vendredi, juillet 28, 2006

Décalages

Tenter d'ouvrir mes yeux qui s'y refusent. Scene maintenant familière, le regarder se préparer a partir de mon point de vue horizontal. Nos draps et notre boulot sont en décalage. Un syncronisme que nous retrouvons parfois lorsque le jour se lève. Revisiter un sentiment d'enfance: je ne veux pas aller a l'école. Disons qu'on est malade. Reste toi aussi et allons nous promener dans la ville. Refermer les yeux sur le bruit de la porte. A demain.

Apprendre a glisser du Je au Nous parfois. Et de garder un peu de nous en moi.

Se pousser hors du lit pour se rendre compte que le corps fait la grève ce matin. Mal de tête et de coeur en sourdine, essayons de ne pas y penser et d'être sage. Se rendre compte que l'esprit est tout paisible ce matin. Avoir la foi en des choses qui me dépassent comme si les étoiles avait laissé un peu de poussière de lumiere sur mes paupieres en souvenir. Avoir tout le jour devant moi, décider de ne rien en faire et d'apprécier le vide. S'accomoder du rythme que la pulsation dans ma tête impose. Avoir toute la nuit a anticiper et avoir envie de la passer avec mon chat, tranquille. Le travail entre les deux. Oublier jusqu'a mes 24 ans les chambres vide et encore plus ceux qui sont pleines, les visites et toutes ces choses si loin du bonheur qui prennent une trop grande place dans mon esprit. Revisiter ce sentiment d'enfance et ne pas vouloir aller travailler.

Se perdre sur la toile, dans une boite aux lettres, en Europe, en Afrique, sur le toit de Tchernobyl ou a Hirochima, oser me dire que l'énergie nucléaire pourrait être intéressante si les hommes n'étaient pas ce qu'ils sont. Admirer de jolies photos d'avions. Enfin trouver le "À" du clavier par mégarde en regardant le vieux paquet de Players métallique.

Revisiter ce sentiment d'enfance, si fort, et se savoir presque une grande personne maintenant. Maman, je suis malade, je ne veux pas aller à l'école.

Si vous me cherchez, je serais au boulot.

jeudi, juillet 27, 2006

Pause

S’écrouler une heure dans la moelleuse couette puis s’éveiller contre les habitudes au son des enfants qui s’amusent dans la ruelle. Avoir eu juste assez de connexion internet pour voir cette petite enveloppe sur le sigle d’entourage. Retrouver un peu ces noeuds au ventre comme quand il m'écrivais de Peterborough, la nuit. Et que je l'aimais déjà.

Déblatérations nocturnes

Seule au cœur de la nuit comme la lune qui veille. Si bien. La ville sous son voile de sommeil se fait plus humble et laisse voler mes impressions entre ses buildings. Passer par là, aller à l’autre bout du monde.

Chinook est en boule, bien callé dans le plus moelleux de la couette, la tête sous la patte, détendu et heureux. Et il ne dort pas, les yeux en fente qui s’agrandissent chaque fois que je le regarde avec trop d’insistance. Qu’il est bon d’être la maîtresse d’un mâle qui vous vénère, qui ne voit que les retrouvailles dans les petits abandons quotidiens.

On devait conquérir le monde ce soir sur la planche de jeu mais on a finalement parlé de vraie guerre, de politique, d’égoïsme et de thèmes connexes aux Minots, ce petit bar ou on commet la bêtise incroyable de mettre du pastis dans tous les drinks.

Alors je me retrouve à une heure trop tardive avec mon chat et mon insomnie à contempler la lumière tamisée qui coule sur le mur de brique.

Je pense à ces gens à coté de nous qui parlaient de refaire un monde libertaire et égalitaire et qui, aussitôt sortis du bar, étaient trop occupés à ridiculiser un itinérant pour se souvenir de leur nouvel ordre des choses et je suis prise d’une lassitude extrême.

On ne refait pas le monde avec des paroles, mais avec des actions teintées de tolérance et d’amour pour l’humanité.

A quoi bon détruire le système à coup de brique, de manif et de discours passionnés si on ne propose rien d’autre, si on arrive pas à appliquer ses grands principes moraux aux petites choses. Sauver les enfants des pays émergents et ignorer la souffrance des gens à coté de soi. C’est plus exotique.

