mercredi, août 16, 2006

Mode d'emploi

Comment avoir une journée parfaitement relaxante

1. Se lever traquillement
2. Prendre le temps de s'étirer jusqu'au bout des orteils
3. Prendre son vélo et l'air qui vient avec pour aller jusqu'a l'appart 2
4. Manger les bons raviolis que l'amoureux a fait
5. Pédaler jusqu'au ciné
6. S'installer dans une grande salle pleine de petites personnes
7. Regarder les péripéties d'Otis la vache et trouver ça chouette
8. Ecouter les "ohh non!", "Maman, dis, est ce qu'il es mort Ben", " J'ai envie de pipi" et les rires tout sincères des petites personnes
9. Trouver ça adorable.
10. Pédaler jusqu'au marché Maisonneuve
11. Acheter des bonnes fraises pour les partager ce soir avec ses super collègues
12. Retourner à l'appart 2
13. Nourrir les poissons, le chat et les plantes. Ne pas oublier de leur jaser un peu.
14. Écrire de gentilles futilités dans son blog avec Rosana en musique de fond.
15. Se faire un drink de HMS
16. Etre bien prete pour une belle soirée de travail riche en surprises

mardi, août 15, 2006

Les grandes révoltes

Réflexion Matinale

Es ce moi ou le nombre de femmes qui nous arrivent terrorisées, la peau de toutes les couleurs sur des os brisés au visage augmente sans arrêt? L'été s'achève et on sent l'hiver dans les sourrires qui s'estompent d'appréhension.

Mais on m'a dit qu'il fallait savoir décrocher...

Alors j'ouvre mon courriel et tombe pour la deuxième fois sur cette chaine de lettre enrageante pour ne pas dire autre chose. Il y a des tas de choses a dire et à réfléchir sur cette guerre en trève, même si on devrait avoir un peu d'humilité devant un conflit qu'on ne peut voir que de l'extérieur. Je peux tout de même admettre que plusieurs opinions sont admissible.

Mais ça, non. J'aimerais bien tomber sur le pauvre petit payeur de taxe mégaégocentrique et ignorant qui a pondu la vomissure de mots qui suit et l'empêcher de dormir en éveillant sa conscience a des réalités sociales bien plus tragiques que sa contribution monétaire a l'amélioration du bien être collectif. Comment peut on se victimiser de la sorte alors que des gens souffrent et meurent ailleurs?

Bonjour,

Suis-je le seul à me poser la question suivante: comment se fait t'il qu'il y ait autant de "Citoyens Canadiens" au Liban ?

Plus de 30,000, Wow cela fait bien du monde en vacances ou en visite chez leurs parents et ce au même moment.

Est-ce qu'il se peut qu'un certain pourcentage de ces "Citoyens Canadiens" soient des assistés sociaux qui viennent ici sous prétexte de vouloir s'établir et que une fois la citoyenneté assurée, s'en retournent "en vacances"… au Liban pour plusieurs mois pendant que le chèque de BS est déposé à leur compte bancaire via le dépôt direct ?

Je veux bien avoir de l'ouverture d'esprit, mais y a des maudites limites, nous les payeurs de taxes CANADIENS payons des montants faramineux annuellement pour "aider les démunis" mais??????? S'ils vont vivre ailleurs avec mon argent je veux être remboursé.

En plus je dois payer pour les rapatrier, WOW les nerfs, quand tu voyages tu prends des risques car tu quittes ton pays et la sécurité des frontières, si tu es coincé à l'extérieur du pays, prends les moyens qu'il faut pour revenir, mais pas aux frais des contribuables.



Sans commentaires... Je vais égocentriquement aller me concentrer sur l'amélioration de ma condition de lassitude extreme et aller courrir. Je dois être en forme pour acceuillir ces femmes qui possèdent de la souffrance en plus grande quantité que quoi que ce soit d'autre, même si elles sont pour la plupart des assistées sociales, des "profiteuses" de ce système qui n'a rien su faire d'autre pour elles que de leur donner trop tard un peu d'aide, insuffisante, et le mépris qui va avec.

Et révoltez vous en bien dans votre petit confort. De ça et du reste. De ces B.S. de génération en génération, de ces africains paresseux qui font des enfants dont ils ne peuvent pas s'occuper convenablement, de ces Irakiens qui brulent les drapeau de leur sauveur américain, de ces gens qui manifestent et bloquent les rues des gens qui ont des occupations, etc...

