mercredi, décembre 06, 2006

De l'amour...

J'ai envie d'écrire sur toutes ces questions qu'on a peur de se poser, par craite de casser les angles du bonheur si vulnérable qu’on a accroché au coeur, juste à coté des doutes, d’écrire sur la fragilité, celle des choses, la mienne, celle des autres.


Mes certitudes ont toutes leur part de doute.


Je me souviens de la part de papillon qui accompagnait l’incertitude des premiers jours, des nuits sur le balcon, et tout cela me manque.


Je voudrais fuir l’indifférence que je vois parfois dans ses yeux, qu’il lit probablement dans les miens. L’habitude, ces moments ou on ne se voit plus, entre d’autres magnifiques, j’ai peur que ces derniers s’estompent au profit des autres, pas encore, mais nous marchons sur une corde raide et je ne suis pas sure d’être funambule.


Mais pour éviter le fil, il faudrait que ne commencer des histoires d’amour, syncroniser les ruptures avec le début du vertige, le vrai, celui qu’on a au dessus du vide, l’endroit ou on se sent parfois seul ou trop à deux, ou on a plus que n’importe ou ailleurs l’impression de perdre l’équilibre alors qu’on reste debout.


On regarde à coté et on voit l’autre, on se méprend parfois en le tenant responsable du vide en dessous, du vertige en dedant, du ciel qui annonce la tempête, alors que c’est l’ordre des choses, qu’on est simplement soumis aux forces du monde et qu’il en a probablement le souffle coupé lui aussi, parce qu’il a pris le risque du même chemin.


Une transition à apprivoiser, doucement, le quotidien sans l’oubli, se laisser être humain l’un l’autre, avec mes pieds froid et son cheveu blanc, avec nos rires et nos ennui.


Et je n’ai aucunement envie d’un être moins extraordinaire que lui. Ce sont toutes ces questions de sentiment qui m'effraient, et je ne suis pas Alexandre Jardin.



Aimer est un apprentissage. Il faut se dépasser soi même pour avancer, aller véritablement plus loin, tout en ayant la douceur de modifier la cadence pour prendre quelqun par la main, d’accepter de vivre averc la possibilité que l’autre ne veule plus avancer avec soi un jour, de choisir d’avance de rebrousser chemin seul,


d’aller ailleurs plutôt que de se regarder mutuellement mourrir, statique, au bord de la route, de mourrir ensemble mais séparés en regardant ailleurs.


Certains ont oublié que construire l’amour, que de le garder vivant, continuellement, est un aussi beau défi que de le créer et de le voir naître, fragile. Il grandit et reste tout aussi fragile, se calque sur le bonheur, parfois caché, subtil, mais illuminant la vie.


Toucher le ciel en gardant les pieds sur terre demande de grandir.


Je me demande s’il a aussi les mêmes doutes au fond des yeux, s’il se sent seul parfois lui aussi, envahi d’autres jours, s’il a peur, s’il se questionne sur la nature des sentiments, si je l’emmerde par bout, s’il aurait envie de partir pour qu’on se rertouve mieux parfois. Des questions que j’ai peur d’aborder de peur de casser un peu de la confiance qui nous lie, de peur d’être mal le dire, de peur que ça arrête.


Et pour prouver que je ne suis qu’une kétaine et que j'assume, j’ajouterais ceci, que je ressens comme si je l’avais écrit moi même. Entendu à l’intermarché hier alors que j’achetais du pain et que toutes ces questions trottaient au fond de ma tête :


J'ai compris tous les mots, j'ai bien compris, merci
Raisionnable et nouveau, c'est ainsi par ici
Que les choses ont changé, que les fleurs ont fané
Que le temps d'avant, c'était le temps davant
Que si tout zappe et lasse, les amours aussi passent

Il faut que tu saches

J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore

Fallait pas commencer m'attirer me toucher
Fallait pas tant donner moi je sais pas jouer
On me dit qu'aujourd'hui, on me dit que les autres font ainsi
Je ne suis pas les autres
Avant que l'on s'attache, avant que l'on se gâche

Je veux que tu saches

J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore

Je trouverai des langages pour chanter tes louanges
Je ferai nos bagages pour d'infinies vendanges
Les formules magiques des marabouts d'afrique
J'les dirai sans remords pour que tu m'aimes encore

Je m'inventerai reine pour que tu me retiennes
Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne
Je deviendrai une autre après qui tu soupires
Ces jeux seront les nôtres, si tel est ton desir

Plus brillante plus belle pour une autre étincelle
Je me changerai en or pour que tu m'aimes encore.

mardi, décembre 05, 2006

Spaghetti

La sauce à spag, c'est pour l'odeur que ça laisse dans la maison, pendant des jours. La même recette que grand-maman, la même façon de saupoudrer les épices, il n'y a qu'a se fermer les yeux pour revoir la maison du premier rang Ramsay, les joues rouges et l'appétit dévorant de petite fille qu'on a après une journée passée dehors.

jeudi, novembre 30, 2006

Les lumières

Le paysage illuminé me fait miroir
mais je ne saurai qu'être timide
humble des couleur de mes yeux
un secret, chut
parce que je connais les voiles humides qui couvrent d'autres pupilles
ces voile que le bonheur des autres épaissit
quand on est seul et qu'on a que son courage pour affronter le froid.
Et à ceux là, on voudrait dire qu'il rester l'espoir
mais on aurait tellement préféré dire autre chose, promettre.
On aurait tellement voulu...

mais il y a des chose qu'on ne peut donner,
comme la capacité de voir la lumière même dans le noir
de la suivre, d'y croire et de la trouver
jusqu'a ne voir que ça.



En attendant ils installent les lumières
signe de l'année qui arrive, de ses milles espaces,

à fuir vers une terre jazz encore humide, la nouvelle-Orléan
à retrouver l'encre des livres, l'université
à retomber dans les flocons, l'hiver
à attendre sa patrie tout azimut, la France
à espérer des terres de poussières et de soleil, le Mali


La réalité est plus belle que les histoires qu'on se raconte.
La vie coule donnant raison aux espoirs qu'on a jamais pu réfuter.

C'est qu'il y a ces gens qui colorent les lignes de mon destin
qui tachent mes mains et mon coeur de couleurs
pareilles à celles qu'on suspends aux arbres pour Noël.

lundi, novembre 27, 2006

Souvenirs de combat

Ca c'est mon fusil. Y'en a beaucoup comme ça mais lui c'est le mien. Mon fusil c'est mon vrai copain. Lui c'est ma vie. Il faut que je maîtrise mon fusil comme il faut que je maîtrise ma vie. Car sans moi mon fusil ne sert à rien. Et sans mon fusil je ne sers plus à rien. Je fais feu pour mettre dans le mille. J'ai plus de précision que mon ennemi qui essaie de m'abattre.


Qui aurait cru que je me retrouverais au front? Je me souviens...

L'air est froid, ça sent la poussière mais on ne s'en rends pas vraiment compte, occupés à se terrer avant de se propulser plus loin, plus près de l'ennemi, de sa mort ou de la notre. Le bruit de mon coeur est plus assourdissant que le bruits des balles qui fendent l'air trop près de ma tête. Mais je me découvre un courage nouveau pour couvrir ceux qui foncent courageusement au devant des nôtres.

Je sens un liquide entre mes doigts. Je suis dégoutés. Il y a partout des uniformes qui s'imprègnent de ce liquide visqueux mais qui continuent de lutter malgré la douleur. Mon fusil est froid comme la sueur qui me coule dans le dos. Je me demande ce que je fais là et soudain, la peur m'envahit. Je le sens, l'ennemi est parmis nous, je suis traquée.

Je regarde autour, que les notres. Devant, ils se cachent. C'est le bon moment. La peur au ventre, je tire en rafale et cours vers une planque ou nous sommes plus nombreux.

C'est alors que je le sens, comme au ralentis, la première balle touche ma cuisse gauche, la seconde pénètre mon mollet droit. La douleur est lancinante, je ne peux plus courrir.

Je porte la main au mollet. Je suis bien touchée. La peinture blanche salit mon pantalon pendant que ce maniaque de l'équipe des bleus continue de tirer. Merde. Ok, arrête: la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal! Eh!!! C'est qu'un jeu de paintball! Je suis une pacifiste moi!

Qu'es ce qui est le plus maniaque: jouer à se tirer avec des balles de peintures ou dormir dehors en plein mois de novembre, avec l'espoir qu'il gèle pour avoir de la glace pour mieux lutter avec le canot? Quoi qu'il en soit, je m'amuse bien!

vendredi, novembre 17, 2006

L'exil 100 fois

J'aurais aimé aujourd'hui aller me promener dans les pas de mon enfance, aller tracer ces sentiers qui peu à peu redeviennent sauvages et disparaissent.

Il faut parfois marcher longtemps pour revenir à ses racines. Aujourd'hui, après avoir dédrapé plusieurs fantomes, je me rends compte de la partie de mon coeur restée là bas, de ces petites traces de pieds qui m'ont portées vers ici.

Chaque fois que j'y retourne, l'image d'un présent si semblable et tellement différent de la succession d'images un peu statiques que j'ai pour souvenirs me trouble. Le paysage reste le même mais je ne suis pas la seule à vieillir.

Le temps, si doucement, passe sans possibilité de retour. Et c'est beau, tout de même, la vie qui coule.

Je voudrais quand même stopper le temps, les voir grandir, vieillir, faire partie de leur quotidien, que mes souvenirs coulent avec le présent.

Que mes absences ne coupent pas le fil.

J'ai roulé 400 milles
Sous un ciel fâché.
Aux limites de la ville
Mon cœur a clenché.

Les gros flashes apparaissent
Dans mon âme égarée,
Les fantômes se dressent
À chaque pouce carré.

Revenir d'exil
Comporte des risques
Comme rentrer une aiguille
Dans un vieux disque.

Y a eu ben du progrès,
Ben d' l'asphalte, ainsi d' suite;
J' me demande qui j' serais
Si j'étais resté icitte.
(Richard Desjardins)

J'me demande juste qui j'serais
si j'étais restée là bas.

Comme sur des roulettes

Tout va si bien que j'ai même oublié d'être timide avec les gentils amis d'O. qui sont venus souper ce soir.

Et je n'ai toujours rien à écrire. Mon âme est en mode bonheur et c'est encore plus doux lorsqu'on a connu les batailles et la loi de Murphy à son meilleur trop souvent.

Je suis de bonne humeur, comme si tout était plus beau. Mon petit chat qui était si malade est guéris. J'ai le temps d'aller en perdre chouettement aux RIDM. Et lorsque je me couche dans la lumière tamisée de ma chambre, je me dis que c'est merveilleux quand quelqun arrive même à nous offrir la lumière.

Maintenant, j'attends la neige. La vraie. Celle qui reste, qu'on peut mettre en boule ou en bonhomme.

lundi, novembre 13, 2006

1095 jours

Les échos annoncent 1095 jours de papillons, 1096 si on a de la chance, si le décalage des astres et des années nous fait cadeau d'un jour de février et d'une dernière lune.

Pas plus.

On dit qu'après, rien n'est plus pareil, que le voyage devient fade, que ceux qui ne sautent pas de ce train aux wagons démembrés le font par peur.

Je ne veux pas y croire.

Il y a un papillon, le notre, qui vole depuis 150 jours, si haut parfois, toujours là même s'il ferme parfois ses ailes colorées et réveille quelques larmes clandestine que j’ai au cœur plutot que dans l’iris.

Mais je sais que ce papillon porte quelque chose d’invisible sur ses ailes, un sentiment si léger qu’il glisse sur les vents, à faire mentir tous les échos du monde.

Et si on doit sauter du train, on sautera ensemble. J’aimerais.

Parce qu’on peut réinventer les papillons pour rêver le jour pendant cent ans.
Parce qu’il y a des petites choses que j'avais voulu créer avec des éprouvettes de verre, plus maintenant.
Parce qu'il connais le vent et moi la neige. On survivra mieux ensemble dans ce monde à découvrir et renouveler.
Parce que sans raison, je me surprends à ne pas vouloir être ailleurs.
Mais surtout, parce que c’est lui.



Et si l’écho disait vrai, je donnerais tout pour cette dernière lune qui ne présagerait plus ni mars ni le printemps.

3 ans, c’est trop court, et je ne sais même pas le dire.

mercredi, novembre 08, 2006

RRRRrrrrRRRRrrrrr

Il y a lové dans mon cou une minuscule boule de poils tigrés roux qui ronronne.

lundi, novembre 06, 2006

Intemporel

La légende des siècles, Victor Hugo


C'est parce que je roule en moi ces choses sombres,

C'est parce que je vois l'aube dans les décombres,

Sur les trônes le mal, sur les autels la nuit,

C'est parce que, sondant ce qui s'évanouit,

Bravant tout ce qui règne, aimant tout ce qui souffre,

J'interroge l'abîme, étant moi-même gouffre ;

C'est parce que je suis parfois, mage inclément,

Sachant que la clarté trompe et que le bruit ment,

Tenté de reprocher aux cieux visionnaires

Leur crachement d'éclairs et leur toux de tonnerres ;

C'est parce que mon cœur, qui cherche son chemin,

N'accepte le divin qu'autant qu'il est humain ;

C'est à cause de tous ces songes formidables

Que je m'en vais, sinistre, aux lieux inabordables,

Au bord des mers, au haut des monts, au fond des bois.

