samedi, octobre 13, 2012

Anatomie du trouble


Devenons tout ce qu’on n’a pas su être
Un bruit de cœur qui flanche
Le feu des joues inondées
L’œil insoutenable,
Tous les possibles au bout des doigts.
Magnetisme.

… ose

La chambre d'en face


C’est un cri ravalé,
Rouge sang
Ta lèvre…

Je tremble, la pluie dans mes yeux.
Désir.

Une chambre ailleurs, la mienne avant, tellement loin.
Ta chaleur me manque, dans l’envie de faire le contour de ton âme.
Sur les plumes.

lundi, février 27, 2012

Petit mot d'il y a un an....

Il y a neuf mois, dans la lumière de ton premier matin, je fut prise d'un vertige sans nom. Tu étais là, premières secondes d'une histoire d'amour enfin matérielle, et j'ai douté, douté de ma capacité a pouvoir un jour te laisser voler de tes propres ailes, de ne pas faire de tes petits yeux bleus tout mon monde, même si ils en devenait à l'instant le centre.

Tu étais si belle, tu l'es toujours, dans tes sourires et tes colères, encore capable d'être toi sans façade. Neuf mois déjà, un instant ressenti, une impression d'éternité. Pendant que tu apprends le monde, j'apprends à être ta maman, et ce n'est pas toujours facile ni pour l'une, ni pour l'autre, mais c'est invariablement doux, même toute les nuits que tu rythmes à ta manière pour que l'on se retrouve seules ensemble, ton petit corps chaud blotti qui retrouve sa contenance, paisible. J'ai toute la chance du monde et la tendresse filtre dans ta chambre comme la lumière des lampadaires, tamisée, douce.

Je n'écris plus sur des pages, ou si rarement. J'affiche tes petits doigts sur les vitres, de la terre sur le plancher, des rires sur les trottoirs mouillés en hommage à notre bonheur qui manque de mots convenables. Un sourire à deux dents pour une babiole à deux balles ou pour les grimaces de deux fous de toi; on sent l'univers respirer, libre de tous les possibles.

Que restera-t'il de ces jours pleins de soleil dans ta mémoire qui se façonne? Tu es déjà si grande, si fière de te tenir debout, les yeux rieurs, confiante, et je réalise de jour en jour que je ne perds rien quand tu grandis. Tu sera toujours mon petit bébé, même lorsque tu n'en aura plus le souvenir, et les jours ajoute à ce que tu es pour moi. Tu peux grandir, je t'aimerai toujours, tu ne perdra rien non plus.

Petite bulle rieuse, ton innocence m'apprends à être
à chanter le silence, à entendre l'air flotter
et la douceur nos rires mêlés répare
le lien filial saccagé.

Mon âme respire plus fluide
d'être ta maman
quand tes larmes hurlent ce que tu ne voulais pas apprendre
quand tes yeux attrapent les feuilles qui dansent
quand on vit toutes les deux, simplement.



jeudi, avril 01, 2010

Bébée

Petite chenille dans ton cocon secret, j'ai si hâte de sécher tes ailes de petit papillon. Je sens déjà tes petites main potelées se tendre, tes pieds trépigner de là où tu es. On est bien, collées toute les deux, jusqu'à ton grand déménagement.

La neige a fondu tôt cette année, la vie éclot partout, malgré tout ce qu'on a perdu. J'aime me faire croire que tu joue avec grand-papa dans un endroit ou se croiseraient ceux qui arrivent et ceux qui partent, que tu nous rapporte un peu de lui dans ton mini coeur de pomme.

Tu es un printemps à toi toute seule, petite.  Les murs se sont colorés pour ton arrivée. Le monde t'attends, et c'est à la hauteur de tes grands yeux purs qu'on est le mieux pour voir qu'il est beau.

jeudi, février 25, 2010

Grand-papa

On s'accroche à ce que l'on peut puisqu'on a pas pu te retenir, grand-papa, et on se noie un peu dans un silence hurlant pendant que les larmes perdues ne sèchent pas sur nos lèvres déguisées.

J'aurais tout donné pour rester là, ma main dans la tienne, si présente à la musique de ton souffle devenu hésitant, à veiller sur toi dans un silence rempli de je t'aime et de remerciements, me retenant pour ne pas te serrer fort, pour ne pas te fatiguer, pour te laisser partir malgré moi.

Il reste ici tout de toi sauf toi. Le vide s'installe dans toute cette vie que tu as inventée rien que pour nous, ce vide qui devra se transformer en espace pour les souvenirs, en rage de vivre.

Je t'aime grand papa, toute seule.

Parti

Cette nuit-là je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre il marchait décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement:

- Ah! tu es là...

Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:

- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...

Moi je me taisais.

- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.

Moi je me taisais.

- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces...

Moi je me taisais.

Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:

- Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi je regarderai les étoiles. Toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire...

Moi je me taisais.

- Ce sera tellement amusant ! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines...

Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...

- C'est là. Laisse-moi faire un pas tout seul.

Et il s'assit parce qu'il avait peur.

Il dit encore:

- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...

Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:

- Voilà... C'est tout...

Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.

Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable.

-A. de St-Exupéry

vendredi, octobre 16, 2009

Du feu

Je suis une foret renouvellée
la vie à perte de vue, parfaite
et presque à perte de sens, si verte
bâtie sur un brasier oublié.

Il porte les traces de suie
quelque part mais ailleurs
de mes espaces, vents soufrés endormis
mais là bas, erreur d’honneur.

S’il ne reste que de la cendre
Elle est de ma terre, mon secret.
Je cultive les pousses tendres
qui recouvrent mes regrets.

vendredi, mai 01, 2009

(parenthèse)

Être là et naître rien. Simplicité involontaire.

Mais choisir de devenir,

d'accueillir la vie et de grandir.

mardi, mars 10, 2009

Jeux de lumière

Tout est rose-nuage quand bientôt, il ne restera que la lune dans le gris de la nuit.

Noir nuance, toujours un peu taché de lumière,
celle des souvenirs, celle qu'on invente,
clarté sombre auquelle les yeux s'habituent et qui nous sert de phare.

Les ténèbres ne sont qu'une lumière douce, une phase de mélancolie.
Tu pars, embryon, sur une flamme tamisée et tremblante.

Moi, je suis des yeux la fine ligne qui brille sur tes contours, petite lune sombre,
la lumière qui dépasse de l'autre coté de ton souvenir illuminé, loin et ailleurs,
avant le feu du soleil nouveau qui nous fera oublier ce qui fait mal dans l'espoir.

Il faut la nuit pour faire les aurores et les crépuscules.
C'est cette bataille entre ombre et lumière qui donne la teinte parfaite de lumière léchée sur les choses qui la boivent,
qui impose le silence d'après guerre qui permet de prendre le temps d'écouter la vie.

La vie...

jeudi, janvier 29, 2009

Le parking du terminus

Je reviens, cassée, de chez elle
et j'attends, en morceaux, mon retour
dans une entrée bétonnée mur à mur
le nez gelé sur la vitre, seule,
et les larmes prises dans les yeux

Mais du fond des escalier noirs
il monte une musique si vraie
si incongrue dans la lumière blafarde
que je me demande si c'est mon âme
qui me souffle de l'espoir à l'oreille.

En écho, mon coeur chaud embue la vitre
les notes chuchotent
et les larmes coulent
de pouvoir guérir d'ou je viens
De pouvoir dessiner des soleils dans une vitre gelée.

mercredi, novembre 05, 2008

Manque de bulles

Je n’arrive pas à faire une bulle de papier pour que les mots envolent mes vides lourds vers quelque part, marge intacte qui prends toute la page.

J’ai envie de me colorier, de barbouiller ma rage d’exister d’encres furieuses et de mines distraites: à défaut de bulle de papier, des boulettes de feuilles sauvage pour aller faire un tour et voir si j’y suis.

lundi, août 25, 2008

Partir

A cause du temps qui passe, de toi un peu aussi, parce que l'eau des larmes et la terre de nos rires ont fait éclore des pétales qui s'étirent vers le soleil, partir, ce n'est plus me boucher les oreilles pour chanter au dessus de la discordance de mes jours mélangés, mais je découvre la pure musique que j'ai au fond du coeur, pétillante et fraiche, et j'ai envie de te la fredonner, d'aller chercher ailleurs mes rythmes pour que tu ne puisses plus te passer de mes airs qui se subtilisent et dont tu fais partie.

Je suis heureuse et j'espère que tu l'es aussi.

jeudi, juin 05, 2008

En passant...

Je me colore les yeux du charbon des trains qui m'emmènent ailleurs. Il faut trouver du vide pour que les montagnes me renvoient l'écho de ce que j'ai crié il y a des siècles.
Je me frôle dans le rythme envoutant des pièces qui claquent. Je suis espace, je suis libre, j'ai choisi mes rails, mes détours et mes paysages.
Et toi, je te garde avec moi même au delà de la gare.

mercredi, mai 07, 2008

Oui!

