mercredi, juin 15, 2016

L'asphalte mouillée sur tous les km ou on a roulé, loin, jusqu'à l'essence des souvenirs qui perlaient mes doigts de la sueur de ta nuque.

Je suis seule, paisible, les sens forcés ouverts de pluies fébriles, d'odeurs marines, entre le ciel et la mer qui s'apaisent, s'entrechoquent et me mêlent, indifférents au reste du monde éclaboussé.

Les humains ouvrent leurs écrans noirs, éteints, au dessus de leur tête et parent la pluie dont je veux m'emparer, liquéfiée, mes pieds à contre courant vers le fleuve.
Le soleil orange se perd dans l'eau et moi, dans les souvenirs.
Inspirer le salin en chiquant la salicorne.
Revenir. Écrire la paix, un bout, sur un bout de serviette déchirée, avec des tout p'tits mots.

Vider dans l'horizon le temps de ses urgences.

Superpositions translucides. On a changé et le ciel est resté le même, impassible à nos explosions, à notre permanence. L'histoire du monde dans l'immobile, la nôtre toute idem. Du vent dans mon foulard rouge préféré, celui des luttes, souvent lassé autour de mon cou.
Il vole insouciant au vent marin, léger.

Mes pieds dans le sable, je suis enracinée dans tout ce qui importe: rien du tout.

Liberté.
Avoir assez vécu
découvert aimé fui senti souffert joui respiré
pour posséder le privilège profond
celui de revenir, de creuser, de comprendre
du superposer les images.

Toucher l'infini
et habiter le silence
le profond dans les solitudes qui se fondent.

mercredi, décembre 09, 2015

La moitié du temps qui prends toute la place, cette boule noire, chiffonée, dans le ventre, à la place que tu prenais avant, là où il n'y a plus rien d'autre, le vide jusque dans ma main inutile, la moitié du temps qui ne respecte pas ses frontières, la moitié de coeur qui manque, l'autre qui saigne. Je n'arrive pas à me mettre assez en boule pour disparaitre la tristesse, à me boucher les oreilles assez fort pour ne plus entendre pulser la douleur.

J'ai donné la vie, mis un peu de la mienne dans la tienne, puis elle s'en va trop vite, trop longtemps, pour me punir de ne pas avoir su aimer ton père.


lundi, septembre 14, 2015

Je ferme les yeux mais je ne m’endors pas.
Je tremble mais je n’ai pas froid.
Tu me vois jusqu’aux petites choses fragiles
Mon âme recroquevillée ne peut pas te toucher,
ne peut pas ne pas te toucher.

Frémir de désir, trembler, frissonner de peur
du bordel épidermique sur mon trouble viscéral.

Mon sang pulsé de vie, propulsé dans mes failles, doucement mon pouls panique. Et je regarde devant comme si je n’étais pas en train de me liquéfier.

Te regarder, te voir. 
Respirer la douceur et le feu dans l’espace qui s’ouvre.
Sentir mon sang qui fuit sous mes deux mains crispées
sur ce qui refuse de coaguler.

De la vie toute rouge coule sur mon corps, malgré moi. Je ne savais pas avant d’ouvrir les yeux sur toi. Je ne savais pas.
Avoir froid aux yeux ouverts. 

Je veux me penser de bandages doux avant de me mettre à l'air libre, pour ne pas te salir de mes veines ouvertes.
Arracher le morceau de verre planté dans ma confiance pour en faire un autre prisme et prendre tous le soleil.


mardi, septembre 08, 2015

C'est pas grand chose,
des couleurs qui se cognent dans mon ventre parce que, mes deux pieds hésitant devant ton précipice, mes papillons claustrophobes voient tes espaces à explorer. C'est mourir d'envie de vivre d'envies dont on est jamais mort, un peu.

C'est pas grand chose, et ça ne veut rien dire mais,
j'ai désappris l'enivrante chute libre, parce que la blessure du plein quand le reste est trop vide, et pourtant, je sens leurs ailes se réveiller, et j'ai eu envie du vent, et j'ai envie du vide comme une piste plutôt qu'un prélude à tomber.

Ça n'est pas grand chose, et ça ne veut vraiment rien dire parce que
je ne connais pas tes frontières, ton climat, ce qui pousse et vit chez toi, mais ton parfum fait vibrer mes petites ailes de papier de soie, celles qu'on est supposées dompter avec l'âge, comme si la candeur n'était pas l'essence de la vie plutôt que de l'existence.

Pas grand chose, donc.
Mais c'était devant toi.







samedi, août 08, 2015

Overload

Chercher ses mots comme son air alors que tout déboule, qu'on existe trop pour sentir la douceur des pauses du souffle.
S'inspirer, s'inspirer, s'inspirer, expirer de justesse, avant d'exploser, perdre le rythme et pourtant vivre tellement.
Haleter et se souvenir de ces moments ou l'orgasme le réclamait, rechercher la cadence et surtout, le vide qui inspire les mots, le vide qui exige.
Lost, les poumons qui brulent.
L'air.

