jeudi, août 17, 2006

Chronique de cuisine

C'est toute une journée à avoir mal à la tête et à se le donner. Mais il y a bien pire que chercher des emplois sur cette toile sans fin, oui, je m'emmerde à l'infini dans une expérience périlleuse à souhait: ne rien faire. Du tout. Nada.

Ok, oui, j'écris et mesure la profondeur de mon ennui.

J'ai ouvert mon petit oeil soupçconneux trop vite aprés cette sieste tueuse de Mlle Céphalée. C'est ça le probléme quand la migraine s'en va, elle laisse un gros trou là ou j'avais fait des projets pour elle. Alors je tue les 72 minutes avant son arrivée. Trop courtes pour en faire quelque chose. Trop longues pour rien en faire.

J'avais envie de ne rien faire, mais c'est une envie qui passe à la première seconde ou on l'expérimente.

Il y a Céline sur la table de chevet. St-Exupéry sur les tablettes. Des trucs d'aviation au dessus de l'ordi. Faut croire que je n'ai pas envie de lire aujourd'hui. Il y a peut-être juste le ticket sur le bureau qui attire l'autre petit oeil, le curieux, mais je n'y toucherai pas.

Je pourrais lui cuisiner quelque chose. Mais je ne sais même pas s'il aura mangé sur la route. Et pire encore, j'ai des talents discutables en cuisine sans mon fidèle livre de recettes alors que lui me cuisine toutes sortes de trucs qui devraient théoriquement ne pas être si bons, des trucs de francais plein de gras et de trucs qui ne se mangent pas ici. Et pourtant non, c'est bon, délicieux même. Étonnant.

Le téléphone qui sonne. C'est lui. Il n'aura pas mangé. Et il a envie de manger n'importe quoi. Comme si je savais moi ce que c'est n'importe quoi, venant de la part d'un gars qui choisis de mettre des trippes et des tendons dans sa soupe tonkinoise et qui déteste ces parcelles de paradis gustatif envoyées par Dieu pour rendre le monde plus doux; le formage, le chocolat....

L'ennuie est passé, je me sauve en mission à l'épicerie. Dans la vie, il faut se surpasser. Pas de relecture, j'appuie sur le bouton orange...

Jalousie

Where the hell is Matt

Where the hell was Matt

Je l'ai écouté tout plein...

Un seul mot: jalousie!!!

mercredi, août 16, 2006

Mode d'emploi

Comment avoir une journée parfaitement relaxante

1. Se lever traquillement
2. Prendre le temps de s'étirer jusqu'au bout des orteils
3. Prendre son vélo et l'air qui vient avec pour aller jusqu'a l'appart 2
4. Manger les bons raviolis que l'amoureux a fait
5. Pédaler jusqu'au ciné
6. S'installer dans une grande salle pleine de petites personnes
7. Regarder les péripéties d'Otis la vache et trouver ça chouette
8. Ecouter les "ohh non!", "Maman, dis, est ce qu'il es mort Ben", " J'ai envie de pipi" et les rires tout sincères des petites personnes
9. Trouver ça adorable.
10. Pédaler jusqu'au marché Maisonneuve
11. Acheter des bonnes fraises pour les partager ce soir avec ses super collègues
12. Retourner à l'appart 2
13. Nourrir les poissons, le chat et les plantes. Ne pas oublier de leur jaser un peu.
14. Écrire de gentilles futilités dans son blog avec Rosana en musique de fond.
15. Se faire un drink de HMS
16. Etre bien prete pour une belle soirée de travail riche en surprises

mardi, août 15, 2006

Les grandes révoltes

Réflexion Matinale

Es ce moi ou le nombre de femmes qui nous arrivent terrorisées, la peau de toutes les couleurs sur des os brisés au visage augmente sans arrêt? L'été s'achève et on sent l'hiver dans les sourrires qui s'estompent d'appréhension.

Mais on m'a dit qu'il fallait savoir décrocher...

Alors j'ouvre mon courriel et tombe pour la deuxième fois sur cette chaine de lettre enrageante pour ne pas dire autre chose. Il y a des tas de choses a dire et à réfléchir sur cette guerre en trève, même si on devrait avoir un peu d'humilité devant un conflit qu'on ne peut voir que de l'extérieur. Je peux tout de même admettre que plusieurs opinions sont admissible.

Mais ça, non. J'aimerais bien tomber sur le pauvre petit payeur de taxe mégaégocentrique et ignorant qui a pondu la vomissure de mots qui suit et l'empêcher de dormir en éveillant sa conscience a des réalités sociales bien plus tragiques que sa contribution monétaire a l'amélioration du bien être collectif. Comment peut on se victimiser de la sorte alors que des gens souffrent et meurent ailleurs?

Bonjour,

Suis-je le seul à me poser la question suivante: comment se fait t'il qu'il y ait autant de "Citoyens Canadiens" au Liban ?

Plus de 30,000, Wow cela fait bien du monde en vacances ou en visite chez leurs parents et ce au même moment.

Est-ce qu'il se peut qu'un certain pourcentage de ces "Citoyens Canadiens" soient des assistés sociaux qui viennent ici sous prétexte de vouloir s'établir et que une fois la citoyenneté assurée, s'en retournent "en vacances"… au Liban pour plusieurs mois pendant que le chèque de BS est déposé à leur compte bancaire via le dépôt direct ?

Je veux bien avoir de l'ouverture d'esprit, mais y a des maudites limites, nous les payeurs de taxes CANADIENS payons des montants faramineux annuellement pour "aider les démunis" mais??????? S'ils vont vivre ailleurs avec mon argent je veux être remboursé.

En plus je dois payer pour les rapatrier, WOW les nerfs, quand tu voyages tu prends des risques car tu quittes ton pays et la sécurité des frontières, si tu es coincé à l'extérieur du pays, prends les moyens qu'il faut pour revenir, mais pas aux frais des contribuables.



Sans commentaires... Je vais égocentriquement aller me concentrer sur l'amélioration de ma condition de lassitude extreme et aller courrir. Je dois être en forme pour acceuillir ces femmes qui possèdent de la souffrance en plus grande quantité que quoi que ce soit d'autre, même si elles sont pour la plupart des assistées sociales, des "profiteuses" de ce système qui n'a rien su faire d'autre pour elles que de leur donner trop tard un peu d'aide, insuffisante, et le mépris qui va avec.

Et révoltez vous en bien dans votre petit confort. De ça et du reste. De ces B.S. de génération en génération, de ces africains paresseux qui font des enfants dont ils ne peuvent pas s'occuper convenablement, de ces Irakiens qui brulent les drapeau de leur sauveur américain, de ces gens qui manifestent et bloquent les rues des gens qui ont des occupations, etc...

Je n'aurai même pas la méchanceté de vous souhaiter de souffrir assez pour comprendre un peu un jour.

vendredi, août 11, 2006

Mes autres 5000 visages de Montréal

Il y a un endroit dans la ville qui m'inspire le sentiment qu'il m'appartient plus qu'a n'importe qui. Bien sur, il y a l'UQAM, la grande bibliothèque, le cégep du Vieux-Montréal et tous ces petits bars et cafés que je connais par coeur autour de la station de métro Berri-UQAM, mais ce n'est pas ce qui me donne cette impression. La faune colorée qui fréquente le coin et qui a fait de la rue sa maison, ces insaisissables qui flânent ou qui quêtent ou encore ces ombres que personne n'apperçoit et qui tuent le temps en attendant l'ouverture des refuges du coin, je les connais presque toutes par leur nom, par leur histoire.

Elles ont toutes leur manière de saluer dans cette rue si menaçante pour leur dignité. Certaines sourient timidement, d'autre font un petit signe de la tête, il y en a qui viennent me raconter leur dernières péripéties ou me demander de l'aide et d'autres qui me saluent comme une vieille connaissance. Mais dans leur yeux, il y a toujours une parcelle de ce doute que les gens autour, ceux pour qui cette rue n'est qu'un passage, sachent que je travaille dans un refuge. Et pour celles qui ont encore toute leur tête dans leur baluchon, c'est une honte d'y être ou d'y avoir été. Parce que pour la majorité, elles sont anonymes et on ne peut pas les reconnaitre dans la rue; elles ressemblent à tout le monde.

La honte qu'elles ont, elle s'apprend: la façon dont on les traite dans les hopitaux, dans plusieurs services publics et entreprises, ou le regard que les gens posent sur elles laisse croire que ne pas avoir de domicile fixe fait des ces femmes de sous humain.

Et pourtant, elles sont tellement fortes dans leur vulnérabilité. D'être encore là, de continuer à respirer, de se lever chaque matin à 6h30 alors que rien ne les attends dehors, de vivre avec la douleur physique qui accompagne souvent ce mode de vie, avec les maladies mentales qui se développent ou qui ont été la cause de leur itinérance. Ce sont des femmes avant d'être des itinérantes mais plusieurs l'oublient. Et ce mode de vie, elles ne l'ont pas choisi.

Je réalisais hier en feuilletant mes dossiers au travail que c'est plus de 5000 personnes que je reconnais par leur nom, en plus des autres visage que je peux reconnaître. Quel autre travail aurait pu m'offrir un tel bain d'humanité, d'expériences et d'émotions? Et en connaissant mieux les autres, c'est soi qu'on arrive mieux à cerner.

La maladie mentale me fascine tout particulièrement, ce déséquilibre ou une partie de la personnalité ou un sentiment vient prendre une place exagérée ou bloquer le reste. Si on est mal à l'aise davant elles, c'est parce qu'on a peur de s'y reconnaitre, on est tous un peu de tout ça. Et ce monde que parfois elles se créent et dans lequel elles vivent est fascinant.

Je croisais T. hier. Elle, on la reconnait, et n'importe qui peut savoir qu'elle n'est pas bien. Mais moi je dirais qu'elle est heureuse avec ses poupées, bien mieux que d'autre qui n'ont que leur dure réalité pour pain quotidien. Puis F. qui quêtais près de l'escalier mobile de la sortie de métro Ste-Catherine, fidèle à son habitude, le grand sourrire qu'elle m'a fait m'a donné l'impression qu'elle avait assez pour ne pas venir au refuge cette nuit, pour remplir sa seringue. Et j'avais bien deviné.

Je retournerai bientôt à temps partiel. A l'heure des bilans, je me dit que j'ai reçu tellement de ces femmes, bien plus que je ne pourrai jamais redonner. Et je ne peux pas pour l'instant abandonner complètement ce monde, cette sous culture ou j'ai une place. Mais l'envie d'explorer autre chose de moins demandant se dessine, celle de jouer un autre rôle avec d'autre types de gens. Quelque chose de plus futile probablement. Ou encore, simplement avec une autre clientèle. J'aimerais beaucoup retravailler auprès des enfants. Mais avec les études, pas évident de conciler les horraires. On verra. Pour l'instant, j'y retourne, et je suis bien heureuse de le faire, de prendre le temps d'aller marcher dans le coin avant, de flaner un peu moi aussi. De retrouver Begos après toutes ces heures et de le garder avec moi demain matin.

Vivre est un petit truc bien agréable.

jeudi, août 10, 2006

Rien

Cette envie de jouer, de faire un bonhomme de neige ou de sauter à pieds joints dans la boue, juste pour le plaisir.

Le reste, on s'en fout, et pourtant tout ça me crève. Sans parler de cette petite santé de merde qui s'emmerde de ces emmerdements.

J'aurais tant à écrire ce soir mais mes yeux qui ferment d'eux mêmes m'imposent l'immobilité.

Si j'écrivais que la vie est belle, je résumerais bien. Et demain, j'irai courrir et m'acheter un nouveau Moleskine, entre autre.

Dodo zen. Alors je n'écrirai rien.

mardi, août 08, 2006

Les gros sous

Parfois, il faut se résoudre à parler le seul langage accessible à certains esprits primitifs, celui des dollars, puisque celui de la raison et de la compréhension ne sied pas à des esprits sans vergogne ni valeur pour qui rien d’autre ne compte que les sous. C’est triste pour eux. Vraiment.