La vraie aventure de vie, le défi clair et haut n'est pas de fuir l'engagement mais de l'oser. Libre n'est pas celui qui refuse de s'engager. Libre est sans doute celui qui ayant regardé en face la nature de l'amour - ses abîmes, ses passages à vide et ses jubilations - sans illusions, se met en marche, décidé à en vivre coûte que coûte l'odyssée, à n'en refuser ni les naufrages ni le sacre, prêt à perdre plus qu'il ne croyait posséder et prêt à gagner pour finir ce qui n'est coté à aucune bourse : la promesse tenue, l'engagement honoré dans la traverse sans feintes d'une vie d'homme. 
Ce qui rend le mariage si fort et si indestructible, c'est qu'il réunit un homme et une femme autour d'un projet. D'un projet fou. Souvent voué à l'infortune.D'un défi quasi impossible à réaliser et impérieux à oser. Le drame serait de ne pas tenter l'impossible, de rester, une vie entière, à la mesure de ce qu'on peut.
                                                                                                 
                                                          - Christiane Singer

dimanche, avril 13, 2008

Chaos intérieur

Il faut qu'il y ait du chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse. 

                                    - Nietzsche

jeudi, avril 10, 2008

Un bateau

Je n'avais pas compris la liberté avant de choisir un seul bateau pour prendre le large.
La mer est tellement plus grande lorsqu'on la navigue plutôt que de l'imaginer.
Nous sommes là, au milieu de toutes les latitudes, à saler nos rêves de réel
les rendant encore plus beaux, nous remplissant de soleil.

Et alors que je ne veux rien d'autre
c'est mon souffle et mon sang qui s'offrent à une vie,
c'est un petit absolu dans une mer de liquide amniotique,
et nous sommes peut-être déjà un peu
un papa, une maman.

******
Edit: Ce sera pour une prochaine fois...

mardi, avril 01, 2008

Réserve internationale de ciel étoilé...

Nous sommes allés jusque là ou les étoiles arrivent à mieux briller. On a vu les anneaux de saturne et pensé aux nôtres. J'ai pris la route pour faire comme si j'étais grande.

Un couple de grand enfant a fait des traces parallèles dans la neige, du ski qu'ils disent, de l'art sauvage je crois, dans une jungle de sapins, jusqu'à l'endroit idéal pour faire un bonhomme de neige avec les restes de notre lunch pour visage.

Nous nous sommes aimés sous un ciel plus grand qu'ailleurs. Le soleil fait rire la neige avant de lui dire adieu, mais nous, nous restons ensemble pour entendre le printemps arriver, le regard vague dans les branches. Quatre oreilles immobiles valent mieux que deux pour entendre la vie un instant.


La vie... même si elle naissait plus que d'habitude pour nous. Qui sait?

lundi, mars 10, 2008

Ma rue

Je m'amuse à méprendre le paysage urbain noyé de soleil pour un cour de création asymétrique puisque tout est blanc, rond et pentu et que même les voitures ne résistent pas au plaisir de jouer à la cachette. On se perds dans ma rue aux trottoirs devenus sentiers, ou le meilleur du printemps et de l'hiver font connaissance. Le soleil glisse, la glace brille. Les pieds sont encore se qui se fait de mieux pour tester tous ces monticules blancs pleins de possibilités qui narguent l'ordre des choses. Je me sens à ma place dans ce chemin vers la maison, reconnaissante. L'air vif que je respire est plus profond qu'avant.

jeudi, février 14, 2008

Relents de conscience

Des mots rescapés de l'an dernier à cette même date,
que je n'ai jamais mis ici, m'étant taxée d'immature,
n'ayant pas le sentiment d'avoir bien mis à jour ma pensée
ayant le doute de ne pas avoir de pensées cohérentes sur un sujet trop vaste
Des mots que j'ai haïs de ne pas être porteurs de solutions dans lesquelles j'arrive à croire.
Mais des mots qui sont les miens, quand même, comme cette colère qui me dépasse.

Il y a une honte qui se terre au fond de moi, si douloureuse, invivable. C'est l'injustice qui a toutes les excuses mais dont on souffre tous selon notre méridien, et personne à blamer pour adoucir cette colère sinon nous tous, victimes et bâtisseurs de notre malheur.

C'est cette souffrance qui nous empêche de nous regarder dans les yeux de d'autres humain de peur d'y voir notre faute résignée, de nous regarder vraiment et de ne voir que du vide.

Qui sommes nous et que devenons nous?

Pendant que des populations souffrent de manque de tout, que des enfants meurent de maladies du moyen-age et que des parents n'arrivent pas à nourrir leurs rejetons, d'autres populations humaines surmenées de leur trop plein d'abondance atteignent des records de suicide et de prescription de pillules du bonheur face a un vide que l'argent ne peut pas combler. Le poids de la honte peut-être, le manque chacun à sa façon, distribué presque équitablement.

Mais nous sommes tous pareils, humains de différentes terres, capables du meilleur et du pire, affamés d'espoir, victimes d'un ordre des choses qu'on nourrit et qui nous avale.