Je n'aurai même pas la méchanceté de vous souhaiter de souffrir assez pour comprendre un peu un jour.

vendredi, août 11, 2006

Mes autres 5000 visages de Montréal

Il y a un endroit dans la ville qui m'inspire le sentiment qu'il m'appartient plus qu'a n'importe qui. Bien sur, il y a l'UQAM, la grande bibliothèque, le cégep du Vieux-Montréal et tous ces petits bars et cafés que je connais par coeur autour de la station de métro Berri-UQAM, mais ce n'est pas ce qui me donne cette impression. La faune colorée qui fréquente le coin et qui a fait de la rue sa maison, ces insaisissables qui flânent ou qui quêtent ou encore ces ombres que personne n'apperçoit et qui tuent le temps en attendant l'ouverture des refuges du coin, je les connais presque toutes par leur nom, par leur histoire.

Elles ont toutes leur manière de saluer dans cette rue si menaçante pour leur dignité. Certaines sourient timidement, d'autre font un petit signe de la tête, il y en a qui viennent me raconter leur dernières péripéties ou me demander de l'aide et d'autres qui me saluent comme une vieille connaissance. Mais dans leur yeux, il y a toujours une parcelle de ce doute que les gens autour, ceux pour qui cette rue n'est qu'un passage, sachent que je travaille dans un refuge. Et pour celles qui ont encore toute leur tête dans leur baluchon, c'est une honte d'y être ou d'y avoir été. Parce que pour la majorité, elles sont anonymes et on ne peut pas les reconnaitre dans la rue; elles ressemblent à tout le monde.

La honte qu'elles ont, elle s'apprend: la façon dont on les traite dans les hopitaux, dans plusieurs services publics et entreprises, ou le regard que les gens posent sur elles laisse croire que ne pas avoir de domicile fixe fait des ces femmes de sous humain.

Et pourtant, elles sont tellement fortes dans leur vulnérabilité. D'être encore là, de continuer à respirer, de se lever chaque matin à 6h30 alors que rien ne les attends dehors, de vivre avec la douleur physique qui accompagne souvent ce mode de vie, avec les maladies mentales qui se développent ou qui ont été la cause de leur itinérance. Ce sont des femmes avant d'être des itinérantes mais plusieurs l'oublient. Et ce mode de vie, elles ne l'ont pas choisi.

Je réalisais hier en feuilletant mes dossiers au travail que c'est plus de 5000 personnes que je reconnais par leur nom, en plus des autres visage que je peux reconnaître. Quel autre travail aurait pu m'offrir un tel bain d'humanité, d'expériences et d'émotions? Et en connaissant mieux les autres, c'est soi qu'on arrive mieux à cerner.

La maladie mentale me fascine tout particulièrement, ce déséquilibre ou une partie de la personnalité ou un sentiment vient prendre une place exagérée ou bloquer le reste. Si on est mal à l'aise davant elles, c'est parce qu'on a peur de s'y reconnaitre, on est tous un peu de tout ça. Et ce monde que parfois elles se créent et dans lequel elles vivent est fascinant.

Je croisais T. hier. Elle, on la reconnait, et n'importe qui peut savoir qu'elle n'est pas bien. Mais moi je dirais qu'elle est heureuse avec ses poupées, bien mieux que d'autre qui n'ont que leur dure réalité pour pain quotidien. Puis F. qui quêtais près de l'escalier mobile de la sortie de métro Ste-Catherine, fidèle à son habitude, le grand sourrire qu'elle m'a fait m'a donné l'impression qu'elle avait assez pour ne pas venir au refuge cette nuit, pour remplir sa seringue. Et j'avais bien deviné.

Je retournerai bientôt à temps partiel. A l'heure des bilans, je me dit que j'ai reçu tellement de ces femmes, bien plus que je ne pourrai jamais redonner. Et je ne peux pas pour l'instant abandonner complètement ce monde, cette sous culture ou j'ai une place. Mais l'envie d'explorer autre chose de moins demandant se dessine, celle de jouer un autre rôle avec d'autre types de gens. Quelque chose de plus futile probablement. Ou encore, simplement avec une autre clientèle. J'aimerais beaucoup retravailler auprès des enfants. Mais avec les études, pas évident de conciler les horraires. On verra. Pour l'instant, j'y retourne, et je suis bien heureuse de le faire, de prendre le temps d'aller marcher dans le coin avant, de flaner un peu moi aussi. De retrouver Begos après toutes ces heures et de le garder avec moi demain matin.

Vivre est un petit truc bien agréable.

jeudi, août 10, 2006

Rien

Cette envie de jouer, de faire un bonhomme de neige ou de sauter à pieds joints dans la boue, juste pour le plaisir.

Le reste, on s'en fout, et pourtant tout ça me crève. Sans parler de cette petite santé de merde qui s'emmerde de ces emmerdements.

J'aurais tant à écrire ce soir mais mes yeux qui ferment d'eux mêmes m'imposent l'immobilité.

Si j'écrivais que la vie est belle, je résumerais bien. Et demain, j'irai courrir et m'acheter un nouveau Moleskine, entre autre.