Devrais-je m’en étonner? Partout dans le monde, des gens vendent leur âme, leur temps, leurs valeurs et leurs semblables pour des billets et du pouvoir. Et pourquoi? Le bonheur était probablement dans ce qu’ils ont délaissé pour s’enrichir injustement. S’enrichir de papier, bien l’entasser, et ça devient d’une préciosité délirante quand on a tout sacrifié pour et que c’est tout ce qui nous reste. C’est si vide en soi, si désolant.

C’est bien les billets, je n’ai rien contre, lorsqu’ils servent à enrichir d’expériences et de douceur ma vie et celle des gens qui m’entourent sans faire souffrir personne, dans le respect de tous les autres humains. Seulement, il y a un sérieux problème de priorité et d’ordre des choses dans ce monde. Et même les chercheurs de l’IEDM renforcent cette idée débile que l’argent est au-dessus de tout. Et je gagerais qu’ils arrivent à dormir la nuit. On me disait qu’être humain, c’est avoir une conscience… Concept à réviser…

La paix s’achète. Et c’est impressionnant une pile de 150 vingt dollars. Mais ça ne vaut pas plus que mon équilibre, et même le compte vide, il me reste toujours tout ce que j’ai de plus précieux, tout ce qui importe. « Pour tout le reste, il y a Visa!» (…)

À défaut de pouvoir aller me défouler dans mes running shoes, je vais aller passer un autre après-midi à l’hôpital. Peut-être qu’on arrivera à me drainer un peu de mauvaise humeur en même temps que de sang.

Si ce dossier pouvait se clore aujourd’hui, après les boîtes de déménagement et après la célébration de la fin de cette longue mésaventure, je pourrais me mettre le nez dans mes livres de bio. Décidément, j’ai hâte.

lundi, août 07, 2006

Les temps changent

Ces petits qui n'en sont plus. Mes grand-parents qui vieillissent. Ce nouveau lieu ou nous nous rassemblons. Ces adultes de mon enfance qui peuvent maintenant profiter de la vie à deux, autrement. Mon petit lit remisé. Frérot en appartement. Cousine qui a troqué la poupée pour une petite blonde adorable. La maison qu'on n'a plus, les étrangers qui y sont. La cabane à sucre qui pourrait un jour rester cadenassée et vide de rires d'enfants... Nous sommes tous plus grands qu'hier.

Mais il y a les autres, les petites pousses encore toutes vertes qui passeront aussi par toutes les saisons, et nous qui devenons autre chose, quelque chose de plus enraciné.

Quand j'étais petites, je croyais certaines choses immuables. Le temps façonne pourtant les pierres par le vent et la mer, nous façonne aussi au passage sur ces pierres différentes. On ne m'avais pas dit que grandir, c'était perdre un peu, dissoudre des liens, oublier. Je m'avais cru pouvoir murir dans un monde qui resterait le même.

Je me sens maturer vers la prochaine saison, jour charnière entre deux époques ou il y a tant de belles choses à vivre. Un peu plus apte à reconnaitre les choses immuable: les sentiments même s'ils changent de destinataires, les liens qui nous unissent même si nous changeons de rôle et les valeurs qui continuent à vivre et grandir en nous, un écho lancé par les générations qui nous précèdent, notre plus bel héritage.

Les temps changent et les saisons se suivent dans un monde qui garde la même essence. Et il y aura d'autre fleurs qui remplaceront celles qui disparaissent. Tant qu'elles auront une famille comme la mienne pour leur donner ce sens de la continuité, j'ai espoir en l'avenir.

mercredi, août 02, 2006

Voyages

Voyages

Seule dans les yeux des gens.
En altitude et en lattitudes avec lui.
Sur des roues, sur une piste abandonnée la nuit.
Au bout de moi même, jusqu'ou on est pas encore allé.


L'envie de partir, même si c'est pour ici. De découvrir, surtout ce qu'on avait oublié de regarder.

En attendant, je m'en vais quand même acheter le Lonely Planet.

vendredi, juillet 28, 2006

Décalages

Tenter d'ouvrir mes yeux qui s'y refusent. Scene maintenant familière, le regarder se préparer a partir de mon point de vue horizontal. Nos draps et notre boulot sont en décalage. Un syncronisme que nous retrouvons parfois lorsque le jour se lève. Revisiter un sentiment d'enfance: je ne veux pas aller a l'école. Disons qu'on est malade. Reste toi aussi et allons nous promener dans la ville. Refermer les yeux sur le bruit de la porte. A demain.

Apprendre a glisser du Je au Nous parfois. Et de garder un peu de nous en moi.

Se pousser hors du lit pour se rendre compte que le corps fait la grève ce matin. Mal de tête et de coeur en sourdine, essayons de ne pas y penser et d'être sage. Se rendre compte que l'esprit est tout paisible ce matin. Avoir la foi en des choses qui me dépassent comme si les étoiles avait laissé un peu de poussière de lumiere sur mes paupieres en souvenir. Avoir tout le jour devant moi, décider de ne rien en faire et d'apprécier le vide. S'accomoder du rythme que la pulsation dans ma tête impose. Avoir toute la nuit a anticiper et avoir envie de la passer avec mon chat, tranquille. Le travail entre les deux. Oublier jusqu'a mes 24 ans les chambres vide et encore plus ceux qui sont pleines, les visites et toutes ces choses si loin du bonheur qui prennent une trop grande place dans mon esprit. Revisiter ce sentiment d'enfance et ne pas vouloir aller travailler.

Se perdre sur la toile, dans une boite aux lettres, en Europe, en Afrique, sur le toit de Tchernobyl ou a Hirochima, oser me dire que l'énergie nucléaire pourrait être intéressante si les hommes n'étaient pas ce qu'ils sont. Admirer de jolies photos d'avions. Enfin trouver le "À" du clavier par mégarde en regardant le vieux paquet de Players métallique.

Revisiter ce sentiment d'enfance, si fort, et se savoir presque une grande personne maintenant. Maman, je suis malade, je ne veux pas aller à l'école.

Si vous me cherchez, je serais au boulot.

jeudi, juillet 27, 2006

Pause

S’écrouler une heure dans la moelleuse couette puis s’éveiller contre les habitudes au son des enfants qui s’amusent dans la ruelle. Avoir eu juste assez de connexion internet pour voir cette petite enveloppe sur le sigle d’entourage. Retrouver un peu ces noeuds au ventre comme quand il m'écrivais de Peterborough, la nuit. Et que je l'aimais déjà.

Déblatérations nocturnes

Seule au cœur de la nuit comme la lune qui veille. Si bien. La ville sous son voile de sommeil se fait plus humble et laisse voler mes impressions entre ses buildings. Passer par là, aller à l’autre bout du monde.

Chinook est en boule, bien callé dans le plus moelleux de la couette, la tête sous la patte, détendu et heureux. Et il ne dort pas, les yeux en fente qui s’agrandissent chaque fois que je le regarde avec trop d’insistance. Qu’il est bon d’être la maîtresse d’un mâle qui vous vénère, qui ne voit que les retrouvailles dans les petits abandons quotidiens.

On devait conquérir le monde ce soir sur la planche de jeu mais on a finalement parlé de vraie guerre, de politique, d’égoïsme et de thèmes connexes aux Minots, ce petit bar ou on commet la bêtise incroyable de mettre du pastis dans tous les drinks.

Alors je me retrouve à une heure trop tardive avec mon chat et mon insomnie à contempler la lumière tamisée qui coule sur le mur de brique.

Je pense à ces gens à coté de nous qui parlaient de refaire un monde libertaire et égalitaire et qui, aussitôt sortis du bar, étaient trop occupés à ridiculiser un itinérant pour se souvenir de leur nouvel ordre des choses et je suis prise d’une lassitude extrême.

On ne refait pas le monde avec des paroles, mais avec des actions teintées de tolérance et d’amour pour l’humanité.

A quoi bon détruire le système à coup de brique, de manif et de discours passionnés si on ne propose rien d’autre, si on arrive pas à appliquer ses grands principes moraux aux petites choses. Sauver les enfants des pays émergents et ignorer la souffrance des gens à coté de soi. C’est plus exotique.

Partout, l’attitude est plus importante que les actions pour redonner aux gens qui ont besoin ce qui leur manque pour devenir aussi des bâtisseurs du monde. Et pour ça il faut croire en eux. Le monde n’a pas besoin de missionnaires recherchant de quoi nourrir leur égo. Aider, c’est avant tout offrir sa confiance autant que ses mains, d’égal à égal. Surtout ne pas renforcer ce sentiment d’impuissance et d’incompétence sur leur vie.

Je me sens lutter contre la brume de fatigue qui s’étend devant mes yeux. Cédons-y. Bonne nuit!

mercredi, juillet 26, 2006

Hallelujah

Les journées se rythment a la fréquence des coups de pédale et nulle part je ne me sens aussi bien et chez moi que seule sur le siège de mon vélo. Les doigts tachés de sang de fraises, je me prépare à repartir sur cette piste cyclable qui sert de couloir a "mes" appartements trop dispersés.

Rufus Wainwright dans la tête. Un echo à mon humeur.

"Love is not a victory march, it's a cold and it's a broken hallelujah"

La sensibilité me sort douloureusement de chaques pore de peau ces temps ci, a mesure que le stress s'en va. Et pourtant, je suis heureuse. A me demander ce que j'ai, je crois que j'aimerais seulement me sentir utile. A quelque chose, à quelqun... J'ai envie de donner, de redonner, de partager, à en manger mes bas. Et plus je suis heureuse, plus ça déborde. Je donnerais n'importe quoi pour que tout le monde ait droit à sa part de soleil, mais mes bras tendus sont vides et impuissants.

Je souffre de l'injustice de voir mon reflet heureux dans des yeux tristes. Un écart insupportable.
A en avoir envie de supplier un dieu qui devrait veiller sur nous. De faire quelque chose. De faire ce que je n'arrive pas à faire. Et voilà que mes inutiles larmes me mouillent les joues. Je suis en colère contre un dieu que j'aime.

La vie est une musique si belle, mais aux accords parfois si tristes. Et vivre vraiment, c'est savoir entendre la musique dans l'innocence d'un enfant qui s'amuse et celle qui filtre dans le désespoir de quelqun qui vient de tout perdre. Parfois, j'aurais envie de retrouver et de battre le chef d'orchestre. Mais elle est la la beauté, même dans les plus grands maleurs, dans des yeux adultes qui se reconnectent avec leur humanité profonde, comme le font les enfants, et alors même si la musique n'a pas de sens, elle est belle, même si elle nous chamboule pour rien.

J'aimerais baisser le son, qu'on me chuchote la mélodie. La musique ambiante se fond avec les airs doux et enjoués de mon coeur pour en faire cet accord secret, ce "hallelujah"

"There's a blaze of light
In every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah"

mardi, juillet 25, 2006

Altitude et vertiges

Cette plume abandonnée que je lorgne depuis ce matin, au coin du bureau. Une rage d’écrire entre la cuve de la laveuse et le sac à poubelle qui se remplis si vite de toutes ces inutilités que je garde.


Sentir la paix de mon cœur et en être prise d’un vertige incontrolable. Me savoir en équilibre sur la plus jolie des ficelles, fragile, le souffle court, l’infini en haut, le sol sous soi, à se demander ce qui existe le plus fort, si mes ailes savent emmener mes pieds. Le doute et la foi qui s’engueulent.

Fermer les yeux, et croire très fort que le sol n’est qu’un tapis de nuage quand on est si haut.

L’autre jour, j’ai volé. Avec lui. Exploré la quatrième dimension. Vu le sol habité sous sa véritable importance, tout petit, et moi minuscule au dessus, mais le bonheur qui reste le même, qui veille sur nous comme l’étoile polaire, qu’on traîne avec soi comme un baluchon.

Je me sens voler si souvent, et sans moteur. Cet avion, une métaphore de mon âme, de nous deux.

Tous les bonheurs sont si fragiles. Se faire minuscule pour mieux toucher cette mince couche de lumière qui enveloppe les instants, cette couche que les petits doigts curieux des bambins explorent avec une inconscience bénie. Jouer avec la vie de cette luminescence que l’on crée.

