dimanche, octobre 23, 2016

Cette petite chose que j'ai fabriquée dort les yeux entrouverts.
Du bleu en réserve.

Le bruit de la pluie sur les briques du dehors, nous ensemble au chaud.
Le noir lumineux.

Sa petite main endormie sur ma joue.
L'univers drapeau blanc.

samedi, octobre 15, 2016

L'étendue infinie des possibles sans balises dans ma tête, où je me sens souvent perdue, est aussi le seul espace ou je suis encore libre d'être et de tout devenir, enfant et vieille sage, avec l'infini à porté d'effleurements, léger comme une plume.

lundi, octobre 10, 2016

Mes louves a la nuit. Moi avec elles, et nos souffles mêlés
de cette urgence viscérale jusqu'au près de lune
pour vivre et hurler.

Ma meute, l'odeur du sapin, nos gorges vulnérables
nos passions liées, nos yeux fermés
frémir sous la brise d'été.

Nous sommes, et nous sommes soeurs, perdues,
mais nous sommes ensembles au dessus du monde.
Libres.


mercredi, octobre 05, 2016

Mine de rien, je ne sais plus écrire dans les airs de cette nuit d'encre,
gauche, de cette main qui se salit de ce qu'elle trace sur le papier
et qui pourtant, voudrait rejoindre ta nuque, et y dessiner des fougères
des restes de fusain libre du bout de mes doigts.

L'envie de ne pas te regarder les yeux ouverts,
et l'encre qui n'ancre pas sur les envies passagères
clandestines et déjà mortes.

jeudi, septembre 29, 2016

Les échardes de ma propre errance se prennent dans ton hijab ou à tes pantalons élimés, et ce qu'elles creusent en rouge sur ma peau marque l'évidence : je vois tes mots étouffés du trop, parce qu'ils résonnent loin dans mes murs d'exilée.

Et si on continue de rire et de vivre, je sais qu'il n'y a pas de lieu de retour pour couvrir les frissons qui te tremblent le corps, pour rassurer vraiment les enfants réfugiés dans tes entrailles, sans abris et orphelins. Je sais. Les bras du vide serrent sans contenir. La liberté, l'espace et la chance te donnent l'envie de te rouler en boule quand t'as juste besoin de trouver ton port.

Je te chuchote mon envie permanente de hurler, doucement, pour que tu saches que mes yeux sont en face des tiens et que je te vois, toi, qui n'arrive plus à regarder l'horizon, et encore moins le ciel, avec toute ta force.

De l'air et du vent; c'est la liberté qu'on a eu en cadeau tranchant, celle de partir de rien ou de se faire bruler le monde, et celle de tout inventer.

#JeSuisTS #JeSuisAvecToi


Le faucheur

Je ne t'ai jamais attendu. 
J'ai tracé les symboles qui manquaient à la nuit
J'ai couvert de mon keffieh, comme un père,
son petit corps d'enfant inanimé, en silence
dans le sable du désert.

Mon frère est une sentinelle de l'invisible.

Tu sais, il t'attendait, petit, devant la grande fenêtre
le regard au loin, confiant, prêt à être brisé, 
et tu l'as laissé là, à attraper le froid des nuits du Ténéré
à en construire sa folie de sable, pendant des heures
jusqu'à ne plus voir le réel.

Il parle encore de toi quand il se perds dans son délire.

Tu veux me voir, alors tu me vois
Je suis celle qui étais là, et qui reste
le feu, la lampe, la nuit allumée
Et je te murmure la pluie, la plaie
dans une hautaine et frondeuse indifférence, papa.

Non, je ne te dois rien, et non, je ne veux pas te voir. 

jeudi, septembre 08, 2016

Ce temps qui ralentis et alors que je suis happée, helpless, par ma singularité, si pleine d'énergie, masse compacte, nous sommes plusieurs à exister dans l'univers comme des trous noirs, à avoir en nous des masses denses qui happent la lumière, qui crachent, mystifient, relativisent le temps à le rendre parfois insupportable, fascinent. Rien de tangible, surtout pas les certitudes et encore moins l'amour. Derrière l'horizon des événements, l'espace temps est distordu et rien n'est plus explicable. Et je suis vivante et je le hurle sans écho. Et j'aime.

Et j'ai mal. C'est l'espace qui nous manque. Une densité faible, qui respire mieux. De quoi ne pas être en boule, de son coeur à son corps. Et pourtant, je respire, du big bang au big crunch, toujours en mouvement.

Et j'ai froid. Et encore, l'essence est là, compacte dans le noir, et naissent les univers insaisissables et magnifiques. Se deviner dans le ciel sombre, comme une petite fenêtre sur tout ce qui a une probabilité d'existence. J'existe même quand je doute, peut être, mais l'univers noir, il brille.

