mercredi, décembre 04, 2013

Pendant que ma fille sourit à ses aquarelles, recouvrir mes cahiers de trainées d’encres sombres du creux des yeux, droit sur la déchirure du papier tellement glacé. Mine de rien, surtout.

Ça fait mal partout, juste de se tenir debout, et de craindre à chaque moment de se liquéfier, de devenir une tâche d'encre incompréhensible pour des petits yeux, sur les tuiles.

2013 aura tout gribouillé : coup de ciseaux violent au milieu des couvertures qu'on ne lira plus, où mon coeur était réfugié, trainée noire ou rouge, peu importe, je ne vois plus, les yeux fermés de toute mes forces. Je ne sens que les pulsations insistantes de mon coeur toujours vivant qui n'a pas compris qu'il se vide.

Reste l'innocence des aquarelles de toute couleurs, et l'idée qu'on peut tout réparer avec du papier collant. Se forcer à voir et à croire.

dimanche, octobre 20, 2013

Se sentir vidée de son sang, de force, et vomir ce qui reste.
Dessiner dans la cadavérine rouge, la mienne.
Me voir dans tes yeux rougis, désertée.
La petite aiguille continue de tourner, le tic tiac énervant
qui fait craindre l’absolu silence...



Se voir d’en haut.


C'est du souvenir que l'on souffre, de loin, de trop loin,
de n'entendre même dans l'écho de soi que le silence,
de sentir le froid cadavérique sur nous, sous le ciel déchiré. 
Impuissance invétérée, éviscérée d'espoir comme un vieux squelette,
et ce puissant silence qui me lacère les oreilles...


Se voir d'en haut. Ensemble, de part et d'autre, mélangés de nos larmes. Ne plus pouvoir hurler de douleur.

Et se voir bouger encore, sous la lumière de la lune.

mercredi, septembre 25, 2013

Partir, et naître.

Les mots manquent dans le jour qui s’efface, dans l‘hésitation de la lumière qui dit au revoir aux choses avec douceur, avant de les quitter, incapable de partir, de savoir devoir aimer de derrière la lune pleine, de bien trop

Le chemin est une voie lactée : rien du tout, immense, crachant la lucidité de se savoir perdu dans l’infinitude pourtant finie.

Les étoiles explosent de partout. Et dans ce cimetière, tu nais.

Ce qui meurt sans permission, ce qui refuse de ne pas naitre; je ne contrôle rien, les oreilles bouchées, fragile dans l’instant.

Mon propre cri se mêle à celui de la douceur qui vient au monde: son premier hurlement est une prise d’air qui renverse le sens des choses, la puissance impossible à taire. Et je la prends, pleine de mon sang, chaude, sortie de moi : liberté parfaite, bien qu’un peu bleue. Je l’aime tout de suite, émue, en me vidant de mon sang.

Mourir de l’envie silencieuse que tu me blotisses, tremblante, au fond de toi, pour un instant infini,

juste pour faire passer la douleur et la solitude de cette naissance, si belle au fond.

jeudi, septembre 05, 2013

Traversée

Arrivée sur la mer, de la nécessité d'être aussi perdue sur la carte qu'ailleurs, que de l'intérieur.

Retrouver la cohérence, se décontextualiser pour mieux retrouver la permanence de soi et du monde, l'essence. Tempête. Je roule, j'oublie, me souviens.

Le ciel se déchire. Ça résonne de l'intérieur. La pluie bat comme des larmes. Douceur. C'est trouble dans les yeux. Attendre, dans le silence qui laisse toute la place à la turbulence des pensées. Les éclairs dehors relient la douceur du paysage et les larmes enragées du ciel. Tentative de l'électriser. 

Mer remuée, se tordant de dessus et de dessous. Ma voiture est un lounge panoramique en attendant la traversée. La destination n'est qu'une excuse. On ne sait pas où on va, mais on en revient pas pareil.
Ça parle d'espoir, ça parle du monde. Ça parle d'amour.

mercredi, août 14, 2013

Manquer

Caresse l'horizon de la nuit, cherche le coeur de jais que l'aube recouvre de chair. 

Il mettrait dans tes yeux des pensées innocentes, des flammes, des ailes et des verdures que le soleil n'inventa pas. 

Ce n est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance. 

-Paul Eluard

dimanche, juillet 07, 2013

Exister

"Pour exister, il faut autour de soi des réalités qui durent"
(St-Ex)

mardi, mai 28, 2013

Addict

Depuis hier, je n'ai qu'une envie, qu'une obsession, aller là-bas pour me faire un fix. Au premier pied dans la lumière hésitante et trop blanche, cette odeur noire familière m'a prise le corps soulagé, et j'ai poussé mon espoir fébrile jusque dans un coin, pour me rouler l'âme en paix dans une ligne qui me réveillerait les couleurs.