Dodo zen. Alors je n'écrirai rien.

mardi, août 08, 2006

Les gros sous

Parfois, il faut se résoudre à parler le seul langage accessible à certains esprits primitifs, celui des dollars, puisque celui de la raison et de la compréhension ne sied pas à des esprits sans vergogne ni valeur pour qui rien d’autre ne compte que les sous. C’est triste pour eux. Vraiment.

Devrais-je m’en étonner? Partout dans le monde, des gens vendent leur âme, leur temps, leurs valeurs et leurs semblables pour des billets et du pouvoir. Et pourquoi? Le bonheur était probablement dans ce qu’ils ont délaissé pour s’enrichir injustement. S’enrichir de papier, bien l’entasser, et ça devient d’une préciosité délirante quand on a tout sacrifié pour et que c’est tout ce qui nous reste. C’est si vide en soi, si désolant.

C’est bien les billets, je n’ai rien contre, lorsqu’ils servent à enrichir d’expériences et de douceur ma vie et celle des gens qui m’entourent sans faire souffrir personne, dans le respect de tous les autres humains. Seulement, il y a un sérieux problème de priorité et d’ordre des choses dans ce monde. Et même les chercheurs de l’IEDM renforcent cette idée débile que l’argent est au-dessus de tout. Et je gagerais qu’ils arrivent à dormir la nuit. On me disait qu’être humain, c’est avoir une conscience… Concept à réviser…

La paix s’achète. Et c’est impressionnant une pile de 150 vingt dollars. Mais ça ne vaut pas plus que mon équilibre, et même le compte vide, il me reste toujours tout ce que j’ai de plus précieux, tout ce qui importe. « Pour tout le reste, il y a Visa!» (…)

À défaut de pouvoir aller me défouler dans mes running shoes, je vais aller passer un autre après-midi à l’hôpital. Peut-être qu’on arrivera à me drainer un peu de mauvaise humeur en même temps que de sang.

Si ce dossier pouvait se clore aujourd’hui, après les boîtes de déménagement et après la célébration de la fin de cette longue mésaventure, je pourrais me mettre le nez dans mes livres de bio. Décidément, j’ai hâte.

lundi, août 07, 2006

Les temps changent

Ces petits qui n'en sont plus. Mes grand-parents qui vieillissent. Ce nouveau lieu ou nous nous rassemblons. Ces adultes de mon enfance qui peuvent maintenant profiter de la vie à deux, autrement. Mon petit lit remisé. Frérot en appartement. Cousine qui a troqué la poupée pour une petite blonde adorable. La maison qu'on n'a plus, les étrangers qui y sont. La cabane à sucre qui pourrait un jour rester cadenassée et vide de rires d'enfants... Nous sommes tous plus grands qu'hier.

Mais il y a les autres, les petites pousses encore toutes vertes qui passeront aussi par toutes les saisons, et nous qui devenons autre chose, quelque chose de plus enraciné.

Quand j'étais petites, je croyais certaines choses immuables. Le temps façonne pourtant les pierres par le vent et la mer, nous façonne aussi au passage sur ces pierres différentes. On ne m'avais pas dit que grandir, c'était perdre un peu, dissoudre des liens, oublier. Je m'avais cru pouvoir murir dans un monde qui resterait le même.

Je me sens maturer vers la prochaine saison, jour charnière entre deux époques ou il y a tant de belles choses à vivre. Un peu plus apte à reconnaitre les choses immuable: les sentiments même s'ils changent de destinataires, les liens qui nous unissent même si nous changeons de rôle et les valeurs qui continuent à vivre et grandir en nous, un écho lancé par les générations qui nous précèdent, notre plus bel héritage.

Les temps changent et les saisons se suivent dans un monde qui garde la même essence. Et il y aura d'autre fleurs qui remplaceront celles qui disparaissent. Tant qu'elles auront une famille comme la mienne pour leur donner ce sens de la continuité, j'ai espoir en l'avenir.

mercredi, août 02, 2006

Voyages

Voyages

Seule dans les yeux des gens.
En altitude et en lattitudes avec lui.
Sur des roues, sur une piste abandonnée la nuit.
Au bout de moi même, jusqu'ou on est pas encore allé.


L'envie de partir, même si c'est pour ici. De découvrir, surtout ce qu'on avait oublié de regarder.

En attendant, je m'en vais quand même acheter le Lonely Planet.

vendredi, juillet 28, 2006

Décalages

Tenter d'ouvrir mes yeux qui s'y refusent. Scene maintenant familière, le regarder se préparer a partir de mon point de vue horizontal. Nos draps et notre boulot sont en décalage. Un syncronisme que nous retrouvons parfois lorsque le jour se lève. Revisiter un sentiment d'enfance: je ne veux pas aller a l'école. Disons qu'on est malade. Reste toi aussi et allons nous promener dans la ville. Refermer les yeux sur le bruit de la porte. A demain.