Il existe quelque part un garçon dont les yeux infinis, multicolores et si profonds, rendent impossible la fin du monde. Et toute cette chance de l’avoir si près de moi. De regarder ensemble dans la même direction, en haut dabord.

mardi, juillet 04, 2006

Un ciel de tempete

Les éclairs brisent la tranquilité de cette nuit chaude; la violence de ces différents courants qui se heurtent. Ça fait peur aux enfants, mais ça fait de la lumière et éclaire le ciel nocturne. Splendide. Et dans les vitres du taxi, le monde ressemble à un Monet avec ses flous si jolis. Les taches rouges des phares des autres voitures coulent sur les vitres (un peu à la manière des cornichons des hamburger McDonald que nous faisions courser sur les vitrines du restaurant à l'heure ou les bars de Joliette fermaient...). La fièvre rends probablement l'effet encore plus marquant. Heureusement que mon chat veille sur moi par procuration. Je vais rêver en paix à des tonnes de couleur pour prendre du mieux.

lundi, juillet 03, 2006

Chut

Donner un sens au silence, sans le combler.

mercredi, juin 28, 2006

Les 4 éléments



Chapitre 1:
Terre

Toute petite, les bois, mon refuge. Comme si rien d'autre n'existait que mes petits pieds sur le sol meuble. Les arbres ont protégé ma part d'enfance. Sous les sapins creux sous leurs branches, des rires, quelques sanglots parfois, mais surtout, tous ces rêves a sculpter d'argile avec de petits doigts créatifs et mal affermis. Sentiers. Sables. Terre. Réalité.
Tout ces fruits encore a cueillir avec la fougue naïve de trois petites pommes.
Partager cet espace, ces petits arpents qui m'étaient infinis: le 4 roues, grand-papa, l'odeur de la terre mouillée.
Malgré le reste, mes racines.
De la terre, apprendre à être.
A vivre.
Simple, ancrée, forte.


Chapitre 2: Eau

Regards sur mes écrits d'adolescente, découverte de ces flots intérieurs, une vie décuplée, insoupçonnée, puissante. Des passions qui coulent, rafraichissantes, sur la terre. L'écume de la rage que l'on ramasse entre les doigts, bulles translucides dans le soleil
De l'eau, apprendre à être.
A vivre.
Fougueuse, heureuse, enjouée.


Chapitre 3: Air

Se promener la tête dans les nuages, les yeux perdus de soleils, se porter vers l'indéfinis par surplus de passion, curieuse de tous les chemins qui mènent au delà de soi. Rêver des ailes que l'on sent dans son dos. Savoir.
De l'air, apprendre à être.
A vivre.
Libre, rêveuse, légère.


Chapitre 4: Feu

Se laisser porter par le monde, l'étincelle de vie, l'énergie qui nous prends dans une combustion spontanée. S'être imbibée d'essence pour mieux brûler sans rien attendre. L'amour de vivre comme celui qu'on reçoit. Les flammes bleues, les tisons qui montent au ciel comme nos rêves, le vent qui rallume les braises de la véritable passion alors qu'on les accuse d'éteindre les feux de pailles. Cette flamme qui danse, qui meurt et ne cesse de naître. Ce que les humain ont tant cherché, vénéré, qui réchauffe et tempère la terre, les eaux et les vents, ce qu'on a pas sans maîtriser le reste.
Du feu, apprendre à être.
A vivre.
Passionnée



Un prologue qu'on ne saurait écrire, plein de promesses. Tout vit dans une poignée de terre et de cendres chaudes, humides, qu'on respire à plein poumon. Être. Complète. Équilibrée.
Être et devenir.

dimanche, juin 18, 2006

Des nuages et de la boue

"Par delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s'envole encore
Plus haut, plus haut
Le coeur est un oiseau"

Je me sens toucher du bout des doigts, fébrilement, les mottons d'ouate. Un ciel chargé pourtant sans présage de pluie. Que du bleu, que du blanc. Que du grand air plein les poumons.

En contraste, le monde qui continue à tourner. J'ai eu ce soir le courage ce soir retourner aux nouvelles.

En banlieue d'Ottawa il y a quelques jours, le groupe Bilderberg tenait une autre réunion dans le silence le plus total de la part des médias, protégés par un groupe de mercenaires de la société Globe Risk. Et qu'on me parle de saine démocratie.
http://lyon.novopress.info/?p=1471
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2464

Ça ne vous intéresse pas? J'aurais alors envie de vous engueuler, à peine gentiement.

Prise de conscience. Les politiques affectent des gens. Plus ou moins intensément. Directement, mais avec quelques intermédiaires, permettant à ceux qui bénificient de cette misère de se donner bonne conscience, de garder les yeux fermés.

Gardons les yeux ouverts, en choisissant de regarder en haut parfois, se bornant à ne voir que le meilleur de l'humanité, pour mieux arriver à tendre la main et ne pas détourner le regard devant la réalité cruelle, se battre, changer le monde. J'y croierais toujours. Et vous le dirais toujours avec passion au coin d'une chaleureuse table partagée en espérant qu'a défaut d'agir, vous appuirez.

Sans jugement, en toute conscience des jeux de pouvoir qui se joue, j'aimerais qu'on se souvienne simplement que la petite fille qu'on entends s'appelle Hoda.
http://www.aljazeera.net/mritems/streams/2006/6/10/1_624384_1_43.swf

On a au moins le devoir de savoir, de porter un peu le poids de la honte. Même en oubliant toutes les autres raisons. Comme si Hoda était la seule.

Insupportable, mais réel. Le pire des film d'horreur se jour live.

vendredi, juin 16, 2006

En m'endormant

La vie après minuit.

Dehors, le coeur plein de cette femme, petit animal blessé, qui dort dans notre dortoir, enfin apprivoisée, je me reconnecte ailleurs;

Dehors je marche, la jupe qui danse avec le vent du soir sur les débris de stroboscope qui meurent sur les trottoirs. Et cet air de blues, incongru dans ces rues ou l'on cherche à oublier. Rues colorées de contrastes, marquée par l'arc-en-ciel. Ressentir la musique. Ressentir tout court.

Apaisée par la pseudo-folie ambiante. Le bus. Mes clés prodiges dans la serrure, le corps qui rêve de nuages de plumes. Épuisée et heureuse.



Je voudrais être un renard ou une rose, mais surtout, qu'on me dessine des tonnes de moutons.

lundi, juin 12, 2006

Week end de pêche

Trajet vers St-Charles de Mandeville
Vendredi 9 juin 2006


J’ai envie de tout dire pour que les mots ne s’effacent pas, pour donner de la valeur au moments qui se fanent à peine nés, pour s’agripper à l’existence sur laquelle on ne fait que glisser. Mais j’ignore les mots et les choses.

Dans l’autobus, le même toujours, depuis des années, ce chauffeur témoin de mes départs, de mes retours surtout, ces retours vers moi même, différentes et toujours la même à chaque fois, différente, mais toujours la même enfant en moi. On efface pas son chez soi, la terre de laquelle on est faite.

Me reviennent tous les sentiers parcourus, le petit chemin menant chez grand-maman pleins de feuilles multicolores au ciel et sous mes pieds en automne, les glaçons géants transformés en diamants précieux, les grenouilles sacrifiées à nos expériences. Souvenirs... Légers. doux. Précieux.

Sombres. Douloureux aussi. La fenêtre ouverte sur les poulaillers sales, sourds et aveugles qui ne m’entendent jamais pleurer, peut-être parce que mes joues restent sèches, que j’ai oublié comment faire, submergée par les raz-de-marée de la colère. Oublier mon petit corps pour vivre dans ma tête, pour survivre. Les larmes sont au corps inutiles lorsqu’il hiberne.

Et puis vient un temps pour la paix et l’acceptation. Parce qu’on a pas cru et qu’on a pas cessé de croire. Parce qu’on a le choix.

Je regarde la vie défiler, calme, paisible, au son du moteur qui ronronne, à travers la vitre de l’autobus. Il est si beau le monde…

Aujourd’hui mes larmes me rappellent la vie qui coule, qui coule toujours lorsqu’il est temps de descendre du bus, enfin arrivée mais sans destination, la vie au coin de l’œil humide. Les rivières aussi tortueuses soient elles sont toujours pleine de cette énergie des flots embellis par les obstacles. Et c’est ce qui importe. La vie, simplement.


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Dimanche 11 juin 2006, veille du retour à Montréal

C’était une fois, moi pis mon grand-père, on était allés sul résarvoir d’la Zec des Nymphes pour pêcher comme autrefois. Il ventait à écornifler les bœufs pis y faisa frette en sœur grise, tellement que les damoiselles était restées au shack pour pas dérencher leurs coiffures. On était là depuis un bon moment avec nos canne pis nos vers à pogner rien que du fond, à tchecker les amanchures des autres chaloupes, on commencait à pu pouvoir mettre les vers sur les hamecons tellement c’était frette. Ça fait que la, j’me prends une sanwiche en espérant me réchauffer les doigts dans le pain, pis soudain que ça mord tu pas su ma ligne. Des p’tits coup ben secs ben comme il faut, ça fait que là, j’le pique ben comme faut d’in ouies, pis j’commence à mouliner comme une pardue la sanwiche encore dans yeule. La canne qui plie comme si c’était l’bon dieu qui tira sur l’aut bout, j’te le dis mon gars, la j’savais qu’j’avais quek chose de gros en gériboire. Ça tirait tellement que la chaloupe penchait du bord de ma canne pis que j’avais une misère noire a la tenir. Pis mon rill qui slack. J’viens a bout de ramener, pis j’la vois su le bord d’la chaloupe : une grosse truite d’AU MOINS deux pieds, mon gars, qui s’gigotte au bout d’mon fil. Pis c’est la qu’le fil à peté, sœur grise de gériboire de st-sacrement.

Aussi bien raconter des histoires de pêche…

Malgré les petits fruits et les fleurs avec les fillettes, malgré leurs petites confessions et réflexions mignonnes, malgré la pêche à la ligne au bout du quai avec ces grands garçons que j’ai jadis bercé, malgré la complicité avec grand papa, malgré la joie de revoir la cousine, malgré le son des chutes, malgré cette fierté de voir mon petit frère dans son premier chez soi, malgré le soleil qui joue dans les cheveux des 12 flo avec qui j’ai joué toute la fin de semaine, malgré les truites, malgré tout ce qui fait habituellement mon bonheur, je reviens à Montréal le cœur un peu gros.

Pour ce qui devrait être de petits rien aussi. Tellement. De petits airs, moins de regards, surtout cette longue conversation qui termine tout juste avec frérot…

Pour une atteinte à un courage que j’ai fragile. Non, je ne suis pas aveugle.

Il y a pire que la tête qui explose et les IRM. Il y a ce qui se voit sans qu’on comprenne. J’ai jamais cru nécessaire d’expliquer même si je le fais parfois. Et quand je me résigne à expliquer, cette pitié, ça me dégoûte. C’est soudain autant pour moi que pour tout le monde, ce n’est pas facile, je travaille fort à me voir la-dedans. Mais on va finir par me convaincre que c’est la fin du monde.

Mais non, je refuse ça. C’est peut-être ce qui me prendra le plus de force.

Moi je suis heureuse d’être là et de vivre. Et à l’entendre, ce petit frère que j’adore, je devrais me cacher jusqu'à ce que ça ne paraisse plus. Arrêter de vivre pendant un temps alors que cette perspective m’a terrorisée. Je refuse avec colère et obstination. Rien ne m’empêchera de vivre pleinement. Surtout, mais surtout pas ça. Ce serait débile.

Je refuse de payer deux fois pour ce qui m’a déjà fait assez de mal. J’ai été malade et je m’en remet, est ce que quelqu'un peut le comprendre? Peut-être pas. Mais je n’aurais pas honte et je continuerai de m’en remettre avec sérénité, jusqu'à ce que je me retrouve et que ceux que j’aime n’aient plus cet air que j’aurais envie de leur faire ravaler.

J’ai toujours été la plus en forme de vous tous. N’ayez crainte, ce n’est qu’une question de temps… Et allez au diable! Défoulée. Plus envie d’en parler. Pas d’énergies à gaspiller la dessus.