Là, j'entends mieux crier l'âme humaine aux abois ;


vendredi, novembre 03, 2006

Chinook

Mon petit chat est disparu depuis assez longtemps pour comprendre qu'il s'est aventuré vers une de ses autres vie.

C'est triste sans petit chat, sans mon petit chat.

Si vous tombez sur mon Chinook dans sa prochaine vie, faites lui un calin pour moi, un gros, même s'il vous réveillera la nuit pour vous emmerder et même s'il perds ses poils.

C'est fou comme on s'attache a ces petites bêtes tellement pleines de personnalité. Comme tous ceux qui partagent la royauté d'un chat, je dirais que Chinook n'étais pas un chat ordinaire. Il fut une fidèle présence ronronnante dans pleins de maisons, de situations et d'humeurs.

Peut-être était il vieux de tout ce qu'on a vécu ensemble, à grandir plus vite que les années. Mais on a bien vécu et on a jamais manqué de croquettes, hein le chat? Juste d'un peu de litière parfois. Juste d'un peu de temps. Et surtout, surtout, d'espace. Je suis désolées de ces rues et ruelles. Tellement désolée pour cette fin.

vendredi, octobre 27, 2006

Rien de grand

Qu'es ce qu'on écrit quand on est heureuse? Quand l'air de l'automne rafraichit, quand la pluie ne fait que briller les choses, quand les nuits sont assez claires pour jouer avec les ombres?

Quoi écrire quand les petites choses nous émerveillent? Quand la tisane camomille embaume mes pages de trigonométrie, quand il y a un bouquet de fleur sur la commode antique que grand-maman m'avait donné, quand on peut aller visiter son amoureux en pyjama?

Le bonheur, c'est de ne rien avoir de grand à écrire.

vendredi, octobre 20, 2006

Flocons

Il neige. Ça chatouille dans le coeur.

jeudi, octobre 12, 2006

Zwi zwiiiii!

Zin zin zwiiiiiiiiii faus-se-no-te-faus-se-note!
Ma coloc joue du violon

Zin zin zwiiii, la la: je vais bientot fredonner cet air joyeux en me balançant en position feotale dans un petit coin de ma chambre.

:o)

mercredi, octobre 11, 2006

Une devinette

J'ai travaillé fort aujourd'hui pour donner une toile a mes souvenirs...

Devinette: Si vous allez voir ailleurs si j'y suis, j'y serai fort probablement... (pssst... a droite)

lundi, octobre 09, 2006

La petite maison sur le plateau.

Une nouvelle maison

Un petit cocon au milieu. Rouge pomme et vert lichen; on l'avait préparé depuis longtemps. Avec du blanc, comme ma grosse couette nuage, pas de ce blanc par défault mais un blanc choisis pour sa lumière. Et un plafond si haut!

Un chat sous mon lit, aussi. Lui, il n'aime pas. Pas encore.

Un vélo sur la terrasse ensoleillé, mon vélo en congé depuis trop longtemps, et moi avec le lubrifiant dans une main, la pompe dans l'autre; on se prépare à une belle retrouvaille vers le marché Atwater. On reste timide en public, mais mercredi on se fera lentement le Mont-Royal, seuls comme deux amoureux.

Petit monde chouette.

En prime, de nouveaux colocs qu'on découvre vraiment sympathiques, avec les cheveux roses et les casques de mobilette, et à qui on est content de dire: à la prochaine, pour un petit souper dans la cuisine sans table, probablement.

Enfin chez soi, à deux coins de rue de mon néo-montréalais favoris.

Enfin chez soi, avec mon lit, mon chat, mes épices et ma brosse à dent au même endroit...

Enfin, chez moi.

jeudi, octobre 05, 2006

Douce folie

Le retour de cette envie de se sauver au bout du monde, pour d'autres raisons, pour se retrouver, pour se perdre, la vie et la mort me poussent ailleurs.

Elle ne se savait plus si vulnérable, elle fait peser sur ses échecs une double menace. Ne pas vouloir rester ici assez longtemps pour voir mourrir les fleurs, celles qu'on avait choisies ensemble. Le temps les pourris toutes, au mieux les sèche, mais je les voudrais vibrantes, vivantes contre toutes les loies de la nature.

Suis-je la seule à me reconnatre dans la folie de Jardin, dans sa tentative, trop lucide, de remettre de la magie dans le monde et dans l'amour. Il y a de ces romans qu'on devrait mettre à l'index pour avoir donné des idées déraisonnables à l'adolescente qu'elle était.

Le bonheur appartient à ceux qui se racontent de succulentes histoires et qui ont la ressource - ou le courage - d'y croire !
- A. Jardin


J'y crois, moi, à mes histoires, aussi merveilleuses et déraisonnables soit elles, idées fragiles et vitales que je protège de toutes mes forces. Le laisser dans ma petite bulle, c'est y laisser entrer le temps sur tout, même la parfaite qu'il tient dans ses mains. Je me demande s'il le réalise.



Et en retournant la question de tout les sens, j'en reviens toujours à la même chose: vouloir mettre de la folie tous les jours dans l'amour, ce qui lui faut pour durer,
la plus grande des folies étant de continuer d'aimer jours aprés jours.
Créer à partir des mêmes matières, encore, et bâtir, parce que c'est le temps qui fait faner les fleurs qui sculpte aussi les plus beaux rochers.

Les fous aussi ont peur. Les fous voudraient parfois avoir la paix d'esprit des gens normaux. Sans le reste.
Soyez assurés que je suis folle, que j'ai peur de ces pillules qui sont partout.

mercredi, septembre 27, 2006

Demain

Nous ne sommes que le lendemain d'hier et déjà toutes les configurations ont changé.

Quand j'étais petite, je disais: quand je serai grande, je serai médecin. Je peux maintenant dire: quand je serai vieille, je serai infirmière. Et ce qu'il y en a eu du trajet entre les deux! Et il y en aura encore...

Je ne peux m'empêcher de vieillir mais personne ne m'empêchera d'aller ou je veux, même si ce n'est pas toujours bien défini.

Un message de J sur mon répondeur ce matin, signe du destin peut-être. Je n'ai plus de questions, que des sentiments qui s'entrechoquent. Ah l'avenir.

Que d'espoir pour demain. Vouloir changer les choses, faire une différence, apprendre, découvrir, s'ouvrir les yeux sur d'autres gens et d'autres horizons...
Des petites mains dans la mienne aussi, et la mienne dans la sienne.

Mais des choses nouvelles aussi, de celles qui font peur, qui demande de se dépasser, de faire confiance et de compter sur d'autre que sur soi. Se montrer telle quelle, vulnérable dans une sensibilité qu'il sait acceuillir. Une aventure palpitante au bout de soi-même pour devenir meilleure. Bâtir plus haut, risquer son coeur, bref, aimer, aimer vraiment, et dessiner cet amour à la craie comme une mosaïque qu'on ne cesse d'embellir.

Et pour cela, je m'étonne et me conçois capable de stabilité et de supplice du genre combo maison de banlieue et piscine. Je l'aime d'autant plus de savoir qu'il ne m'imposera pas cette cruelle taille d'ailes.

mardi, septembre 26, 2006

Entre deux pages d'études

Je me lève ce matin l'oeil aiguisé pour affronter mes bouquins avant la journée.

Et je me sens extraordinairement bien. Là ou je dois être partout, par choix et par le meilleur du hasard, à faire ce que j'ai choisis de faire, à aimer comme je l'entends, à vivre impunément sans gagner tous mes moments de bonheurs qui débordents de partout.

C'est un calme qui reprends sa place sur son trone vide depuis trop longtemps. Un roi que le bonheur rappelait a la maison, lui qui avait entretenu a lui seul cette grande gaillarde de bois pendant de longues saisons, bonheur surmené mais dévoué toujours qui retrouve enfin ses inséparables.

Et tout devient plus facile dans une routine qu'on se prends à aimer doucement, autant que la passion des jours ou elle prends une pause.

Je crois devenir plus balancée, équilibrée, peut-être. Et grandir, surement.

Avoir plein d'images en réserve derrière les pupilles au cas ou on s'ennuierait. Et une certitude toute simple: la vie est belle, le sera.

vendredi, septembre 08, 2006

Sister's blues

Un soleil magnifique au début de vacances improbables. Pourtant, cette petite chose qui pointe le bout de son petit nez, secrète et creuse, et vient nous tordre les trippes, sans invitation, juste parce que c’est le bon jour du mois, le moment d’être trop sensible aux fonds de ruelle habitées et grises, aux grimaces des petites puces dans les autobus, aux feuille qui tombe, comme si l’utérus partageais son deuil et ses espoirs. D’autres yeux sur le monde.

On se fait toute petite, silencieuse, on voudrait laisser chanter le monde et prendre le temps de l’écouter, se taire surtout, vivre dans une bulle et voler au dessus des belles choses, ne toucher que leurs reflet, doucement, pour ne pas les abimer. Pour ne pas se faire abimer aussi.

Ce n’est pas de la tristesse, bien qu’on s’y méprends souvent. C’est la petite sœur du bonheur, celle qu’on arrive pas à bien nommer, qu’on arrive mal à apprivoiser; un petit cheval sanvage qui se cache au fond de nous, épris de liberté.

Je pars demain à 9h30. sur les traces fraîches du Dalaï Lama.

lundi, septembre 04, 2006

Les petites pancartes

Tiens donc, une autre petite pancarte sur un vieux clou...

De retour dans deux semaines. Partie tester ma clochette à Grizzli.

vendredi, septembre 01, 2006

Petit bobo

Bobo au pied, ouille! Pas cassé, foulé, tordu j'espère! Morale de cette histoire, on ne saute pas bizarrement avant d'aller en vacances, même si c'est votre entraineur qui vous l'ordonne! Merdouille!

mardi, août 29, 2006

Post express pour esprit content

Se faire chauffer la couenne entre deux cours dans un lit de pissenlits chauffés par le soleil, relaxe, ça doit être ça la vraie vie d'étudiante. Mes neurones fonctionnent mieux sans apport constant de noradrénaline. Avoir le temps de le prendre, c'est merveilleux. Je me sens aujourd'hui plus centrée, prête à affronter le travail joyeusement. J'imagine que je m'habituerais petit a petit à cet état d'esprit. Il y a un lourd poids parti de mes épaules et c'est maintenant qu'il n'est plus là que je réalise comment il était lourd. Il n'y a que du bleu en avant et j'ai des nuages sous les pieds, même si parfois je l'oublie.

Dans 12 jours, on ira mon amoureux et moi sur l'autre côte du Canada à la rencontre de gentils grizzlis et des amis de BEgos, de terrifiants français. Dans 12 minutes, je serais à mon premier tutorial de soins de la deuxième session. Dans quelques heures, je serais à ma dernière journée de travail comme titulaire de poste. Dans 12 heures, je serais dans mon lit, chez moi.

L'automne arrive et bienvenu au changement.


Une dernière chose: l'eau des piscines de Montréal, j'en ai par dessus la tête!

samedi, août 26, 2006

L'après Murphy

C’était un de ces jours ou le monde tourne mal malgré toute la bonne volonté qu’on y met et ou Murphy et ses stupides loi règnent en maîtres. Après une soirée éprouvante au travail, alors que je passais mon temps de pause auprès du réparateur d’ascenseur (qui nous a lui aussi lâché) qui s’affairait dans ses tournevis, j’ai décidé de lui fausser et de prendre la porte d’a côté, celle du toit. Magnifique, incroyablement tranquille (sauf pour les tabarnaks du réparateur qui filtraient jusqu'à moi), une vue magique du centre-ville, exactement ce dont j’avais envie et besoin.

Le cœur un peu gros et la tête épuisée, j’ai levé les yeux au ciel. Au même moment, comme une étoile filante, un petit avion passait tout juste dans l’axe de mes prunelles. J’ai fait un vœu, cru qu’il se réaliserait et suis redescendue, apaisée.

La soirée n’en finissait plus de finir, mais elle a quand même fini par aboutir. Cette hate d’être chez moi multipliait la relativité su temps.

Mon fidèle destrier m’attendait pour me ramener chez moi, ballade tellement agréable malgré le vent un peu frais, avec cette impression que la ville endormie m’est soumise et que je peux aller n’importe sans l’accord de personne avec toute la nuit devant. Il y a cette mèche fraîchement coupée qui m’arrive dans les yeux. Il y a aussi ce faux plat sur qui je me laisse glisser dans les dernières dizaines de mètres. La soirée de travail est définitivement derrière, loin.