Apprendre a glisser du Je au Nous parfois. Et de garder un peu de nous en moi.

Se pousser hors du lit pour se rendre compte que le corps fait la grève ce matin. Mal de tête et de coeur en sourdine, essayons de ne pas y penser et d'être sage. Se rendre compte que l'esprit est tout paisible ce matin. Avoir la foi en des choses qui me dépassent comme si les étoiles avait laissé un peu de poussière de lumiere sur mes paupieres en souvenir. Avoir tout le jour devant moi, décider de ne rien en faire et d'apprécier le vide. S'accomoder du rythme que la pulsation dans ma tête impose. Avoir toute la nuit a anticiper et avoir envie de la passer avec mon chat, tranquille. Le travail entre les deux. Oublier jusqu'a mes 24 ans les chambres vide et encore plus ceux qui sont pleines, les visites et toutes ces choses si loin du bonheur qui prennent une trop grande place dans mon esprit. Revisiter ce sentiment d'enfance et ne pas vouloir aller travailler.

Se perdre sur la toile, dans une boite aux lettres, en Europe, en Afrique, sur le toit de Tchernobyl ou a Hirochima, oser me dire que l'énergie nucléaire pourrait être intéressante si les hommes n'étaient pas ce qu'ils sont. Admirer de jolies photos d'avions. Enfin trouver le "À" du clavier par mégarde en regardant le vieux paquet de Players métallique.

Revisiter ce sentiment d'enfance, si fort, et se savoir presque une grande personne maintenant. Maman, je suis malade, je ne veux pas aller à l'école.

Si vous me cherchez, je serais au boulot.

jeudi, juillet 27, 2006

Pause

S’écrouler une heure dans la moelleuse couette puis s’éveiller contre les habitudes au son des enfants qui s’amusent dans la ruelle. Avoir eu juste assez de connexion internet pour voir cette petite enveloppe sur le sigle d’entourage. Retrouver un peu ces noeuds au ventre comme quand il m'écrivais de Peterborough, la nuit. Et que je l'aimais déjà.

Déblatérations nocturnes

Seule au cœur de la nuit comme la lune qui veille. Si bien. La ville sous son voile de sommeil se fait plus humble et laisse voler mes impressions entre ses buildings. Passer par là, aller à l’autre bout du monde.

Chinook est en boule, bien callé dans le plus moelleux de la couette, la tête sous la patte, détendu et heureux. Et il ne dort pas, les yeux en fente qui s’agrandissent chaque fois que je le regarde avec trop d’insistance. Qu’il est bon d’être la maîtresse d’un mâle qui vous vénère, qui ne voit que les retrouvailles dans les petits abandons quotidiens.

On devait conquérir le monde ce soir sur la planche de jeu mais on a finalement parlé de vraie guerre, de politique, d’égoïsme et de thèmes connexes aux Minots, ce petit bar ou on commet la bêtise incroyable de mettre du pastis dans tous les drinks.

Alors je me retrouve à une heure trop tardive avec mon chat et mon insomnie à contempler la lumière tamisée qui coule sur le mur de brique.

Je pense à ces gens à coté de nous qui parlaient de refaire un monde libertaire et égalitaire et qui, aussitôt sortis du bar, étaient trop occupés à ridiculiser un itinérant pour se souvenir de leur nouvel ordre des choses et je suis prise d’une lassitude extrême.

On ne refait pas le monde avec des paroles, mais avec des actions teintées de tolérance et d’amour pour l’humanité.

A quoi bon détruire le système à coup de brique, de manif et de discours passionnés si on ne propose rien d’autre, si on arrive pas à appliquer ses grands principes moraux aux petites choses. Sauver les enfants des pays émergents et ignorer la souffrance des gens à coté de soi. C’est plus exotique.

Partout, l’attitude est plus importante que les actions pour redonner aux gens qui ont besoin ce qui leur manque pour devenir aussi des bâtisseurs du monde. Et pour ça il faut croire en eux. Le monde n’a pas besoin de missionnaires recherchant de quoi nourrir leur égo. Aider, c’est avant tout offrir sa confiance autant que ses mains, d’égal à égal. Surtout ne pas renforcer ce sentiment d’impuissance et d’incompétence sur leur vie.

Je me sens lutter contre la brume de fatigue qui s’étend devant mes yeux. Cédons-y. Bonne nuit!

mercredi, juillet 26, 2006

Hallelujah

Les journées se rythment a la fréquence des coups de pédale et nulle part je ne me sens aussi bien et chez moi que seule sur le siège de mon vélo. Les doigts tachés de sang de fraises, je me prépare à repartir sur cette piste cyclable qui sert de couloir a "mes" appartements trop dispersés.