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Trajet Joliette-Montréal
Lundi 12 juin 2006

Ce que je les adore ces petits. Ils m’ont laissé de jolis mots pour mon retour, avec quelques dessins dignes de picasso pour les plus petites, glissés dans mon sac comme un rayon de soleil auquel on ne s’attendais pas. Être la doyenne des petits enfants est une position enviable. Janie-Pier, Émy-Jade, Marie-Soleil, Sam, Chloé, Mumu, Dany, Raph, Val, Olivier, Mély, Mélodie. J’ai le beau rôle.


J’ai surpris Sam et Mumu hier dans une grande discussion, à savoir, Anick est elle un enfant ou une grande personne. Mélodie à tranché la question. Elle, elle est petite parce qu’elle vient de « naisser ». Moi je suis une grande personne petite, mais je suis pas une adulte parce que je n’ai pas de bébés, que je vais à l’école et que je joue à voler avec elle. Elle m’a aussi dit que j’allais guérir parce quand on est « naissé » depuis pas longtemps, on meurt pas, il faut donner un bisou sur le genou pis ça guérit.

Une opinion d’experte sur une petite éraflure, grande conversation en ceuillant des petites fraises et des fleurs pour grand maman avec Janie et Mimi. Toutes à l’age ou on montre ses 2 ou 3 doigts comme un exploit qu’on à réalisé, le résumé d’un récit de voyage ou on a tout à apprendre. Le soleil a toujours de plus beaux reflets dans les cheveux des enfants. D’immenses sourrires, si sincères, des yeux timides qui brillent encore plus quand on les a apprivoisé. La complicité la plus pure.

Je me sens près d’eux, une communion d’émerveillement. Déjà hâte de les retrouver.

Retour à la course Montréalaise, meeting à la mission. Réalité. Et j’ai oublié mon fil pour recharger chez grand maman… Fin forcée

vendredi, juin 09, 2006

Gone fishing

Une petite pancarte de bois accrochée fébrilement avec un vieux clou:

Gone fishing...

lundi, juin 05, 2006

Voler

J’ai toujours rêvé de voler, mais tomber du ciel est une idée délirante, chouette. Plus d’une minute de chute libre avant d’ouvrir le parachute. Le 22 juillet, je vais me dire qu’il vaudrait mieux que je me taise parfois, regretter pendant 10 seconde avant d'être prête à y retourner. Tomber du ciel pour rire de toutes les fois ou c'est lui qui est tombé sur nos tête.

Carpe diem. Des secondes qui comptent, vivre. Même si parfois, souvent même, la peur me fait trembler. On en meurt pas d'avoir peur, pas souvent, jamais totallement. On meurt de fuir. De ne respirer que par le nez. On ne peux tester ses ailes qu'en se laissant aller dans le vide parfois.

Une envie soudaine de relire Courrier Sud. Parce que vivre, sans doute, c'est autre chose. Tellement.

***

Vivaldi, Yan Tiersen et Jack Johnson ont mis de la magie dans le dortoir de la Mission ce soir. Je les emmène respirer l'air des nuages, là ou elles ont toutes le droit d'être heureuses à leur façon. Qu'elles volent un peu au dessus du nid de coucou.

mercredi, mai 31, 2006

Je pédale forever

J'ai battu mon records. Moins de 10 minutes pour aller du travail à la maison. Parcours suicidaire ou les nids de poules géants de la rue Ste-Cath ressemblent à une épreuve de fort Boyard.

Ce qu'on s'amuse, et personne ne le sait.

* * * * * * * * * * *

Une continuité, une seule, tout change sauf la passion de se transporter sur deux roues. Dans la vie, dans ma tête, être une cycliste. Je suis la même et presque une autre, ces vents qui nous rendent plus fortes, ces fouilles qui nous apprennent à nous relever, et tous ces paysages, splendides, désolés, qui défilent sous les yeux, infinis. Métaphorique, je pédale.

Une crise de rage de vivre solitaire, un flot d'adrénaline et de l'air plein les poumons. Narguer la fatalité et les automobilistes en file. Foncer dans la vie comme dans les vents de front, les yeux grands ouverts. Je pédale.

Au rythme de ma respiration saccadée, cette montée qui n'en finit plus et mon sac qui me colle au dos, pour le plaisir, celui d'exister, de vivre. D'apprécier les pentes descendantes avec le souvenir, l'apprentissage des montées, ennivrée d'endorphines. Je pédale.

Corps-à-corps avec mon vélo, un soulier clippé, l'autre libre et vif, pour avancer plus vite, pour parer aux imprévus, mieux stopper, contourner ces connard qui subitement ouvrent leur portière en me laissent le choix de me faire emboutir ou de foncer dans l'obstacle, je deviens habile, légère, rusée, je vous nargue de plaisir et je pédale.

Un jour, on s'élance sans savoir que plus personne ne nous tiens derrière. Une instant de terreur lorsqu'on s'en appercoit, puis cette fierté dans notre fragile assurance, les petites botines acharnées, la démarche qui zigzaguee. Comme le bonheur. Certains tombent et abandonnent, certains veulent se faire porter, bien des gens optent pour une énergie autre que la leur; moi j'explore et je pédale.

Ne reste plus que les odeurs des quartiers, les couleurs des rues, le son des amis, des confidences, ces expériences derrière soi, l'avenir qu'on apperçoit comme une promesse d'infini, et surtout le présent. Vivre. Respirer. Découvrir. Je pédale.

samedi, mai 27, 2006

Évangéline

Je suis une preuve vivante de l'existence des lois de Murphy. Encore aujourd'hui et comme d'habitude, je me suis ramassée à l'épicerie dans la seule rangée n'avançait pas du tout.

(Pauvre petite dame, fort stressée avec ces brutes qui ne comprennent pas qu'au départ, on devrait se demander dans quelle société on vit pour qu'on fasse travailler nos ainés au salaire minimum avec des tochnologies qui parfois, les dépassent)

Peu importe, je me suis mise à preter attention à ce qui jouait à cette infame radio commerciale qui semble toujours jouer les 10 mêmes artistes en boucle et exister pour pousser star académie.

Et la, c'est peut-être ma joie d'avoir un apres-midi à moi, la fièvre, le soleil qui ne me fait pas, le SPM, le printemps ou que sais-je, mais plantée là avec mes oeufs, mon lait et mon melon d'eau, au milieu de ces gens qui assassinaient la caissière des yeux, j'étais presque émue au larmes.


Évangéline
(Michel Conte)

Les étoiles étaient dans le ciel
Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau, c'était dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Et tu allais te marier
Dans ta première robe blanche
L'automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son des violons
Les filles et surtout les garçons
T'auraient dit que tu étais belle

Évangéline, Évangéline

Mais les Anglais sont arrivés
Dans l'église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes ont dû passer
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage
Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieu, sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n'avais plus rien à dire

Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de vingt ans
Tu as recherché ton amant
À travers toute l'Amérique
Dans les plaines et les vallons
Chaque vent murmurait son nom
Comme la plus jolie musique
Même si ton cœur était mort
Ton amour grandissait plus fort
Dans le souvenir et l'absence
Il guidait toutes tes pensées
Et chaque jour il fleurissait
Dans le grand jardin du silence

Évangéline, Évangéline

Tu vécus dans le seul désir
De soulager et de guérir
Ceux qui souffraient plus que toi-même
Tu appris qu'au bout des chagrins
On trouve toujours un chemin
Qui mène à celui qui nous aime
Ainsi un dimanche matin
Tu entendis dans le lointain
Les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris
Que les épreuves étaient finies
Ainsi que le très long voyage

Évangéline, Évangéline

Près de toi était étendu
Sur un grabat un inconnu
Un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin
Son visage sembla soudain
Prendre les traits de sa jeunesse
Gabriel mourut dans tes bras
Sur sa bouche tu déposas
Un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé
Pour pouvoir encore trouver
La force de dire merci

Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd'hui
Des gens qui vivent dans ton pays
Et qui de ton nom se souviennent
Car l'océan parle de toi
Les vents du sud portent ta voix
De la forêt jusqu'à la plaine
Ton nom c'est plus que l'Acadie
Plus que l'espoir d'une patrie
Ton nom dépasse les frontières
Ton nom c'est le nom de tous ceux
Qui malgré qu'ils soient malheureux
Croient en l'amour et qui espèrent

Évangéline, Évangéline
Évangéline, Évangéline



Cet accent de l'acadie, sous toutes ses formes, me touche. Si je peux avoir quelques jour cet été...

Le hasard, les rendez-vous

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" (Paul Éluard)


L'examen est fini depuis quelques dizaines de minutes, on a même échangé ce traditionnel café ou l'on se souhaite un bon été et à l'année prochaine. Parmis eux, quelques visages que j'ai appris a connaître plus, des gens que je reverrais sans aucun doute cet été. Ils ne seront plus dans mes cours à la prochaine session, à cause de mon accident de travail. Fini les nuits d'étude de dernière minute comme celle d'hier avec Pascal. Ce sentiment des époques qui se terminent... On dit que les premières fois nous façonnent, moi je dis plutot que ce sont les dernières fois qui nous marquent. Ah, la nostalgie...

Je me dirige vers la salle de bain des filles, me regarde dans le miroir, le coeur un peu lourd, lorsque je croise un reflet connu dans la glace. Mais qu'es ce qu'elle fait ici elle? Valou! Supposée être à l'université ou dans un quelconque coin de l'Afrique en train de chercher de nouvelles molécules, pas dans une salle de bain montréalaise! Apres quelques sonores effusions de joie programmées quelque part loin dans le code génétique des filles, j'apprends qu'elle est maintenant en soins infirmiers, et qu'elle sera dans mon groupe l'an prochain. Le monde est petit? Non! Le monde est grand, mais on s'y retrouve. C'est fou!


mercredi, mai 24, 2006

Elles, encore elles

Mélisa

Parfois, le jour tombe
comme un soldat touché, a genoux
et tu ne reconnais plus ton ombre
ta chaix déchirée par leurs cailloux

Mélisa, je voulais te dire...
Parfois les mots blesses de leur insuffisance...

Toujours déchirée
l'enfance que tu oublie
les aiguilles, les hommes pour les payer
ton regard éteint qui fuit

Non, je n'ai rien à dire, cette violence, cette rage, cette petite fille que tu es toujours, on devrait la serrer fort, lui ressuciter ses chats.

On n'efface pas le passé. Ais-je le droit de vouloir que tu bâtisse l'avenir?


China

Elle semble bien solitaire, petite chouette, et ce rire sonore qu'elle adresse aux anges dérange. Elle est ailleurs.

Sans avertir.
Premier contact alors que je plie des serviettes.
Interruption.

-You're a good person. I think I'd like to know you, can I? My name is China. Nobody knows.

Un choc pour la petite intervenante que je suis... Plus qu'une présentation, ce désir de contact. Et elle me parle d'elle.

-I'll come back and I'll speak to you. I will.

Un joli nom qu'elle s'est choisi puisque personne ne l'a jamais appelé comme ça.




On me paye pour m'enfoncer dans plusieurs autres monde. Depuis 4 ans, depuis 3 semaines à temps plein. A s'en sentir perdue. Ce n'est pas triste, pas toujours. Un rire à la Mission prends toute sa valeur, les heures passent au rythmes des émotions démesurées.

Quand elles se couchent, je me dit que nulle part ailleurs on ne ressent autant le rythme pulsé de la vie. Parce que dans la douleur, il y a la guérison et dans le manque, l'espoir et le dépassement. L'humanité qui souffre et qui lutte, c'est l'humanité qui apprends et grandis. Et j'ai la chance d'être témoin de cela. Fascinant, déchirant... Moi qui croyais payer mes études avec elles, je me paie aussi d'expériences riches, j'apprends tellement.

Et c'est injuste, je recois beaucoup plus que ce que je suis en mesure de donner...

Je voudrais seulement, pendant ces années, leur dire que je crois en elles, à leurs ailes, et qu'elles y croient aussi. Reconnaitre leurs souffrance, c'est leur donner la possibilité d'en faire quelque chose de constructif.