Un chat me rejoint au coin de ma rue. Il me suit, miaule, se jette devant mes roues plein de suicidaire bonheur. On se connaît bien moi et lui, c’est mon Chinook. Il dort maintenant le menton sur ma main gauche, plus collé qu’a son habitude, comme pour surveiller que je ne disparaisse pas encore trop longtemps. J’adore ce sale chat.

Et là, je suis seule, tranquille et si bien. Ma bestiole poilue, ma tisane fumante et ce livre sur le coin de mon bureau; la lumière tamisée et cette odeur de vanille dans mes draps; la nuit silencieuse pour moi toute seule : je crois qu’on appelle ce que je ressens bonheur.

vendredi, août 25, 2006

Victor Oscar Lima Echo Romeo

Vol de nuit hier, avec mon amoureux comme pilote et son ami qui s'esseyait au manche. C'est Cyril qui a décolé et j'étais presque étonnée que l'air décide quand même de porter le petit cessna. Avec BEgos, aucun soucis, et lorsque c'est moi, j'ai au moins le feeling de l'avion qui obéis à mes timides mouvements pour me rassurer...

Mais là... Là!! Toutes les turbulences me semblaient comme un avertissement de crash imminent et les mouvements brusques de l'avion ont probablement marqué à jamais la carcasse de l'avion de la trace de la pression de mes doigts. Que de sensations fortes! Mais Cyril s'est bien débrouillé sous la supervision de mon pilote favoris et nous tout le monde s'est réveillé ce matin, vivant et avec tous ses morceaux.

La ville est si belle sous la lune; c'est elle qui éclaire le ciel avec ses lignes lumineuses et ses édifices magnifiques qu'on effleure presque des ailes, tous de lumière sépia, blanches ou rouges, parfois plus colorées.

On se sent si petits dans le ciel, tout ce qui est en dessous semble encore plus insignifiant, une magnifique fourmilière dont on fait le tour en quelques minutes, une toute autre perspective des hommes. On se sent grand aussi d'être là haut. J'en perds les repères de ma propre importance. Le bonheur est dans les petites choses, nous sommes des particules. Heureusement.

Des particules qui ont le privilège de se voir de haut vivre, construire et se divertir, avec imagination et une touche d'art, et pour permettre tout ça, nous avons du rêver beaucoup. Rêver, la plus belle faculté de l'homme: le début de la créativité, de la volonté bâtisseuse, des civilisations, des sciences, de tout ce qu'on améliore, de la vie comme elle est dans notre cité de fourmis.

Si les rêves montent au ciel, nous en sommes plus près. Et vient une envie: "Je veux connaître les pensées de Dieu ; tout le reste n'est que détail." (Einstein)

En attendant, je retourne m'afférer dans cette fourmilière avec le sentiment qui revient parfois, celui du témoin fascinée, da collectionneuse curieuse, de la spécialiste amoureuse et passionnée de cette société ou je me sens étrangère.

mercredi, août 23, 2006

Sweet happiness

Les choses se règlent, les nouveaux projets arrivent, je me sens les épaules plus légères et mon moral suit la tendance générale. Et il n'y a pas que la chance, ça ce n'est pas trop mon truc habituellement, il y a des gens extraordinaires qui m'entourent qui rendent ça possible. Je n'ai jamais compté sur personne d'autre que moi même et ça a rarement été facile. Toutes ces choses qu'on imagine même pas et qui nous tombent sur la tête parfois... Mais là, ce sont les bonnes choses qui me surprennent alors que je ne les attendait pas, que j'avais accepté sereinement (ok, avec les nerfs qui flanchent parfois) une réalité pas toujours facile.

Devant, que du bonheur, comme toujours, mais je peux maintenant espérer me battre un peu moins pour l'obtenir.

L'école commence bientôt et j'ai tellement hâte d'étudier , tranquille, d'apprendre plein de trucs. Je serais dans un chouette appart, l'esprit libre dès la mi octobre, avec un coloc super, progressiste, et d'autres qui le deviendrons sous notre influence maléfique, pas de doute. Ma santé semble stable, on ne me troue plus les bras trop souvent et les tempêtes d'aiguilles ou de feu dans ma tête s'espacent. Le monsieur de la boulangerie m'a rappelé aujourd'hui, deuxième fois alors que je ne retourne pas ses appels, sous mon charme autant que j'adore sa boulangerie; je pourrais peut-être faire partie du gentil paysage de Capucine et Tournesol, si après mure réflexion, j'en ai envie.

Et avoir du temps, un peu, pour mes roues de vélo, pour les cordes de guitare dans des parcs, pour remplir mes alvéoles de l'air frais des forets du Québec ou d'ailleurs, pour rire et vivre avec ces gens qui contribuent tellement à mon bonheur.

lundi, août 21, 2006

Le pire d'être triste, c'est de ne pas se sentir en droit de l'être. Je suis désolée. Ça passera.

Reves et réalité

Il est trop tôt, les hippies de l'Utopik ne sont pas encore levés, j'occupe la place quasiment seule, avec un drôle de mec couetté aux yeux étranges qui semble lui aussi encore endormi. Je suis venue récupérer mon horraire de cours sur la toile puisqu'on a toujours pas internet à la maison. Merveilleux, après d'inlassables clics, j'ai gagné le droit d'attendre pour aller chercher mon horraire sur internet. 249e position. Beaucoup de temps pour blogger en perspective.

Parfois je fais de drôles de rêves, d'autant plus bizarres qu'ils se répètent et me donnent, même endormie, une lassante impression de répétition. La nuit passée en fût remplie, cauchemars si limpides et réels que parfois je me demande si cette vie de jour, rationnelle, est plus réelle que la nocturne.

Un ascenseur qui chute. Je le sais d'avance, je connais l'impression, je n'en ai même plus peur, juste le ventre un peu serré et cette obsedante impression d'être perdue, de chercher quelque chose et de ne plus savoir ou aller quand les portes s'ouvriront. Tomber moins vite que l'ascenceur et avoir un peu le vertige, mais savoir que je n'en meurt jamais. Einstein aussi rêvait a des acsenseurs en chute libre, l'emmenant à réfléchir sur la relativité de toute chose, même de la gravité. Je me demande s'il avait aussi pensé à la relativité de sa vie. Mes rêves sont comme un monde parrallèle ou je n'ai jamais les pieds completement sur terre, ou je cherche constamment quelque chose, ou je ne sais même pas ce que je cherche. Ça c'est du moins pour les rêves dont je me souviens, si réels. J'ai l'impression de rêver rarement, mais presque toujours aux même choses. Rêver que je cherche le chemin vers ce que j'ignore, que j'explore, que les choses s'écroulent autour, que je me relève toujours, que j'ai de plus en plus de courage, de plus en plus envie de cette aventure dont je ne comprends pas la signification et qui m'emmène vers toute sorte de lieu mystérieux. Mais l'ascenseur est toujours là, un point de repère rassurant qui me dit que je suis sur le bon chemin même si il tombe toujours et que je ne peux jamais décider ou je vais.

La suite est une variation sur un thème: la grande roue. Je m'y retrouve souvent depuis que j'y ai travaillé. Elle a toujours pris une signification philosophique pour moi. Le monde qui tourne sans arrêt, parfois mal, décidément en péril de toutes cet années et de ce qu'on en a fait, et ces gens inconscient qui s'y embarquent pendant que d'autres doivent descendre malgré eux. Ceux qui ont peur et ceux qui s'en amusent. Et moi qui la conduit mais qui la controle si peu, qui veille de mon mieux sur mes ouailles.

Je m'y suis retrouvée encore cette nuit, au sommet sur une passerelle, toute seule, en train d'essayer d'évacuer les gens pour les protéger du conducteur fou qui leur voulait du mal. Personne ne semblait s'apperçevoit que quelque chose n'allait pas. Je devait m'occuper de tout le monde, des adultes qui m'injuriaient de les presser, des enfants abandonnés par leur parent déjà loins. Le conducteur arretait la roue assez longtemps pour rassurer les gens mais la repartait alors qu'ils avaient encore un pied dans la cabine. Et moi, je pleurais en les aidant, suppliant certains d'appeler la police, de faire quelque chose parce que je n'y arrivait pas tout seule, que des gens, pleins de gens, mourraient quand même. J'étais invisible, le conducteur ne me voyait pas, mais je n'arrivait pas à en faire assez. J'étais invincible, et même quand je faisait un tour, prise dans l'engrenage de la roue, je ne mourrait pas, mais javais mal, et encore plus mal des gens qui mourraient pour mon faux pas.

Et cette roue n'arrête jamais. Le conducteur me terrorrise, il est beaucoup plus fort que moi. Il a les yeux du diable et moi des ailes, mais elles ne fonctionnent pas. Et les nuits ou c'est moi qui conduit la roue, elle décroche et se perds dans la ville. Je ne contrôle rien et tout m'échappe. Et je me réveillle avec le coeur qui bat à 200 bpm alors que la réalité de la nuit n'arrive pas à dissiper le nuage du rêve. Les yeux fermés mais n'arrivant plus à dormir, je me demande pourquoi je fais des rêves si débiles, j'envoie promener Freud et ses conneries et me dit que c'est probablement cette chicane avec lui avant de dormir, que j'aurais envie de le réveiller à coté de moi pour qu'il fasse partir ces mirages noirs.

Encore maintenant, j'ai une boule au fond de la gorge et l'estomac serré. Le midi qui arrive commence à dissiper les choses.

J'ai finalement mon horraire, pas de contrôle non plus la dessus. Pire que je ne le croyais. Je devrais probablement me remettre sur la liste de rappel, sacrifier tous mes week-ends pour payer de justesse les factures, vivre le stress de l'instabilité, de la quiétude pouvant être rompue à tous moment par un appel du travail. Et l'Europe l'été prochain devient une hypothèse pas très plausible. J'attends un miracle mercredi avec mon API pour rêver que la situation soit autre. J'adore étudier, mais ce mode de vie qui perdure depuis trop longtemps, ça commence à me tanner. J'ai besoin de travailler plus pour pouvoir vivre un peu les fins de semaine et avoir droit à des jours libres dont je sens un besoin impératif. Je ne demande rien d'autre à la vie. Je suis prête à travailler fort comme je l'ai toujours fait, en triple, mais j'ai besoin de temps pour laisser vagabonder mon esprit, mes jambes et mon coeur.

Je vais aller essayer de courrir plus vite que le petit nuage noir que j'ai au dessus de la tête. Avant d'aller travailler, quoi d'autre! Et puis je n'ai même plus le temps d'aller au gym.

L'engrenage de la roue me presse les ailes...

vendredi, août 18, 2006

Ici Najac

Ici Najac, à vous la Terre
C’est une bouteille lancée à la mer
Un battement d’aile de papillon
Dédié à l’humanité toute entière
C’est un acte de résistance
Pour la paix dans le monde
Le respect de la planète
L’amour de la belle ouvrage
La transmission des savoir-faire
C’est un message de vie
Donné par des humains de toutes les humeurs
Qui ont choisi de vivre de leurs utopies
source: http://www.ocean-films.com/icinajac/synopsis.htm


Moi je dirais juste qu'il y a un peu de mon enfance là dedans,
un peu de grand papa, de pain qui sort du four, de mains qui sentent la mécanique et de fleurs sauvage
de sincérité, d'humanité
beaucoup de mon envie de retrouner en campagne
pour reprendre contanct avec la sincérité et l'autenthicité au quotidien.

Un après midi dans une salle noire qui nous éclaire.

jeudi, août 17, 2006

Chronique de cuisine

C'est toute une journée à avoir mal à la tête et à se le donner. Mais il y a bien pire que chercher des emplois sur cette toile sans fin, oui, je m'emmerde à l'infini dans une expérience périlleuse à souhait: ne rien faire. Du tout. Nada.

Ok, oui, j'écris et mesure la profondeur de mon ennui.

J'ai ouvert mon petit oeil soupçconneux trop vite aprés cette sieste tueuse de Mlle Céphalée. C'est ça le probléme quand la migraine s'en va, elle laisse un gros trou là ou j'avais fait des projets pour elle. Alors je tue les 72 minutes avant son arrivée. Trop courtes pour en faire quelque chose. Trop longues pour rien en faire.

J'avais envie de ne rien faire, mais c'est une envie qui passe à la première seconde ou on l'expérimente.

Il y a Céline sur la table de chevet. St-Exupéry sur les tablettes. Des trucs d'aviation au dessus de l'ordi. Faut croire que je n'ai pas envie de lire aujourd'hui. Il y a peut-être juste le ticket sur le bureau qui attire l'autre petit oeil, le curieux, mais je n'y toucherai pas.