Rufus Wainwright dans la tête. Un echo à mon humeur.

"Love is not a victory march, it's a cold and it's a broken hallelujah"

La sensibilité me sort douloureusement de chaques pore de peau ces temps ci, a mesure que le stress s'en va. Et pourtant, je suis heureuse. A me demander ce que j'ai, je crois que j'aimerais seulement me sentir utile. A quelque chose, à quelqun... J'ai envie de donner, de redonner, de partager, à en manger mes bas. Et plus je suis heureuse, plus ça déborde. Je donnerais n'importe quoi pour que tout le monde ait droit à sa part de soleil, mais mes bras tendus sont vides et impuissants.

Je souffre de l'injustice de voir mon reflet heureux dans des yeux tristes. Un écart insupportable.
A en avoir envie de supplier un dieu qui devrait veiller sur nous. De faire quelque chose. De faire ce que je n'arrive pas à faire. Et voilà que mes inutiles larmes me mouillent les joues. Je suis en colère contre un dieu que j'aime.

La vie est une musique si belle, mais aux accords parfois si tristes. Et vivre vraiment, c'est savoir entendre la musique dans l'innocence d'un enfant qui s'amuse et celle qui filtre dans le désespoir de quelqun qui vient de tout perdre. Parfois, j'aurais envie de retrouver et de battre le chef d'orchestre. Mais elle est la la beauté, même dans les plus grands maleurs, dans des yeux adultes qui se reconnectent avec leur humanité profonde, comme le font les enfants, et alors même si la musique n'a pas de sens, elle est belle, même si elle nous chamboule pour rien.

J'aimerais baisser le son, qu'on me chuchote la mélodie. La musique ambiante se fond avec les airs doux et enjoués de mon coeur pour en faire cet accord secret, ce "hallelujah"

"There's a blaze of light
In every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah"

mardi, juillet 25, 2006

Altitude et vertiges

Cette plume abandonnée que je lorgne depuis ce matin, au coin du bureau. Une rage d’écrire entre la cuve de la laveuse et le sac à poubelle qui se remplis si vite de toutes ces inutilités que je garde.


Sentir la paix de mon cœur et en être prise d’un vertige incontrolable. Me savoir en équilibre sur la plus jolie des ficelles, fragile, le souffle court, l’infini en haut, le sol sous soi, à se demander ce qui existe le plus fort, si mes ailes savent emmener mes pieds. Le doute et la foi qui s’engueulent.

Fermer les yeux, et croire très fort que le sol n’est qu’un tapis de nuage quand on est si haut.

L’autre jour, j’ai volé. Avec lui. Exploré la quatrième dimension. Vu le sol habité sous sa véritable importance, tout petit, et moi minuscule au dessus, mais le bonheur qui reste le même, qui veille sur nous comme l’étoile polaire, qu’on traîne avec soi comme un baluchon.

Je me sens voler si souvent, et sans moteur. Cet avion, une métaphore de mon âme, de nous deux.

Tous les bonheurs sont si fragiles. Se faire minuscule pour mieux toucher cette mince couche de lumière qui enveloppe les instants, cette couche que les petits doigts curieux des bambins explorent avec une inconscience bénie. Jouer avec la vie de cette luminescence que l’on crée.

Il existe quelque part un garçon dont les yeux infinis, multicolores et si profonds, rendent impossible la fin du monde. Et toute cette chance de l’avoir si près de moi. De regarder ensemble dans la même direction, en haut dabord.

mardi, juillet 04, 2006

Un ciel de tempete

Les éclairs brisent la tranquilité de cette nuit chaude; la violence de ces différents courants qui se heurtent. Ça fait peur aux enfants, mais ça fait de la lumière et éclaire le ciel nocturne. Splendide. Et dans les vitres du taxi, le monde ressemble à un Monet avec ses flous si jolis. Les taches rouges des phares des autres voitures coulent sur les vitres (un peu à la manière des cornichons des hamburger McDonald que nous faisions courser sur les vitrines du restaurant à l'heure ou les bars de Joliette fermaient...). La fièvre rends probablement l'effet encore plus marquant. Heureusement que mon chat veille sur moi par procuration. Je vais rêver en paix à des tonnes de couleur pour prendre du mieux.

lundi, juillet 03, 2006

Chut

Donner un sens au silence, sans le combler.

mercredi, juin 28, 2006

Les 4 éléments



Chapitre 1:
Terre

Toute petite, les bois, mon refuge. Comme si rien d'autre n'existait que mes petits pieds sur le sol meuble. Les arbres ont protégé ma part d'enfance. Sous les sapins creux sous leurs branches, des rires, quelques sanglots parfois, mais surtout, tous ces rêves a sculpter d'argile avec de petits doigts créatifs et mal affermis. Sentiers. Sables. Terre. Réalité.
Tout ces fruits encore a cueillir avec la fougue naïve de trois petites pommes.
Partager cet espace, ces petits arpents qui m'étaient infinis: le 4 roues, grand-papa, l'odeur de la terre mouillée.
Malgré le reste, mes racines.
De la terre, apprendre à être.
A vivre.
Simple, ancrée, forte.