Je ne parle pas de tout changer, de communisme, d'anticapitalisme, je parle de se lever debout, de retrouver notre équilibre, notre humanité et de reconquérir ces valeurs dont on a besoin comme d'eau et de soleil, de refuser ces fausses barrières qui nous rendent insensibles aux autres, qui nous font penser qu'on est bien différent et de ne pas fermer les yeux sur l'inacceptable. Notre égoïsme nourrit notre mal collectif et les bienfaits qu'on en retire ne suffisent plus à nous en distraire. Dans un contexte ou la planète est de plus en plus petite, nous n'avons plus l'excuse de ne pas savoir, ou alors nous sommes bien lâches.

Je rêve de solidarité parce que je suis égoïste et rêve d'un monde meilleur. N'est ce pas le meilleur antidote au vide de nos âmes et au vide de leurs mains? La compassion comme un devoir, parce que sous d'autres latitudes, la petite fille qui joue dans la ruelle aurait peut-être du vendre son corps dans les rues de bangkok, mon enseignant aurait pu voir son école fermée suite à une réforme de la banque mondiale, mon grand-père serait mort de faim après avoir vendu le fruit de sa pêche a des multinationales pour trois fois rien et mes nièces pourraient vivre au milieu des bombes pour s'être trompées de milieu ou naitre.

Partager l'avenir, se libérer de la honte, retrouver notre profondeur, notre générosité et cesser de se perdre. Des mots faciles. Des solutions difficiles, audacieuses, économiquement viables, humainement acceptables, subtiles, difficiles. Des réalités déroutantes, des erreurs surement, de tonnes d'embuches, de l'innovation, des doutes, rien de totalitaire, de la mesure, de la passion.

mercredi, février 13, 2008

Février

Et si tu me prêtais tes doigts pour dessiner des fils,
des mots joueurs croisés sur ma joue rieuse?

C'est qu'écrire me vide la plume et le coeur lourd
et que du vide, je ne sais créer que l'inédit
avec la beauté brute du vent qui ne me fait pas peur:
du silence, du vent en liberté,
mais du vent quand même.

Je souffle, fraîche et inutile, et t'attends, page blanche au visage.

vendredi, janvier 25, 2008

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger

J'arrive où je suis étranger

     -L. Aragon

mercredi, décembre 05, 2007

Lendemain matin à Stalingrad

A Stalingrad, je me suis réveillée au son du silence de l'après guerre, les pelles de la pseudo-résistance abandonnées sur les balcons, capitulation éreintée et heureuse devant les régiments de neige ayant pris possession du pays.

Les char d'assaut locaux sont rangés jusqu'à cet après midi, leurs traces à moitié effacée dans ce paysage blanc et gris. Nos plus valeureux guerrier font la sieste doudou près du coeur ou travaillent distraitement les lettres en ne pensant qu'à hériger des monuments en l'honneur de l'envahisseur avant d'aller souper.

Et nous aussi, nous feront des statues avec des carottes en guise de nez, portant fièrement les nouveaux emblèmes du pays assiégé, foulards, mitaines et pompons colorés, nous amusants comme nos petits soldats dans la ruelle feutrée de blanc qui n'arrive pas à imposer son immobilité paisible à ses sujets heureux.

vendredi, novembre 16, 2007

Risque d'être

Je préfèrerais être une ombre dans tous les fuseaux horraires, furtive, que d'être entière et dévoilée en pleine lumière sous tes yeux, pour que tu m'aimes milles fois par secondes, parrallèlement, sans me savoir réelle avec certitude.

Mais je prends des risques plus grands que ce que je crois être, et je reste là, et je reste moi, juste parce que tu es ce que je voudrais être, un espoir flou et prometteur dans lequel je crois.

mardi, septembre 18, 2007

Ne pas le dire

Le dire serait déjà réduire ce qui est bien plus que tout ces mots.

Je voudrais en créer quelques uns juste pour lui, comme on invente notre quotidien, sans la mievreur et la petitesse des je t'aime de tout le monde, frais comme l'herbe mouillée des matins de soleil.

Mais je n'en trouve pas qui glissent et qui craquent comme des fraises pleines de sucre et qui se chantent comme un rire d'enfant.

Il y a quelque chose d'extraordinaire dans l'ordinaire de mes jours avec lui et qui excuse sans doute ma façon d'être si banale malgré moi.

mardi, août 28, 2007

Silences

Je vis dans mes silences sur l'été généreux qui s'achève, un peu perdue dans mes rêves, fatiguée des mes nuits blanches et de leur jours sombres.

Je ne sais quoi dire de ce qui coule de mon coeur alors je me tais, imprécise d'un silence qui reste ma plus sincère parole.

J'ai voudrais pouvoir assumer cette envie de froid, de glaces et d'immobilité; les états de cette saison qui impose ses épaisses neiges nous coupant du monde, même si ces envies là passent lorsquee les nuits redeviennent sombres et silencieuses.

On ne choisit pas ses lunes.