Je pourrais lui cuisiner quelque chose. Mais je ne sais même pas s'il aura mangé sur la route. Et pire encore, j'ai des talents discutables en cuisine sans mon fidèle livre de recettes alors que lui me cuisine toutes sortes de trucs qui devraient théoriquement ne pas être si bons, des trucs de francais plein de gras et de trucs qui ne se mangent pas ici. Et pourtant non, c'est bon, délicieux même. Étonnant.

Le téléphone qui sonne. C'est lui. Il n'aura pas mangé. Et il a envie de manger n'importe quoi. Comme si je savais moi ce que c'est n'importe quoi, venant de la part d'un gars qui choisis de mettre des trippes et des tendons dans sa soupe tonkinoise et qui déteste ces parcelles de paradis gustatif envoyées par Dieu pour rendre le monde plus doux; le formage, le chocolat....

L'ennuie est passé, je me sauve en mission à l'épicerie. Dans la vie, il faut se surpasser. Pas de relecture, j'appuie sur le bouton orange...

Jalousie

Where the hell is Matt

Where the hell was Matt

Je l'ai écouté tout plein...

Un seul mot: jalousie!!!

mercredi, août 16, 2006

Mode d'emploi

Comment avoir une journée parfaitement relaxante

1. Se lever traquillement
2. Prendre le temps de s'étirer jusqu'au bout des orteils
3. Prendre son vélo et l'air qui vient avec pour aller jusqu'a l'appart 2
4. Manger les bons raviolis que l'amoureux a fait
5. Pédaler jusqu'au ciné
6. S'installer dans une grande salle pleine de petites personnes
7. Regarder les péripéties d'Otis la vache et trouver ça chouette
8. Ecouter les "ohh non!", "Maman, dis, est ce qu'il es mort Ben", " J'ai envie de pipi" et les rires tout sincères des petites personnes
9. Trouver ça adorable.
10. Pédaler jusqu'au marché Maisonneuve
11. Acheter des bonnes fraises pour les partager ce soir avec ses super collègues
12. Retourner à l'appart 2
13. Nourrir les poissons, le chat et les plantes. Ne pas oublier de leur jaser un peu.
14. Écrire de gentilles futilités dans son blog avec Rosana en musique de fond.
15. Se faire un drink de HMS
16. Etre bien prete pour une belle soirée de travail riche en surprises

mardi, août 15, 2006

Les grandes révoltes

Réflexion Matinale

Es ce moi ou le nombre de femmes qui nous arrivent terrorisées, la peau de toutes les couleurs sur des os brisés au visage augmente sans arrêt? L'été s'achève et on sent l'hiver dans les sourrires qui s'estompent d'appréhension.

Mais on m'a dit qu'il fallait savoir décrocher...

Alors j'ouvre mon courriel et tombe pour la deuxième fois sur cette chaine de lettre enrageante pour ne pas dire autre chose. Il y a des tas de choses a dire et à réfléchir sur cette guerre en trève, même si on devrait avoir un peu d'humilité devant un conflit qu'on ne peut voir que de l'extérieur. Je peux tout de même admettre que plusieurs opinions sont admissible.

Mais ça, non. J'aimerais bien tomber sur le pauvre petit payeur de taxe mégaégocentrique et ignorant qui a pondu la vomissure de mots qui suit et l'empêcher de dormir en éveillant sa conscience a des réalités sociales bien plus tragiques que sa contribution monétaire a l'amélioration du bien être collectif. Comment peut on se victimiser de la sorte alors que des gens souffrent et meurent ailleurs?

Bonjour,

Suis-je le seul à me poser la question suivante: comment se fait t'il qu'il y ait autant de "Citoyens Canadiens" au Liban ?

Plus de 30,000, Wow cela fait bien du monde en vacances ou en visite chez leurs parents et ce au même moment.

Est-ce qu'il se peut qu'un certain pourcentage de ces "Citoyens Canadiens" soient des assistés sociaux qui viennent ici sous prétexte de vouloir s'établir et que une fois la citoyenneté assurée, s'en retournent "en vacances"… au Liban pour plusieurs mois pendant que le chèque de BS est déposé à leur compte bancaire via le dépôt direct ?

Je veux bien avoir de l'ouverture d'esprit, mais y a des maudites limites, nous les payeurs de taxes CANADIENS payons des montants faramineux annuellement pour "aider les démunis" mais??????? S'ils vont vivre ailleurs avec mon argent je veux être remboursé.

En plus je dois payer pour les rapatrier, WOW les nerfs, quand tu voyages tu prends des risques car tu quittes ton pays et la sécurité des frontières, si tu es coincé à l'extérieur du pays, prends les moyens qu'il faut pour revenir, mais pas aux frais des contribuables.



Sans commentaires... Je vais égocentriquement aller me concentrer sur l'amélioration de ma condition de lassitude extreme et aller courrir. Je dois être en forme pour acceuillir ces femmes qui possèdent de la souffrance en plus grande quantité que quoi que ce soit d'autre, même si elles sont pour la plupart des assistées sociales, des "profiteuses" de ce système qui n'a rien su faire d'autre pour elles que de leur donner trop tard un peu d'aide, insuffisante, et le mépris qui va avec.

Et révoltez vous en bien dans votre petit confort. De ça et du reste. De ces B.S. de génération en génération, de ces africains paresseux qui font des enfants dont ils ne peuvent pas s'occuper convenablement, de ces Irakiens qui brulent les drapeau de leur sauveur américain, de ces gens qui manifestent et bloquent les rues des gens qui ont des occupations, etc...

Je n'aurai même pas la méchanceté de vous souhaiter de souffrir assez pour comprendre un peu un jour.

vendredi, août 11, 2006

Mes autres 5000 visages de Montréal

Il y a un endroit dans la ville qui m'inspire le sentiment qu'il m'appartient plus qu'a n'importe qui. Bien sur, il y a l'UQAM, la grande bibliothèque, le cégep du Vieux-Montréal et tous ces petits bars et cafés que je connais par coeur autour de la station de métro Berri-UQAM, mais ce n'est pas ce qui me donne cette impression. La faune colorée qui fréquente le coin et qui a fait de la rue sa maison, ces insaisissables qui flânent ou qui quêtent ou encore ces ombres que personne n'apperçoit et qui tuent le temps en attendant l'ouverture des refuges du coin, je les connais presque toutes par leur nom, par leur histoire.

Elles ont toutes leur manière de saluer dans cette rue si menaçante pour leur dignité. Certaines sourient timidement, d'autre font un petit signe de la tête, il y en a qui viennent me raconter leur dernières péripéties ou me demander de l'aide et d'autres qui me saluent comme une vieille connaissance. Mais dans leur yeux, il y a toujours une parcelle de ce doute que les gens autour, ceux pour qui cette rue n'est qu'un passage, sachent que je travaille dans un refuge. Et pour celles qui ont encore toute leur tête dans leur baluchon, c'est une honte d'y être ou d'y avoir été. Parce que pour la majorité, elles sont anonymes et on ne peut pas les reconnaitre dans la rue; elles ressemblent à tout le monde.

La honte qu'elles ont, elle s'apprend: la façon dont on les traite dans les hopitaux, dans plusieurs services publics et entreprises, ou le regard que les gens posent sur elles laisse croire que ne pas avoir de domicile fixe fait des ces femmes de sous humain.

Et pourtant, elles sont tellement fortes dans leur vulnérabilité. D'être encore là, de continuer à respirer, de se lever chaque matin à 6h30 alors que rien ne les attends dehors, de vivre avec la douleur physique qui accompagne souvent ce mode de vie, avec les maladies mentales qui se développent ou qui ont été la cause de leur itinérance. Ce sont des femmes avant d'être des itinérantes mais plusieurs l'oublient. Et ce mode de vie, elles ne l'ont pas choisi.

Je réalisais hier en feuilletant mes dossiers au travail que c'est plus de 5000 personnes que je reconnais par leur nom, en plus des autres visage que je peux reconnaître. Quel autre travail aurait pu m'offrir un tel bain d'humanité, d'expériences et d'émotions? Et en connaissant mieux les autres, c'est soi qu'on arrive mieux à cerner.

La maladie mentale me fascine tout particulièrement, ce déséquilibre ou une partie de la personnalité ou un sentiment vient prendre une place exagérée ou bloquer le reste. Si on est mal à l'aise davant elles, c'est parce qu'on a peur de s'y reconnaitre, on est tous un peu de tout ça. Et ce monde que parfois elles se créent et dans lequel elles vivent est fascinant.

Je croisais T. hier. Elle, on la reconnait, et n'importe qui peut savoir qu'elle n'est pas bien. Mais moi je dirais qu'elle est heureuse avec ses poupées, bien mieux que d'autre qui n'ont que leur dure réalité pour pain quotidien. Puis F. qui quêtais près de l'escalier mobile de la sortie de métro Ste-Catherine, fidèle à son habitude, le grand sourrire qu'elle m'a fait m'a donné l'impression qu'elle avait assez pour ne pas venir au refuge cette nuit, pour remplir sa seringue. Et j'avais bien deviné.

Je retournerai bientôt à temps partiel. A l'heure des bilans, je me dit que j'ai reçu tellement de ces femmes, bien plus que je ne pourrai jamais redonner. Et je ne peux pas pour l'instant abandonner complètement ce monde, cette sous culture ou j'ai une place. Mais l'envie d'explorer autre chose de moins demandant se dessine, celle de jouer un autre rôle avec d'autre types de gens. Quelque chose de plus futile probablement. Ou encore, simplement avec une autre clientèle. J'aimerais beaucoup retravailler auprès des enfants. Mais avec les études, pas évident de conciler les horraires. On verra. Pour l'instant, j'y retourne, et je suis bien heureuse de le faire, de prendre le temps d'aller marcher dans le coin avant, de flaner un peu moi aussi. De retrouver Begos après toutes ces heures et de le garder avec moi demain matin.

Vivre est un petit truc bien agréable.

jeudi, août 10, 2006

Rien

Cette envie de jouer, de faire un bonhomme de neige ou de sauter à pieds joints dans la boue, juste pour le plaisir.

Le reste, on s'en fout, et pourtant tout ça me crève. Sans parler de cette petite santé de merde qui s'emmerde de ces emmerdements.

J'aurais tant à écrire ce soir mais mes yeux qui ferment d'eux mêmes m'imposent l'immobilité.

Si j'écrivais que la vie est belle, je résumerais bien. Et demain, j'irai courrir et m'acheter un nouveau Moleskine, entre autre.

Dodo zen. Alors je n'écrirai rien.

mardi, août 08, 2006

Les gros sous

Parfois, il faut se résoudre à parler le seul langage accessible à certains esprits primitifs, celui des dollars, puisque celui de la raison et de la compréhension ne sied pas à des esprits sans vergogne ni valeur pour qui rien d’autre ne compte que les sous. C’est triste pour eux. Vraiment.

Devrais-je m’en étonner? Partout dans le monde, des gens vendent leur âme, leur temps, leurs valeurs et leurs semblables pour des billets et du pouvoir. Et pourquoi? Le bonheur était probablement dans ce qu’ils ont délaissé pour s’enrichir injustement. S’enrichir de papier, bien l’entasser, et ça devient d’une préciosité délirante quand on a tout sacrifié pour et que c’est tout ce qui nous reste. C’est si vide en soi, si désolant.

C’est bien les billets, je n’ai rien contre, lorsqu’ils servent à enrichir d’expériences et de douceur ma vie et celle des gens qui m’entourent sans faire souffrir personne, dans le respect de tous les autres humains. Seulement, il y a un sérieux problème de priorité et d’ordre des choses dans ce monde. Et même les chercheurs de l’IEDM renforcent cette idée débile que l’argent est au-dessus de tout. Et je gagerais qu’ils arrivent à dormir la nuit. On me disait qu’être humain, c’est avoir une conscience… Concept à réviser…

La paix s’achète. Et c’est impressionnant une pile de 150 vingt dollars. Mais ça ne vaut pas plus que mon équilibre, et même le compte vide, il me reste toujours tout ce que j’ai de plus précieux, tout ce qui importe. « Pour tout le reste, il y a Visa!» (…)

À défaut de pouvoir aller me défouler dans mes running shoes, je vais aller passer un autre après-midi à l’hôpital. Peut-être qu’on arrivera à me drainer un peu de mauvaise humeur en même temps que de sang.

Si ce dossier pouvait se clore aujourd’hui, après les boîtes de déménagement et après la célébration de la fin de cette longue mésaventure, je pourrais me mettre le nez dans mes livres de bio. Décidément, j’ai hâte.

lundi, août 07, 2006

Les temps changent

Ces petits qui n'en sont plus. Mes grand-parents qui vieillissent. Ce nouveau lieu ou nous nous rassemblons. Ces adultes de mon enfance qui peuvent maintenant profiter de la vie à deux, autrement. Mon petit lit remisé. Frérot en appartement. Cousine qui a troqué la poupée pour une petite blonde adorable. La maison qu'on n'a plus, les étrangers qui y sont. La cabane à sucre qui pourrait un jour rester cadenassée et vide de rires d'enfants... Nous sommes tous plus grands qu'hier.