Chapitre 2: Eau

Regards sur mes écrits d'adolescente, découverte de ces flots intérieurs, une vie décuplée, insoupçonnée, puissante. Des passions qui coulent, rafraichissantes, sur la terre. L'écume de la rage que l'on ramasse entre les doigts, bulles translucides dans le soleil
De l'eau, apprendre à être.
A vivre.
Fougueuse, heureuse, enjouée.


Chapitre 3: Air

Se promener la tête dans les nuages, les yeux perdus de soleils, se porter vers l'indéfinis par surplus de passion, curieuse de tous les chemins qui mènent au delà de soi. Rêver des ailes que l'on sent dans son dos. Savoir.
De l'air, apprendre à être.
A vivre.
Libre, rêveuse, légère.


Chapitre 4: Feu

Se laisser porter par le monde, l'étincelle de vie, l'énergie qui nous prends dans une combustion spontanée. S'être imbibée d'essence pour mieux brûler sans rien attendre. L'amour de vivre comme celui qu'on reçoit. Les flammes bleues, les tisons qui montent au ciel comme nos rêves, le vent qui rallume les braises de la véritable passion alors qu'on les accuse d'éteindre les feux de pailles. Cette flamme qui danse, qui meurt et ne cesse de naître. Ce que les humain ont tant cherché, vénéré, qui réchauffe et tempère la terre, les eaux et les vents, ce qu'on a pas sans maîtriser le reste.
Du feu, apprendre à être.
A vivre.
Passionnée



Un prologue qu'on ne saurait écrire, plein de promesses. Tout vit dans une poignée de terre et de cendres chaudes, humides, qu'on respire à plein poumon. Être. Complète. Équilibrée.
Être et devenir.

dimanche, juin 18, 2006

Des nuages et de la boue

"Par delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s'envole encore
Plus haut, plus haut
Le coeur est un oiseau"

Je me sens toucher du bout des doigts, fébrilement, les mottons d'ouate. Un ciel chargé pourtant sans présage de pluie. Que du bleu, que du blanc. Que du grand air plein les poumons.

En contraste, le monde qui continue à tourner. J'ai eu ce soir le courage ce soir retourner aux nouvelles.

En banlieue d'Ottawa il y a quelques jours, le groupe Bilderberg tenait une autre réunion dans le silence le plus total de la part des médias, protégés par un groupe de mercenaires de la société Globe Risk. Et qu'on me parle de saine démocratie.
http://lyon.novopress.info/?p=1471
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2464

Ça ne vous intéresse pas? J'aurais alors envie de vous engueuler, à peine gentiement.

Prise de conscience. Les politiques affectent des gens. Plus ou moins intensément. Directement, mais avec quelques intermédiaires, permettant à ceux qui bénificient de cette misère de se donner bonne conscience, de garder les yeux fermés.

Gardons les yeux ouverts, en choisissant de regarder en haut parfois, se bornant à ne voir que le meilleur de l'humanité, pour mieux arriver à tendre la main et ne pas détourner le regard devant la réalité cruelle, se battre, changer le monde. J'y croierais toujours. Et vous le dirais toujours avec passion au coin d'une chaleureuse table partagée en espérant qu'a défaut d'agir, vous appuirez.

Sans jugement, en toute conscience des jeux de pouvoir qui se joue, j'aimerais qu'on se souvienne simplement que la petite fille qu'on entends s'appelle Hoda.
http://www.aljazeera.net/mritems/streams/2006/6/10/1_624384_1_43.swf

On a au moins le devoir de savoir, de porter un peu le poids de la honte. Même en oubliant toutes les autres raisons. Comme si Hoda était la seule.

Insupportable, mais réel. Le pire des film d'horreur se jour live.

vendredi, juin 16, 2006

En m'endormant

La vie après minuit.

Dehors, le coeur plein de cette femme, petit animal blessé, qui dort dans notre dortoir, enfin apprivoisée, je me reconnecte ailleurs;

Dehors je marche, la jupe qui danse avec le vent du soir sur les débris de stroboscope qui meurent sur les trottoirs. Et cet air de blues, incongru dans ces rues ou l'on cherche à oublier. Rues colorées de contrastes, marquée par l'arc-en-ciel. Ressentir la musique. Ressentir tout court.

