dimanche, octobre 26, 2014
Un prisme de lumière éparpillée.
Une larme de sang coule. C'est qu'on était vivant.
C'est qu'on l'est encore, j'imagine.
De la lumière et le sombre des fluides qui viennent la border.
On vit, on aime, on s'explose.
Ravaler du sel.
On l'est encore, vivants,
le coeur battu qui bat quand même.
Se relever. Vertige essouflé
Un arc en ciel sur un bout de verre tâché. De quoi continuer.
Le bruit du verre qui casse, libre. Un prisme de lumière éparpillée.
samedi, août 16, 2014
jeudi, août 07, 2014
Faire des boites, alors que tout tremble.
Faire le tri de ses souvenirs, des fragments des jours passés:
des vieilles photos intactes, le coeur qui déchire
des carnets plein de mots des jours fluides, comme ce qui mouille les yeux.
Alléger la boite des souvenirs, le coeur lourd:
Nostalgie: Avoir capturé l'image du bonheur vidé, avoir mal de ne plus posséder l'instant, sentir les possibles avortés, se rouler dans la conscience. Fumées.
C'est une poussée de rage de vivre, aussi., nourrie de conscience que le bonheur qu'on a maintenant fera un jour aussi mal que ces mots et ces visages immortels et égarés.
Mourir sera insupportable d'avoir été aussi heureux. Au moins, on meurt un peu parfois en train de vivre, comme pour se préparer. Au moins, il y a aujourd'hui, pis tout ce que je ne regretterai jamais parce que ça me déchire les entrailles au présent, et malgré tout, toute cette beauté.
Refermer la boite jusqu'au prochain séisme, alors que mes terres humides tremblent encore.
mercredi, décembre 04, 2013
Ça fait mal partout, juste de se tenir debout, et de craindre à chaque moment de se liquéfier, de devenir une tâche d'encre incompréhensible pour des petits yeux, sur les tuiles.
2013 aura tout gribouillé : coup de ciseaux violent au milieu des couvertures qu'on ne lira plus, où mon coeur était réfugié, trainée noire ou rouge, peu importe, je ne vois plus, les yeux fermés de toute mes forces. Je ne sens que les pulsations insistantes de mon coeur toujours vivant qui n'a pas compris qu'il se vide.
Reste l'innocence des aquarelles de toute couleurs, et l'idée qu'on peut tout réparer avec du papier collant. Se forcer à voir et à croire.
dimanche, octobre 20, 2013
et ce puissant silence qui me lacère les oreilles...
Se voir d'en haut. Ensemble, de part et d'autre, mélangés de nos larmes. Ne plus pouvoir hurler de douleur.
Et se voir bouger encore, sous la lumière de la lune.
mercredi, septembre 25, 2013
Partir, et naître.
Le chemin est une voie lactée : rien du tout, immense, crachant la lucidité de se savoir perdu dans l’infinitude pourtant finie.
Les étoiles explosent de partout. Et dans ce cimetière, tu nais.
Ce qui meurt sans permission, ce qui refuse de ne pas naitre; je ne contrôle rien, les oreilles bouchées, fragile dans l’instant.
Mon propre cri se mêle à celui de la douceur qui vient au monde: son premier hurlement est une prise d’air qui renverse le sens des choses, la puissance impossible à taire. Et je la prends, pleine de mon sang, chaude, sortie de moi : liberté parfaite, bien qu’un peu bleue. Je l’aime tout de suite, émue, en me vidant de mon sang.
Mourir de l’envie silencieuse que tu me blotisses, tremblante, au fond de toi, pour un instant infini,
juste pour faire passer la douleur et la solitude de cette naissance, si belle au fond.
jeudi, septembre 05, 2013
Traversée
Retrouver la cohérence, se décontextualiser pour mieux retrouver la permanence de soi et du monde, l'essence. Tempête. Je roule, j'oublie, me souviens.
Le ciel se déchire. Ça résonne de l'intérieur. La pluie bat comme des larmes. Douceur. C'est trouble dans les yeux. Attendre, dans le silence qui laisse toute la place à la turbulence des pensées. Les éclairs dehors relient la douceur du paysage et les larmes enragées du ciel. Tentative de l'électriser.
Mer remuée, se tordant de dessus et de dessous. Ma voiture est un lounge panoramique en attendant la traversée. La destination n'est qu'une excuse. On ne sait pas où on va, mais on en revient pas pareil.
Ça parle d'espoir, ça parle du monde. Ça parle d'amour.
mercredi, août 14, 2013
Manquer
Il mettrait dans tes yeux des pensées innocentes, des flammes, des ailes et des verdures que le soleil n'inventa pas.
Ce n est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance.