Mais il y a les autres, les petites pousses encore toutes vertes qui passeront aussi par toutes les saisons, et nous qui devenons autre chose, quelque chose de plus enraciné.

Quand j'étais petites, je croyais certaines choses immuables. Le temps façonne pourtant les pierres par le vent et la mer, nous façonne aussi au passage sur ces pierres différentes. On ne m'avais pas dit que grandir, c'était perdre un peu, dissoudre des liens, oublier. Je m'avais cru pouvoir murir dans un monde qui resterait le même.

Je me sens maturer vers la prochaine saison, jour charnière entre deux époques ou il y a tant de belles choses à vivre. Un peu plus apte à reconnaitre les choses immuable: les sentiments même s'ils changent de destinataires, les liens qui nous unissent même si nous changeons de rôle et les valeurs qui continuent à vivre et grandir en nous, un écho lancé par les générations qui nous précèdent, notre plus bel héritage.

Les temps changent et les saisons se suivent dans un monde qui garde la même essence. Et il y aura d'autre fleurs qui remplaceront celles qui disparaissent. Tant qu'elles auront une famille comme la mienne pour leur donner ce sens de la continuité, j'ai espoir en l'avenir.

mercredi, août 02, 2006

Voyages

Voyages

Seule dans les yeux des gens.
En altitude et en lattitudes avec lui.
Sur des roues, sur une piste abandonnée la nuit.
Au bout de moi même, jusqu'ou on est pas encore allé.


L'envie de partir, même si c'est pour ici. De découvrir, surtout ce qu'on avait oublié de regarder.

En attendant, je m'en vais quand même acheter le Lonely Planet.

vendredi, juillet 28, 2006

Décalages

Tenter d'ouvrir mes yeux qui s'y refusent. Scene maintenant familière, le regarder se préparer a partir de mon point de vue horizontal. Nos draps et notre boulot sont en décalage. Un syncronisme que nous retrouvons parfois lorsque le jour se lève. Revisiter un sentiment d'enfance: je ne veux pas aller a l'école. Disons qu'on est malade. Reste toi aussi et allons nous promener dans la ville. Refermer les yeux sur le bruit de la porte. A demain.

Apprendre a glisser du Je au Nous parfois. Et de garder un peu de nous en moi.

Se pousser hors du lit pour se rendre compte que le corps fait la grève ce matin. Mal de tête et de coeur en sourdine, essayons de ne pas y penser et d'être sage. Se rendre compte que l'esprit est tout paisible ce matin. Avoir la foi en des choses qui me dépassent comme si les étoiles avait laissé un peu de poussière de lumiere sur mes paupieres en souvenir. Avoir tout le jour devant moi, décider de ne rien en faire et d'apprécier le vide. S'accomoder du rythme que la pulsation dans ma tête impose. Avoir toute la nuit a anticiper et avoir envie de la passer avec mon chat, tranquille. Le travail entre les deux. Oublier jusqu'a mes 24 ans les chambres vide et encore plus ceux qui sont pleines, les visites et toutes ces choses si loin du bonheur qui prennent une trop grande place dans mon esprit. Revisiter ce sentiment d'enfance et ne pas vouloir aller travailler.

Se perdre sur la toile, dans une boite aux lettres, en Europe, en Afrique, sur le toit de Tchernobyl ou a Hirochima, oser me dire que l'énergie nucléaire pourrait être intéressante si les hommes n'étaient pas ce qu'ils sont. Admirer de jolies photos d'avions. Enfin trouver le "À" du clavier par mégarde en regardant le vieux paquet de Players métallique.

Revisiter ce sentiment d'enfance, si fort, et se savoir presque une grande personne maintenant. Maman, je suis malade, je ne veux pas aller à l'école.

Si vous me cherchez, je serais au boulot.

jeudi, juillet 27, 2006

Pause

S’écrouler une heure dans la moelleuse couette puis s’éveiller contre les habitudes au son des enfants qui s’amusent dans la ruelle. Avoir eu juste assez de connexion internet pour voir cette petite enveloppe sur le sigle d’entourage. Retrouver un peu ces noeuds au ventre comme quand il m'écrivais de Peterborough, la nuit. Et que je l'aimais déjà.

Déblatérations nocturnes

Seule au cœur de la nuit comme la lune qui veille. Si bien. La ville sous son voile de sommeil se fait plus humble et laisse voler mes impressions entre ses buildings. Passer par là, aller à l’autre bout du monde.

Chinook est en boule, bien callé dans le plus moelleux de la couette, la tête sous la patte, détendu et heureux. Et il ne dort pas, les yeux en fente qui s’agrandissent chaque fois que je le regarde avec trop d’insistance. Qu’il est bon d’être la maîtresse d’un mâle qui vous vénère, qui ne voit que les retrouvailles dans les petits abandons quotidiens.

On devait conquérir le monde ce soir sur la planche de jeu mais on a finalement parlé de vraie guerre, de politique, d’égoïsme et de thèmes connexes aux Minots, ce petit bar ou on commet la bêtise incroyable de mettre du pastis dans tous les drinks.

Alors je me retrouve à une heure trop tardive avec mon chat et mon insomnie à contempler la lumière tamisée qui coule sur le mur de brique.

Je pense à ces gens à coté de nous qui parlaient de refaire un monde libertaire et égalitaire et qui, aussitôt sortis du bar, étaient trop occupés à ridiculiser un itinérant pour se souvenir de leur nouvel ordre des choses et je suis prise d’une lassitude extrême.

On ne refait pas le monde avec des paroles, mais avec des actions teintées de tolérance et d’amour pour l’humanité.

A quoi bon détruire le système à coup de brique, de manif et de discours passionnés si on ne propose rien d’autre, si on arrive pas à appliquer ses grands principes moraux aux petites choses. Sauver les enfants des pays émergents et ignorer la souffrance des gens à coté de soi. C’est plus exotique.

Partout, l’attitude est plus importante que les actions pour redonner aux gens qui ont besoin ce qui leur manque pour devenir aussi des bâtisseurs du monde. Et pour ça il faut croire en eux. Le monde n’a pas besoin de missionnaires recherchant de quoi nourrir leur égo. Aider, c’est avant tout offrir sa confiance autant que ses mains, d’égal à égal. Surtout ne pas renforcer ce sentiment d’impuissance et d’incompétence sur leur vie.

Je me sens lutter contre la brume de fatigue qui s’étend devant mes yeux. Cédons-y. Bonne nuit!

mercredi, juillet 26, 2006

Hallelujah

Les journées se rythment a la fréquence des coups de pédale et nulle part je ne me sens aussi bien et chez moi que seule sur le siège de mon vélo. Les doigts tachés de sang de fraises, je me prépare à repartir sur cette piste cyclable qui sert de couloir a "mes" appartements trop dispersés.

Rufus Wainwright dans la tête. Un echo à mon humeur.

"Love is not a victory march, it's a cold and it's a broken hallelujah"

La sensibilité me sort douloureusement de chaques pore de peau ces temps ci, a mesure que le stress s'en va. Et pourtant, je suis heureuse. A me demander ce que j'ai, je crois que j'aimerais seulement me sentir utile. A quelque chose, à quelqun... J'ai envie de donner, de redonner, de partager, à en manger mes bas. Et plus je suis heureuse, plus ça déborde. Je donnerais n'importe quoi pour que tout le monde ait droit à sa part de soleil, mais mes bras tendus sont vides et impuissants.

Je souffre de l'injustice de voir mon reflet heureux dans des yeux tristes. Un écart insupportable.
A en avoir envie de supplier un dieu qui devrait veiller sur nous. De faire quelque chose. De faire ce que je n'arrive pas à faire. Et voilà que mes inutiles larmes me mouillent les joues. Je suis en colère contre un dieu que j'aime.

La vie est une musique si belle, mais aux accords parfois si tristes. Et vivre vraiment, c'est savoir entendre la musique dans l'innocence d'un enfant qui s'amuse et celle qui filtre dans le désespoir de quelqun qui vient de tout perdre. Parfois, j'aurais envie de retrouver et de battre le chef d'orchestre. Mais elle est la la beauté, même dans les plus grands maleurs, dans des yeux adultes qui se reconnectent avec leur humanité profonde, comme le font les enfants, et alors même si la musique n'a pas de sens, elle est belle, même si elle nous chamboule pour rien.

J'aimerais baisser le son, qu'on me chuchote la mélodie. La musique ambiante se fond avec les airs doux et enjoués de mon coeur pour en faire cet accord secret, ce "hallelujah"

"There's a blaze of light
In every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah"

mardi, juillet 25, 2006

Altitude et vertiges

Cette plume abandonnée que je lorgne depuis ce matin, au coin du bureau. Une rage d’écrire entre la cuve de la laveuse et le sac à poubelle qui se remplis si vite de toutes ces inutilités que je garde.


Sentir la paix de mon cœur et en être prise d’un vertige incontrolable. Me savoir en équilibre sur la plus jolie des ficelles, fragile, le souffle court, l’infini en haut, le sol sous soi, à se demander ce qui existe le plus fort, si mes ailes savent emmener mes pieds. Le doute et la foi qui s’engueulent.

Fermer les yeux, et croire très fort que le sol n’est qu’un tapis de nuage quand on est si haut.

L’autre jour, j’ai volé. Avec lui. Exploré la quatrième dimension. Vu le sol habité sous sa véritable importance, tout petit, et moi minuscule au dessus, mais le bonheur qui reste le même, qui veille sur nous comme l’étoile polaire, qu’on traîne avec soi comme un baluchon.

Je me sens voler si souvent, et sans moteur. Cet avion, une métaphore de mon âme, de nous deux.

Tous les bonheurs sont si fragiles. Se faire minuscule pour mieux toucher cette mince couche de lumière qui enveloppe les instants, cette couche que les petits doigts curieux des bambins explorent avec une inconscience bénie. Jouer avec la vie de cette luminescence que l’on crée.

Il existe quelque part un garçon dont les yeux infinis, multicolores et si profonds, rendent impossible la fin du monde. Et toute cette chance de l’avoir si près de moi. De regarder ensemble dans la même direction, en haut dabord.

mardi, juillet 04, 2006

Un ciel de tempete

Les éclairs brisent la tranquilité de cette nuit chaude; la violence de ces différents courants qui se heurtent. Ça fait peur aux enfants, mais ça fait de la lumière et éclaire le ciel nocturne. Splendide. Et dans les vitres du taxi, le monde ressemble à un Monet avec ses flous si jolis. Les taches rouges des phares des autres voitures coulent sur les vitres (un peu à la manière des cornichons des hamburger McDonald que nous faisions courser sur les vitrines du restaurant à l'heure ou les bars de Joliette fermaient...). La fièvre rends probablement l'effet encore plus marquant. Heureusement que mon chat veille sur moi par procuration. Je vais rêver en paix à des tonnes de couleur pour prendre du mieux.

lundi, juillet 03, 2006

Chut

Donner un sens au silence, sans le combler.

mercredi, juin 28, 2006

Les 4 éléments



Chapitre 1:
Terre

Toute petite, les bois, mon refuge. Comme si rien d'autre n'existait que mes petits pieds sur le sol meuble. Les arbres ont protégé ma part d'enfance. Sous les sapins creux sous leurs branches, des rires, quelques sanglots parfois, mais surtout, tous ces rêves a sculpter d'argile avec de petits doigts créatifs et mal affermis. Sentiers. Sables. Terre. Réalité.
Tout ces fruits encore a cueillir avec la fougue naïve de trois petites pommes.
Partager cet espace, ces petits arpents qui m'étaient infinis: le 4 roues, grand-papa, l'odeur de la terre mouillée.
Malgré le reste, mes racines.
De la terre, apprendre à être.
A vivre.
Simple, ancrée, forte.


Chapitre 2: Eau

Regards sur mes écrits d'adolescente, découverte de ces flots intérieurs, une vie décuplée, insoupçonnée, puissante. Des passions qui coulent, rafraichissantes, sur la terre. L'écume de la rage que l'on ramasse entre les doigts, bulles translucides dans le soleil
De l'eau, apprendre à être.
A vivre.
Fougueuse, heureuse, enjouée.


Chapitre 3: Air

Se promener la tête dans les nuages, les yeux perdus de soleils, se porter vers l'indéfinis par surplus de passion, curieuse de tous les chemins qui mènent au delà de soi. Rêver des ailes que l'on sent dans son dos. Savoir.
De l'air, apprendre à être.
A vivre.
Libre, rêveuse, légère.