Apaisée par la pseudo-folie ambiante. Le bus. Mes clés prodiges dans la serrure, le corps qui rêve de nuages de plumes. Épuisée et heureuse.



Je voudrais être un renard ou une rose, mais surtout, qu'on me dessine des tonnes de moutons.

lundi, juin 12, 2006

Week end de pêche

Trajet vers St-Charles de Mandeville
Vendredi 9 juin 2006


J’ai envie de tout dire pour que les mots ne s’effacent pas, pour donner de la valeur au moments qui se fanent à peine nés, pour s’agripper à l’existence sur laquelle on ne fait que glisser. Mais j’ignore les mots et les choses.

Dans l’autobus, le même toujours, depuis des années, ce chauffeur témoin de mes départs, de mes retours surtout, ces retours vers moi même, différentes et toujours la même à chaque fois, différente, mais toujours la même enfant en moi. On efface pas son chez soi, la terre de laquelle on est faite.

Me reviennent tous les sentiers parcourus, le petit chemin menant chez grand-maman pleins de feuilles multicolores au ciel et sous mes pieds en automne, les glaçons géants transformés en diamants précieux, les grenouilles sacrifiées à nos expériences. Souvenirs... Légers. doux. Précieux.

Sombres. Douloureux aussi. La fenêtre ouverte sur les poulaillers sales, sourds et aveugles qui ne m’entendent jamais pleurer, peut-être parce que mes joues restent sèches, que j’ai oublié comment faire, submergée par les raz-de-marée de la colère. Oublier mon petit corps pour vivre dans ma tête, pour survivre. Les larmes sont au corps inutiles lorsqu’il hiberne.

Et puis vient un temps pour la paix et l’acceptation. Parce qu’on a pas cru et qu’on a pas cessé de croire. Parce qu’on a le choix.

Je regarde la vie défiler, calme, paisible, au son du moteur qui ronronne, à travers la vitre de l’autobus. Il est si beau le monde…

Aujourd’hui mes larmes me rappellent la vie qui coule, qui coule toujours lorsqu’il est temps de descendre du bus, enfin arrivée mais sans destination, la vie au coin de l’œil humide. Les rivières aussi tortueuses soient elles sont toujours pleine de cette énergie des flots embellis par les obstacles. Et c’est ce qui importe. La vie, simplement.


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Dimanche 11 juin 2006, veille du retour à Montréal

C’était une fois, moi pis mon grand-père, on était allés sul résarvoir d’la Zec des Nymphes pour pêcher comme autrefois. Il ventait à écornifler les bœufs pis y faisa frette en sœur grise, tellement que les damoiselles était restées au shack pour pas dérencher leurs coiffures. On était là depuis un bon moment avec nos canne pis nos vers à pogner rien que du fond, à tchecker les amanchures des autres chaloupes, on commencait à pu pouvoir mettre les vers sur les hamecons tellement c’était frette. Ça fait que la, j’me prends une sanwiche en espérant me réchauffer les doigts dans le pain, pis soudain que ça mord tu pas su ma ligne. Des p’tits coup ben secs ben comme il faut, ça fait que là, j’le pique ben comme faut d’in ouies, pis j’commence à mouliner comme une pardue la sanwiche encore dans yeule. La canne qui plie comme si c’était l’bon dieu qui tira sur l’aut bout, j’te le dis mon gars, la j’savais qu’j’avais quek chose de gros en gériboire. Ça tirait tellement que la chaloupe penchait du bord de ma canne pis que j’avais une misère noire a la tenir. Pis mon rill qui slack. J’viens a bout de ramener, pis j’la vois su le bord d’la chaloupe : une grosse truite d’AU MOINS deux pieds, mon gars, qui s’gigotte au bout d’mon fil. Pis c’est la qu’le fil à peté, sœur grise de gériboire de st-sacrement.

Aussi bien raconter des histoires de pêche…

Malgré les petits fruits et les fleurs avec les fillettes, malgré leurs petites confessions et réflexions mignonnes, malgré la pêche à la ligne au bout du quai avec ces grands garçons que j’ai jadis bercé, malgré la complicité avec grand papa, malgré la joie de revoir la cousine, malgré le son des chutes, malgré cette fierté de voir mon petit frère dans son premier chez soi, malgré le soleil qui joue dans les cheveux des 12 flo avec qui j’ai joué toute la fin de semaine, malgré les truites, malgré tout ce qui fait habituellement mon bonheur, je reviens à Montréal le cœur un peu gros.

Pour ce qui devrait être de petits rien aussi. Tellement. De petits airs, moins de regards, surtout cette longue conversation qui termine tout juste avec frérot…

Pour une atteinte à un courage que j’ai fragile. Non, je ne suis pas aveugle.