Partout, l’attitude est plus importante que les actions pour redonner aux gens qui ont besoin ce qui leur manque pour devenir aussi des bâtisseurs du monde. Et pour ça il faut croire en eux. Le monde n’a pas besoin de missionnaires recherchant de quoi nourrir leur égo. Aider, c’est avant tout offrir sa confiance autant que ses mains, d’égal à égal. Surtout ne pas renforcer ce sentiment d’impuissance et d’incompétence sur leur vie.

Je me sens lutter contre la brume de fatigue qui s’étend devant mes yeux. Cédons-y. Bonne nuit!

mercredi, juillet 26, 2006

Hallelujah

Les journées se rythment a la fréquence des coups de pédale et nulle part je ne me sens aussi bien et chez moi que seule sur le siège de mon vélo. Les doigts tachés de sang de fraises, je me prépare à repartir sur cette piste cyclable qui sert de couloir a "mes" appartements trop dispersés.

Rufus Wainwright dans la tête. Un echo à mon humeur.

"Love is not a victory march, it's a cold and it's a broken hallelujah"

La sensibilité me sort douloureusement de chaques pore de peau ces temps ci, a mesure que le stress s'en va. Et pourtant, je suis heureuse. A me demander ce que j'ai, je crois que j'aimerais seulement me sentir utile. A quelque chose, à quelqun... J'ai envie de donner, de redonner, de partager, à en manger mes bas. Et plus je suis heureuse, plus ça déborde. Je donnerais n'importe quoi pour que tout le monde ait droit à sa part de soleil, mais mes bras tendus sont vides et impuissants.

Je souffre de l'injustice de voir mon reflet heureux dans des yeux tristes. Un écart insupportable.
A en avoir envie de supplier un dieu qui devrait veiller sur nous. De faire quelque chose. De faire ce que je n'arrive pas à faire. Et voilà que mes inutiles larmes me mouillent les joues. Je suis en colère contre un dieu que j'aime.

La vie est une musique si belle, mais aux accords parfois si tristes. Et vivre vraiment, c'est savoir entendre la musique dans l'innocence d'un enfant qui s'amuse et celle qui filtre dans le désespoir de quelqun qui vient de tout perdre. Parfois, j'aurais envie de retrouver et de battre le chef d'orchestre. Mais elle est la la beauté, même dans les plus grands maleurs, dans des yeux adultes qui se reconnectent avec leur humanité profonde, comme le font les enfants, et alors même si la musique n'a pas de sens, elle est belle, même si elle nous chamboule pour rien.

J'aimerais baisser le son, qu'on me chuchote la mélodie. La musique ambiante se fond avec les airs doux et enjoués de mon coeur pour en faire cet accord secret, ce "hallelujah"

"There's a blaze of light
In every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah"

mardi, juillet 25, 2006

Altitude et vertiges

Cette plume abandonnée que je lorgne depuis ce matin, au coin du bureau. Une rage d’écrire entre la cuve de la laveuse et le sac à poubelle qui se remplis si vite de toutes ces inutilités que je garde.


Sentir la paix de mon cœur et en être prise d’un vertige incontrolable. Me savoir en équilibre sur la plus jolie des ficelles, fragile, le souffle court, l’infini en haut, le sol sous soi, à se demander ce qui existe le plus fort, si mes ailes savent emmener mes pieds. Le doute et la foi qui s’engueulent.

Fermer les yeux, et croire très fort que le sol n’est qu’un tapis de nuage quand on est si haut.

L’autre jour, j’ai volé. Avec lui. Exploré la quatrième dimension. Vu le sol habité sous sa véritable importance, tout petit, et moi minuscule au dessus, mais le bonheur qui reste le même, qui veille sur nous comme l’étoile polaire, qu’on traîne avec soi comme un baluchon.

Je me sens voler si souvent, et sans moteur. Cet avion, une métaphore de mon âme, de nous deux.

Tous les bonheurs sont si fragiles. Se faire minuscule pour mieux toucher cette mince couche de lumière qui enveloppe les instants, cette couche que les petits doigts curieux des bambins explorent avec une inconscience bénie. Jouer avec la vie de cette luminescence que l’on crée.