Chapitre 4: Feu

Se laisser porter par le monde, l'étincelle de vie, l'énergie qui nous prends dans une combustion spontanée. S'être imbibée d'essence pour mieux brûler sans rien attendre. L'amour de vivre comme celui qu'on reçoit. Les flammes bleues, les tisons qui montent au ciel comme nos rêves, le vent qui rallume les braises de la véritable passion alors qu'on les accuse d'éteindre les feux de pailles. Cette flamme qui danse, qui meurt et ne cesse de naître. Ce que les humain ont tant cherché, vénéré, qui réchauffe et tempère la terre, les eaux et les vents, ce qu'on a pas sans maîtriser le reste.
Du feu, apprendre à être.
A vivre.
Passionnée



Un prologue qu'on ne saurait écrire, plein de promesses. Tout vit dans une poignée de terre et de cendres chaudes, humides, qu'on respire à plein poumon. Être. Complète. Équilibrée.
Être et devenir.

dimanche, juin 18, 2006

Des nuages et de la boue

"Par delà les frontières
Les prairies et la mer
Dans les grandes noirceurs
Sous le feu des chasseurs
Dans les mains de la mort
Il s'envole encore
Plus haut, plus haut
Le coeur est un oiseau"

Je me sens toucher du bout des doigts, fébrilement, les mottons d'ouate. Un ciel chargé pourtant sans présage de pluie. Que du bleu, que du blanc. Que du grand air plein les poumons.

En contraste, le monde qui continue à tourner. J'ai eu ce soir le courage ce soir retourner aux nouvelles.

En banlieue d'Ottawa il y a quelques jours, le groupe Bilderberg tenait une autre réunion dans le silence le plus total de la part des médias, protégés par un groupe de mercenaires de la société Globe Risk. Et qu'on me parle de saine démocratie.
http://lyon.novopress.info/?p=1471
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2464

Ça ne vous intéresse pas? J'aurais alors envie de vous engueuler, à peine gentiement.

Prise de conscience. Les politiques affectent des gens. Plus ou moins intensément. Directement, mais avec quelques intermédiaires, permettant à ceux qui bénificient de cette misère de se donner bonne conscience, de garder les yeux fermés.

Gardons les yeux ouverts, en choisissant de regarder en haut parfois, se bornant à ne voir que le meilleur de l'humanité, pour mieux arriver à tendre la main et ne pas détourner le regard devant la réalité cruelle, se battre, changer le monde. J'y croierais toujours. Et vous le dirais toujours avec passion au coin d'une chaleureuse table partagée en espérant qu'a défaut d'agir, vous appuirez.

Sans jugement, en toute conscience des jeux de pouvoir qui se joue, j'aimerais qu'on se souvienne simplement que la petite fille qu'on entends s'appelle Hoda.
http://www.aljazeera.net/mritems/streams/2006/6/10/1_624384_1_43.swf

On a au moins le devoir de savoir, de porter un peu le poids de la honte. Même en oubliant toutes les autres raisons. Comme si Hoda était la seule.

Insupportable, mais réel. Le pire des film d'horreur se jour live.

vendredi, juin 16, 2006

En m'endormant

La vie après minuit.

Dehors, le coeur plein de cette femme, petit animal blessé, qui dort dans notre dortoir, enfin apprivoisée, je me reconnecte ailleurs;

Dehors je marche, la jupe qui danse avec le vent du soir sur les débris de stroboscope qui meurent sur les trottoirs. Et cet air de blues, incongru dans ces rues ou l'on cherche à oublier. Rues colorées de contrastes, marquée par l'arc-en-ciel. Ressentir la musique. Ressentir tout court.

Apaisée par la pseudo-folie ambiante. Le bus. Mes clés prodiges dans la serrure, le corps qui rêve de nuages de plumes. Épuisée et heureuse.



Je voudrais être un renard ou une rose, mais surtout, qu'on me dessine des tonnes de moutons.

lundi, juin 12, 2006

Week end de pêche

Trajet vers St-Charles de Mandeville
Vendredi 9 juin 2006


J’ai envie de tout dire pour que les mots ne s’effacent pas, pour donner de la valeur au moments qui se fanent à peine nés, pour s’agripper à l’existence sur laquelle on ne fait que glisser. Mais j’ignore les mots et les choses.

Dans l’autobus, le même toujours, depuis des années, ce chauffeur témoin de mes départs, de mes retours surtout, ces retours vers moi même, différentes et toujours la même à chaque fois, différente, mais toujours la même enfant en moi. On efface pas son chez soi, la terre de laquelle on est faite.

Me reviennent tous les sentiers parcourus, le petit chemin menant chez grand-maman pleins de feuilles multicolores au ciel et sous mes pieds en automne, les glaçons géants transformés en diamants précieux, les grenouilles sacrifiées à nos expériences. Souvenirs... Légers. doux. Précieux.

Sombres. Douloureux aussi. La fenêtre ouverte sur les poulaillers sales, sourds et aveugles qui ne m’entendent jamais pleurer, peut-être parce que mes joues restent sèches, que j’ai oublié comment faire, submergée par les raz-de-marée de la colère. Oublier mon petit corps pour vivre dans ma tête, pour survivre. Les larmes sont au corps inutiles lorsqu’il hiberne.

Et puis vient un temps pour la paix et l’acceptation. Parce qu’on a pas cru et qu’on a pas cessé de croire. Parce qu’on a le choix.

Je regarde la vie défiler, calme, paisible, au son du moteur qui ronronne, à travers la vitre de l’autobus. Il est si beau le monde…

Aujourd’hui mes larmes me rappellent la vie qui coule, qui coule toujours lorsqu’il est temps de descendre du bus, enfin arrivée mais sans destination, la vie au coin de l’œil humide. Les rivières aussi tortueuses soient elles sont toujours pleine de cette énergie des flots embellis par les obstacles. Et c’est ce qui importe. La vie, simplement.


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Dimanche 11 juin 2006, veille du retour à Montréal

C’était une fois, moi pis mon grand-père, on était allés sul résarvoir d’la Zec des Nymphes pour pêcher comme autrefois. Il ventait à écornifler les bœufs pis y faisa frette en sœur grise, tellement que les damoiselles était restées au shack pour pas dérencher leurs coiffures. On était là depuis un bon moment avec nos canne pis nos vers à pogner rien que du fond, à tchecker les amanchures des autres chaloupes, on commencait à pu pouvoir mettre les vers sur les hamecons tellement c’était frette. Ça fait que la, j’me prends une sanwiche en espérant me réchauffer les doigts dans le pain, pis soudain que ça mord tu pas su ma ligne. Des p’tits coup ben secs ben comme il faut, ça fait que là, j’le pique ben comme faut d’in ouies, pis j’commence à mouliner comme une pardue la sanwiche encore dans yeule. La canne qui plie comme si c’était l’bon dieu qui tira sur l’aut bout, j’te le dis mon gars, la j’savais qu’j’avais quek chose de gros en gériboire. Ça tirait tellement que la chaloupe penchait du bord de ma canne pis que j’avais une misère noire a la tenir. Pis mon rill qui slack. J’viens a bout de ramener, pis j’la vois su le bord d’la chaloupe : une grosse truite d’AU MOINS deux pieds, mon gars, qui s’gigotte au bout d’mon fil. Pis c’est la qu’le fil à peté, sœur grise de gériboire de st-sacrement.

Aussi bien raconter des histoires de pêche…

Malgré les petits fruits et les fleurs avec les fillettes, malgré leurs petites confessions et réflexions mignonnes, malgré la pêche à la ligne au bout du quai avec ces grands garçons que j’ai jadis bercé, malgré la complicité avec grand papa, malgré la joie de revoir la cousine, malgré le son des chutes, malgré cette fierté de voir mon petit frère dans son premier chez soi, malgré le soleil qui joue dans les cheveux des 12 flo avec qui j’ai joué toute la fin de semaine, malgré les truites, malgré tout ce qui fait habituellement mon bonheur, je reviens à Montréal le cœur un peu gros.

Pour ce qui devrait être de petits rien aussi. Tellement. De petits airs, moins de regards, surtout cette longue conversation qui termine tout juste avec frérot…

Pour une atteinte à un courage que j’ai fragile. Non, je ne suis pas aveugle.

Il y a pire que la tête qui explose et les IRM. Il y a ce qui se voit sans qu’on comprenne. J’ai jamais cru nécessaire d’expliquer même si je le fais parfois. Et quand je me résigne à expliquer, cette pitié, ça me dégoûte. C’est soudain autant pour moi que pour tout le monde, ce n’est pas facile, je travaille fort à me voir la-dedans. Mais on va finir par me convaincre que c’est la fin du monde.

Mais non, je refuse ça. C’est peut-être ce qui me prendra le plus de force.

Moi je suis heureuse d’être là et de vivre. Et à l’entendre, ce petit frère que j’adore, je devrais me cacher jusqu'à ce que ça ne paraisse plus. Arrêter de vivre pendant un temps alors que cette perspective m’a terrorisée. Je refuse avec colère et obstination. Rien ne m’empêchera de vivre pleinement. Surtout, mais surtout pas ça. Ce serait débile.

Je refuse de payer deux fois pour ce qui m’a déjà fait assez de mal. J’ai été malade et je m’en remet, est ce que quelqu'un peut le comprendre? Peut-être pas. Mais je n’aurais pas honte et je continuerai de m’en remettre avec sérénité, jusqu'à ce que je me retrouve et que ceux que j’aime n’aient plus cet air que j’aurais envie de leur faire ravaler.

J’ai toujours été la plus en forme de vous tous. N’ayez crainte, ce n’est qu’une question de temps… Et allez au diable! Défoulée. Plus envie d’en parler. Pas d’énergies à gaspiller la dessus.


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Trajet Joliette-Montréal
Lundi 12 juin 2006

Ce que je les adore ces petits. Ils m’ont laissé de jolis mots pour mon retour, avec quelques dessins dignes de picasso pour les plus petites, glissés dans mon sac comme un rayon de soleil auquel on ne s’attendais pas. Être la doyenne des petits enfants est une position enviable. Janie-Pier, Émy-Jade, Marie-Soleil, Sam, Chloé, Mumu, Dany, Raph, Val, Olivier, Mély, Mélodie. J’ai le beau rôle.


J’ai surpris Sam et Mumu hier dans une grande discussion, à savoir, Anick est elle un enfant ou une grande personne. Mélodie à tranché la question. Elle, elle est petite parce qu’elle vient de « naisser ». Moi je suis une grande personne petite, mais je suis pas une adulte parce que je n’ai pas de bébés, que je vais à l’école et que je joue à voler avec elle. Elle m’a aussi dit que j’allais guérir parce quand on est « naissé » depuis pas longtemps, on meurt pas, il faut donner un bisou sur le genou pis ça guérit.

Une opinion d’experte sur une petite éraflure, grande conversation en ceuillant des petites fraises et des fleurs pour grand maman avec Janie et Mimi. Toutes à l’age ou on montre ses 2 ou 3 doigts comme un exploit qu’on à réalisé, le résumé d’un récit de voyage ou on a tout à apprendre. Le soleil a toujours de plus beaux reflets dans les cheveux des enfants. D’immenses sourrires, si sincères, des yeux timides qui brillent encore plus quand on les a apprivoisé. La complicité la plus pure.

Je me sens près d’eux, une communion d’émerveillement. Déjà hâte de les retrouver.

Retour à la course Montréalaise, meeting à la mission. Réalité. Et j’ai oublié mon fil pour recharger chez grand maman… Fin forcée

vendredi, juin 09, 2006

Gone fishing

Une petite pancarte de bois accrochée fébrilement avec un vieux clou:

Gone fishing...

lundi, juin 05, 2006

Voler

J’ai toujours rêvé de voler, mais tomber du ciel est une idée délirante, chouette. Plus d’une minute de chute libre avant d’ouvrir le parachute. Le 22 juillet, je vais me dire qu’il vaudrait mieux que je me taise parfois, regretter pendant 10 seconde avant d'être prête à y retourner. Tomber du ciel pour rire de toutes les fois ou c'est lui qui est tombé sur nos tête.

Carpe diem. Des secondes qui comptent, vivre. Même si parfois, souvent même, la peur me fait trembler. On en meurt pas d'avoir peur, pas souvent, jamais totallement. On meurt de fuir. De ne respirer que par le nez. On ne peux tester ses ailes qu'en se laissant aller dans le vide parfois.

Une envie soudaine de relire Courrier Sud. Parce que vivre, sans doute, c'est autre chose. Tellement.

***

Vivaldi, Yan Tiersen et Jack Johnson ont mis de la magie dans le dortoir de la Mission ce soir. Je les emmène respirer l'air des nuages, là ou elles ont toutes le droit d'être heureuses à leur façon. Qu'elles volent un peu au dessus du nid de coucou.

mercredi, mai 31, 2006

Je pédale forever

J'ai battu mon records. Moins de 10 minutes pour aller du travail à la maison. Parcours suicidaire ou les nids de poules géants de la rue Ste-Cath ressemblent à une épreuve de fort Boyard.