Rétablir la justice








mardi, mai 23, 2006

Partir

Je n'ai que quelques minutes, mais voila quelques mots qui font du bien.

Faut prendre le temps de bien les ressentir:

Pérou 2006
Tanzanie 2007

Rien a ajouter, je continue ma journée, guide de voyage a la main.

dimanche, mai 21, 2006

La pluie

Il pleut. Ce qu'il pleut... Depuis des jours entiers, l'arbre solitaire de mon balcon danse avec le vent, , furieusement, les feuilles au ciel, comme une danse, une transe, une guerre à finir pendant que je rêve le nez dans les carreaux, le coeur sur le carreau.

Dans ma fenêtre, un perle d'eau, une seule, résiste. Elle se tuera dans une course ou elle laissera un peu d'elle même dans son sillon brillant. Comme les autres.

Comme nos larmes.

Comme nous.

samedi, mai 20, 2006

Je chante (moi aussi)

L'opaline naissante d'une nuit déjà morte offerte au passé
les nuits balaieront les erreurs entassées dans le bas de nos ventres
à partir de maintenant
je chante

Le brûlant s'est levé et frappe à la porte de nos vies en chantier
les zéboueurs zéboueront nos collectes classées des trésors qu'on ignore
à partir de maintenant
je chante

A midi c'est l'sandwich aux terrasses des cafés sur les champs-épuisés
et plus tard c'est déjà une histoire encombrée dans les plis de nos rêves
à partir de maintenant
je chante

A six heures le coiffeur taillera la colline c'est du vent de gagné
on boira sans scrupule pendu au crépuscule on attend les fantômes
à partir de maintenant
je chante

Les lumières de la ville caressent les phobies de nos ombres esseulées
le métropolitain oubliera c'est certain les cloportes
à partir de maintenant
je chante

Dans une heure maintenant on quittera le parking des frontières tracées
dans le vent qui nous saoule où l'on aperçoit les vagues qui nous roulent
puis on s'endormira comme les autres
à partir de maintenant
je chante

(Les têtes raides-2000)

jeudi, mai 18, 2006

Pour maintenant

Se concentrer, ne faire qu'une chose à la fois, caresser la beauté du silence, profiter de la lenteur...

Entendre le parfum des couleurs


Just a very fool hope...



mercredi, mai 17, 2006

Pseudo légèreté

Journée de pluie. Le ciel est lourd depuis 3 jours, tellement lourd qu'on aurait envie d'aller danser dans les rues pour faire revenir un peu de soleil, prendre les gens par la main et les trainer dehors.

Chacun reste dans sa cabane par peur de se mouiller. Aujourd'hui, hier, demain... On se refuse de vivre par peur. Mais vivez, vivez! Osez essayer, désirez, foncez, aimez!

Tout ce que j'aimerais dire aujourd'hui, c'est que la simplicité et la légèreté prennent leur vrai valeur lorsqu'on ose aller en profondeur.

Un vrai défi, une vraie exaltation, un équilibre dynamique qui évolue.

Le vide est léger, il est n'importe ou, banal. Ce qui fait le monde exaltant, c'est que de lourds avions puisse voler comme des être humains qui se donnent le droit de vivre vraiment, d'être et de rêver.

Elle est la la vraie simplicité, la vraie légèreté, pas dans un ballon vide qui reste au sol et qui roule toujours dans le même carré de terre. Oh oui, si léger, si simple... Mais a quoi bon, il ne va nulle part.

vendredi, mai 12, 2006

souvenir de mes 20 ans

Abeilles

T’écouter, un essaim de mots bourdonnants projetés dans les airs, épars, perdus, quittant la ruche dans un mouvement panique. Moi, debout au milieu de toutes tes petites entités, étourdie, tentant de comprendre un être et un monde qui tournent en sens inverse, en différé, aux limites de l’insondable.

Conprendre enfin l’irrationnelle folie sucrée de la vie. Ne plus m’étourdir, me joindre aux voix des vents qui jouent dans les feuillages. Admirer simplement ces flocons noirs et jaunes qui tournoient dans la lumière limpide du soleil. Me laisser porter par ces bourdonnements, me découvrir des ailes.

Bonheur silencieux d’apprendre le monde, ennivrée d’air pur, de pluies et de soleil. Tes reflets ailés dans mes prunelles comme des étoiles colorées, quelques étoiles dans mon ciel infini.

Au matin encore humide

Au matin encore humide,
Se sentir comme un rivière désséchée
Dans le lit de nos tumultes
Tu viens et tu va comme le vent
Inconscient des flots sur mes joues
De mes perles fraîches qui vont mourrir à la terre
Perdues pour toujours, souflées par toi.

Tu me visite comme toutes ces autres
Piétinant mes berges sans t’y arrêter
Sans regarder le ciel dans mes eaux claires
Ayant trop peur de t’y abandonner
De te noyer dans l’infinitude,
Tu ferme les yeux sur les voyages qui pourraient être.
Préférant le calme de tes paupières closes.

Souffle pour agiter mes vagues
Plutot que de me tuer par le bruit de tes ailleurs
Nous sommes tous deux liberté et espace
Impossible de nous retenir entre les doigts
Jamais je ne voudrais te contenir
Te tuer d’une immobilité creuse
Ose me regarder et te voir dans mes vagues.

jeudi, mai 11, 2006

Travailler avec elles

J'ai une mosaïque de visages, de sourires et de larmes dans la tête. Ils ne m'appartiennent pas, il m'habitent. Des visages, des images, elles ont toutes un nom. Tous différentes, toutes unies par leur vulnérabilité extrême. À chacune son histoire; maladie mentale, drogues, viol, rejet, abondon, folie, racisme, prostitution, VIH, retard intellectuel, violence... Ces mots, je les connait d'elles.

Il y a plus qu'aider, qu'écouter, il y a pire. Donner une couverture à une femme pour qu'elle couche dehors, et lui souhaiter bonne chance, par exemple. Et il y a toujours pire. Refuser, parce qu'on ne peut pas, alors qu'on voudrait tant. Regarder plonger, regarder mourir alors que le monde entier s'en moque.

C'est dur, tous les soirs, et en sortant, le monde semble si irréel. La terre continue de tourner alors que des gens souffrent. Sa rotation est la seule chose qui ait un sens.


Des bouts de papiers trouvés au travail ce soir. J'ai envie de leur donner la parole:

Yes, what I'm writing about is my older sister know by King Edwards family who was excommunicated from the church in England. Because they discovered he is actually the devil. My older siser was murdered by the family that murdered also the Kennedy's... - C. M.

Il est facultatif d'etre ou de ne pas être parfois il faut que l'on recommence a zéro et cela nous décourage à certain point que nous ne saurions plus ou en sommes nous dans notre enfer. C'est à ce moment ou période de notre vie que l'on se remet en question. - B. L.



C. qui croit avoir vu le diable couper sa soeur en morceau alors qu'elle observait, impuissante, au paradis.

M. petite fleur fanée à l'héroïne

M. qui vend son corps pour presque rien, puisqu'elle le déteste de toute façon

...


Je voudrais que ça n'existe pas.


Et pourtant, il y a plus de vie et de sincérité que partout ailleurs. C'est beau, fragile, c'est la vie qui renait, doucement, dans tout les coins.

Ce soir, C. a fait un vitrail... Il n'y a rien à ajouter.

mardi, mai 09, 2006

Le bonheur et la fatigue

"On croit faire un voyage, mais c'est le voyage qui nous fait, ou nous défait"

Ma vie...

Dance like nobody's watching; love like you've never been hurt. Sing like nobody's listening; live like it's heaven on earth. (Twain)

Tout le monde regarde, écoute, et ces blessures... non ce n'est pas le paradis sur terre. Mais peu importe, on rétablis la justice en connaissant encore plus la valeur de la vie, en la savourant dans tout ce qu'elle a de beau, en étant encore plus heureux que tout le monde.

Je suis ailleurs, encore. Avancer, c'est parfois laisser des choses derrières, c'est souvant changer de route, explorer. J'aimerais trouver le mythique chemin qui ne finisse pas en cul de sac et grimper cette montagne que je vois au loin, celle que je fixe depuis toujours, mettre un pas sur un autre pour pouvoir un jour, du sommet, enfin me reposer, regarder derrière, voir ce que j'ai créé, les nouveaux sentiers, les miens. On finit par comprendre que s'il y a un sentier devant, c'est que c'est forcément le chemin de quelqun d'autre, qu'on peut y faire quelques pas mais que le notre nous est uniques et qu'on doit le débrousailler, seule, que c'est ça l'aventure, la beauté de la chose, tout un monde de découverte.

Je ne peux que me sentir toute petite et fragile devant cette vie. Parfois, je suis fatigué de ces bêtes qui m'attendent dans chaques recoins, ces épreuves à surmonter. Fatiguée.

De devoir porter d'autres gens dans mon baluchon pour les aider a voir, d
e voir tous ces blessés de la vie que je me refuse à laisser derrière, d'accepter que certains aient décidé de se laisser mourrir au bord de la route; la fatigue d'être une intervenante.

De les voirs, ceux de qui j'ai le sang, se perdre, se blesser, m'ignorer, de devoir m'en soucier malgré ce lien si faible, pourtant désiré; la fatigue d'être leur fille.

De le savoir libre, cet agresseur, de s'entêter à ne pas lui en vouloir, de voir malgré soi sa détresse. De savoir son nom. une colère nouvelle; la fatigue d'être une victime parmis tant d'autres.

De savoir la vie injuste, tous ces trucs qui tombent sans s'etre aucunement annoncé, surprise, la maladie, la mauvaise naissance, la mort.

D'être au milieu de tous ces gens qui sont faux, fermés aux autres.

De ces gens qui se refusent à réfléchir. Qui se bornent aux plaisirs vides de sens. Qui m'utilisent. Qui croient êtres légers, mais qui sont vains.

Et pire encore, ces injustice, ces atrocités qu'on se fait entre humains, comme si c'était obligé. On devrait s'arrêter et en pleurer. On peut voir le monde sur google mais on se tue encore partout pour des stupidités, des gens meurent de n'etre pas nés au bon endroit, des enfants se prostituent, d'autres en profitent, etc...

Je ne saurais rendre cela par des mots. Aller vomir rendrait davantage mon sentiment.

...

et encore ...


Fatiguée, surement, mais j'y crois toujours en cette humanité. A ces petis geste qui rendent le monde beau. A la magie d'etre là, de vivre, d'avoir le pouvoir d'avoir les yeux qui brillent malgré tout.

J'aurais envie qu'il me pousse des ailes, de me laisser porter par un vent chaud et léger. De créer la dessus. De partager, de donner et de rire librement. De me laisser protéger parfois. L'amour peut-être.

Je sais que je peux voler, et je ne suis pas la seule.


Longue nuit

Longue nuit

Je suis une plage sous les étoiles
du sable froid, mais libre
a quelques grains tassé sous tes pieds inquisiteurs
mais qui t’as permis de faire fuir la mer
ce sont mes larmes qui laissent la rosée du matin

insuffisantes pour venir effacer tes pas.



Oh oui, pour la première fois, je te déteste,
pour mieux fermer les yeux
on a pas le droit, mais toi tu les as tout pris.

lundi, février 20, 2006

Cadavres, jardins, bleu et cie

Je suis ramollie sur le sofa telle une chose cadavérique, entourée de livres et de pages comme autant de clou sur mon cerceuil Elran. Ouais, j'étudie. Encore. Plus de bio jusqu'a la mort cellulaire par hypoxie. Je m'offre une pause comme dernière volonté.

Petite pause, détour par ici, ça fait si longtemps, et tellement de pages se sont écrites sur l'écran de ma vie, de nouvelles écritures, la sienne, et de nouvelles couleurs, beaucoup de joli bleu dans mon paysage et plus de rose sur mes joues. Les jours et les mois se sont envolés, doucement, tout comme certaines vieilles douleurs, et j'ai l'impresison d'avoir retrouvé de douces certitudes que je croyais perdues. On oublie finalement... et ce qu'on est revient toujours.