Il existe quelque part un garçon dont les yeux infinis, multicolores et si profonds, rendent impossible la fin du monde. Et toute cette chance de l’avoir si près de moi. De regarder ensemble dans la même direction, en haut dabord.

mardi, juillet 04, 2006

Un ciel de tempete

Les éclairs brisent la tranquilité de cette nuit chaude; la violence de ces différents courants qui se heurtent. Ça fait peur aux enfants, mais ça fait de la lumière et éclaire le ciel nocturne. Splendide. Et dans les vitres du taxi, le monde ressemble à un Monet avec ses flous si jolis. Les taches rouges des phares des autres voitures coulent sur les vitres (un peu à la manière des cornichons des hamburger McDonald que nous faisions courser sur les vitrines du restaurant à l'heure ou les bars de Joliette fermaient...). La fièvre rends probablement l'effet encore plus marquant. Heureusement que mon chat veille sur moi par procuration. Je vais rêver en paix à des tonnes de couleur pour prendre du mieux.

lundi, juillet 03, 2006

Chut

Donner un sens au silence, sans le combler.

mercredi, juin 28, 2006

Les 4 éléments



Chapitre 1:
Terre

Toute petite, les bois, mon refuge. Comme si rien d'autre n'existait que mes petits pieds sur le sol meuble. Les arbres ont protégé ma part d'enfance. Sous les sapins creux sous leurs branches, des rires, quelques sanglots parfois, mais surtout, tous ces rêves a sculpter d'argile avec de petits doigts créatifs et mal affermis. Sentiers. Sables. Terre. Réalité.
Tout ces fruits encore a cueillir avec la fougue naïve de trois petites pommes.
Partager cet espace, ces petits arpents qui m'étaient infinis: le 4 roues, grand-papa, l'odeur de la terre mouillée.
Malgré le reste, mes racines.
De la terre, apprendre à être.
A vivre.
Simple, ancrée, forte.


Chapitre 2: Eau

Regards sur mes écrits d'adolescente, découverte de ces flots intérieurs, une vie décuplée, insoupçonnée, puissante. Des passions qui coulent, rafraichissantes, sur la terre. L'écume de la rage que l'on ramasse entre les doigts, bulles translucides dans le soleil
De l'eau, apprendre à être.
A vivre.
Fougueuse, heureuse, enjouée.


Chapitre 3: Air

Se promener la tête dans les nuages, les yeux perdus de soleils, se porter vers l'indéfinis par surplus de passion, curieuse de tous les chemins qui mènent au delà de soi. Rêver des ailes que l'on sent dans son dos. Savoir.
De l'air, apprendre à être.
A vivre.
Libre, rêveuse, légère.


Chapitre 4: Feu

Se laisser porter par le monde, l'étincelle de vie, l'énergie qui nous prends dans une combustion spontanée. S'être imbibée d'essence pour mieux brûler sans rien attendre. L'amour de vivre comme celui qu'on reçoit. Les flammes bleues, les tisons qui montent au ciel comme nos rêves, le vent qui rallume les braises de la véritable passion alors qu'on les accuse d'éteindre les feux de pailles. Cette flamme qui danse, qui meurt et ne cesse de naître. Ce que les humain ont tant cherché, vénéré, qui réchauffe et tempère la terre, les eaux et les vents, ce qu'on a pas sans maîtriser le reste.
Du feu, apprendre à être.
A vivre.
Passionnée



Un prologue qu'on ne saurait écrire, plein de promesses. Tout vit dans une poignée de terre et de cendres chaudes, humides, qu'on respire à plein poumon. Être. Complète. Équilibrée.
Être et devenir.

dimanche, juin 18, 2006

Des nuages et de la boue

"Par delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s'envole encore
Plus haut, plus haut
Le coeur est un oiseau"

Je me sens toucher du bout des doigts, fébrilement, les mottons d'ouate. Un ciel chargé pourtant sans présage de pluie. Que du bleu, que du blanc. Que du grand air plein les poumons.

En contraste, le monde qui continue à tourner. J'ai eu ce soir le courage ce soir retourner aux nouvelles.

En banlieue d'Ottawa il y a quelques jours, le groupe Bilderberg tenait une autre réunion dans le silence le plus total de la part des médias, protégés par un groupe de mercenaires de la société Globe Risk. Et qu'on me parle de saine démocratie.
http://lyon.novopress.info/?p=1471
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2464

Ça ne vous intéresse pas? J'aurais alors envie de vous engueuler, à peine gentiement.

Prise de conscience. Les politiques affectent des gens. Plus ou moins intensément. Directement, mais avec quelques intermédiaires, permettant à ceux qui bénificient de cette misère de se donner bonne conscience, de garder les yeux fermés.