Il y a pire que la tête qui explose et les IRM. Il y a ce qui se voit sans qu’on comprenne. J’ai jamais cru nécessaire d’expliquer même si je le fais parfois. Et quand je me résigne à expliquer, cette pitié, ça me dégoûte. C’est soudain autant pour moi que pour tout le monde, ce n’est pas facile, je travaille fort à me voir la-dedans. Mais on va finir par me convaincre que c’est la fin du monde.

Mais non, je refuse ça. C’est peut-être ce qui me prendra le plus de force.

Moi je suis heureuse d’être là et de vivre. Et à l’entendre, ce petit frère que j’adore, je devrais me cacher jusqu'à ce que ça ne paraisse plus. Arrêter de vivre pendant un temps alors que cette perspective m’a terrorisée. Je refuse avec colère et obstination. Rien ne m’empêchera de vivre pleinement. Surtout, mais surtout pas ça. Ce serait débile.

Je refuse de payer deux fois pour ce qui m’a déjà fait assez de mal. J’ai été malade et je m’en remet, est ce que quelqu'un peut le comprendre? Peut-être pas. Mais je n’aurais pas honte et je continuerai de m’en remettre avec sérénité, jusqu'à ce que je me retrouve et que ceux que j’aime n’aient plus cet air que j’aurais envie de leur faire ravaler.

J’ai toujours été la plus en forme de vous tous. N’ayez crainte, ce n’est qu’une question de temps… Et allez au diable! Défoulée. Plus envie d’en parler. Pas d’énergies à gaspiller la dessus.


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Trajet Joliette-Montréal
Lundi 12 juin 2006

Ce que je les adore ces petits. Ils m’ont laissé de jolis mots pour mon retour, avec quelques dessins dignes de picasso pour les plus petites, glissés dans mon sac comme un rayon de soleil auquel on ne s’attendais pas. Être la doyenne des petits enfants est une position enviable. Janie-Pier, Émy-Jade, Marie-Soleil, Sam, Chloé, Mumu, Dany, Raph, Val, Olivier, Mély, Mélodie. J’ai le beau rôle.


J’ai surpris Sam et Mumu hier dans une grande discussion, à savoir, Anick est elle un enfant ou une grande personne. Mélodie à tranché la question. Elle, elle est petite parce qu’elle vient de « naisser ». Moi je suis une grande personne petite, mais je suis pas une adulte parce que je n’ai pas de bébés, que je vais à l’école et que je joue à voler avec elle. Elle m’a aussi dit que j’allais guérir parce quand on est « naissé » depuis pas longtemps, on meurt pas, il faut donner un bisou sur le genou pis ça guérit.

Une opinion d’experte sur une petite éraflure, grande conversation en ceuillant des petites fraises et des fleurs pour grand maman avec Janie et Mimi. Toutes à l’age ou on montre ses 2 ou 3 doigts comme un exploit qu’on à réalisé, le résumé d’un récit de voyage ou on a tout à apprendre. Le soleil a toujours de plus beaux reflets dans les cheveux des enfants. D’immenses sourrires, si sincères, des yeux timides qui brillent encore plus quand on les a apprivoisé. La complicité la plus pure.

Je me sens près d’eux, une communion d’émerveillement. Déjà hâte de les retrouver.

Retour à la course Montréalaise, meeting à la mission. Réalité. Et j’ai oublié mon fil pour recharger chez grand maman… Fin forcée

vendredi, juin 09, 2006

Gone fishing

Une petite pancarte de bois accrochée fébrilement avec un vieux clou:

Gone fishing...

lundi, juin 05, 2006

Voler

J’ai toujours rêvé de voler, mais tomber du ciel est une idée délirante, chouette. Plus d’une minute de chute libre avant d’ouvrir le parachute. Le 22 juillet, je vais me dire qu’il vaudrait mieux que je me taise parfois, regretter pendant 10 seconde avant d'être prête à y retourner. Tomber du ciel pour rire de toutes les fois ou c'est lui qui est tombé sur nos tête.

Carpe diem. Des secondes qui comptent, vivre. Même si parfois, souvent même, la peur me fait trembler. On en meurt pas d'avoir peur, pas souvent, jamais totallement. On meurt de fuir. De ne respirer que par le nez. On ne peux tester ses ailes qu'en se laissant aller dans le vide parfois.

Une envie soudaine de relire Courrier Sud. Parce que vivre, sans doute, c'est autre chose. Tellement.

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Vivaldi, Yan Tiersen et Jack Johnson ont mis de la magie dans le dortoir de la Mission ce soir. Je les emmène respirer l'air des nuages, là ou elles ont toutes le droit d'être heureuses à leur façon. Qu'elles volent un peu au dessus du nid de coucou.