Mais on peut aller les voir d'une autre planète. Regarder son reflet et reconnaître le décor. Et se taire. Puis revenir.

samedi, août 18, 2007

Vide

Il y a des soirs ou on a la chance de se retrouver seuls avec nos vides. Entre tous les bonheur qu'on peut vivre, ils restes là, sans fin ni fond, n'attendant qu'un carton ouvert et un moment de solitude pour envahir un instant plus long qu'a son habitude. L'absence prends tant de place.

Mais je n'ai pas peur: dans mes rêves, je sais voler.

lundi, juillet 30, 2007

25 ans

Aujourd’hui, j’ai atteint le quart de siècle. Si j’avais eu 7 ans et qu’on m’avait appris cette étrange nouvelle, je l’aurais trouvé bien déprimante. 25 ans vu 7 ans et un pied de moins en hauteur, c’est être adulte, vieux, trop grand et rabougris, mais voilà que mes prévisions enfantines s’avèrent fausses, que j’ai a peine dépassé les 5 pieds et que je ne suis qu’une écureuil trépignant de joie sur sa montagne de noix.

24 ans et 364 jours d’expérience m’ont apprises que les bonnes choses prennent de la profondeur et de la saveur avec l’age. : le fromage, le vin, les maisons et moi…
De toute façon, les écureuils ont toujours 7 ans si ça leur plait, les autres âges n’étant que des possibilités qui s’ajoutent quand c’est utile.

Je suis heureuse, d’autant plus que je viens de déplacer mon tas de noix avec celles d’un écureuil noir (avec quelques poils blancs) qui me laisse tout le fromage pour moi toute seule. On a plusieurs tonnes de branches à explorer et encore plein de nouveaux soleils à venir pour se regarder courir plus haut que le plancher des vaches.

samedi, juin 30, 2007

Déménager

Déménager ma vie ailleurs, partager mon lit, incorporer le cochon aux pattes de velour et des cartes aéronautiques dans mon paysage. On ne perds rien de ce qui était avant la fusion de nos deux univers, ce sont nos racines, notre prologue; on y gagne de l'espace et du possible.

Je n'ai pas peur, le coeur dans une boîte à moitié faite. C'est parce que je l'aime.
Parce qu'il y a demain et tout le reste.

mercredi, juin 20, 2007

La guerre

Il y a des nuits ou des peurs coursent dans mon corps en ne laissant qu'une empreinte inidentifiable, me laissant fragile comme une petite chose combative et traquée. Lorsque j'arrive à pleurer, c'est que j'arrête de me battre et qu'enfin cette lourdeur des exigeances que je m'impose laisse la place au reste de moi pour respirer. J'ai le droit de n'être qu'imparfaite, de baisser la garde, d'être insouciante face à ce monde qui pourrait me faire mal ou pire encore, insouciante face à ces imperfections que j'ai peur de découvrir en moi.

Ne pas essayer de controler le cours des choses n'est pas naturel. Vivre du bonheur qui me tombe dessus me semble anormal vu l'effort que j'ai pu mettre à le produire en artisane bornée avant.

Il est plus dur d'apprendre le calme lorsqu'on est un vétéran de guerre. L'inertie me semble suspecte, comme si les troupes ennemies m'épiaient ou qu'un champ miné était devant sur mon chemin bucolique. J'avance bordée de paquerettes sous d'énormes nuages dans un ciel bleu, les nerfs a vif comme si j'étais au coeur de Bagdad. Se préparer à se battre est aussi fatiguant que le faire mais surtout, parfois inutile.

Je prends ma retraite de la guérilla jusqu'à ce que j'arrive à devenir un maître zen. J'ai assez vu de sang mais je ne regrette rien de tout ce que j'ai gagné en force et connu sur les champs de bataille.

Il y a aussi un temps pour reconstruire.

mardi, juin 05, 2007

Le retour

De retour dans ces gestes familiers dans lesquels qui ont mon empreinte, un peu déphasée, un peu changée d'avoir évolué sans elles, de nouvelles expériences écrites dans les lignes de mes mains et les pieds un peu plus usés. C'est toujours chez soi qu'on revient de toute façon, qu'on s'y sente perdu ou pas. Moi j'ai beaucoup de chance, je me retrouve.

J'ai vu là bas des châteaux, d'heureux privilégiés et des enfants au visage sale chanter dans le métro. C'est que de la vie, toujours pareille, merveilleuse même dans ses injustices, de sa force brute qu'on trouve partout.

Trouver et retrouver. Une autre famille ou un gaillard adorable qui m'attends et m'intimide un peu, le visage plus sombre, les yeux plus clairs et de nouveaux symboles autour du cou. Ces trains qui partent. Un long chemin. Une mère qui pleure. Une grande tour, jusqu'en haut, des falaises aussi. La guerre. Des chants basques, de toutes petites voix dans la grande cathédrale.
Un sourrire de grand-mère oublieuse. Des nuages et du soleil.