Ce qu'on s'amuse, et personne ne le sait.

* * * * * * * * * * *

Une continuité, une seule, tout change sauf la passion de se transporter sur deux roues. Dans la vie, dans ma tête, être une cycliste. Je suis la même et presque une autre, ces vents qui nous rendent plus fortes, ces fouilles qui nous apprennent à nous relever, et tous ces paysages, splendides, désolés, qui défilent sous les yeux, infinis. Métaphorique, je pédale.

Une crise de rage de vivre solitaire, un flot d'adrénaline et de l'air plein les poumons. Narguer la fatalité et les automobilistes en file. Foncer dans la vie comme dans les vents de front, les yeux grands ouverts. Je pédale.

Au rythme de ma respiration saccadée, cette montée qui n'en finit plus et mon sac qui me colle au dos, pour le plaisir, celui d'exister, de vivre. D'apprécier les pentes descendantes avec le souvenir, l'apprentissage des montées, ennivrée d'endorphines. Je pédale.

Corps-à-corps avec mon vélo, un soulier clippé, l'autre libre et vif, pour avancer plus vite, pour parer aux imprévus, mieux stopper, contourner ces connard qui subitement ouvrent leur portière en me laissent le choix de me faire emboutir ou de foncer dans l'obstacle, je deviens habile, légère, rusée, je vous nargue de plaisir et je pédale.

Un jour, on s'élance sans savoir que plus personne ne nous tiens derrière. Une instant de terreur lorsqu'on s'en appercoit, puis cette fierté dans notre fragile assurance, les petites botines acharnées, la démarche qui zigzaguee. Comme le bonheur. Certains tombent et abandonnent, certains veulent se faire porter, bien des gens optent pour une énergie autre que la leur; moi j'explore et je pédale.

Ne reste plus que les odeurs des quartiers, les couleurs des rues, le son des amis, des confidences, ces expériences derrière soi, l'avenir qu'on apperçoit comme une promesse d'infini, et surtout le présent. Vivre. Respirer. Découvrir. Je pédale.

samedi, mai 27, 2006

Évangéline

Je suis une preuve vivante de l'existence des lois de Murphy. Encore aujourd'hui et comme d'habitude, je me suis ramassée à l'épicerie dans la seule rangée n'avançait pas du tout.

(Pauvre petite dame, fort stressée avec ces brutes qui ne comprennent pas qu'au départ, on devrait se demander dans quelle société on vit pour qu'on fasse travailler nos ainés au salaire minimum avec des tochnologies qui parfois, les dépassent)

Peu importe, je me suis mise à preter attention à ce qui jouait à cette infame radio commerciale qui semble toujours jouer les 10 mêmes artistes en boucle et exister pour pousser star académie.

Et la, c'est peut-être ma joie d'avoir un apres-midi à moi, la fièvre, le soleil qui ne me fait pas, le SPM, le printemps ou que sais-je, mais plantée là avec mes oeufs, mon lait et mon melon d'eau, au milieu de ces gens qui assassinaient la caissière des yeux, j'étais presque émue au larmes.


Évangéline
(Michel Conte)

Les étoiles étaient dans le ciel
Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau, c'était dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Et tu allais te marier
Dans ta première robe blanche
L'automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son des violons
Les filles et surtout les garçons
T'auraient dit que tu étais belle

Évangéline, Évangéline

Mais les Anglais sont arrivés
Dans l'église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes ont dû passer
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage
Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieu, sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n'avais plus rien à dire

Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de vingt ans
Tu as recherché ton amant
À travers toute l'Amérique
Dans les plaines et les vallons
Chaque vent murmurait son nom
Comme la plus jolie musique
Même si ton cœur était mort
Ton amour grandissait plus fort
Dans le souvenir et l'absence
Il guidait toutes tes pensées
Et chaque jour il fleurissait
Dans le grand jardin du silence

Évangéline, Évangéline

Tu vécus dans le seul désir
De soulager et de guérir
Ceux qui souffraient plus que toi-même
Tu appris qu'au bout des chagrins
On trouve toujours un chemin
Qui mène à celui qui nous aime
Ainsi un dimanche matin
Tu entendis dans le lointain
Les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris
Que les épreuves étaient finies
Ainsi que le très long voyage

Évangéline, Évangéline

Près de toi était étendu
Sur un grabat un inconnu
Un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin
Son visage sembla soudain
Prendre les traits de sa jeunesse
Gabriel mourut dans tes bras
Sur sa bouche tu déposas
Un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé
Pour pouvoir encore trouver
La force de dire merci

Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd'hui
Des gens qui vivent dans ton pays
Et qui de ton nom se souviennent
Car l'océan parle de toi
Les vents du sud portent ta voix
De la forêt jusqu'à la plaine
Ton nom c'est plus que l'Acadie
Plus que l'espoir d'une patrie
Ton nom dépasse les frontières
Ton nom c'est le nom de tous ceux
Qui malgré qu'ils soient malheureux
Croient en l'amour et qui espèrent

Évangéline, Évangéline
Évangéline, Évangéline



Cet accent de l'acadie, sous toutes ses formes, me touche. Si je peux avoir quelques jour cet été...

Le hasard, les rendez-vous

"Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous" (Paul Éluard)


L'examen est fini depuis quelques dizaines de minutes, on a même échangé ce traditionnel café ou l'on se souhaite un bon été et à l'année prochaine. Parmis eux, quelques visages que j'ai appris a connaître plus, des gens que je reverrais sans aucun doute cet été. Ils ne seront plus dans mes cours à la prochaine session, à cause de mon accident de travail. Fini les nuits d'étude de dernière minute comme celle d'hier avec Pascal. Ce sentiment des époques qui se terminent... On dit que les premières fois nous façonnent, moi je dis plutot que ce sont les dernières fois qui nous marquent. Ah, la nostalgie...

Je me dirige vers la salle de bain des filles, me regarde dans le miroir, le coeur un peu lourd, lorsque je croise un reflet connu dans la glace. Mais qu'es ce qu'elle fait ici elle? Valou! Supposée être à l'université ou dans un quelconque coin de l'Afrique en train de chercher de nouvelles molécules, pas dans une salle de bain montréalaise! Apres quelques sonores effusions de joie programmées quelque part loin dans le code génétique des filles, j'apprends qu'elle est maintenant en soins infirmiers, et qu'elle sera dans mon groupe l'an prochain. Le monde est petit? Non! Le monde est grand, mais on s'y retrouve. C'est fou!


mercredi, mai 24, 2006

Elles, encore elles

Mélisa

Parfois, le jour tombe
comme un soldat touché, a genoux
et tu ne reconnais plus ton ombre
ta chaix déchirée par leurs cailloux

Mélisa, je voulais te dire...
Parfois les mots blesses de leur insuffisance...

Toujours déchirée
l'enfance que tu oublie
les aiguilles, les hommes pour les payer
ton regard éteint qui fuit

Non, je n'ai rien à dire, cette violence, cette rage, cette petite fille que tu es toujours, on devrait la serrer fort, lui ressuciter ses chats.

On n'efface pas le passé. Ais-je le droit de vouloir que tu bâtisse l'avenir?


China

Elle semble bien solitaire, petite chouette, et ce rire sonore qu'elle adresse aux anges dérange. Elle est ailleurs.

Sans avertir.
Premier contact alors que je plie des serviettes.
Interruption.

-You're a good person. I think I'd like to know you, can I? My name is China. Nobody knows.

Un choc pour la petite intervenante que je suis... Plus qu'une présentation, ce désir de contact. Et elle me parle d'elle.

-I'll come back and I'll speak to you. I will.

Un joli nom qu'elle s'est choisi puisque personne ne l'a jamais appelé comme ça.




On me paye pour m'enfoncer dans plusieurs autres monde. Depuis 4 ans, depuis 3 semaines à temps plein. A s'en sentir perdue. Ce n'est pas triste, pas toujours. Un rire à la Mission prends toute sa valeur, les heures passent au rythmes des émotions démesurées.

Quand elles se couchent, je me dit que nulle part ailleurs on ne ressent autant le rythme pulsé de la vie. Parce que dans la douleur, il y a la guérison et dans le manque, l'espoir et le dépassement. L'humanité qui souffre et qui lutte, c'est l'humanité qui apprends et grandis. Et j'ai la chance d'être témoin de cela. Fascinant, déchirant... Moi qui croyais payer mes études avec elles, je me paie aussi d'expériences riches, j'apprends tellement.

Et c'est injuste, je recois beaucoup plus que ce que je suis en mesure de donner...

Je voudrais seulement, pendant ces années, leur dire que je crois en elles, à leurs ailes, et qu'elles y croient aussi. Reconnaitre leurs souffrance, c'est leur donner la possibilité d'en faire quelque chose de constructif.

Rétablir la justice








mardi, mai 23, 2006

Partir

Je n'ai que quelques minutes, mais voila quelques mots qui font du bien.

Faut prendre le temps de bien les ressentir:

Pérou 2006
Tanzanie 2007

Rien a ajouter, je continue ma journée, guide de voyage a la main.

dimanche, mai 21, 2006

La pluie

Il pleut. Ce qu'il pleut... Depuis des jours entiers, l'arbre solitaire de mon balcon danse avec le vent, , furieusement, les feuilles au ciel, comme une danse, une transe, une guerre à finir pendant que je rêve le nez dans les carreaux, le coeur sur le carreau.

Dans ma fenêtre, un perle d'eau, une seule, résiste. Elle se tuera dans une course ou elle laissera un peu d'elle même dans son sillon brillant. Comme les autres.

Comme nos larmes.

Comme nous.

samedi, mai 20, 2006

Je chante (moi aussi)

L'opaline naissante d'une nuit déjà morte offerte au passé
les nuits balaieront les erreurs entassées dans le bas de nos ventres
à partir de maintenant
je chante

Le brûlant s'est levé et frappe à la porte de nos vies en chantier
les zéboueurs zéboueront nos collectes classées des trésors qu'on ignore
à partir de maintenant
je chante

A midi c'est l'sandwich aux terrasses des cafés sur les champs-épuisés
et plus tard c'est déjà une histoire encombrée dans les plis de nos rêves
à partir de maintenant
je chante

A six heures le coiffeur taillera la colline c'est du vent de gagné
on boira sans scrupule pendu au crépuscule on attend les fantômes
à partir de maintenant
je chante

Les lumières de la ville caressent les phobies de nos ombres esseulées
le métropolitain oubliera c'est certain les cloportes
à partir de maintenant
je chante

Dans une heure maintenant on quittera le parking des frontières tracées
dans le vent qui nous saoule où l'on aperçoit les vagues qui nous roulent
puis on s'endormira comme les autres
à partir de maintenant
je chante

(Les têtes raides-2000)

jeudi, mai 18, 2006

Pour maintenant

Se concentrer, ne faire qu'une chose à la fois, caresser la beauté du silence, profiter de la lenteur...

Entendre le parfum des couleurs


Just a very fool hope...



mercredi, mai 17, 2006

Pseudo légèreté

Journée de pluie. Le ciel est lourd depuis 3 jours, tellement lourd qu'on aurait envie d'aller danser dans les rues pour faire revenir un peu de soleil, prendre les gens par la main et les trainer dehors.

Chacun reste dans sa cabane par peur de se mouiller. Aujourd'hui, hier, demain... On se refuse de vivre par peur. Mais vivez, vivez! Osez essayer, désirez, foncez, aimez!

Tout ce que j'aimerais dire aujourd'hui, c'est que la simplicité et la légèreté prennent leur vrai valeur lorsqu'on ose aller en profondeur.

Un vrai défi, une vraie exaltation, un équilibre dynamique qui évolue.

Le vide est léger, il est n'importe ou, banal. Ce qui fait le monde exaltant, c'est que de lourds avions puisse voler comme des être humains qui se donnent le droit de vivre vraiment, d'être et de rêver.

Elle est la la vraie simplicité, la vraie légèreté, pas dans un ballon vide qui reste au sol et qui roule toujours dans le même carré de terre. Oh oui, si léger, si simple... Mais a quoi bon, il ne va nulle part.

vendredi, mai 12, 2006

souvenir de mes 20 ans

Abeilles

T’écouter, un essaim de mots bourdonnants projetés dans les airs, épars, perdus, quittant la ruche dans un mouvement panique. Moi, debout au milieu de toutes tes petites entités, étourdie, tentant de comprendre un être et un monde qui tournent en sens inverse, en différé, aux limites de l’insondable.

Conprendre enfin l’irrationnelle folie sucrée de la vie. Ne plus m’étourdir, me joindre aux voix des vents qui jouent dans les feuillages. Admirer simplement ces flocons noirs et jaunes qui tournoient dans la lumière limpide du soleil. Me laisser porter par ces bourdonnements, me découvrir des ailes.