Dans la frénésie, je veux du manque. Et par dessus, les parfums.
Des mots, du vent, du temps, et me poser sur balancier lent des contradictions.


lundi, mars 02, 2015

Essoufflements,
l'air de nos possibles sur moi
Je suis ailleurs, j'entends le vent.
Tu respires et je te respire.

Cadence forcée et ton visage qui me rape
ton sang chaud glace mon sang libre
tes canines appuyées sur ma lèvre endormie
Je retiens mes soupirs. J'expire.

Tu cours ailleurs, je crois,
longue foulée sans but, je crois,
et je ne crois en rien, je crois.
Je ne crois en rien. J'inspire.

Je n'entend plus rien, à moins que tu ne me le souffle
Mais tu cours.
J'expire. J'inspire,
le feu aux poumons et à ton corps.



lundi, février 09, 2015

Aimer les fleurs

Je suis oiseau enraciné, les deux pieds dans la terre,
dans une cage à ciel ouvert.
Sentir le vent. Tout entendre. Respirer.

Respirer.
Prendre en soi l'air qu'on voudrait sous nos ailes.
et ce ciel encore au dessus de nos têtes, de nos plumes
celles qu'on a perdu, celles qui nous sont restées fidèles.

Plumes amoureuses d'une petite fleur.
La regarder grandir, comprendre l'amour de toute son âme,
taire ce corps qui brûle de voler, de l'emmener voir le monde.

Le ciel n'est pas assez grand, de toute façon
pour rendre hommage à la liberté
mes ailes qui tremblent choisissent de rester près d'elle
de la protéger du vent, du soleil, et des pluies
jusqu'à ce qu'ils l'emmène.

Voler dans ma tête, seul infini réel, à m'étourdir dans les coins.
Aimer le ciel et les fleurs, de toutes ses plumes,
celles qu'on perds et celles qui nous restent fidèles.


lundi, décembre 29, 2014

Black hole

Derrière l’horizon des événements, je brûle
La rage compacte, la tristesse noire,
la lumière qui se fait avaler.
Tellement d’énergie que tout est englouti, déformé
Perdue au centre de l’infinitude, sans formules pour me calculer.
Invisible.

Se décaler vers le rouge, rayonner en s’évaporant
entourée de planètes qui brulent en ne pouvant pas s'empêcher d'être magnifiques, elles.
Avoir encore besoin de l'univers pour planter son impression d'être.
À 32 ans, dans la relativité des âges, minuscule.
Puis aller vomir, et voir tout partir dans l'ellipse des toilettes. Du tangible. Merci.

Ça brille dans le noir et le ciel est clair. Les perles évaporées se perdent sans gravité. 
Invisibles.

dimanche, octobre 26, 2014

Le bruit du verre qui casse, libre.
Un prisme de lumière éparpillée.

Une larme de sang coule. C'est qu'on était vivant.
C'est qu'on l'est encore, j'imagine.

De la lumière et le sombre des fluides qui viennent la border.
On vit, on aime, on s'explose.

Ravaler du sel.

On l'est encore, vivants,
le coeur battu qui bat quand même.

Se relever. Vertige essouflé
Un arc en ciel sur un bout de verre tâché. De quoi continuer.

Le bruit du verre qui casse, libre. Un prisme de lumière éparpillée.




samedi, août 16, 2014

Furtif. Un petit battement de cœur attendris déboule en silence sur nos lignes trop parallèles.

Laisser un soupir ici, pour ces deux traits qui ne se toucheront jamais.


Petite déception qui ne fera pas les lignes du journaliste.

jeudi, août 07, 2014

Faire des boites, alors que tout tremble.

Faire le tri de ses souvenirs, des fragments des jours passés:
des vieilles photos intactes, le coeur qui déchire
des carnets plein de mots des jours fluides, comme ce qui mouille les yeux.

Alléger la boite des souvenirs, le coeur lourd:

Nostalgie: Avoir capturé l'image du bonheur vidé, avoir mal de ne plus posséder l'instant, sentir les possibles avortés, se rouler dans la conscience. Fumées.
C'est une poussée de rage de vivre, aussi., nourrie de conscience que le bonheur qu'on a maintenant fera un jour aussi mal que ces mots et ces visages immortels et égarés.

Mourir sera insupportable d'avoir été aussi heureux. Au moins, on meurt un peu parfois en train de vivre, comme pour se préparer. Au moins, il y a aujourd'hui, pis tout ce que je ne regretterai jamais parce que ça me déchire les entrailles au présent, et malgré tout, toute cette beauté.

Refermer la boite jusqu'au prochain séisme, alors que mes terres humides tremblent encore.

mercredi, décembre 04, 2013

Pendant que ma fille sourit à ses aquarelles, recouvrir mes cahiers de trainées d’encres sombres du creux des yeux, droit sur la déchirure du papier tellement glacé. Mine de rien, surtout.