Omniprésents, un avion, des plages, des épaves, l'amitié. Des choses qui m'échappent mais que je lui souhaite encore.

J'attends de regagner ma place dans le moelleux de ma couette, maintenant deux ronrons à réapprivoiser plutot qu'un.

mardi, mai 01, 2007

France

Demain, j'irai jouer à la marelle sur les fuseaux horraires vers une autre toile de fond ou peindre d'inestimables souvenirs.

À l'échelle d'une carte, le monde est un jeu d'enfant.
       -Laurent Graff

mardi, avril 24, 2007

Lâcheté

Let me Fall - Josh Groban




La vie est parfois lourde à plaquer au sol, irrespirable.

Je m'efface de mon miroir, floue comme ces aveugles à qui j'adjuge la responsabilité de ce coté du monde qui, parfois, transperce et torture en toute hypocrisie. Mais moi je ferme les yeux de toutes mes forces toutes ces petites fins du monde, mon âme se désarticule.

Et je me saoule de bonheur pour oublier ce que je n'oublie jamais. Puis-je faire autrement?

Hier, une fille que j'aurai pu être est morte seule dans la rue après une 24 ans d'abandons et d'abus, dans l'indifférence la plus générale. La fin pour elle était prévisible, volontaire, mais on ne traduira jamais en justice ceux qui l'avaient tuée avec violence et devant témoins bien avant sa mort esseulée.

Il y a tout ces vivants qui souffrent autant qu'elle et à qui je n'ai pas su dire au revoir les yeux dans les yeux. Je n'ai plus le courage de mon impuissance, mais j'y reviendrai un jour. Autrement.

dimanche, avril 22, 2007

Vent de souvenirs

Il y a quelque chose dans l'air ce soir qui me ramene à lui, le vent chaud et frais d'une nuit d'été naissant qui dépose des souvenirs sur ma peau.

Fébrile.

De vieux batiments défilaient à coté de nous dans la ville endormie. Nous dormions peut-être aussi puisque nous rêvions assurément. Nous allions quelque part mais nous ne savions pas jusqu'a quel point, se retrouvant surpendus à un balcon plein d'étoiles jusqu'a ce que l'aurore les chasse.

Et cette brise, la même qui revient me visiter, tangible, rendant douce son absence, palpable. Il est si présent même ailleurs.

mercredi, avril 18, 2007

Se relire

Ce qu'on a pu souffrir pour être si heureux.

Chroniques étudiantes 1

J'ai laissé mes gros livres grands ouverts au milieu de mon lit, les feuilles libres s'envollant un peu partout dans mon bordel ambiant laissant de quoi s'amuser au chat autre que mes crayons et mes orteils qui bougent. Je quitte mon cloître et les yeux ronds de mon clandestin à moustaches pour aller chercher des vivres.

Il y a du soleil partout dehors, de l'air pur tant qu'on en veut.

Une brève fuite à l'air libre.

5 jours... 5 jours... 5 jours...

jeudi, avril 12, 2007

Snapshot

Je les aime, moi, ces derniers flocons qui viennent fondre sur le bout des nez. C'est un peu de magie en poudre pour oublier le stress des examens finaux, un instant gelé dans des minutes trop pressées.

Juste un avant gout de liberté.


Je m'envole le mois prochain vers le vieux continent sans devoirs dans mon sac à dos.

jeudi, mars 15, 2007

Faute d'aimer

La nuit parfois, je pense à vous,
à milles lieux l'un de l'autre et loin de nous.

Faute d'aimer.

Vous n'êtes que de grands enfants qui se perdent et se sauvent en boucle.


Je vous oublie tout les jours pourtant, en vous remerciant de votre leg, ce vide que je prends comme espace de liberté.

Pas vraiment de parents, mais tellement d'autres choses.

Tellement de choses à rêver que je crois pouvoir arriver, cette fois, à fermer les yeux jusqu'a demain.



mercredi, mars 14, 2007

Ici





"C'est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l'envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu'on y croise, aux idées qui vous y attendent... Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c'est qu'on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

"A l'est d'Erzerum, la piste est très solitaire. De grandes distances séparent les villages. Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu'on arrête la voiture et passe la fin de la nuit dehors. Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tiré sur les oreilles, on écoute l'eau bouillir sur le primus à l'abri d'une roue. Adossé contre une colline, on regarde les étoiles, les mouvements vagues de la terre qui s'en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l'aube se lève, s'étend, les cailles et les perdrix s'en mêlent... et on s'empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s'étire, on fait quelques pas, pesant moins d'un kilo, et le mot "bonheur" paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui vous arrive."
Nicolas Bouvier





Comment expliquer que c'est ici que je me sens dans l'esprit du voyage?