Bonheur silencieux d’apprendre le monde, ennivrée d’air pur, de pluies et de soleil. Tes reflets ailés dans mes prunelles comme des étoiles colorées, quelques étoiles dans mon ciel infini.

Au matin encore humide

Au matin encore humide,
Se sentir comme un rivière désséchée
Dans le lit de nos tumultes
Tu viens et tu va comme le vent
Inconscient des flots sur mes joues
De mes perles fraîches qui vont mourrir à la terre
Perdues pour toujours, souflées par toi.

Tu me visite comme toutes ces autres
Piétinant mes berges sans t’y arrêter
Sans regarder le ciel dans mes eaux claires
Ayant trop peur de t’y abandonner
De te noyer dans l’infinitude,
Tu ferme les yeux sur les voyages qui pourraient être.
Préférant le calme de tes paupières closes.

Souffle pour agiter mes vagues
Plutot que de me tuer par le bruit de tes ailleurs
Nous sommes tous deux liberté et espace
Impossible de nous retenir entre les doigts
Jamais je ne voudrais te contenir
Te tuer d’une immobilité creuse
Ose me regarder et te voir dans mes vagues.

jeudi, mai 11, 2006

Travailler avec elles

J'ai une mosaïque de visages, de sourires et de larmes dans la tête. Ils ne m'appartiennent pas, il m'habitent. Des visages, des images, elles ont toutes un nom. Tous différentes, toutes unies par leur vulnérabilité extrême. À chacune son histoire; maladie mentale, drogues, viol, rejet, abondon, folie, racisme, prostitution, VIH, retard intellectuel, violence... Ces mots, je les connait d'elles.

Il y a plus qu'aider, qu'écouter, il y a pire. Donner une couverture à une femme pour qu'elle couche dehors, et lui souhaiter bonne chance, par exemple. Et il y a toujours pire. Refuser, parce qu'on ne peut pas, alors qu'on voudrait tant. Regarder plonger, regarder mourir alors que le monde entier s'en moque.

C'est dur, tous les soirs, et en sortant, le monde semble si irréel. La terre continue de tourner alors que des gens souffrent. Sa rotation est la seule chose qui ait un sens.


Des bouts de papiers trouvés au travail ce soir. J'ai envie de leur donner la parole:

Yes, what I'm writing about is my older sister know by King Edwards family who was excommunicated from the church in England. Because they discovered he is actually the devil. My older siser was murdered by the family that murdered also the Kennedy's... - C. M.

Il est facultatif d'etre ou de ne pas être parfois il faut que l'on recommence a zéro et cela nous décourage à certain point que nous ne saurions plus ou en sommes nous dans notre enfer. C'est à ce moment ou période de notre vie que l'on se remet en question. - B. L.



C. qui croit avoir vu le diable couper sa soeur en morceau alors qu'elle observait, impuissante, au paradis.

M. petite fleur fanée à l'héroïne

M. qui vend son corps pour presque rien, puisqu'elle le déteste de toute façon

...


Je voudrais que ça n'existe pas.


Et pourtant, il y a plus de vie et de sincérité que partout ailleurs. C'est beau, fragile, c'est la vie qui renait, doucement, dans tout les coins.

Ce soir, C. a fait un vitrail... Il n'y a rien à ajouter.

mardi, mai 09, 2006

Le bonheur et la fatigue

"On croit faire un voyage, mais c'est le voyage qui nous fait, ou nous défait"

Ma vie...

Dance like nobody's watching; love like you've never been hurt. Sing like nobody's listening; live like it's heaven on earth. (Twain)

Tout le monde regarde, écoute, et ces blessures... non ce n'est pas le paradis sur terre. Mais peu importe, on rétablis la justice en connaissant encore plus la valeur de la vie, en la savourant dans tout ce qu'elle a de beau, en étant encore plus heureux que tout le monde.

Je suis ailleurs, encore. Avancer, c'est parfois laisser des choses derrières, c'est souvant changer de route, explorer. J'aimerais trouver le mythique chemin qui ne finisse pas en cul de sac et grimper cette montagne que je vois au loin, celle que je fixe depuis toujours, mettre un pas sur un autre pour pouvoir un jour, du sommet, enfin me reposer, regarder derrière, voir ce que j'ai créé, les nouveaux sentiers, les miens. On finit par comprendre que s'il y a un sentier devant, c'est que c'est forcément le chemin de quelqun d'autre, qu'on peut y faire quelques pas mais que le notre nous est uniques et qu'on doit le débrousailler, seule, que c'est ça l'aventure, la beauté de la chose, tout un monde de découverte.

Je ne peux que me sentir toute petite et fragile devant cette vie. Parfois, je suis fatigué de ces bêtes qui m'attendent dans chaques recoins, ces épreuves à surmonter. Fatiguée.

De devoir porter d'autres gens dans mon baluchon pour les aider a voir, d
e voir tous ces blessés de la vie que je me refuse à laisser derrière, d'accepter que certains aient décidé de se laisser mourrir au bord de la route; la fatigue d'être une intervenante.

De les voirs, ceux de qui j'ai le sang, se perdre, se blesser, m'ignorer, de devoir m'en soucier malgré ce lien si faible, pourtant désiré; la fatigue d'être leur fille.

De le savoir libre, cet agresseur, de s'entêter à ne pas lui en vouloir, de voir malgré soi sa détresse. De savoir son nom. une colère nouvelle; la fatigue d'être une victime parmis tant d'autres.

De savoir la vie injuste, tous ces trucs qui tombent sans s'etre aucunement annoncé, surprise, la maladie, la mauvaise naissance, la mort.

D'être au milieu de tous ces gens qui sont faux, fermés aux autres.

De ces gens qui se refusent à réfléchir. Qui se bornent aux plaisirs vides de sens. Qui m'utilisent. Qui croient êtres légers, mais qui sont vains.

Et pire encore, ces injustice, ces atrocités qu'on se fait entre humains, comme si c'était obligé. On devrait s'arrêter et en pleurer. On peut voir le monde sur google mais on se tue encore partout pour des stupidités, des gens meurent de n'etre pas nés au bon endroit, des enfants se prostituent, d'autres en profitent, etc...

Je ne saurais rendre cela par des mots. Aller vomir rendrait davantage mon sentiment.

...

et encore ...


Fatiguée, surement, mais j'y crois toujours en cette humanité. A ces petis geste qui rendent le monde beau. A la magie d'etre là, de vivre, d'avoir le pouvoir d'avoir les yeux qui brillent malgré tout.

J'aurais envie qu'il me pousse des ailes, de me laisser porter par un vent chaud et léger. De créer la dessus. De partager, de donner et de rire librement. De me laisser protéger parfois. L'amour peut-être.

Je sais que je peux voler, et je ne suis pas la seule.


Longue nuit

Longue nuit

Je suis une plage sous les étoiles
du sable froid, mais libre
a quelques grains tassé sous tes pieds inquisiteurs
mais qui t’as permis de faire fuir la mer
ce sont mes larmes qui laissent la rosée du matin

insuffisantes pour venir effacer tes pas.



Oh oui, pour la première fois, je te déteste,
pour mieux fermer les yeux
on a pas le droit, mais toi tu les as tout pris.

lundi, février 20, 2006

Cadavres, jardins, bleu et cie

Je suis ramollie sur le sofa telle une chose cadavérique, entourée de livres et de pages comme autant de clou sur mon cerceuil Elran. Ouais, j'étudie. Encore. Plus de bio jusqu'a la mort cellulaire par hypoxie. Je m'offre une pause comme dernière volonté.

Petite pause, détour par ici, ça fait si longtemps, et tellement de pages se sont écrites sur l'écran de ma vie, de nouvelles écritures, la sienne, et de nouvelles couleurs, beaucoup de joli bleu dans mon paysage et plus de rose sur mes joues. Les jours et les mois se sont envolés, doucement, tout comme certaines vieilles douleurs, et j'ai l'impresison d'avoir retrouvé de douces certitudes que je croyais perdues. On oublie finalement... et ce qu'on est revient toujours.

On choisit ce qui pousse dans notre jardin lorqu'on veut bien déserber et s'arrêter à planter, pour aujourd'hui plein de marguerites blanches et de fleurs bleues, pour demain des plantes plus exotiques.
Il faut bien se faire la main.
J'adore jouer dans la terre fraîche peu importe ce qu'il en sort, avoir les genous sales et les yeux brillants. J'ai un jour choisis de vider mon jardin, le voyant vide j'ai planté avec mes larmes et mes espoirs avec la ferme intention d'arracher tout ce qui ne serait pas identique à ce que je vois dans mes rêves, prete à accepter que mon jardin soit vide à jamais. - Et les tiges pleines de vie qui me chatouillent aujourd'hui les mollets me donnent raison.
Et je continue à avoir les genous sales et à travailler ma terre, la main plus assurée.

Voilà. Je regarde mes poissons avec mon Chinook préféré et je procrastine activement. J'y retournerais lorsque j'aurais réussis a me convaincre que mes notes ne sont pas si primordiales. Je travaille mieux l'ame en paix. En m'arrêtant, j'ai gagné déja un peu.

Après tant d'année à l'école, c'est une deuxième session pour la première fois. Aurais-je muri? J'ai encore autant le vertige du haut de mon arbre, celui de tomber de haut, cette peur de murir de la mauvaise façon et de me retrouver fanée au pied du pommier. C'est peut-être une peur que gardent avec eux tous ceux à qui la vie à tiré trop de plomb dans la tête. On apprends tout par la douleur, mais ce n'est pas triste.


Je retourne à mes travaux, un coin rebelle de mon jardin, sur cet air:


Axelle Red - a Quoi ca Sert

bien souvent je me demande
le but de ces efforts
le but de tout vouloir apprendre
de bouleverser mon sort

je cours après la perfection
mais je n' peux plus avancer
non plus m'arreter

à quoi ca sert
ces sentiments profonds, oh non
je me sens de travers
à force de voir mon monde à l'envers
faut qu' je cesse de m'inventer des questions
non
à quoi ca sert

toutes ces nuits je me tourmente
je me culpabilise
des visions d' bonheur qui me hantent
les gens me stigmatisent

cette soif d'autodéfense me grise
mais je n'arrive pas à dessoûler
ni à me défouler

à quoi ca sert
ces sentiments profonds, oh non
à quoi ca sert
de me gaver de ces goûts éphémères
de vouloir me redorer le blason
non
à quoi ca sert
a quoi ca sert

saisis ta chance
me dit ma conscience
faut qu' je fasse quelque chose
avant que je n'explose

à quoi ca sert
mes sentiments profonds, oh non
je me sens de travers
à force de voir mon monde à l'envers
faut qu' je cesse de m'inventer des questions
non
à quoi ca sert
je n'ai plus de repère
à quoi ca sert

lundi, août 08, 2005

Une bulle d'anxiété

L'été qui acheve et l'école qui recommence bientôt. Ça me fout une boule dans l'estomac. J'ai hate et tellement pas hate en même temps. L'impression que j'en sortirai jamais. Savoir que je vais encore courrir après les heures qui me manquent pour arriver à joindre les deux bouts, tout le temps, sans jamais pouvoir arreter même pour un jour cette spirale infernale. Infernale! Et en même temps, ce bonheur d'être toujours en mouvement dans tous les sens, de me réaliser, de faire ce qui me passionne et d'avoir plein de possibilités d'apprentissage et de découvertes. J'ai tendance à en faire trop. Respire... Ça va aller.

Pis tout le reste. Ah, ces chers moments d'anxiété, je vais aller méditer...

mardi, juillet 12, 2005

Le présent

Il est 7h12... je n'arrive jamais à capturer les secondes.

Écrire ou ne pas écrire

J'écris plus très très souvent, du moins pas ici. Y'a des bouts ou on a plus envie d'écrire. Ce qu'on écrit de plus beau ne saurait être public, d'autant plus que je ne serais jamais virtuose des mots comme ces magiciens de la page qui arrivent à transmettre les soubresaut de leur humanité en quelques petites lettres bien placées. Je crois que je suis trop occuppée à vivre pour vous en faire le récit, et peut être aussi que je ne voudrais pas tout dénaturer a coup de mots mals choisis.

"La poésie est le journal d'un animal marin qui vit sur terre et qui voudrait voler." Carl Sandburg.
Mon p'tit Carl, que de sagesse...

C'est peut-être que j'écris pour être comprise, et que les autres en croyant m'avoir comprise ne me comprennent en rien, prenne les parts pour le tout.

Alors prenez mes mots pour ce qu'ils sont, de vulgaires papillons de nuit qui recherchent la clarté, tournoient dans tout les sens, mais personne n'a idée de ce qu'elle est, cette lumière qui vit en moi. Personne.