Ça fait mal partout, juste de se tenir debout, et de craindre à chaque moment de se liquéfier, de devenir une tâche d'encre incompréhensible pour des petits yeux, sur les tuiles.

2013 aura tout gribouillé : coup de ciseaux violent au milieu des couvertures qu'on ne lira plus, où mon coeur était réfugié, trainée noire ou rouge, peu importe, je ne vois plus, les yeux fermés de toute mes forces. Je ne sens que les pulsations insistantes de mon coeur toujours vivant qui n'a pas compris qu'il se vide.

Reste l'innocence des aquarelles de toute couleurs, et l'idée qu'on peut tout réparer avec du papier collant. Se forcer à voir et à croire.

dimanche, octobre 20, 2013

Se sentir vidée de son sang, de force, et vomir ce qui reste.
Dessiner dans la cadavérine rouge, la mienne.
Me voir dans tes yeux rougis, désertée.
La petite aiguille continue de tourner, le tic tiac énervant
qui fait craindre l’absolu silence...



Se voir d’en haut.


C'est du souvenir que l'on souffre, de loin, de trop loin,
de n'entendre même dans l'écho de soi que le silence,
de sentir le froid cadavérique sur nous, sous le ciel déchiré. 
Impuissance invétérée, éviscérée d'espoir comme un vieux squelette,
et ce puissant silence qui me lacère les oreilles...


Se voir d'en haut. Ensemble, de part et d'autre, mélangés de nos larmes. Ne plus pouvoir hurler de douleur.

Et se voir bouger encore, sous la lumière de la lune.

mercredi, septembre 25, 2013

Partir, et naître.

Les mots manquent dans le jour qui s’efface, dans l‘hésitation de la lumière qui dit au revoir aux choses avec douceur, avant de les quitter, incapable de partir, de savoir devoir aimer de derrière la lune pleine, de bien trop

Le chemin est une voie lactée : rien du tout, immense, crachant la lucidité de se savoir perdu dans l’infinitude pourtant finie.

Les étoiles explosent de partout. Et dans ce cimetière, tu nais.

Ce qui meurt sans permission, ce qui refuse de ne pas naitre; je ne contrôle rien, les oreilles bouchées, fragile dans l’instant.

Mon propre cri se mêle à celui de la douceur qui vient au monde: son premier hurlement est une prise d’air qui renverse le sens des choses, la puissance impossible à taire. Et je la prends, pleine de mon sang, chaude, sortie de moi : liberté parfaite, bien qu’un peu bleue. Je l’aime tout de suite, émue, en me vidant de mon sang.

Mourir de l’envie silencieuse que tu me blotisses, tremblante, au fond de toi, pour un instant infini,

juste pour faire passer la douleur et la solitude de cette naissance, si belle au fond.

jeudi, septembre 05, 2013

Traversée

Arrivée sur la mer, de la nécessité d'être aussi perdue sur la carte qu'ailleurs, que de l'intérieur.

Retrouver la cohérence, se décontextualiser pour mieux retrouver la permanence de soi et du monde, l'essence. Tempête. Je roule, j'oublie, me souviens.

Le ciel se déchire. Ça résonne de l'intérieur. La pluie bat comme des larmes. Douceur. C'est trouble dans les yeux. Attendre, dans le silence qui laisse toute la place à la turbulence des pensées. Les éclairs dehors relient la douceur du paysage et les larmes enragées du ciel. Tentative de l'électriser. 

Mer remuée, se tordant de dessus et de dessous. Ma voiture est un lounge panoramique en attendant la traversée. La destination n'est qu'une excuse. On ne sait pas où on va, mais on en revient pas pareil.
Ça parle d'espoir, ça parle du monde. Ça parle d'amour.

mercredi, août 14, 2013

Manquer

Caresse l'horizon de la nuit, cherche le coeur de jais que l'aube recouvre de chair. 

Il mettrait dans tes yeux des pensées innocentes, des flammes, des ailes et des verdures que le soleil n'inventa pas. 

Ce n est pas la nuit qui te manque, mais sa puissance. 

-Paul Eluard

dimanche, juillet 07, 2013

Exister

"Pour exister, il faut autour de soi des réalités qui durent"
(St-Ex)

mardi, mai 28, 2013

Addict

Depuis hier, je n'ai qu'une envie, qu'une obsession, aller là-bas pour me faire un fix. Au premier pied dans la lumière hésitante et trop blanche, cette odeur noire familière m'a prise le corps soulagé, et j'ai poussé mon espoir fébrile jusque dans un coin, pour me rouler l'âme en paix dans une ligne qui me réveillerait les couleurs.

Mais l'encre était ventée et les mots usées, et ma main tremble du manque des mots plumes qui l'obsèdent mais quelle ne sait pas écrire.

samedi, février 23, 2013

Les vides

Le monde dans ces yeux là, l'innocence qui vous souffle comme une bombe,
juste une incongruité après les massacres, entre les bandages et les décombres; ce que le mal n'a pu prendre de toi.
Le monde aurait du s'arrêter de tourner mais il a voulu s'étourdir jusqu'à oublier que c'est le vide de nos âmes qui permet le vide de tes mains.