Et je brûle. Et de toute mon insignifiance dans l'ensemble, j'existe dense, et j'oublie de quoi je suis faite, et j'inssiste pour briser en mon coeur toutes les règles. Je crée, j'invente, je flotte, perdue mais les deux pieds plantés sur la terre, le vide et le plein au centre de soi, alors que tout se répète dans toutes les dimensions, de l'inimaginablement élémentaire à l'insaisissable vaste, et que tout se lie.

J'ai vu les dimensions et la relativité de l'espace temps. Je les ressens dans la tensions sur mes cicatrices, ces histoire du monde et des gens, impossible à dire, stucked.

J'ai tout vu, et je ne sais rien: ta douleur, ta lumière, la mienne. Je suis une probabilité qui croit qu'elle existe, juste à coté de toi, ici et ailleurs en même temps, trop lucide pour avoir des certitudes mais consciente que l'instant est ce qu'on peut saisir de plus précieux.

Je suis là quand même, peut-être, de tout ce que je peux, de tout ce que je crois, à créer le sens à défaut de le trouver, à saisir ce qui lie, à revendiquer l'impossible.







mardi, août 30, 2016

Mon oreille sur sa poitrine métronome, à l'instant où ses doigts jouent de ma peau, nouent mon ventre et mêlent les cordes de mon cerveau...

... je retrouve un répertoire oublié de bouts de notes entrevechées et l'envie, peut-être, de lui faire aimer les rythmes de la pluie.



mercredi, août 10, 2016

Il faut habituer nos pupilles à la nuit. Voir. Résister.

Poussières en feu, chute libre toute en lumière: l'idée de ses lèvres me perséide le corps, mais il se trace filant dans ma nuit, brisé.

Fais un voeu pour moi. J'ai fermé les yeux.

I'm sorry.

mercredi, juin 15, 2016

S'acharner à aimer la pluie, l'hiver, les tempêtes,
pour le temps qu'elles expandent,
pour le silence, le monde à soi et le froid.

Le froid. Ce qu'on connait le mieux.

Les guerrières n'en finissent plus de frissonner.


L'asphalte mouillée sur tous les km ou on a roulé, loin, jusqu'à l'essence des souvenirs qui perlaient mes doigts de la sueur de ta nuque.

Je suis seule, paisible, les sens forcés ouverts de pluies fébriles, d'odeurs marines, entre le ciel et la mer qui s'apaisent, s'entrechoquent et me mêlent, indifférents au reste du monde éclaboussé.

Les humains ouvrent leurs écrans noirs, éteints, au dessus de leur tête et parent la pluie dont je veux m'emparer, liquéfiée, mes pieds à contre courant vers le fleuve.
Le soleil orange se perd dans l'eau et moi, dans les souvenirs.
Inspirer le salin en chiquant la salicorne.
Revenir. Écrire la paix, un bout, sur un bout de serviette déchirée, avec des tout p'tits mots.

Vider dans l'horizon le temps de ses urgences.

Superpositions translucides. On a changé et le ciel est resté le même, impassible à nos explosions, à notre permanence. L'histoire du monde dans l'immobile, la nôtre toute idem. Du vent dans mon foulard rouge préféré, celui des luttes, souvent lassé autour de mon cou.
Il vole insouciant au vent marin, léger.

Mes pieds dans le sable, je suis enracinée dans tout ce qui importe: rien du tout.

Liberté.
Avoir assez vécu
découvert aimé fui senti souffert joui respiré
pour posséder le privilège profond
celui de revenir, de creuser, de comprendre
du superposer les images.

Toucher l'infini
et habiter le silence
le profond dans les solitudes qui se fondent.

mercredi, décembre 09, 2015

La moitié du temps qui prends toute la place, cette boule noire, chiffonée, dans le ventre, à la place que tu prenais avant, là où il n'y a plus rien d'autre, le vide jusque dans ma main inutile, la moitié du temps qui ne respecte pas ses frontières, la moitié de coeur qui manque, l'autre qui saigne. Je n'arrive pas à me mettre assez en boule pour disparaitre la tristesse, à me boucher les oreilles assez fort pour ne plus entendre pulser la douleur.

J'ai donné la vie, mis un peu de la mienne dans la tienne, puis elle s'en va trop vite, trop longtemps, pour me punir de ne pas avoir su aimer ton père.


lundi, septembre 14, 2015

Je ferme les yeux mais je ne m’endors pas.
Je tremble mais je n’ai pas froid.
Tu me vois jusqu’aux petites choses fragiles
Mon âme recroquevillée ne peut pas te toucher,
ne peut pas ne pas te toucher.

Frémir de désir, trembler, frissonner de peur
du bordel épidermique sur mon trouble viscéral.

Mon sang pulsé de vie, propulsé dans mes failles, doucement mon pouls panique. Et je regarde devant comme si je n’étais pas en train de me liquéfier.