On choisit ce qui pousse dans notre jardin lorqu'on veut bien déserber et s'arrêter à planter, pour aujourd'hui plein de marguerites blanches et de fleurs bleues, pour demain des plantes plus exotiques.
Il faut bien se faire la main.
J'adore jouer dans la terre fraîche peu importe ce qu'il en sort, avoir les genous sales et les yeux brillants. J'ai un jour choisis de vider mon jardin, le voyant vide j'ai planté avec mes larmes et mes espoirs avec la ferme intention d'arracher tout ce qui ne serait pas identique à ce que je vois dans mes rêves, prete à accepter que mon jardin soit vide à jamais. - Et les tiges pleines de vie qui me chatouillent aujourd'hui les mollets me donnent raison.
Et je continue à avoir les genous sales et à travailler ma terre, la main plus assurée.

Voilà. Je regarde mes poissons avec mon Chinook préféré et je procrastine activement. J'y retournerais lorsque j'aurais réussis a me convaincre que mes notes ne sont pas si primordiales. Je travaille mieux l'ame en paix. En m'arrêtant, j'ai gagné déja un peu.

Après tant d'année à l'école, c'est une deuxième session pour la première fois. Aurais-je muri? J'ai encore autant le vertige du haut de mon arbre, celui de tomber de haut, cette peur de murir de la mauvaise façon et de me retrouver fanée au pied du pommier. C'est peut-être une peur que gardent avec eux tous ceux à qui la vie à tiré trop de plomb dans la tête. On apprends tout par la douleur, mais ce n'est pas triste.


Je retourne à mes travaux, un coin rebelle de mon jardin, sur cet air:


Axelle Red - a Quoi ca Sert

bien souvent je me demande
le but de ces efforts
le but de tout vouloir apprendre
de bouleverser mon sort

je cours après la perfection
mais je n' peux plus avancer
non plus m'arreter

à quoi ca sert
ces sentiments profonds, oh non
je me sens de travers
à force de voir mon monde à l'envers
faut qu' je cesse de m'inventer des questions
non
à quoi ca sert

toutes ces nuits je me tourmente
je me culpabilise
des visions d' bonheur qui me hantent
les gens me stigmatisent

cette soif d'autodéfense me grise
mais je n'arrive pas à dessoûler
ni à me défouler

à quoi ca sert
ces sentiments profonds, oh non
à quoi ca sert
de me gaver de ces goûts éphémères
de vouloir me redorer le blason
non
à quoi ca sert
a quoi ca sert

saisis ta chance
me dit ma conscience
faut qu' je fasse quelque chose
avant que je n'explose

à quoi ca sert
mes sentiments profonds, oh non
je me sens de travers
à force de voir mon monde à l'envers
faut qu' je cesse de m'inventer des questions
non
à quoi ca sert
je n'ai plus de repère
à quoi ca sert

lundi, août 08, 2005

Une bulle d'anxiété

L'été qui acheve et l'école qui recommence bientôt. Ça me fout une boule dans l'estomac. J'ai hate et tellement pas hate en même temps. L'impression que j'en sortirai jamais. Savoir que je vais encore courrir après les heures qui me manquent pour arriver à joindre les deux bouts, tout le temps, sans jamais pouvoir arreter même pour un jour cette spirale infernale. Infernale! Et en même temps, ce bonheur d'être toujours en mouvement dans tous les sens, de me réaliser, de faire ce qui me passionne et d'avoir plein de possibilités d'apprentissage et de découvertes. J'ai tendance à en faire trop. Respire... Ça va aller.

Pis tout le reste. Ah, ces chers moments d'anxiété, je vais aller méditer...

mardi, juillet 12, 2005

Le présent

Il est 7h12... je n'arrive jamais à capturer les secondes.

Écrire ou ne pas écrire

J'écris plus très très souvent, du moins pas ici. Y'a des bouts ou on a plus envie d'écrire. Ce qu'on écrit de plus beau ne saurait être public, d'autant plus que je ne serais jamais virtuose des mots comme ces magiciens de la page qui arrivent à transmettre les soubresaut de leur humanité en quelques petites lettres bien placées. Je crois que je suis trop occuppée à vivre pour vous en faire le récit, et peut être aussi que je ne voudrais pas tout dénaturer a coup de mots mals choisis.

"La poésie est le journal d'un animal marin qui vit sur terre et qui voudrait voler." Carl Sandburg.
Mon p'tit Carl, que de sagesse...

C'est peut-être que j'écris pour être comprise, et que les autres en croyant m'avoir comprise ne me comprennent en rien, prenne les parts pour le tout.

Alors prenez mes mots pour ce qu'ils sont, de vulgaires papillons de nuit qui recherchent la clarté, tournoient dans tout les sens, mais personne n'a idée de ce qu'elle est, cette lumière qui vit en moi. Personne.

samedi, juin 25, 2005

Adolf Hitler sur ma commode

Il était une fois, un petit poisson rouge queue de voile qui tournoyais dans son gros bocal tout rond. Il n'avait pas de souvenir de son enfance, ses capacités cérébrales étant plutôt limitées, mais avait du naître en aquarium, de père inconnu, tout comme ses cousins et cousines de qui il était maintenant séparé. Une drôle de personne, l'auteure, l'affubla du nom d'Adolf Hitler, ce qui l'indifférait totalement comme tout le reste. Adolf ne pensait qu'a manger même s'il frolait la mort tout les jours à cause de Chinook le chat qui lui, ne pensait qu'a le manger. La drole de personne oubliait parfois de les nourrir tous les deux, ce qui alimentait cette obsession boulimique.

La personne étrange et découettée avait faillis le tuer 3 jours plus tot, immédiatement après l'avoir adopté, en glissant à vélo sur une bande de trottoir trempée, vélo soudé aux corps à cause de nouvelles clips à soulier trop rigides, ce qui perça le sac du petit queue de voile qui fut sauvé in extremis mais sans séquelles grace à la vitesse vertigineuse du vélo devenu véhicule d'urgence prioritaire pour l'occasion. Mais de tout ça, Adolf n'en avait rien à foutre. Rien du tout.

Alors bienvenue chez moi petit poisson.

Batir

Le présent bati demain, ces présents à venir.

Cette obsession du plaisir immédiat de l'instant présent me dérange, ce désir de ne pas penser à demain, cette soif d'immobilisme, croissance sans cesse avortée.

Rien n'est plus précieux que le moment présent, mais réfléchir a ce qu'on en fait empeche de perdre son temps dans cette vie si courte.

Moi

je veux

batir.

M'amuser à le faire.

Pour me surpasser dans mes présents à venir, riche de mes apprentissages, aller au dela de moi, ne pas sans cesse recommencer les mêmes expériences avec pour seul bagage supplémentaire l'amertume.

Je n'ai plus envie de me donner dans ce qui ne me donnera jamais rien. De me tuer à vouloir vivre si intensément un présent qui passe beaucoup trop vite et qui empoisonne mes moments qui suivent.

Le bonheur est toute de suite, se fait chaque jour. Il est dans le chemin, pas dans la destination, encore faut il choisir son chemin pour découvrir autre chose et ne pas constemment tourner en rond dans un acre de terres fades.

Risquer oui, mais pour quelque chose. Pour que demain soit aussi beau, peut etre plus encore, qu'aujourd'hui.

Parce qu'on a tous une bombe dans le corps, une fin qui nous guette. La mienne est seulement plus arrogante. Si nous allons tous mourrir, alors vivons pleinement, avec l'espoir que demain arrive, parce que ce jour différent nous amenera plus loin, peut-être, et que nous deviendrons meilleurs.

Aurais-je le temps?

Ce n'est pas la peine

"- Les hommes, dit le petit prince, ils s'enfoncent dans les rapides, mais ils ne savent plus ce qu'ils cherchent. Alors ils s'agitent et tournent en rond...
Et il ajouta :
- Ce n'est pas la peine ..."

samedi, juin 11, 2005

Mini défoulement littéraire express

Aujourd'hui, j'ai bu au moins 6 litres d'eau, et je l'ai toute éliminée juste en sueurs. Le meilleur remède à la canicule, c'est d'avoir encore plus chaud. J'ai donc sprinté comme une dingue jusqu'a la maison et la je suis tellement bien. Fait chaud??? Bah, vous êtes tous fous! On est au paradis!

____________________________________________

Je suis un ti peu mélancolique ce soir sous mes airs de célibataire sereine. Mais j'aime cent fois mieux cette situation que d'être avec n'importe qui, n'importe comment. Personne n'a réussis a faire battre mon petit coeur plus vite depuis fort longtemps. M'enfin presque, mais lui, es ce que ça compte, puisque ça n'a pas compté assez pour lui? Gros gachis. Jamais eu autant de choix de ma vie pourtant, autant de possibilité, rationellement interessantes. Pourtant, ce n'est pas ce que je cherche.

Aujoujd'hui, je crois que j'avais les hormones dans le tapis (cute le TGV!), marre de voir des petits couple se licher dans MA roue. Ça me manque par bouts... Ah les souvenirs, les espoirs, les regrets et surtout, l'envie de bâtir quelque chose de vrai et de beau avec quelqun qui me fait réellement tripper... Rien ne presse, j'adore tout de même ma vie comme elle est et je suis encore fragile des derniers mois.


Trop d'étoiles dans le ciel,
lueurs mortes
lever la haut des yeux qui coulent
la nostalgie brille plus fort
certaines nuits.

Je me perds dans le noir
traîtres astres
de ne plus vouloir ouvrir les yeux
trop d'étoile et de pénombre autour
les irritent

Crevez moi les pupilles ce soir
par pitié
que j'oublie les astres de la nuit, d'hier
pour mieux attendre un dieu soleil
en lequel j'ai perdu foi

lueurs mortes...
traiitres astres...
Rien n'est plus présents que les souvenirs, figés dans le temps. Éternité.

jeudi, juin 09, 2005

Tranche de vie , tranches de fruits

Je me suis réveillée à 6h ce matin sans cadran avec l'impression que la journée serait chouette. Mes draps m'ont supplié de leur tenir compagnie encore un peu, ce a quoi j'ai acquiessé: je suis une personne altruiste... Je me suis ensuite battue avec des caillous pour transplanter mes fleurs sous la fenetre de PEC et je les ai plantés, ces cailloux, et ces fleurs aussi! Pendant ce temps, mon orchidée est en train de crever totalement. On dit que c'est ça la vie :-P Et j'ai bien vécu aujourd'hui, tout fait ce que je voulais faire sans arrêter 30 secondes, en ne pensant pas trop à ce qui meurt, ce qui s'en va.

Moment du jour:
Je tranche une mangue, énorme, son jus dégoulinant sur mes poignets, sa chair fibreuse si douce se détachant avec une faible résistance du noyau entre mes doigts, son parfum doux, une expérience sensuelles fabuleuse. Surtout avec l'ambiance de notre souper de coloc, la musique, nos conneries, eux. C'est étrange de vivre tous les jours avec des gens et que lorsqu'on se retrouve tous ensemble certains soirs comme dans un party, tout heureux d'être ensemble, avec cette complicité déjà installée et tous ces rires. L'été sera chouette, un de ces rares ou on sera là tous les 5. Revenons en a cette mangue, c'étais la meilleure de tous les temps. Parfaite. Divine. On avait l'air de gang de pas tout à fait bien en train de la déguster. C'était plutot hillarant. Je suis probablement moi même pas tout a fait bien d'écrire tant de mots sur ce sujet, héhé.

Almodovar une prochaine fois

Petite soirée vidéo. On a pas pu écouter Almodovar comme j'avais prévu, le cable du DVD étant disparu... On est donc retourné au club vidéo pour échanger pour des VHS. Premier film: Novo. On s'est pas rendu à la fin. Pénible et bizarre sans but. On aurait peut-être embarqué à la longue mais on en avait marre de souffrir. J'ai encore prouvé à mes colocs que j'ai un don pour trouver les navets.

Au deuxième, La cité de Dieu, je me suis rachetée. Ils ont été septiques quand ils ont vu que c'était un film en protugais sous-titré affublé en prime d'une critique du journal de Mourial sur sa pochette, mais je crois que tout le monde à été conquis.