L'impuissante

Je vois le sillon de tes larmes invisibles hurler ta rage 
si refoulée que tu en trembles, 
tout le temps.
C'est un désert de vide épais et lourd,
c'est un chemin qui te brule la peau
et tu dors dans des oasis pires que le réel.

Tu es grand à disparaitre, tu ne peux que rêver de l'un comme de l'autre.
Mon frère...

L'impuissance me piétine le corps à terre,
et je voudrais vomir ta vie sur ceux qui te laissent mourir.
Mais ton monde est trop loin du mien.






mercredi, novembre 28, 2012

Sommeil trouble

Il y a des nuits où le corps se réveille en suffoquant, secoué immobile par le parfum lourd et insistant d'un autre soi qui continue de flotter dans l'air, celui d'autrefois, une tombe ouverte dont le contenu vous saute à la gorge et vous remmène dans les détails d'une époque poussiéreuse, à la merci de cet hier qui continue de vivre autonome loin du présent sans consentement, de ces monstres jadis trop forts pour être éliminés et qui continuent à habiter les recoins saignants de mes souvenirs refoulés. Sommeil trouble, souvenirs imprécis, mais j'émerge à chaque fois du fond.

samedi, octobre 13, 2012

Anatomie du trouble


Devenons tout ce qu’on n’a pas su être
Un bruit de cœur qui flanche
Le feu des joues inondées
L’œil insoutenable,
Tous les possibles au bout des doigts.
Magnetisme.

… ose

La chambre d'en face


C’est un cri ravalé,
Rouge sang
Ta lèvre…

Je tremble, la pluie dans mes yeux.
Désir.

Une chambre ailleurs, la mienne avant, tellement loin.
Ta chaleur me manque, dans l’envie de faire le contour de ton âme.
Sur les plumes.

lundi, février 27, 2012

Petit mot d'il y a un an....

Il y a neuf mois, dans la lumière de ton premier matin, je fut prise d'un vertige sans nom. Tu étais là, premières secondes d'une histoire d'amour enfin matérielle, et j'ai douté, douté de ma capacité a pouvoir un jour te laisser voler de tes propres ailes, de ne pas faire de tes petits yeux bleus tout mon monde, même si ils en devenait à l'instant le centre.

Tu étais si belle, tu l'es toujours, dans tes sourires et tes colères, encore capable d'être toi sans façade. Neuf mois déjà, un instant ressenti, une impression d'éternité. Pendant que tu apprends le monde, j'apprends à être ta maman, et ce n'est pas toujours facile ni pour l'une, ni pour l'autre, mais c'est invariablement doux, même toute les nuits que tu rythmes à ta manière pour que l'on se retrouve seules ensemble, ton petit corps chaud blotti qui retrouve sa contenance, paisible. J'ai toute la chance du monde et la tendresse filtre dans ta chambre comme la lumière des lampadaires, tamisée, douce.

Je n'écris plus sur des pages, ou si rarement. J'affiche tes petits doigts sur les vitres, de la terre sur le plancher, des rires sur les trottoirs mouillés en hommage à notre bonheur qui manque de mots convenables. Un sourire à deux dents pour une babiole à deux balles ou pour les grimaces de deux fous de toi; on sent l'univers respirer, libre de tous les possibles.

Que restera-t'il de ces jours pleins de soleil dans ta mémoire qui se façonne? Tu es déjà si grande, si fière de te tenir debout, les yeux rieurs, confiante, et je réalise de jour en jour que je ne perds rien quand tu grandis. Tu sera toujours mon petit bébé, même lorsque tu n'en aura plus le souvenir, et les jours ajoute à ce que tu es pour moi. Tu peux grandir, je t'aimerai toujours, tu ne perdra rien non plus.

Petite bulle rieuse, ton innocence m'apprends à être
à chanter le silence, à entendre l'air flotter
et la douceur nos rires mêlés répare
le lien filial saccagé.

Mon âme respire plus fluide
d'être ta maman
quand tes larmes hurlent ce que tu ne voulais pas apprendre
quand tes yeux attrapent les feuilles qui dansent
quand on vit toutes les deux, simplement.



jeudi, avril 01, 2010

Bébée

Petite chenille dans ton cocon secret, j'ai si hâte de sécher tes ailes de petit papillon. Je sens déjà tes petites main potelées se tendre, tes pieds trépigner de là où tu es. On est bien, collées toute les deux, jusqu'à ton grand déménagement.

La neige a fondu tôt cette année, la vie éclot partout, malgré tout ce qu'on a perdu. J'aime me faire croire que tu joue avec grand-papa dans un endroit ou se croiseraient ceux qui arrivent et ceux qui partent, que tu nous rapporte un peu de lui dans ton mini coeur de pomme.