Gardons les yeux ouverts, en choisissant de regarder en haut parfois, se bornant à ne voir que le meilleur de l'humanité, pour mieux arriver à tendre la main et ne pas détourner le regard devant la réalité cruelle, se battre, changer le monde. J'y croierais toujours. Et vous le dirais toujours avec passion au coin d'une chaleureuse table partagée en espérant qu'a défaut d'agir, vous appuirez.

Sans jugement, en toute conscience des jeux de pouvoir qui se joue, j'aimerais qu'on se souvienne simplement que la petite fille qu'on entends s'appelle Hoda.
http://www.aljazeera.net/mritems/streams/2006/6/10/1_624384_1_43.swf

On a au moins le devoir de savoir, de porter un peu le poids de la honte. Même en oubliant toutes les autres raisons. Comme si Hoda était la seule.

Insupportable, mais réel. Le pire des film d'horreur se jour live.

vendredi, juin 16, 2006

En m'endormant

La vie après minuit.

Dehors, le coeur plein de cette femme, petit animal blessé, qui dort dans notre dortoir, enfin apprivoisée, je me reconnecte ailleurs;

Dehors je marche, la jupe qui danse avec le vent du soir sur les débris de stroboscope qui meurent sur les trottoirs. Et cet air de blues, incongru dans ces rues ou l'on cherche à oublier. Rues colorées de contrastes, marquée par l'arc-en-ciel. Ressentir la musique. Ressentir tout court.

Apaisée par la pseudo-folie ambiante. Le bus. Mes clés prodiges dans la serrure, le corps qui rêve de nuages de plumes. Épuisée et heureuse.



Je voudrais être un renard ou une rose, mais surtout, qu'on me dessine des tonnes de moutons.

lundi, juin 12, 2006

Week end de pêche

Trajet vers St-Charles de Mandeville
Vendredi 9 juin 2006


J’ai envie de tout dire pour que les mots ne s’effacent pas, pour donner de la valeur au moments qui se fanent à peine nés, pour s’agripper à l’existence sur laquelle on ne fait que glisser. Mais j’ignore les mots et les choses.

Dans l’autobus, le même toujours, depuis des années, ce chauffeur témoin de mes départs, de mes retours surtout, ces retours vers moi même, différentes et toujours la même à chaque fois, différente, mais toujours la même enfant en moi. On efface pas son chez soi, la terre de laquelle on est faite.

Me reviennent tous les sentiers parcourus, le petit chemin menant chez grand-maman pleins de feuilles multicolores au ciel et sous mes pieds en automne, les glaçons géants transformés en diamants précieux, les grenouilles sacrifiées à nos expériences. Souvenirs... Légers. doux. Précieux.

Sombres. Douloureux aussi. La fenêtre ouverte sur les poulaillers sales, sourds et aveugles qui ne m’entendent jamais pleurer, peut-être parce que mes joues restent sèches, que j’ai oublié comment faire, submergée par les raz-de-marée de la colère. Oublier mon petit corps pour vivre dans ma tête, pour survivre. Les larmes sont au corps inutiles lorsqu’il hiberne.

Et puis vient un temps pour la paix et l’acceptation. Parce qu’on a pas cru et qu’on a pas cessé de croire. Parce qu’on a le choix.

Je regarde la vie défiler, calme, paisible, au son du moteur qui ronronne, à travers la vitre de l’autobus. Il est si beau le monde…

Aujourd’hui mes larmes me rappellent la vie qui coule, qui coule toujours lorsqu’il est temps de descendre du bus, enfin arrivée mais sans destination, la vie au coin de l’œil humide. Les rivières aussi tortueuses soient elles sont toujours pleine de cette énergie des flots embellis par les obstacles. Et c’est ce qui importe. La vie, simplement.


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Dimanche 11 juin 2006, veille du retour à Montréal