"Années 60. Gamin de onze ans, Fusée habite la Cité de dieu, une banlieue pauvre de Rio. Son grand frère vit de chapardages et se retrouve mêlé à un meurtre sordide. Petit Dé admire le gang de Tignasse et rêve de devenir le roi du quartier.

Années 70. Petit Dé prend en charge le trafic de drogue avec la complicité de Bené. Paranoïaque, le caïd souhaite se débarrasser des autres dealers. Plus sentimental, Fusée tombe amoureux de la jolie Bérénice.

Années 80. Petit Dé devenu Petit Zé règne sur un empire de la drogue. Il ne tolère plus la moindre résistance et viole la compagne de Manu Tombeur. Ce dernier s'allie avec Carotte pour se venger. Fusée devient le témoin privilégié de cette guerre urbaine. " (www.filmdeculte.com)



Basée sur des faits réels, on s'attache aux personnage de la favela qui sont présentés sans manichéisme, quelques scènes choc provoquent par leur violence, sans tomber dans la moralisation, on assiste à quelques tranches de vies, on y croit d'autant plus. J'ai adoré. Marquant dans la lignée de Trainspoting ou de Requiem for a dream. J'adore les films différents du cadre rigide et du sentationnalisme typique américain. On joue dans la nuance, la profondeur, la sensibilité et la subtilité. C'est à voir!



Bon, j'écoute Romane Serda et Cabrel, kétaine de moi et fière de l'être, en faisant le tri de mes boites de déménagement restantes. Pis je me dis qu'il est tard, que la matante en moi cri au scandale parce que ça-se-fait-tu-donc-pas-se-coucher-à-des-heures-de-même, que je devrais aller courrir en me levant demain, qu'en attendant dormir ça serait bien, que mes plantes ont donc ben poussé pis que mon Chinook est mignon avec ses grands yeux fluorescents.

Je cesse donc de sautiller sur le ballon suisse qui me sert de chaise, j'enlève mes petites lunettes rouges, celles qui me donnent un air de s... c... pour ceux qui les ont baptisées ;-), et je me lance direct dans mes beaux draps jaunes avec mon male poilu favoris. Le bonheur, c'est tout à fait ça.

mardi, juin 07, 2005

Petite journée

Série à la manière de:

Histoire en détail à la manière de Julie, mémère préposée à la grande roue.




Petite journée de travail ordinaire dans la vie de l'auteure...

L'auteure se lève. En fait elle n'a pas vraiment dormi, son nouvel appareil de rétention dentaire s'ayant déjà amusé à lui gâcher l'existence. Il ne suffit pas de si peu pour perturber la bonne humeur légendaire de l'auteure. L'auteure avale un quart de cantaloup bio et du fromage cottage pas tout à fait frais, comme elle l'adore , en profitant de la fraîche douceur matinale, prenant juste assez de temps pour être en retard à son travail. L'auteure, fidèle à son habitude, adore défier le temps.

Après avoir enfilé en vitesse son pantalon bleu d'uniforme et une camisole aqua et avoir enfoncé en vitesse son lunch et le reste de son habit de préposée au manège dans son vieux sac à dos, l'auteure enfile ses clips à pantalon et saute sur son intrépide bolide. Malgré tout les pépères et les mémères qui se mettent entre elle et sa destination comme tant d'obstacle à sa ponctualité, l'auteure redouble de quadriceps et de mollets et arrive à son point d'arrivée en avance, enlève sa camisole pleine de sueur, se lave un peu puis se métamorphose en employée modèle.

Le reste de la journée se déroule dans le rythme des pauses et des changements de poste, minirail-controle grande roue-portes grande roue-pause, dans un éternel roulement qui n'en finit plus de rouler comme la roue qui roule sans fin, dans le tintamarre assourdissant de troupes d'adolescent en sortie scolaire qui en profite pour faire tout, absolument tout, ce qu'on leur interdit ailleurs. Un mal de tête se dessine à l'horizon mais le déconnage légendaire entre l'Équipe Granderoudienne aura raison de lui. L'auteure aime bien son travail.

L'auteure refuse les invitations à aller veiller, enfile une fois de plus son fidèle vélo après ses 10 heures de travail, pour se payer le pont Jacques-Cartier, traverser Ville-Marie, le Plateau Mont Royal, Rosemont, la Petite Italie et Villeray pour se retrouver sagement à la maison, devant son ordi, derrière son ventilateur, à manger des cerises et écrire son blog pour retarder l'heure fatidique ou elle devra aller nettoyer la salle de bain puisque c'est son tour aujourd'hui. Biark!

Elle ira peut-être ensuite prendre un petit thé, ramasser un peu, placoter avec ses colocs, prendre sa douche, se brosser les dents, remettre son "appareil-de-rétention-dentai-re-et-de-tortu-re-menta-le" et se coucher tôt puisqu'elle est en congé demain et que ces jours là sont autrement plus palpitant que ses jours de travail. Peut-être pas non plus. Qui donc peut prédire l'avenir?

lundi, juin 06, 2005

Fini les broches

Ceci est un message d'intéret public:

l'auteure de ce blog n'a

PLUS DE MAUDITES BROCHES!!!!

Yippiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii!


(elle devra par contre porter toutes les nuits un superbe appareil de rétention qu'elle a présentement en bouche, qui l'empêche de parler, qui la fait baver comme un Saint-Bernard et qu'elle déteste déjà)

Pas grave, c'est le bonheur!

dimanche, juin 05, 2005

De la peinture!

Je suis encore pleine de bleu, de jaune! C'est le renouveau dans l'appart et ça fait un bien fou. je savais déjà que Pat serait un coloc extraordinaire mais Samaelle a une façon d'être tellement calme et présente qu'elle balance l'énegie de l'appart et la mienne. Et on peinture! On remélange les couleurs, on refait la toile. L'ambiance ici est extraordinaire.

C'est symbolique pour moi.

J'ai l'impression d'avoir enfin fini de laver les pinceaux de ma vie, de pouvoir créer quelque chose de nouveau. Je suis allée chercher tous les matériaux en moi et fait la paix avec mes toiles manqués, appris de la technique au passage.

Et c'est comme ça que je vois ma vie désormais, comme de l'art. Puisqu'on ne sait pas toujours vers quel but se diriger, si la beauté est dans chaques pas, aucun n'est perdu même si on s'est trompé de direction et la peur de se tromper et de gacher sa vie disparait. Être tout en couleur et vivre en nuances. Devenir plus profondes à chaque coup de pinceau, chaque expérience. Peindrre intensément le présent pour préparer un futur superbe; se retourner à la fin et voir la beauté de ce qu'on a créé.

Je suis heureuse aujourd'hui. Et même pas malade en plus.

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Je me sens comme Dieu qui réfléchit à sa création. (ça sonne drole, je l'écris pareil, lol) Et je me demande parfois si je n'abuse pas du présent. Cette vie trop trépidante de jeune étudiante branchée me pèse parfois mais elle est tout de même la meilleure façon de vivre à Montréal, une occasion d'apprendre des choses et des gens. Mais je me demande si je n'ai pas tout vu ici, la vie en groupe, le militantisme, les partys, les échanges, les expériences culinaires, avoir mille millions de connaissances etc...

Mais pour la première fois depuis longtemps, je me surprends à avoir envie d'autre chose. De calme, de tranquilité, de sérénité. J'irais jusqu'a dire, d'une petite vie tranquille maison-bébé-chien-(chum) version énergie hop-la-vie à ma sauce personnelle. (ehhh, ça me fait tout drole d'écrire que j'aurais envie d'un chum et d'engagement, j'suis pas encore convaincue de trouver un jour un homme qui me corresponde et qui soit minimalement un peu stable dans sa tête, lol) Ce qui est sur, c'est que je n'ai plus envie de perdre mon temps dans ce qui ne m'apporte rien et qui ne mène à rien.

Sur ce, comme la vie eest courte, j'ai d'autres choses à faire. Je retourne à mes pinceaux.

vendredi, juin 03, 2005

How could this happen to me



Je vais vomir si la tête m'éclate pas avant. Je me sens totalement gelée.

Dr Bélanger a dit de se préparer à l'idée de la chirurgie. C'est stupide mais la première question qui m'est venue, c'est a propos des cicatrices et de mes cheveux. Heureusement, c'est une chirurgie transnasale donc pas d'inquiétudes au moins de ce coté. (quoi que ça me semble pas très stérile de passer par mon nez pour se rendre à mon cerveau, j'imagine le mélange, vaut mieux en rire...) Comme si c'était important...

Ça sera peut-être pas necessaire.

La copine de Philippe m'a dit qu'une de ses amies a eu la même chirurgie et qu'elle a perdu la mémoire de toute sa vie avant l'opération. Merci de l'info, ça me rassure...

Rester positive...

Si jamais ça m'arrivait aussi, je pourrais au moins ne plus rêver à l'homme de la St-Jean. J'ai fait mon pire cauchemard à vie il y a quelque jours. Une fille me racontais qu'elle l'avait aussi subi apres moi et elle m'engueulait en me disant que tout était de ma faute et en me demandant comment j'avais pu oublier ce visage là, et alors, son visage se décomposait aussi. Je me suis réveillée et mon coeur à mis au moins 10 minutes à reprendre son rythme habituel. Double valériane pour arriver à me réendormir quelques heures plus tard. Mais je me sens encore coupable d'avoir oublié. Ça n'a pas de sens. J'aurais voulu oublier le reste, pas ça.

Je trouve ça dur. Tout bouge ces temps ci et je voudrais un peu de calme. La vie n'est pas toujours juste. Il y a vraiment trop de trucs dans ma tête. J'ai les nerfs à fleur de peau et je me demande bien ce qui peut encore me tomber dessus. Mon récent célibat est parfois plus dur à avaler, j'aurais envie particulierement ce soir que quelqun me serre fort fort et me dise que ça va bien aller. Je me sens extremmement fragile et ça m'écoeure.

Mais d'un autre coté, je ne me suis jamais sentie aussi libre. Je n'ai plus rien à perdre et des millions de rêves pour le présent et l'avenir. Et j'ai la force de grandir et d'apprendre dans tout ça. Ça peut juste aller mieux. J'ai vu pire, et il y a bien pire encore: Mélan me parlait d'une petite de la rue que son père dealer attachait a un lit pour que ses clients puissent se la faire (j'suis vraiment pas prête à retourner en intervention cet été pour entendre des histoires comme ça, j'suis tellement trop impuissante!)

Je vais me coucher, en espérant être moins malade demain: j'ai des tonne de trucs cool à faire et de gens que j'adore à voir!

mercredi, juin 01, 2005

Si tu me olvidas

Pour celui qui s'en va demain:



Si Tu Me Olvidas

Si tu me olvidas
Quiero que sepas una cosa.

Tú sabes cómo es esto:
si miro
la luna de cristal,la rama roja
del lento otoño en mi ventana,
si toco
junto al fuego
la impalpable ceniza
o el arrugado cuerpo de la leña,
todo me lleva a ti,
como si todo lo que existe,
aromas, luz, metales,
fueran pequeños barcos que navegan
hacia las islas tuyas que me aguardan.

Ahora bien,
si poco a poco dejas de quererme
dejaré de quererte poco a poco.
Si de pronto
me olvidas
no me busques,
que ya te habré olvidado.
Si consideras largo y loco
el viento de banderas
que pasa por mi vida
y te decides
a dejarme a la orilla
del corazón en que tengo raíces,
piensa
que en ese día,
a esa hora
levantaré los brazos
y saldrán mis raíces
a buscar otra tierra.
---
Pablo Neruda


_______________________________

Si tu m'oublies
je veux que tu saches
une chose.

Tu sais ce qu’il en est:
si je regarde
la lune de cristal, la branche rouge
du lent automne de ma fenêtre,
si je touche
près du feu
la cendre impalpable
ou le corps ridé du bois,
tout me mène à toi,
comme si tout ce qui existe,
les arômes, la lumière, les métaux,
étaient de petits bateaux qui naviguent
vers ces îles à toi qui m’attendent.