Tu es un printemps à toi toute seule, petite.  Les murs se sont colorés pour ton arrivée. Le monde t'attends, et c'est à la hauteur de tes grands yeux purs qu'on est le mieux pour voir qu'il est beau.

jeudi, février 25, 2010

Grand-papa

On s'accroche à ce que l'on peut puisqu'on a pas pu te retenir, grand-papa, et on se noie un peu dans un silence hurlant pendant que les larmes perdues ne sèchent pas sur nos lèvres déguisées.

J'aurais tout donné pour rester là, ma main dans la tienne, si présente à la musique de ton souffle devenu hésitant, à veiller sur toi dans un silence rempli de je t'aime et de remerciements, me retenant pour ne pas te serrer fort, pour ne pas te fatiguer, pour te laisser partir malgré moi.

Il reste ici tout de toi sauf toi. Le vide s'installe dans toute cette vie que tu as inventée rien que pour nous, ce vide qui devra se transformer en espace pour les souvenirs, en rage de vivre.

Je t'aime grand papa, toute seule.

Parti

Cette nuit-là je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre il marchait décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement:

- Ah! tu es là...

Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:

- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...

Moi je me taisais.

- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.

Moi je me taisais.

- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces...

Moi je me taisais.

Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:

- Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi je regarderai les étoiles. Toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire...

Moi je me taisais.

- Ce sera tellement amusant ! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines...

Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...

- C'est là. Laisse-moi faire un pas tout seul.

Et il s'assit parce qu'il avait peur.

Il dit encore:

- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...

Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:

- Voilà... C'est tout...

Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.

Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.

-A. de St-Exupéry

vendredi, octobre 16, 2009

Du feu

Je suis une foret renouvellée
la vie à perte de vue, parfaite
et presque à perte de sens, si verte
bâtie sur un brasier oublié.

Il porte les traces de suie
quelque part mais ailleurs
de mes espaces, vents soufrés endormis
mais là bas, erreur d’honneur.

S’il ne reste que de la cendre
Elle est de ma terre, mon secret.
Je cultive les pousses tendres
qui recouvrent mes regrets.

vendredi, mai 01, 2009

(parenthèse)

Être là et naître rien. Simplicité involontaire.

Mais choisir de devenir,

d'accueillir la vie et de grandir.

mardi, mars 10, 2009

Jeux de lumière

Tout est rose-nuage quand bientôt, il ne restera que la lune dans le gris de la nuit.

Noir nuance, toujours un peu taché de lumière,
celle des souvenirs, celle qu'on invente,
clarté sombre auquelle les yeux s'habituent et qui nous sert de phare.

Les ténèbres ne sont qu'une lumière douce, une phase de mélancolie.
Tu pars, embryon, sur une flamme tamisée et tremblante.

Moi, je suis des yeux la fine ligne qui brille sur tes contours, petite lune sombre,
la lumière qui dépasse de l'autre coté de ton souvenir illuminé, loin et ailleurs,
avant le feu du soleil nouveau qui nous fera oublier ce qui fait mal dans l'espoir.

Il faut la nuit pour faire les aurores et les crépuscules.
C'est cette bataille entre ombre et lumière qui donne la teinte parfaite de lumière léchée sur les choses qui la boivent,
qui impose le silence d'après guerre qui permet de prendre le temps d'écouter la vie.

La vie...

jeudi, janvier 29, 2009

Le parking du terminus

Je reviens, cassée, de chez elle
et j'attends, en morceaux, mon retour
dans une entrée bétonnée mur à mur
le nez gelé sur la vitre, seule,
et les larmes prises dans les yeux

Mais du fond des escalier noirs
il monte une musique si vraie
si incongrue dans la lumière blafarde
que je me demande si c'est mon âme
qui me souffle de l'espoir à l'oreille.

En écho, mon coeur chaud embue la vitre
les notes chuchotent
et les larmes coulent
de pouvoir guérir d'ou je viens
De pouvoir dessiner des soleils dans une vitre gelée.

mercredi, novembre 05, 2008

Manque de bulles

Je n’arrive pas à faire une bulle de papier pour que les mots envolent mes vides lourds vers quelque part, marge intacte qui prends toute la page.

J’ai envie de me colorier, de barbouiller ma rage d’exister d’encres furieuses et de mines distraites: à défaut de bulle de papier, des boulettes de feuilles sauvage pour aller faire un tour et voir si j’y suis.

lundi, août 25, 2008

Partir

A cause du temps qui passe, de toi un peu aussi, parce que l'eau des larmes et la terre de nos rires ont fait éclore des pétales qui s'étirent vers le soleil, partir, ce n'est plus me boucher les oreilles pour chanter au dessus de la discordance de mes jours mélangés, mais je découvre la pure musique que j'ai au fond du coeur, pétillante et fraiche, et j'ai envie de te la fredonner, d'aller chercher ailleurs mes rythmes pour que tu ne puisses plus te passer de mes airs qui se subtilisent et dont tu fais partie.

Je suis heureuse et j'espère que tu l'es aussi.

jeudi, juin 05, 2008

En passant...