C’était une fois, moi pis mon grand-père, on était allés sul résarvoir d’la Zec des Nymphes pour pêcher comme autrefois. Il ventait à écornifler les bœufs pis y faisa frette en sœur grise, tellement que les damoiselles était restées au shack pour pas dérencher leurs coiffures. On était là depuis un bon moment avec nos canne pis nos vers à pogner rien que du fond, à tchecker les amanchures des autres chaloupes, on commencait à pu pouvoir mettre les vers sur les hamecons tellement c’était frette. Ça fait que la, j’me prends une sanwiche en espérant me réchauffer les doigts dans le pain, pis soudain que ça mord tu pas su ma ligne. Des p’tits coup ben secs ben comme il faut, ça fait que là, j’le pique ben comme faut d’in ouies, pis j’commence à mouliner comme une pardue la sanwiche encore dans yeule. La canne qui plie comme si c’était l’bon dieu qui tira sur l’aut bout, j’te le dis mon gars, la j’savais qu’j’avais quek chose de gros en gériboire. Ça tirait tellement que la chaloupe penchait du bord de ma canne pis que j’avais une misère noire a la tenir. Pis mon rill qui slack. J’viens a bout de ramener, pis j’la vois su le bord d’la chaloupe : une grosse truite d’AU MOINS deux pieds, mon gars, qui s’gigotte au bout d’mon fil. Pis c’est la qu’le fil à peté, sœur grise de gériboire de st-sacrement.

Aussi bien raconter des histoires de pêche…

Malgré les petits fruits et les fleurs avec les fillettes, malgré leurs petites confessions et réflexions mignonnes, malgré la pêche à la ligne au bout du quai avec ces grands garçons que j’ai jadis bercé, malgré la complicité avec grand papa, malgré la joie de revoir la cousine, malgré le son des chutes, malgré cette fierté de voir mon petit frère dans son premier chez soi, malgré le soleil qui joue dans les cheveux des 12 flo avec qui j’ai joué toute la fin de semaine, malgré les truites, malgré tout ce qui fait habituellement mon bonheur, je reviens à Montréal le cœur un peu gros.

Pour ce qui devrait être de petits rien aussi. Tellement. De petits airs, moins de regards, surtout cette longue conversation qui termine tout juste avec frérot…

Pour une atteinte à un courage que j’ai fragile. Non, je ne suis pas aveugle.

Il y a pire que la tête qui explose et les IRM. Il y a ce qui se voit sans qu’on comprenne. J’ai jamais cru nécessaire d’expliquer même si je le fais parfois. Et quand je me résigne à expliquer, cette pitié, ça me dégoûte. C’est soudain autant pour moi que pour tout le monde, ce n’est pas facile, je travaille fort à me voir la-dedans. Mais on va finir par me convaincre que c’est la fin du monde.

Mais non, je refuse ça. C’est peut-être ce qui me prendra le plus de force.

Moi je suis heureuse d’être là et de vivre. Et à l’entendre, ce petit frère que j’adore, je devrais me cacher jusqu'à ce que ça ne paraisse plus. Arrêter de vivre pendant un temps alors que cette perspective m’a terrorisée. Je refuse avec colère et obstination. Rien ne m’empêchera de vivre pleinement. Surtout, mais surtout pas ça. Ce serait débile.

Je refuse de payer deux fois pour ce qui m’a déjà fait assez de mal. J’ai été malade et je m’en remet, est ce que quelqu'un peut le comprendre? Peut-être pas. Mais je n’aurais pas honte et je continuerai de m’en remettre avec sérénité, jusqu'à ce que je me retrouve et que ceux que j’aime n’aient plus cet air que j’aurais envie de leur faire ravaler.

J’ai toujours été la plus en forme de vous tous. N’ayez crainte, ce n’est qu’une question de temps… Et allez au diable! Défoulée. Plus envie d’en parler. Pas d’énergies à gaspiller la dessus.


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Trajet Joliette-Montréal
Lundi 12 juin 2006

Ce que je les adore ces petits. Ils m’ont laissé de jolis mots pour mon retour, avec quelques dessins dignes de picasso pour les plus petites, glissés dans mon sac comme un rayon de soleil auquel on ne s’attendais pas. Être la doyenne des petits enfants est une position enviable. Janie-Pier, Émy-Jade, Marie-Soleil, Sam, Chloé, Mumu, Dany, Raph, Val, Olivier, Mély, Mélodie. J’ai le beau rôle.


J’ai surpris Sam et Mumu hier dans une grande discussion, à savoir, Anick est elle un enfant ou une grande personne. Mélodie à tranché la question. Elle, elle est petite parce qu’elle vient de « naisser ». Moi je suis une grande personne petite, mais je suis pas une adulte parce que je n’ai pas de bébés, que je vais à l’école et que je joue à voler avec elle. Elle m’a aussi dit que j’allais guérir parce quand on est « naissé » depuis pas longtemps, on meurt pas, il faut donner un bisou sur le genou pis ça guérit.