Cependant,
si peu à peu tu cesses de m’aimer
je cesserai de t’aimer peu à peu.
Si soudain
tu m’oublies
ne me cherche pas,
puisque je t’aurai aussitôt oubliée.
Si tu crois long et fou
le vent de drapeaux
qui traversent ma vie
et tu décides
de me laisser au bord
du coeur où j’ai mes racines,
pense
que ce jour-là,
à cette même heure,
je lèverai les bras
et mes racines sortiront
chercher une autre terre.


Pablo Neruda

mardi, mai 31, 2005

Se souvenir des belles choses

L'écharpe

Paroles et Musique: Maurice Fanon   1963
autres interprètes: Pia Colombo, Cora Vaucaire, Félix Leclerc, Robert ("Princesse de rien" 1997)
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Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
C'est qu'encore une fois
J'ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait vous

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Sourions autrefois
Quand on se disait vous
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux
C'est encore une fois
J'ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s'aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
C'n'est pas pour que tu voies
Comme je m'ennuie sans toi
C'est qu'il y a toujours
L'empreinte sur mon cou
L'empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L'empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

{Final:}
Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux.

D'un vendredi matin de mai

Dans la lumière filtrée de l'aube
de notre unique matin
il brille sur tes lèvres
le rouge liquide des cerises trop mures
comme du sang
le mien

Ton coeur est absent
Tes paupières gardent la mer de tes iris
pour toi seul, cachée
Je ne peux que te regarder les yeux clos.

Ce n'est pas commencé et c'est déja terminé.

*************

J'aurais tant aimé

Que nos matins tendres durent au dela des printemps doux
Que dans l'humus de nos corps s'enracine notre espoir fou
Que le nectar des mots de miel coule dans nos gorges couleur d'été
Et qu'a l'automne des feuilles qui tombent nous amassions printemps, étés
Pour qu'a l'approche des murs de glace, nos coeur rayonnent l'un de l'autre
Que dans l'hiver des branches cassantes et aux gerçures des froids passés
Nos lèvres conjuguent la tendresse à la douceur des temps d'aimer.

*****************

( J'suis juste une kétaine;-) )

lundi, mai 30, 2005

les p'tits bouts de papier

J'ai passé la journée à grifonner et a faire l'asociale... La campagne me manque. Pas envie de faire tourner cette Grande Roue. Sur les bouts de papiers brun récupérés de ma première journée de travail:

*******

Petite perle cristalline
Née du brouillard de mes iris
Toi aussi tu ne cherche qu'à te perdre
Dans la douceur d'un cou
Petite larme, libère toi!

********

Le présent est inssaisissable: merde!

*********

Un espoir, comme mon souffle douloureux
habite le vide qui se propage en moi
et plus je meurs, plus je renaît
enrichie par le terreau de ce qui n'existe plus
de millier de vie

********

Quand tu te tais, j'ai l'illusion que tu me comprends.

********

Aujourd'hui, tout est doux, tout est triste.

mercredi, mai 25, 2005

Perdue

Je me sens particulièrement envahie par mes questions existentielles. Je n'ai jamais eu de certitudes mais mes idées déboulent et changent tous les jours, milles fois par jour. Je sais plus ou j'en suis. Et l'idée de ne pas avoir le temps d'emmener ma vie là ou je la veux ne me sort pas de la tête malgré mes efforts.

J'aurais parfois voulu reçevoir le cadeau de la simplicité mentale. Jen ai marre d'enculer les mouches, même si j'ai un talent fou pour ça. On dois pas necessairement faire ce pour quoi on est bon, mais ce qui nous rends heureux. Avec une mentalité comme la mienne, le capitalisme est foutu.

François me faisait remarquer hier que je suis la seule personne qu'il connaisse avec un Q.I aussi élevé et un age mental aussi bas. J'ai été flattée pour l'age mental; c'est parfois dur de se battre pour garder le regard et l'innocence d'un enfant de 4 ans. J'aimerais tellement qu'il ait raison, mais malgré toutes les apparences, j'suis parfois bien trop vielle entre mes deux oreilles. La souffrance dans le monde, je ne la voit que trop, elle me touche, m'interpelle, et l'écho de mes propres blessures m'empêche d'avancer avec l'assurance des touts petits. Je sais désormais que l'on peut tomber, de très haut, que l'on est seul, que la loi de Murphy mène trop souvent le monde.

Mais aussi qu'il y a toujours de l'espoir, que les choses qui comptent vraiment sont a portée de main, que la vie est tellement belle, tellement riche. J'ai encore tellement à découvrir.

J'arrive même pas à être fataliste ni même déprimée. Je suis une reveuse réaliste, une aventuriere pantouflarde, une extravertie timide, une contradiction incarnée qui se demande bien se qu'elle va voir derrière elle au moment de rendre son dernier souffle. Mes aspirations s'entrechoquent. Et en ce moment, je me demande si j'ai envie de rire ou de pleurer.

Et je me sens... tellement différente. De tout le monde. J'ai l'impression de comprendre les gens plus qu'ils ne me comprenne, peut-etre une habiletée développée à la Mission, peut-être une simple illusion de jeune femme. Sais pas.

Je met la switch à off pour ce soir.

mardi, mai 24, 2005

Lui

Just a fool hope

Rien savoir

Je me lève, mal au coeur dans tout les sens du terme. Une douleur pulsée dans ma tête comme le tic tac d'une bombe.

(Le médecin croit que ma tumeur a progressé et m'envoie en IRM demain, devant toute la liste d'attente. (yé sarcastique!)

Pas de quoi capoter: au pire, je meurs.

Au mieux, c'est pas grand chose et on me boost encore plus à coup de Dostinex avec tout les !"/$%& d'effets secondaire que ça comporte. Entre le mieux et le pire, tout une variété d'interessant handicaps et expériences douloureuses.

Attendons donc avant de capoter. J'ai un peu peur quand même. Mais j'y suis déja passé et ça avait bien été.

J'ai vraiment besoin de paix, de calme et de simplicité. De gens qui m'aiment et que j'aime. De vivre!
)

Je disais donc: un lever férocement douloureux.
Nous sommes ensuites allées magasiner et j'ai croisé le regard triste et las d'un homme qui a a peine levé la main pour me saluer, la tete baissée. Ma grand mère (maternelle) m'a dit que c'est mon père. Surprise. Je ne l'avais pas reconnu. Quand j'ai repris mes esprits et que j'ai pensé que la convenance commande d'aller lui dire bonjour, il n'était plus là.

Je suis contente qu'il ne fasse plus partie de ma vie, contente de ne meme pas le reconnaitre, mais la douleur indéfinissable que j'ai vu dans ces yeux me fait mal.

Mais ce qu'il le mérite! Je n'aurai pas de peine de le voir perdu dans la vie merdique qu'il a choisi. Mais je ne lui en veut plus. Entre lui et moi, rien d'autre que la faiblesse des liens du sang. Et encore, son sang souillé différencie nos natures profondes à jamais.

Quoi qu'il en soit, ça ne m'a pas mis de meilleure humeur.

J'ai ensuite pris le bus jusqu'a Montréal et j'ai décidé en route de changer d'air à mesure que le bus avalait les kilomètres. Méditations. Le bonheur, c'est un choix que j'ai pris et rien ne m'en fera démordre. Et ma vie, pas toujours parfaite, je l'adore. Mon mois de vacances achève et je suis tellement enthousiaste à l'idée de revenir à Montréal concrétiser mes projets, à l'idée de vivre pleinement tous les jours et surtout, à l'idée d'avoir la maudite paix en célibataire-fière-de-l'être!

Je suis passée au travail et j'ai faillis manquer d'air sous l'effet des calins de mes clientes. Elles se sont vraiment ennuyées et ça m'a fait chaud au coeur. Mes collègues ont été adorables comme toujours et on se paye une biere bientot. Et en rentrant à la maison, ce que ça m'a fait du bien revoir mes coloc, de me sentir chez moi. Et Francois qui m'appelle tout de suite apres et vient réparer ma porte à 10h30 le soir alors qu'il revient tout jusque de New York, pour finir par venir me jaser bien étendu sur mon lit, avec Chinook entre les deux, comme dans le bon vieux temps.

J'ai beaucoup de chance après tout, et toutes les raisons du monde de continuer à sourrire. Si la vie est souvent une saloppe, je ne vais pas me laisser prendre à son jeu.

A l'heure ou j'écris, mon cerveau dans les vappes, je me demandes si mes phrases ont du sens, mes yeux ferment tout seuls, enfin. Je vais aller dormir et être en forme pour le rendez vous fatidique demain.

jeudi, mai 05, 2005

Corder du bois

J'ai mal à tous mes muscles.

Mais ce que je me sens bien.

J'ai cordé du bois avec mon grand-père aujourd'hui, tout comme lorsque j'étais toute petite. Je le suivais toujours partout, disciple fidèle, admiratrice invétérée, en me croyant d'une aide indispensable alors que j'étais probablement dans ses jambes sans jamais qu'il ne se montre impatient. Grand-papa, mon premier amour...

Si les années ont passées, si mes élans insouciants se sont espacés jusqu'a disparaitre, si nous n'avons jamais usé de mots à se dire notre amour, je l'ai senti cet apres midi, toujours là plus vivante que jamais, cette affection, ce lien indéfinissable entre un grand-papa et sa première petite fille. Le passé, les souvenirs restent toujours vivants, enrichissent le présent d'avoir existé. Les choses changent et les regrets gachent la mémoire, alors pas de regrets, et à peine un peu de mélancolie. On ne perds jamais rien, toutes les expériences s'accumulent et s'enrichissent.

Je regarde ce vieil homme toujours aussi fort et habile, pleine d'admiration pour sa simplicité, son authenticité, et je regarde tout le chemin parcouru depuis nos premieres buches lorque mes petits bras peinaient à en lever une seule, tellement de choses ont changés, mais je suis toujours sa petite fille, et avec lui, rien d'autre que cela. Ça vaut tout l'or du monde.

Et alors, je jette les buches dans le fond de la remorque, comme mes peines et mes angoisses, mes souvenirs et mes expériences, et nous la remplissons à déborder.De toutes mes forces, un geste de libération. On les empiles et les corde pour mieux les faire brûler. On peut se nourrir, se chauffer de douleur comme de bois. Mes souvenirs me rendent plus fortent, me construisent, me gardent au chaud.

Et en revenant à la maison, c'est étoiles filantes des Cowboys fringants qui jouait à la radio... comme un clin d'oeil du destin...
Et avec grand maman, nous avons planté des fleurs. De magnifiques tournesols, des soleils à ramener à Montréal.

Je dois y aller...


Étoiles filantes Les cowboys fringants

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ça tranquillement
Dans un bar rue St-Denis

J'te raconterai les souvenirs
Bien gravés dans ma mémoire
De cette époque ou vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j'agaçais les p'tites filles
Pas loin des balançoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor

Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g'lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De la p'tite école et d'la cour de récré?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l'bon temps passe finalement...
...comme une étoile filante

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas mais on subit
Et que les rêves des ti-culs
s'evanouisse ou se refoule
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

Le trentaine, la bedaine
Les morveux, l'hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs

Travailler, faire d'son mieux
En arracher, s'en sortir
Et espérer être heureux
Un peu avant de mourir

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester
De notre p'tit passage dans se monde effrene
Apres avoir existé pour gagner du temps
on dira que l'on n'est finalement
...Des etoiles filantes

Si je m'arrête un instant
Pour te parler de la vie
Juste comme ça tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis

C'est qu'avec toi je suis bien
Et que j'ai pu' l'goût de m'en faire
Parce que tsé voir trop loin
C'pas mieux que r'garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu'on perd dans' brume
Et les idéaux qui se cassent

La vie s'accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d'air frais
Qui apaise les coeurs en peine

Ça fait qu si à' soir t'as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peur marcher
Et même si on sait ben que tout dure rien qu'un temps
J'aimerais ça que tu sois pour un moment...
...mon étoile filante

Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...
Mais au bout du ch'min dis-moi c'qui va rester...
...que des étoiles filantes