Mais l'encre était ventée et les mots usées, et ma main tremble du manque des mots plumes qui l'obsèdent mais quelle ne sait pas écrire.

samedi, février 23, 2013

Les vides

Le monde dans ces yeux là, l'innocence qui vous souffle comme une bombe,
juste une incongruité après les massacres, entre les bandages et les décombres; ce que le mal n'a pu prendre de toi.
Le monde aurait du s'arrêter de tourner mais il a voulu s'étourdir jusqu'à oublier que c'est le vide de nos âmes qui permet le vide de tes mains.

L'impuissante

Je vois le sillon de tes larmes invisibles hurler ta rage 
si refoulée que tu en trembles, 
tout le temps.
C'est un désert de vide épais et lourd,
c'est un chemin qui te brule la peau
et tu dors dans des oasis pires que le réel.

Tu es grand à disparaitre, tu ne peux que rêver de l'un comme de l'autre.
Mon frère...

L'impuissance me piétine le corps à terre,
et je voudrais vomir ta vie sur ceux qui te laissent mourir.
Mais ton monde est trop loin du mien.






mercredi, novembre 28, 2012

Sommeil trouble

Il y a des nuits où le corps se réveille en suffoquant, secoué immobile par le parfum lourd et insistant d'un autre soi qui continue de flotter dans l'air, celui d'autrefois, une tombe ouverte dont le contenu vous saute à la gorge et vous remmène dans les détails d'une époque poussiéreuse, à la merci de cet hier qui continue de vivre autonome loin du présent sans consentement, de ces monstres jadis trop forts pour être éliminés et qui continuent à habiter les recoins saignants de mes souvenirs refoulés. Sommeil trouble, souvenirs imprécis, mais j'émerge à chaque fois du fond.

samedi, octobre 13, 2012

Anatomie du trouble


Devenons tout ce qu’on n’a pas su être
Un bruit de cœur qui flanche
Le feu des joues inondées
L’œil insoutenable,
Tous les possibles au bout des doigts.
Magnetisme.

… ose

La chambre d'en face


C’est un cri ravalé,
Rouge sang
Ta lèvre…

Je tremble, la pluie dans mes yeux.
Désir.

Une chambre ailleurs, la mienne avant, tellement loin.
Ta chaleur me manque, dans l’envie de faire le contour de ton âme.
Sur les plumes.

lundi, février 27, 2012

Petit mot d'il y a un an....

Il y a neuf mois, dans la lumière de ton premier matin, je fut prise d'un vertige sans nom. Tu étais là, premières secondes d'une histoire d'amour enfin matérielle, et j'ai douté, douté de ma capacité a pouvoir un jour te laisser voler de tes propres ailes, de ne pas faire de tes petits yeux bleus tout mon monde, même si ils en devenait à l'instant le centre.

Tu étais si belle, tu l'es toujours, dans tes sourires et tes colères, encore capable d'être toi sans façade. Neuf mois déjà, un instant ressenti, une impression d'éternité. Pendant que tu apprends le monde, j'apprends à être ta maman, et ce n'est pas toujours facile ni pour l'une, ni pour l'autre, mais c'est invariablement doux, même toute les nuits que tu rythmes à ta manière pour que l'on se retrouve seules ensemble, ton petit corps chaud blotti qui retrouve sa contenance, paisible. J'ai toute la chance du monde et la tendresse filtre dans ta chambre comme la lumière des lampadaires, tamisée, douce.

Je n'écris plus sur des pages, ou si rarement. J'affiche tes petits doigts sur les vitres, de la terre sur le plancher, des rires sur les trottoirs mouillés en hommage à notre bonheur qui manque de mots convenables. Un sourire à deux dents pour une babiole à deux balles ou pour les grimaces de deux fous de toi; on sent l'univers respirer, libre de tous les possibles.

Que restera-t'il de ces jours pleins de soleil dans ta mémoire qui se façonne? Tu es déjà si grande, si fière de te tenir debout, les yeux rieurs, confiante, et je réalise de jour en jour que je ne perds rien quand tu grandis. Tu sera toujours mon petit bébé, même lorsque tu n'en aura plus le souvenir, et les jours ajoute à ce que tu es pour moi. Tu peux grandir, je t'aimerai toujours, tu ne perdra rien non plus.

Petite bulle rieuse, ton innocence m'apprends à être
à chanter le silence, à entendre l'air flotter
et la douceur nos rires mêlés répare
le lien filial saccagé.