Une opinion d’experte sur une petite éraflure, grande conversation en ceuillant des petites fraises et des fleurs pour grand maman avec Janie et Mimi. Toutes à l’age ou on montre ses 2 ou 3 doigts comme un exploit qu’on à réalisé, le résumé d’un récit de voyage ou on a tout à apprendre. Le soleil a toujours de plus beaux reflets dans les cheveux des enfants. D’immenses sourrires, si sincères, des yeux timides qui brillent encore plus quand on les a apprivoisé. La complicité la plus pure.

Je me sens près d’eux, une communion d’émerveillement. Déjà hâte de les retrouver.

Retour à la course Montréalaise, meeting à la mission. Réalité. Et j’ai oublié mon fil pour recharger chez grand maman… Fin forcée

vendredi, juin 09, 2006

Gone fishing

Une petite pancarte de bois accrochée fébrilement avec un vieux clou:

Gone fishing...

lundi, juin 05, 2006

Voler

J’ai toujours rêvé de voler, mais tomber du ciel est une idée délirante, chouette. Plus d’une minute de chute libre avant d’ouvrir le parachute. Le 22 juillet, je vais me dire qu’il vaudrait mieux que je me taise parfois, regretter pendant 10 seconde avant d'être prête à y retourner. Tomber du ciel pour rire de toutes les fois ou c'est lui qui est tombé sur nos tête.

Carpe diem. Des secondes qui comptent, vivre. Même si parfois, souvent même, la peur me fait trembler. On en meurt pas d'avoir peur, pas souvent, jamais totallement. On meurt de fuir. De ne respirer que par le nez. On ne peux tester ses ailes qu'en se laissant aller dans le vide parfois.

Une envie soudaine de relire Courrier Sud. Parce que vivre, sans doute, c'est autre chose. Tellement.

***

Vivaldi, Yan Tiersen et Jack Johnson ont mis de la magie dans le dortoir de la Mission ce soir. Je les emmène respirer l'air des nuages, là ou elles ont toutes le droit d'être heureuses à leur façon. Qu'elles volent un peu au dessus du nid de coucou.

mercredi, mai 31, 2006

Je pédale forever

J'ai battu mon records. Moins de 10 minutes pour aller du travail à la maison. Parcours suicidaire ou les nids de poules géants de la rue Ste-Cath ressemblent à une épreuve de fort Boyard.

Ce qu'on s'amuse, et personne ne le sait.

* * * * * * * * * * *

Une continuité, une seule, tout change sauf la passion de se transporter sur deux roues. Dans la vie, dans ma tête, être une cycliste. Je suis la même et presque une autre, ces vents qui nous rendent plus fortes, ces fouilles qui nous apprennent à nous relever, et tous ces paysages, splendides, désolés, qui défilent sous les yeux, infinis. Métaphorique, je pédale.

Une crise de rage de vivre solitaire, un flot d'adrénaline et de l'air plein les poumons. Narguer la fatalité et les automobilistes en file. Foncer dans la vie comme dans les vents de front, les yeux grands ouverts. Je pédale.

Au rythme de ma respiration saccadée, cette montée qui n'en finit plus et mon sac qui me colle au dos, pour le plaisir, celui d'exister, de vivre. D'apprécier les pentes descendantes avec le souvenir, l'apprentissage des montées, ennivrée d'endorphines. Je pédale.

Corps-à-corps avec mon vélo, un soulier clippé, l'autre libre et vif, pour avancer plus vite, pour parer aux imprévus, mieux stopper, contourner ces connard qui subitement ouvrent leur portière en me laissent le choix de me faire emboutir ou de foncer dans l'obstacle, je deviens habile, légère, rusée, je vous nargue de plaisir et je pédale.

Un jour, on s'élance sans savoir que plus personne ne nous tiens derrière. Une instant de terreur lorsqu'on s'en appercoit, puis cette fierté dans notre fragile assurance, les petites botines acharnées, la démarche qui zigzaguee. Comme le bonheur. Certains tombent et abandonnent, certains veulent se faire porter, bien des gens optent pour une énergie autre que la leur; moi j'explore et je pédale.

Ne reste plus que les odeurs des quartiers, les couleurs des rues, le son des amis, des confidences, ces expériences derrière soi, l'avenir qu'on apperçoit comme une promesse d'infini, et surtout le présent. Vivre. Respirer. Découvrir. Je pédale.

samedi, mai 27, 2006

Évangéline

Je suis une preuve vivante de l'existence des lois de Murphy. Encore aujourd'hui et comme d'habitude, je me suis ramassée à l'épicerie dans la seule rangée n'avançait pas du tout.

