Avoir encore besoin de l'univers pour planter son impression d'être.
À 32 ans, dans la relativité des âges, minuscule.
Puis aller vomir, et voir tout partir dans l'ellipse des toilettes. Du tangible. Merci.

Ça brille dans le noir et le ciel est clair. Les perles évaporées se perdent sans gravité. 
Invisibles.

dimanche, octobre 26, 2014

Le bruit du verre qui casse, libre.
Un prisme de lumière éparpillée.

Une larme de sang coule. C'est qu'on était vivant.
C'est qu'on l'est encore, j'imagine.

De la lumière et le sombre des fluides qui viennent la border.
On vit, on aime, on s'explose.

Ravaler du sel.

On l'est encore, vivants,
le coeur battu qui bat quand même.

Se relever. Vertige essouflé
Un arc en ciel sur un bout de verre tâché. De quoi continuer.

Le bruit du verre qui casse, libre. Un prisme de lumière éparpillée.




samedi, août 16, 2014

Furtif. Un petit battement de cœur attendris déboule en silence sur nos lignes trop parallèles.

Laisser un soupir ici, pour ces deux traits qui ne se toucheront jamais.


Petite déception qui ne fera pas les lignes du journaliste.

jeudi, août 07, 2014

Faire des boites, alors que tout tremble.

Faire le tri de ses souvenirs, des fragments des jours passés:
des vieilles photos intactes, le coeur qui déchire
des carnets plein de mots des jours fluides, comme ce qui mouille les yeux.

Alléger la boite des souvenirs, le coeur lourd:

Nostalgie: Avoir capturé l'image du bonheur vidé, avoir mal de ne plus posséder l'instant, sentir les possibles avortés, se rouler dans la conscience. Fumées.
C'est une poussée de rage de vivre, aussi., nourrie de conscience que le bonheur qu'on a maintenant fera un jour aussi mal que ces mots et ces visages immortels et égarés.

Mourir sera insupportable d'avoir été aussi heureux. Au moins, on meurt un peu parfois en train de vivre, comme pour se préparer. Au moins, il y a aujourd'hui, pis tout ce que je ne regretterai jamais parce que ça me déchire les entrailles au présent, et malgré tout, toute cette beauté.

Refermer la boite jusqu'au prochain séisme, alors que mes terres humides tremblent encore.

mercredi, décembre 04, 2013

Pendant que ma fille sourit à ses aquarelles, recouvrir mes cahiers de trainées d’encres sombres du creux des yeux, droit sur la déchirure du papier tellement glacé. Mine de rien, surtout.

Ça fait mal partout, juste de se tenir debout, et de craindre à chaque moment de se liquéfier, de devenir une tâche d'encre incompréhensible pour des petits yeux, sur les tuiles.

2013 aura tout gribouillé : coup de ciseaux violent au milieu des couvertures qu'on ne lira plus, où mon coeur était réfugié, trainée noire ou rouge, peu importe, je ne vois plus, les yeux fermés de toute mes forces. Je ne sens que les pulsations insistantes de mon coeur toujours vivant qui n'a pas compris qu'il se vide.

Reste l'innocence des aquarelles de toute couleurs, et l'idée qu'on peut tout réparer avec du papier collant. Se forcer à voir et à croire.

dimanche, octobre 20, 2013

Se sentir vidée de son sang, de force, et vomir ce qui reste.
Dessiner dans la cadavérine rouge, la mienne.
Me voir dans tes yeux rougis, désertée.
La petite aiguille continue de tourner, le tic tiac énervant
qui fait craindre l’absolu silence...



Se voir d’en haut.


C'est du souvenir que l'on souffre, de loin, de trop loin,
de n'entendre même dans l'écho de soi que le silence,
de sentir le froid cadavérique sur nous, sous le ciel déchiré. 
Impuissance invétérée, éviscérée d'espoir comme un vieux squelette,
et ce puissant silence qui me lacère les oreilles...


Se voir d'en haut. Ensemble, de part et d'autre, mélangés de nos larmes. Ne plus pouvoir hurler de douleur.

Et se voir bouger encore, sous la lumière de la lune.

mercredi, septembre 25, 2013

Partir, et naître.

Les mots manquent dans le jour qui s’efface, dans l‘hésitation de la lumière qui dit au revoir aux choses avec douceur, avant de les quitter, incapable de partir, de savoir devoir aimer de derrière la lune pleine, de bien trop

Le chemin est une voie lactée : rien du tout, immense, crachant la lucidité de se savoir perdu dans l’infinitude pourtant finie.

Les étoiles explosent de partout. Et dans ce cimetière, tu nais.

Ce qui meurt sans permission, ce qui refuse de ne pas naitre; je ne contrôle rien, les oreilles bouchées, fragile dans l’instant.

Mon propre cri se mêle à celui de la douceur qui vient au monde: son premier hurlement est une prise d’air qui renverse le sens des choses, la puissance impossible à taire. Et je la prends, pleine de mon sang, chaude, sortie de moi : liberté parfaite, bien qu’un peu bleue. Je l’aime tout de suite, émue, en me vidant de mon sang.

Mourir de l’envie silencieuse que tu me blotisses, tremblante, au fond de toi, pour un instant infini,

juste pour faire passer la douleur et la solitude de cette naissance, si belle au fond.

jeudi, septembre 05, 2013

Traversée

Arrivée sur la mer, de la nécessité d'être aussi perdue sur la carte qu'ailleurs, que de l'intérieur.

Retrouver la cohérence, se décontextualiser pour mieux retrouver la permanence de soi et du monde, l'essence. Tempête. Je roule, j'oublie, me souviens.

Le ciel se déchire. Ça résonne de l'intérieur. La pluie bat comme des larmes. Douceur. C'est trouble dans les yeux. Attendre, dans le silence qui laisse toute la place à la turbulence des pensées. Les éclairs dehors relient la douceur du paysage et les larmes enragées du ciel. Tentative de l'électriser. 

Mer remuée, se tordant de dessus et de dessous. Ma voiture est un lounge panoramique en attendant la traversée. La destination n'est qu'une excuse. On ne sait pas où on va, mais on en revient pas pareil.
Ça parle d'espoir, ça parle du monde. Ça parle d'amour.

mercredi, août 14, 2013

Manquer

Caresse l'horizon de la nuit, cherche le coeur de jais que l'aube recouvre de chair. 

Il mettrait dans tes yeux des pensées innocentes, des flammes, des ailes et des verdures que le soleil n'inventa pas. 

Ce n est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance. 

-Paul Eluard