Difficile d'expliquer ce doute face à ce départ que j'ai pourtant si longtemps cherché, cette graine d'incertitude. Mais pourquoi s'en aller quand on a envie de rester encore un peu, lorsqu'on se découvre de nouvelles envies, de nouvelles aventure, des chemins neufs qui commence à 2 pas de soi?

Voyager, c'est ces autres yeux qu'on prends pour voir le monde plus que les lieux qui nous entourent. Je les ai ces yeux, ici, maintenant, et j'ai envie de lire encore ce pays aux milles visages; dans ses sourrires et ses airs las, tellement de choses à découvrir.

J'ai toujours cette immense carte du monde au dessus de mon lit, presque la même que celle qui était dans le bureau de grand-papa, et elle me fait encore autant rêver. Je ne suis pas de mon village; les gens de St-Félix ne rêvent pas du monde parce que le monde se limite pour eux à ce qui est visible en tournant la tête. La petite fille que j'étais adorait passer des heures dans les vieux atlas qui faisaient parure dans la bibliothèque ou écouter des documentaires sur des pays étranges et fascinant. J'aurais voulu danser avec les papous et je me voyais vivre dans les cités d'or. J'adorais partir même si c'était pour camper dans les bois entre les 2 rangs Ramsay. J'étais intenable.

Aujourd'hui pourtant, j'ai choisi de ne pas partir. J'ai envie de faire ce voyage qui m'appelle en moi même avant de pouvoir me connecter sur le reste, pour mieux profiter du reste quand viendra le temps.

J'ai envie de respirer l'air du monde avec une autre main dans la mienne. Que deux regards se croisent en regardant ensemble dans la même direction.

Lorsque tout est possible, choisir de rester est un voyage comme un autre.

On partira... plus tard...

En attendant, je reste.

« La grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu, chaque jour, dans le même visage. C'est plus grand que tous les voyages autour du monde. »
Alberto Giacometti

mercredi, mars 07, 2007

Coeur de pomme






J'ai un coeur de pomme.

Lui, c'est un drôle d'oiseau.

Et je l'aime très fort, tout bêtement.

C'est sucré et aérien, un peu de nous deux, presque enfantin, dans l'espace ou toujours peut être léger comme si le monde ne saurait être gris.

Aussi vrai que le père noël existe lorqu'on a 4 ans, j'y crois fermement.

En souhaitant ne jamais vieillir,
de ne pas perdre le goût de tout ça
et de ne jamais oublier.

mercredi, février 28, 2007

Lire le bonheur

J'adore les livres. Lorsqu'on les ouvre, on entre dans un monde ou d'autres on passé avant soi, parfois des siècles plus tôt, et ou d'autres passeront à des époques ou je ne serai plus ici. Nous partagons la même odeur d'encre libérée de ses couvertures et le même plaisir à tourner les pages rèches, en oubliant tout du siècle et du monde pour vivre quelques heures dans ces pages et les greffer à son grand livre intérieur.

Je me suis retrouvée dans ces lignes comme si j'avais un court instant partagé l'esprit de Philippe Delerm:

Le bonheur est fragile. Tu n'es pas funambule et tu avances pas à pas. Tu ne sais rien des jours, tu glisses sur un fil, au loin, tu ne vois pas. Si tu regardes en bas c'est le vertige, ne regarde pas. En bas tous les oiseaux se glacent et tous les hommes se protègent. Tu marches un peu plus haut, mais le bonheur est difficile. À chaque risque, le bonheur est là. Tu avances vers toi; le bout du fil n'existe pas.


Préface d'un livre que je n'ai pas encore terminé, comme tant d'autres. Les instants manquent, le temps de lire et d'écrire, le temps de d'attrapper un peu de temps et de s'en déclarer maitresse.

Je compte le faire aujourd'hui, un détour entre deux matières indispensables pour mon examen de vendredi, du temps pour un peu d'insouciance, pour s'émerveiller et partir ailleurs dans ma tête avec mon petit chat qui ronronne sur mes genoux comme seul lien avec la réalité.

mercredi, février 21, 2007

Voler dans une bulle

Lorsque que la paix et le bonheur font que tout le reste peut tomber, il ne reste que cette fragilité comme ultime bulle, une bulle de savon, qui s'envole, qui protège, qui danse, mais ce vertige en se laissant porter par le vent, la peur qu'il s'arrête de souffler et que tout se brise en un claquement sec de savon éparpillé.

Je ne voudrais pas qu'on me voit à genoux, du savon roulant sur mes joues, les yeux dans les vagues.