(Pauvre petite dame, fort stressée avec ces brutes qui ne comprennent pas qu'au départ, on devrait se demander dans quelle société on vit pour qu'on fasse travailler nos ainés au salaire minimum avec des tochnologies qui parfois, les dépassent)

Peu importe, je me suis mise à preter attention à ce qui jouait à cette infame radio commerciale qui semble toujours jouer les 10 mêmes artistes en boucle et exister pour pousser star académie.

Et la, c'est peut-être ma joie d'avoir un apres-midi à moi, la fièvre, le soleil qui ne me fait pas, le SPM, le printemps ou que sais-je, mais plantée là avec mes oeufs, mon lait et mon melon d'eau, au milieu de ces gens qui assassinaient la caissière des yeux, j'étais presque émue au larmes.


Évangéline
(Michel Conte)

Les étoiles étaient dans le ciel
Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau, c'était dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Et tu allais te marier
Dans ta première robe blanche
L'automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son des violons
Les filles et surtout les garçons
T'auraient dit que tu étais belle

Évangéline, Évangéline

Mais les Anglais sont arrivés
Dans l'église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes ont dû passer
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage
Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieu, sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n'avais plus rien à dire

Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de vingt ans
Tu as recherché ton amant
À travers toute l'Amérique
Dans les plaines et les vallons
Chaque vent murmurait son nom
Comme la plus jolie musique
Même si ton cœur était mort
Ton amour grandissait plus fort
Dans le souvenir et l'absence
Il guidait toutes tes pensées
Et chaque jour il fleurissait
Dans le grand jardin du silence

Évangéline, Évangéline

Tu vécus dans le seul désir
De soulager et de guérir
Ceux qui souffraient plus que toi-même
Tu appris qu'au bout des chagrins
On trouve toujours un chemin
Qui mène à celui qui nous aime
Ainsi un dimanche matin
Tu entendis dans le lointain
Les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris
Que les épreuves étaient finies
Ainsi que le très long voyage

Évangéline, Évangéline

Près de toi était étendu
Sur un grabat un inconnu
Un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin
Son visage sembla soudain
Prendre les traits de sa jeunesse
Gabriel mourut dans tes bras
Sur sa bouche tu déposas
Un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé
Pour pouvoir encore trouver
La force de dire merci

Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd'hui
Des gens qui vivent dans ton pays
Et qui de ton nom se souviennent
Car l'océan parle de toi
Les vents du sud portent ta voix
De la forêt jusqu'à la plaine
Ton nom c'est plus que l'Acadie
Plus que l'espoir d'une patrie
Ton nom dépasse les frontières
Ton nom c'est le nom de tous ceux
Qui malgré qu'ils soient malheureux
Croient en l'amour et qui espèrent

Évangéline, Évangéline
Évangéline, Évangéline



Cet accent de l'acadie, sous toutes ses formes, me touche. Si je peux avoir quelques jour cet été...

Le hasard, les rendez-vous

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" (Paul Éluard)


L'examen est fini depuis quelques dizaines de minutes, on a même échangé ce traditionnel café ou l'on se souhaite un bon été et à l'année prochaine. Parmis eux, quelques visages que j'ai appris a connaître plus, des gens que je reverrais sans aucun doute cet été. Ils ne seront plus dans mes cours à la prochaine session, à cause de mon accident de travail. Fini les nuits d'étude de dernière minute comme celle d'hier avec Pascal. Ce sentiment des époques qui se terminent... On dit que les premières fois nous façonnent, moi je dis plutot que ce sont les dernières fois qui nous marquent. Ah, la nostalgie...

Je me dirige vers la salle de bain des filles, me regarde dans le miroir, le coeur un peu lourd, lorsque je croise un reflet connu dans la glace. Mais qu'es ce qu'elle fait ici elle? Valou! Supposée être à l'université ou dans un quelconque coin de l'Afrique en train de chercher de nouvelles molécules, pas dans une salle de bain montréalaise! Apres quelques sonores effusions de joie programmées quelque part loin dans le code génétique des filles, j'apprends qu'elle est maintenant en soins infirmiers, et qu'elle sera dans mon groupe l'an prochain. Le monde est petit? Non! Le monde est grand, mais on s'y retrouve. C'est fou!


mercredi, mai 24, 2006

Elles, encore elles

Mélisa

Parfois, le jour tombe
comme un soldat touché, a genoux
et tu ne reconnais plus ton ombre
ta chaix déchirée par leurs cailloux

Mélisa, je voulais te dire...
Parfois les mots blesses de leur insuffisance...