Je me colore les yeux du charbon des trains qui m'emmènent ailleurs. Il faut trouver du vide pour que les montagnes me renvoient l'écho de ce que j'ai crié il y a des siècles.
Je me frôle dans le rythme envoutant des pièces qui claquent. Je suis espace, je suis libre, j'ai choisi mes rails, mes détours et mes paysages.
Et toi, je te garde avec moi même au delà de la gare.

mercredi, mai 07, 2008

Oui!

La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme. 
Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune.D'un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on peut.
                                                                                                 
                                                          - Christiane Singer

dimanche, avril 13, 2008

Chaos intérieur

Il faut qu'il y ait du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse. 

                                    - Nietzsche

jeudi, avril 10, 2008

Un bateau

Je n'avais pas compris la liberté avant de choisir un seul bateau pour prendre le large.
La mer est tellement plus grande lorsqu'on la navigue plutôt que de l'imaginer.
Nous sommes là, au milieu de toutes les latitudes, à saler nos rêves de réel
les rendant encore plus beaux, nous remplissant de soleil.

Et alors que je ne veux rien d'autre
c'est mon souffle et mon sang qui s'offrent à une vie,
c'est un petit absolu dans une mer de liquide amniotique,
et nous sommes peut-être déjà un peu
un papa, une maman.

******
Edit: Ce sera pour une prochaine fois...

mardi, avril 01, 2008

Réserve internationale de ciel étoilé...

Nous sommes allés jusque là ou les étoiles arrivent à mieux briller. On a vu les anneaux de saturne et pensé aux nôtres. J'ai pris la route pour faire comme si j'étais grande.

Un couple de grand enfant a fait des traces parallèles dans la neige, du ski qu'ils disent, de l'art sauvage je crois, dans une jungle de sapins, jusqu'à l'endroit idéal pour faire un bonhomme de neige avec les restes de notre lunch pour visage.

Nous nous sommes aimés sous un ciel plus grand qu'ailleurs. Le soleil fait rire la neige avant de lui dire adieu, mais nous, nous restons ensemble pour entendre le printemps arriver, le regard vague dans les branches. Quatre oreilles immobiles valent mieux que deux pour entendre la vie un instant.


La vie... même si elle naissait plus que d'habitude pour nous. Qui sait?

lundi, mars 10, 2008

Ma rue

Je m'amuse à méprendre le paysage urbain noyé de soleil pour un cour de création asymétrique puisque tout est blanc, rond et pentu et que même les voitures ne résistent pas au plaisir de jouer à la cachette. On se perds dans ma rue aux trottoirs devenus sentiers, ou le meilleur du printemps et de l'hiver font connaissance. Le soleil glisse, la glace brille. Les pieds sont encore se qui se fait de mieux pour tester tous ces monticules blancs pleins de possibilités qui narguent l'ordre des choses. Je me sens à ma place dans ce chemin vers la maison, reconnaissante. L'air vif que je respire est plus profond qu'avant.

jeudi, février 14, 2008

Relents de conscience

Des mots rescapés de l'an dernier à cette même date,
que je n'ai jamais mis ici, m'étant taxée d'immature,
n'ayant pas le sentiment d'avoir bien mis à jour ma pensée
ayant le doute de ne pas avoir de pensées cohérentes sur un sujet trop vaste
Des mots que j'ai haïs de ne pas être porteurs de solutions dans lesquelles j'arrive à croire.
Mais des mots qui sont les miens, quand même, comme cette colère qui me dépasse.

Il y a une honte qui se terre au fond de moi, si douloureuse, invivable. C'est l'injustice qui a toutes les excuses mais dont on souffre tous selon notre méridien, et personne à blamer pour adoucir cette colère sinon nous tous, victimes et bâtisseurs de notre malheur.

C'est cette souffrance qui nous empêche de nous regarder dans les yeux de d'autres humain de peur d'y voir notre faute résignée, de nous regarder vraiment et de ne voir que du vide.

Qui sommes nous et que devenons nous?

Pendant que des populations souffrent de manque de tout, que des enfants meurent de maladies du moyen-age et que des parents n'arrivent pas à nourrir leurs rejetons, d'autres populations humaines surmenées de leur trop plein d'abondance atteignent des records de suicide et de prescription de pillules du bonheur face a un vide que l'argent ne peut pas combler. Le poids de la honte peut-être, le manque chacun à sa façon, distribué presque équitablement.

Mais nous sommes tous pareils, humains de différentes terres, capables du meilleur et du pire, affamés d'espoir, victimes d'un ordre des choses qu'on nourrit et qui nous avale.

Je ne parle pas de tout changer, de communisme, d'anticapitalisme, je parle de se lever debout, de retrouver notre équilibre, notre humanité et de reconquérir ces valeurs dont on a besoin comme d'eau et de soleil, de refuser ces fausses barrières qui nous rendent insensibles aux autres, qui nous font penser qu'on est bien différent et de ne pas fermer les yeux sur l'inacceptable. Notre égoïsme nourrit notre mal collectif et les bienfaits qu'on en retire ne suffisent plus à nous en distraire. Dans un contexte ou la planète est de plus en plus petite, nous n'avons plus l'excuse de ne pas savoir, ou alors nous sommes bien lâches.