-Paul Eluard
dimanche, juillet 07, 2013
mardi, mai 28, 2013
Addict
Mais l'encre était ventée et les mots usées, et ma main tremble du manque des mots plumes qui l'obsèdent mais quelle ne sait pas écrire.
samedi, février 23, 2013
Les vides
juste une incongruité après les massacres, entre les bandages et les décombres; ce que le mal n'a pu prendre de toi.
Le monde aurait du s'arrêter de tourner mais il a voulu s'étourdir jusqu'à oublier que c'est le vide de nos âmes qui permet le vide de tes mains.
L'impuissante
mercredi, novembre 28, 2012
Sommeil trouble
samedi, octobre 13, 2012
Anatomie du trouble
La chambre d'en face
lundi, février 27, 2012
Petit mot d'il y a un an....
Tu étais si belle, tu l'es toujours, dans tes sourires et tes colères, encore capable d'être toi sans façade. Neuf mois déjà, un instant ressenti, une impression d'éternité. Pendant que tu apprends le monde, j'apprends à être ta maman, et ce n'est pas toujours facile ni pour l'une, ni pour l'autre, mais c'est invariablement doux, même toute les nuits que tu rythmes à ta manière pour que l'on se retrouve seules ensemble, ton petit corps chaud blotti qui retrouve sa contenance, paisible. J'ai toute la chance du monde et la tendresse filtre dans ta chambre comme la lumière des lampadaires, tamisée, douce.
Je n'écris plus sur des pages, ou si rarement. J'affiche tes petits doigts sur les vitres, de la terre sur le plancher, des rires sur les trottoirs mouillés en hommage à notre bonheur qui manque de mots convenables. Un sourire à deux dents pour une babiole à deux balles ou pour les grimaces de deux fous de toi; on sent l'univers respirer, libre de tous les possibles.
Que restera-t'il de ces jours pleins de soleil dans ta mémoire qui se façonne? Tu es déjà si grande, si fière de te tenir debout, les yeux rieurs, confiante, et je réalise de jour en jour que je ne perds rien quand tu grandis. Tu sera toujours mon petit bébé, même lorsque tu n'en aura plus le souvenir, et les jours ajoute à ce que tu es pour moi. Tu peux grandir, je t'aimerai toujours, tu ne perdra rien non plus.
Petite bulle rieuse, ton innocence m'apprends à être
à chanter le silence, à entendre l'air flotter
et la douceur nos rires mêlés répare
le lien filial saccagé.
Mon âme respire plus fluide
d'être ta maman
quand tes larmes hurlent ce que tu ne voulais pas apprendre
quand tes yeux attrapent les feuilles qui dansent
quand on vit toutes les deux, simplement.
jeudi, avril 01, 2010
Bébée
La neige a fondu tôt cette année, la vie éclot partout, malgré tout ce qu'on a perdu. J'aime me faire croire que tu joue avec grand-papa dans un endroit ou se croiseraient ceux qui arrivent et ceux qui partent, que tu nous rapporte un peu de lui dans ton mini coeur de pomme.
Tu es un printemps à toi toute seule, petite. Les murs se sont colorés pour ton arrivée. Le monde t'attends, et c'est à la hauteur de tes grands yeux purs qu'on est le mieux pour voir qu'il est beau.
jeudi, février 25, 2010
Grand-papa
J'aurais tout donné pour rester là, ma main dans la tienne, si présente à la musique de ton souffle devenu hésitant, à veiller sur toi dans un silence rempli de je t'aime et de remerciements, me retenant pour ne pas te serrer fort, pour ne pas te fatiguer, pour te laisser partir malgré moi.
Il reste ici tout de toi sauf toi. Le vide s'installe dans toute cette vie que tu as inventée rien que pour nous, ce vide qui devra se transformer en espace pour les souvenirs, en rage de vivre.
Je t'aime grand papa, toute seule.
Parti
- Ah! tu es là...
Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:
- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...
Moi je me taisais.
- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.
Moi je me taisais.
- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces...
Moi je me taisais.
Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:
- Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi je regarderai les étoiles. Toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire...
Moi je me taisais.
- Ce sera tellement amusant ! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines...
Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...
- C'est là. Laisse-moi faire un pas tout seul.
Et il s'assit parce qu'il avait peur.
Il dit encore:
- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...
Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:
- Voilà... C'est tout...
Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.
Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.
-A. de St-Exupéry
vendredi, octobre 16, 2009
Du feu
la vie à perte de vue, parfaite
et presque à perte de sens, si verte
bâtie sur un brasier oublié.
Il porte les traces de suie
quelque part mais ailleurs
de mes espaces, vents soufrés endormis
mais là bas, erreur d’honneur.
S’il ne reste que de la cendre
Elle est de ma terre, mon secret.
Je cultive les pousses tendres
qui recouvrent mes regrets.