Toujours déchirée
l'enfance que tu oublie
les aiguilles, les hommes pour les payer
ton regard éteint qui fuit

Non, je n'ai rien à dire, cette violence, cette rage, cette petite fille que tu es toujours, on devrait la serrer fort, lui ressuciter ses chats.

On n'efface pas le passé. Ais-je le droit de vouloir que tu bâtisse l'avenir?


China

Elle semble bien solitaire, petite chouette, et ce rire sonore qu'elle adresse aux anges dérange. Elle est ailleurs.

Sans avertir.
Premier contact alors que je plie des serviettes.
Interruption.

-You're a good person. I think I'd like to know you, can I? My name is China. Nobody knows.

Un choc pour la petite intervenante que je suis... Plus qu'une présentation, ce désir de contact. Et elle me parle d'elle.

-I'll come back and I'll speak to you. I will.

Un joli nom qu'elle s'est choisi puisque personne ne l'a jamais appelé comme ça.




On me paye pour m'enfoncer dans plusieurs autres monde. Depuis 4 ans, depuis 3 semaines à temps plein. A s'en sentir perdue. Ce n'est pas triste, pas toujours. Un rire à la Mission prends toute sa valeur, les heures passent au rythmes des émotions démesurées.

Quand elles se couchent, je me dit que nulle part ailleurs on ne ressent autant le rythme pulsé de la vie. Parce que dans la douleur, il y a la guérison et dans le manque, l'espoir et le dépassement. L'humanité qui souffre et qui lutte, c'est l'humanité qui apprends et grandis. Et j'ai la chance d'être témoin de cela. Fascinant, déchirant... Moi qui croyais payer mes études avec elles, je me paie aussi d'expériences riches, j'apprends tellement.

Et c'est injuste, je recois beaucoup plus que ce que je suis en mesure de donner...

Je voudrais seulement, pendant ces années, leur dire que je crois en elles, à leurs ailes, et qu'elles y croient aussi. Reconnaitre leurs souffrance, c'est leur donner la possibilité d'en faire quelque chose de constructif.

Rétablir la justice








mardi, mai 23, 2006

Partir

Je n'ai que quelques minutes, mais voila quelques mots qui font du bien.

Faut prendre le temps de bien les ressentir:

Pérou 2006
Tanzanie 2007

Rien a ajouter, je continue ma journée, guide de voyage a la main.

dimanche, mai 21, 2006

La pluie

Il pleut. Ce qu'il pleut... Depuis des jours entiers, l'arbre solitaire de mon balcon danse avec le vent, , furieusement, les feuilles au ciel, comme une danse, une transe, une guerre à finir pendant que je rêve le nez dans les carreaux, le coeur sur le carreau.

Dans ma fenêtre, un perle d'eau, une seule, résiste. Elle se tuera dans une course ou elle laissera un peu d'elle même dans son sillon brillant. Comme les autres.

Comme nos larmes.

Comme nous.

samedi, mai 20, 2006

Je chante (moi aussi)

L'opaline naissante d'une nuit déjà morte offerte au passé
les nuits balaieront les erreurs entassées dans le bas de nos ventres
à partir de maintenant
je chante

Le brûlant s'est levé et frappe à la porte de nos vies en chantier
les zéboueurs zéboueront nos collectes classées des trésors qu'on ignore
à partir de maintenant
je chante

A midi c'est l'sandwich aux terrasses des cafés sur les champs-épuisés
et plus tard c'est déjà une histoire encombrée dans les plis de nos rêves
à partir de maintenant
je chante

A six heures le coiffeur taillera la colline c'est du vent de gagné
on boira sans scrupule pendu au crépuscule on attend les fantômes
à partir de maintenant
je chante

Les lumières de la ville caressent les phobies de nos ombres esseulées
le métropolitain oubliera c'est certain les cloportes
à partir de maintenant
je chante

Dans une heure maintenant on quittera le parking des frontières tracées
dans le vent qui nous saoule où l'on aperçoit les vagues qui nous roulent
puis on s'endormira comme les autres
à partir de maintenant
je chante

(Les têtes raides-2000)