Je rêve de solidarité parce que je suis égoïste et rêve d'un monde meilleur. N'est ce pas le meilleur antidote au vide de nos âmes et au vide de leurs mains? La compassion comme un devoir, parce que sous d'autres latitudes, la petite fille qui joue dans la ruelle aurait peut-être du vendre son corps dans les rues de bangkok, mon enseignant aurait pu voir son école fermée suite à une réforme de la banque mondiale, mon grand-père serait mort de faim après avoir vendu le fruit de sa pêche a des multinationales pour trois fois rien et mes nièces pourraient vivre au milieu des bombes pour s'être trompées de milieu ou naitre.

Partager l'avenir, se libérer de la honte, retrouver notre profondeur, notre générosité et cesser de se perdre. Des mots faciles. Des solutions difficiles, audacieuses, économiquement viables, humainement acceptables, subtiles, difficiles. Des réalités déroutantes, des erreurs surement, de tonnes d'embuches, de l'innovation, des doutes, rien de totalitaire, de la mesure, de la passion.

mercredi, février 13, 2008

Février

Et si tu me prêtais tes doigts pour dessiner des fils,
des mots joueurs croisés sur ma joue rieuse?

C'est qu'écrire me vide la plume et le coeur lourd
et que du vide, je ne sais créer que l'inédit
avec la beauté brute du vent qui ne me fait pas peur:
du silence, du vent en liberté,
mais du vent quand même.

Je souffle, fraîche et inutile, et t'attends, page blanche au visage.

vendredi, janvier 25, 2008

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger

J'arrive où je suis étranger

     -L. Aragon

mercredi, décembre 05, 2007

Lendemain matin à Stalingrad

A Stalingrad, je me suis réveillée au son du silence de l'après guerre, les pelles de la pseudo-résistance abandonnées sur les balcons, capitulation éreintée et heureuse devant les régiments de neige ayant pris possession du pays.

Les char d'assaut locaux sont rangés jusqu'à cet après midi, leurs traces à moitié effacée dans ce paysage blanc et gris. Nos plus valeureux guerrier font la sieste doudou près du coeur ou travaillent distraitement les lettres en ne pensant qu'à hériger des monuments en l'honneur de l'envahisseur avant d'aller souper.

Et nous aussi, nous feront des statues avec des carottes en guise de nez, portant fièrement les nouveaux emblèmes du pays assiégé, foulards, mitaines et pompons colorés, nous amusants comme nos petits soldats dans la ruelle feutrée de blanc qui n'arrive pas à imposer son immobilité paisible à ses sujets heureux.

vendredi, novembre 16, 2007

Risque d'être

Je préfèrerais être une ombre dans tous les fuseaux horraires, furtive, que d'être entière et dévoilée en pleine lumière sous tes yeux, pour que tu m'aimes milles fois par secondes, parrallèlement, sans me savoir réelle avec certitude.

Mais je prends des risques plus grands que ce que je crois être, et je reste là, et je reste moi, juste parce que tu es ce que je voudrais être, un espoir flou et prometteur dans lequel je crois.

mardi, septembre 18, 2007

Ne pas le dire

Le dire serait déjà réduire ce qui est bien plus que tout ces mots.

Je voudrais en créer quelques uns juste pour lui, comme on invente notre quotidien, sans la mievreur et la petitesse des je t'aime de tout le monde, frais comme l'herbe mouillée des matins de soleil.

Mais je n'en trouve pas qui glissent et qui craquent comme des fraises pleines de sucre et qui se chantent comme un rire d'enfant.

Il y a quelque chose d'extraordinaire dans l'ordinaire de mes jours avec lui et qui excuse sans doute ma façon d'être si banale malgré moi.

mardi, août 28, 2007

Silences

Je vis dans mes silences sur l'été généreux qui s'achève, un peu perdue dans mes rêves, fatiguée des mes nuits blanches et de leur jours sombres.

Je ne sais quoi dire de ce qui coule de mon coeur alors je me tais, imprécise d'un silence qui reste ma plus sincère parole.

J'ai voudrais pouvoir assumer cette envie de froid, de glaces et d'immobilité; les états de cette saison qui impose ses épaisses neiges nous coupant du monde, même si ces envies là passent lorsquee les nuits redeviennent sombres et silencieuses.

On ne choisit pas ses lunes.

Mais on peut aller les voir d'une autre planète. Regarder son reflet et reconnaître le décor. Et se taire. Puis revenir.

samedi, août 18, 2007

Vide

Il y a des soirs ou on a la chance de se retrouver seuls avec nos vides. Entre tous les bonheur qu'on peut vivre, ils restes là, sans fin ni fond, n'attendant qu'un carton ouvert et un moment de solitude pour envahir un instant plus long qu'a son habitude. L'absence prends tant de place.