Te regarder, te voir. 
Respirer la douceur et le feu dans l’espace qui s’ouvre.
Sentir mon sang qui fuit sous mes deux mains crispées
sur ce qui refuse de coaguler.

De la vie toute rouge coule sur mon corps, malgré moi. Je ne savais pas avant d’ouvrir les yeux sur toi. Je ne savais pas.
Avoir froid aux yeux ouverts. 

Je veux me penser de bandages doux avant de me mettre à l'air libre, pour ne pas te salir de mes veines ouvertes.
Arracher le morceau de verre planté dans ma confiance pour en faire un autre prisme et prendre tous le soleil.


mardi, septembre 08, 2015

C'est pas grand chose,
des couleurs qui se cognent dans mon ventre parce que, mes deux pieds hésitant devant ton précipice, mes papillons claustrophobes voient tes espaces à explorer. C'est mourir d'envie de vivre d'envies dont on est jamais mort, un peu.

C'est pas grand chose, et ça ne veut rien dire mais,
j'ai désappris l'enivrante chute libre, parce que la blessure du plein quand le reste est trop vide, et pourtant, je sens leurs ailes se réveiller, et j'ai eu envie du vent, et j'ai envie du vide comme une piste plutôt qu'un prélude à tomber.

Ça n'est pas grand chose, et ça ne veut vraiment rien dire parce que
je ne connais pas tes frontières, ton climat, ce qui pousse et vit chez toi, mais ton parfum fait vibrer mes petites ailes de papier de soie, celles qu'on est supposées dompter avec l'âge, comme si la candeur n'était pas l'essence de la vie plutôt que de l'existence.

Pas grand chose, donc.
Mais c'était devant toi.







samedi, août 08, 2015

Overload

Chercher ses mots comme son air alors que tout déboule, qu'on existe trop pour sentir la douceur des pauses du souffle.
S'inspirer, s'inspirer, s'inspirer, expirer de justesse, avant d'exploser, perdre le rythme et pourtant vivre tellement.
Haleter et se souvenir de ces moments ou l'orgasme le réclamait, rechercher la cadence et surtout, le vide qui inspire les mots, le vide qui exige.
Lost, les poumons qui brulent.
L'air.

Dans la frénésie, je veux du manque. Et par dessus, les parfums.
Des mots, du vent, du temps, et me poser sur balancier lent des contradictions.


lundi, mars 02, 2015

Essoufflements,
l'air de nos possibles sur moi
Je suis ailleurs, j'entends le vent.
Tu respires et je te respire.

Cadence forcée et ton visage qui me rape
ton sang chaud glace mon sang libre
tes canines appuyées sur ma lèvre endormie
Je retiens mes soupirs. J'expire.

Tu cours ailleurs, je crois,
longue foulée sans but, je crois,
et je ne crois en rien, je crois.
Je ne crois en rien. J'inspire.

Je n'entend plus rien, à moins que tu ne me le souffle
Mais tu cours.
J'expire. J'inspire,
le feu aux poumons et à ton corps.



lundi, février 09, 2015

Aimer les fleurs

Je suis oiseau enraciné, les deux pieds dans la terre,
dans une cage à ciel ouvert.
Sentir le vent. Tout entendre. Respirer.

Respirer.
Prendre en soi l'air qu'on voudrait sous nos ailes.
et ce ciel encore au dessus de nos têtes, de nos plumes
celles qu'on a perdu, celles qui nous sont restées fidèles.

Plumes amoureuses d'une petite fleur.
La regarder grandir, comprendre l'amour de toute son âme,
taire ce corps qui brûle de voler, de l'emmener voir le monde.

Le ciel n'est pas assez grand, de toute façon
pour rendre hommage à la liberté
mes ailes qui tremblent choisissent de rester près d'elle
de la protéger du vent, du soleil, et des pluies
jusqu'à ce qu'ils l'emmène.

Voler dans ma tête, seul infini réel, à m'étourdir dans les coins.
Aimer le ciel et les fleurs, de toutes ses plumes,
celles qu'on perds et celles qui nous restent fidèles.


lundi, décembre 29, 2014

Black hole

Derrière l’horizon des événements, je brûle
La rage compacte, la tristesse noire,
la lumière qui se fait avaler.
Tellement d’énergie que tout est englouti, déformé
Perdue au centre de l’infinitude, sans formules pour me calculer.
Invisible.

Se décaler vers le rouge, rayonner en s’évaporant
entourée de planètes qui brulent en ne pouvant pas s'empêcher d'être magnifiques, elles.
Avoir encore besoin de l'univers pour planter son impression d'être.
À 32 ans, dans la relativité des âges, minuscule.
Puis aller vomir, et voir tout partir dans l'ellipse des toilettes. Du tangible. Merci.

Ça brille dans le noir et le ciel est clair. Les perles évaporées se perdent sans gravité. 
Invisibles.