Mon âme respire plus fluide
d'être ta maman
quand tes larmes hurlent ce que tu ne voulais pas apprendre
quand tes yeux attrapent les feuilles qui dansent
quand on vit toutes les deux, simplement.



jeudi, avril 01, 2010

Bébée

Petite chenille dans ton cocon secret, j'ai si hâte de sécher tes ailes de petit papillon. Je sens déjà tes petites main potelées se tendre, tes pieds trépigner de là où tu es. On est bien, collées toute les deux, jusqu'à ton grand déménagement.

La neige a fondu tôt cette année, la vie éclot partout, malgré tout ce qu'on a perdu. J'aime me faire croire que tu joue avec grand-papa dans un endroit ou se croiseraient ceux qui arrivent et ceux qui partent, que tu nous rapporte un peu de lui dans ton mini coeur de pomme.

Tu es un printemps à toi toute seule, petite.  Les murs se sont colorés pour ton arrivée. Le monde t'attends, et c'est à la hauteur de tes grands yeux purs qu'on est le mieux pour voir qu'il est beau.

jeudi, février 25, 2010

Grand-papa

On s'accroche à ce que l'on peut puisqu'on a pas pu te retenir, grand-papa, et on se noie un peu dans un silence hurlant pendant que les larmes perdues ne sèchent pas sur nos lèvres déguisées.

J'aurais tout donné pour rester là, ma main dans la tienne, si présente à la musique de ton souffle devenu hésitant, à veiller sur toi dans un silence rempli de je t'aime et de remerciements, me retenant pour ne pas te serrer fort, pour ne pas te fatiguer, pour te laisser partir malgré moi.

Il reste ici tout de toi sauf toi. Le vide s'installe dans toute cette vie que tu as inventée rien que pour nous, ce vide qui devra se transformer en espace pour les souvenirs, en rage de vivre.

Je t'aime grand papa, toute seule.

Parti

Cette nuit-là je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre il marchait décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement:

- Ah! tu es là...

Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:

- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...

Moi je me taisais.

- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.

Moi je me taisais.

- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces...

Moi je me taisais.

Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:

- Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi je regarderai les étoiles. Toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire...

Moi je me taisais.

- Ce sera tellement amusant ! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines...

Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...

- C'est là. Laisse-moi faire un pas tout seul.

Et il s'assit parce qu'il avait peur.

Il dit encore:

- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...

Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:

- Voilà... C'est tout...

Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.

Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.

-A. de St-Exupéry

vendredi, octobre 16, 2009

Du feu

Je suis une foret renouvellée
la vie à perte de vue, parfaite
et presque à perte de sens, si verte
bâtie sur un brasier oublié.

Il porte les traces de suie
quelque part mais ailleurs
de mes espaces, vents soufrés endormis
mais là bas, erreur d’honneur.

S’il ne reste que de la cendre
Elle est de ma terre, mon secret.
Je cultive les pousses tendres
qui recouvrent mes regrets.

vendredi, mai 01, 2009

(parenthèse)

Être là et naître rien. Simplicité involontaire.

Mais choisir de devenir,

d'accueillir la vie et de grandir.

mardi, mars 10, 2009

Jeux de lumière

Tout est rose-nuage quand bientôt, il ne restera que la lune dans le gris de la nuit.

Noir nuance, toujours un peu taché de lumière,
celle des souvenirs, celle qu'on invente,
clarté sombre auquelle les yeux s'habituent et qui nous sert de phare.

Les ténèbres ne sont qu'une lumière douce, une phase de mélancolie.
Tu pars, embryon, sur une flamme tamisée et tremblante.

Moi, je suis des yeux la fine ligne qui brille sur tes contours, petite lune sombre,
la lumière qui dépasse de l'autre coté de ton souvenir illuminé, loin et ailleurs,
avant le feu du soleil nouveau qui nous fera oublier ce qui fait mal dans l'espoir.

Il faut la nuit pour faire les aurores et les crépuscules.
C'est cette bataille entre ombre et lumière qui donne la teinte parfaite de lumière léchée sur les choses qui la boivent,
qui impose le silence d'après guerre qui permet de prendre le temps d'écouter la vie.

La vie...

jeudi, janvier 29, 2009

Le parking du terminus

Je reviens, cassée, de chez elle
et j'attends, en morceaux, mon retour
dans une entrée bétonnée mur à mur
le nez gelé sur la vitre, seule,
et les larmes prises dans les yeux

Mais du fond des escalier noirs
il monte une musique si vraie
si incongrue dans la lumière blafarde
que je me demande si c'est mon âme
qui me souffle de l'espoir à l'oreille.

En écho, mon coeur chaud embue la vitre
les notes chuchotent
et les larmes coulent
de pouvoir guérir d'ou je viens
De pouvoir dessiner des soleils dans une vitre gelée.