Mais je n'ai pas peur: dans mes rêves, je sais voler.

lundi, juillet 30, 2007

25 ans

Aujourd’hui, j’ai atteint le quart de siècle. Si j’avais eu 7 ans et qu’on m’avait appris cette étrange nouvelle, je l’aurais trouvé bien déprimante. 25 ans vu 7 ans et un pied de moins en hauteur, c’est être adulte, vieux, trop grand et rabougris, mais voilà que mes prévisions enfantines s’avèrent fausses, que j’ai a peine dépassé les 5 pieds et que je ne suis qu’une écureuil trépignant de joie sur sa montagne de noix.

24 ans et 364 jours d’expérience m’ont apprises que les bonnes choses prennent de la profondeur et de la saveur avec l’age. : le fromage, le vin, les maisons et moi…
De toute façon, les écureuils ont toujours 7 ans si ça leur plait, les autres âges n’étant que des possibilités qui s’ajoutent quand c’est utile.

Je suis heureuse, d’autant plus que je viens de déplacer mon tas de noix avec celles d’un écureuil noir (avec quelques poils blancs) qui me laisse tout le fromage pour moi toute seule. On a plusieurs tonnes de branches à explorer et encore plein de nouveaux soleils à venir pour se regarder courir plus haut que le plancher des vaches.

samedi, juin 30, 2007

Déménager

Déménager ma vie ailleurs, partager mon lit, incorporer le cochon aux pattes de velour et des cartes aéronautiques dans mon paysage. On ne perds rien de ce qui était avant la fusion de nos deux univers, ce sont nos racines, notre prologue; on y gagne de l'espace et du possible.

Je n'ai pas peur, le coeur dans une boîte à moitié faite. C'est parce que je l'aime.
Parce qu'il y a demain et tout le reste.

mercredi, juin 20, 2007

La guerre

Il y a des nuits ou des peurs coursent dans mon corps en ne laissant qu'une empreinte inidentifiable, me laissant fragile comme une petite chose combative et traquée. Lorsque j'arrive à pleurer, c'est que j'arrête de me battre et qu'enfin cette lourdeur des exigeances que je m'impose laisse la place au reste de moi pour respirer. J'ai le droit de n'être qu'imparfaite, de baisser la garde, d'être insouciante face à ce monde qui pourrait me faire mal ou pire encore, insouciante face à ces imperfections que j'ai peur de découvrir en moi.

Ne pas essayer de controler le cours des choses n'est pas naturel. Vivre du bonheur qui me tombe dessus me semble anormal vu l'effort que j'ai pu mettre à le produire en artisane bornée avant.

Il est plus dur d'apprendre le calme lorsqu'on est un vétéran de guerre. L'inertie me semble suspecte, comme si les troupes ennemies m'épiaient ou qu'un champ miné était devant sur mon chemin bucolique. J'avance bordée de paquerettes sous d'énormes nuages dans un ciel bleu, les nerfs a vif comme si j'étais au coeur de Bagdad. Se préparer à se battre est aussi fatiguant que le faire mais surtout, parfois inutile.

Je prends ma retraite de la guérilla jusqu'à ce que j'arrive à devenir un maître zen. J'ai assez vu de sang mais je ne regrette rien de tout ce que j'ai gagné en force et connu sur les champs de bataille.

Il y a aussi un temps pour reconstruire.

mardi, juin 05, 2007

Le retour

De retour dans ces gestes familiers dans lesquels qui ont mon empreinte, un peu déphasée, un peu changée d'avoir évolué sans elles, de nouvelles expériences écrites dans les lignes de mes mains et les pieds un peu plus usés. C'est toujours chez soi qu'on revient de toute façon, qu'on s'y sente perdu ou pas. Moi j'ai beaucoup de chance, je me retrouve.

J'ai vu là bas des châteaux, d'heureux privilégiés et des enfants au visage sale chanter dans le métro. C'est que de la vie, toujours pareille, merveilleuse même dans ses injustices, de sa force brute qu'on trouve partout.

Trouver et retrouver. Une autre famille ou un gaillard adorable qui m'attends et m'intimide un peu, le visage plus sombre, les yeux plus clairs et de nouveaux symboles autour du cou. Ces trains qui partent. Un long chemin. Une mère qui pleure. Une grande tour, jusqu'en haut, des falaises aussi. La guerre. Des chants basques, de toutes petites voix dans la grande cathédrale.
Un sourrire de grand-mère oublieuse. Des nuages et du soleil.

Omniprésents, un avion, des plages, des épaves, l'amitié. Des choses qui m'échappent mais que je lui souhaite encore.

J'attends de regagner ma place dans le moelleux de ma couette, maintenant deux ronrons à réapprivoiser plutot qu'un.

mardi, mai 01, 2007

France

Demain, j'irai jouer à la marelle sur les fuseaux horraires vers une autre toile de fond ou peindre d'inestimables souvenirs.

À l'échelle d'une carte, le monde est un jeu d'enfant.
       -Laurent Graff