Parfois j'ai si peur d'être vraie, de n'être qu'une bulle avec rien à l'intérieur. Il y a des fragilités trop grandes, belles aux soleil avec leur reflets multicolores que traversent la lumière, mais on oserait pas se laisser en être puisqu'elle finissent toujours par aller s'éparpiller nulle part.

mardi, février 13, 2007

Tranquille

Peut-être que si on s'est tant activé, si on à tant cherché, c'était pour arriver à retrouver quelque chose de tranquille au fond de soi, cette sensation si lointaine de chaleur et de sécurité faite de poil de tapis vert, de hockey, d'odeur de clémentines, de grenouilles, de buches et de libéllules.

Je crois que je grandis.

mercredi, janvier 31, 2007

Raconte-moi une histoire

Quand on pense trop
on a parfois plus le temps de réfléchir.

Je prendrais un bol d'air frais pour déjeuner
et je dormirais sur un brin de folie.
Juste, juste parce que c'est drôle.

Je n'aime pas les barreaux que je trace dans mes fenêtres
Je n'aime pas les fenêtres et encore moins les murs
Il faut les détruire pour en faire des échelles;
des barreaux dans l'autre sens.

Je voudrais une histoire avant de dormir
pour vivre dans un autre monde.
Et si on a pas de matière première,
On peut toujours s'en inventer.
C'est tellement plus drôle.

dimanche, janvier 28, 2007

Les rythmes d'en bas

État d'irréalité.

Je viens de passer 2 jours dans ma tête à me battre avec des chiffres et des formules chimiques récalcitrantes. Je suis dans un état de fatigue mentale qui me donne l'impression d'avoir le cerveau engourdi et de ne plus être dans mon corps. Je ne suis qu'a moitié là.

Et de retour à la maison après ce week end à me péter les neurones chez Olivier, il y a ces rythmes africains délirants de tamtam, de percussions et de cri qui montent du bar d'en bas, tellement présentent qu'elles font vibrer les meubles et que le son couvre le vacarme de la musique de ma coloc.

État d'irréalité.

J'ai vraiment l'impression d'avoir pris des substances illicites. Le son me semble de plus en plus fort et je me sens pres d'halluciner. Qui dit que ces sons ne sont pas seulement dans ma tête, qu'on ne m'a pas jeté un sort?

Il faudrait dormir, je me sens plutot près de léviter ou de me projeter mon esprit délirant de fatigue hors de mon corps pour le laisser se reposer. Transcender jusqu'en afrique sur ces rythmes si persistants.

Fermer les yeux, simplement, advienne que pourra.

jeudi, janvier 25, 2007

Élaboratoire

C'est l'odeur de l'encre de mes livres qui embaume mes journées, le gémissement du plomb sur les grandes pages blanches de mes cahiers. Et tout les jours, ces aller-retour vers ce grand lieu de savoir pour me stimuler l'esprit.

L'université est tellement grande que je m'y perds presque à chaques fois. En marchant dans l'infini labyrinthe, on aurait envie de croire qu'on a changé de dimension. Pendant de longues minutes, on se retrouve seul dans l'austère trace du temps, avec les lumières jaunes et grésillantes et les murs jaunis aux airs de viel hopital de film d'horreur, dans un silence parfait et lourd. Mais dans ces couloirs sans fins, milles portes derrières lequelles des secrets se dévoilent et des promesses s'élaborent alors que de simples étudiants perdus comme je peux l'être trainent à coté de ces lieux placardés d'avertissement de danger chimiques ou nucléaires.

J'adore.

C'est comme les bibliothèques ou les musées, ces impressions de froler tant de savoir, de sentir toute la grandeur et la petitesse de son humanité.

Puis au détour d'un couloir, on retrouve le troupeau, le cahut de la classe devant laquelle bafouille un chercheur sorti de sa caverne pour accomplir malhabilement son obligation d'enseigner à une bande d'ignares heureux.

Elle est belle la vie d'étudiante, sur le fil entre l'innocence et le savoir, pour le meilleur et le pire, apprendre toujours plus qu'on ne sait rien de ce monde si complexe, merveilleux et épouvantable, mais en ressortir grandie, épanouie.

vendredi, janvier 19, 2007

Iles galapagos

J'ai tant de mots dans la tête que je n'arrive plus à faire des phrases. Tant de choses ressenties que je devrais écrire par pages plutôt que par lettres, en empruntant les paragraphes de ceux qui savent dire mieux que moi. Essayons quand même d'écrire ce soir.

Je vis aux iles Galapagos,

là ou les grands courants se rencontrent, ou de fascinantes bêtes ont évolué autrement ou le feu à tout créé, permi à la vie de s'imprégner sur la lave froide, de devenir magnifique.

Là ou les volcans qui dorment permettent de vivre dans la crainte et le respect de sa chance. De respecter la fragilité de notre amas d'atomes, de la trouver belle.

La beauté est dans la dévastation, l'évolution y prends racine, les fleurs sont plus belle là ou jadis il n'y avait plus rien. Parce que le bonheur est un parfum de mélancolie et d'espoir, c'est la vie qu'on voit naître et renaître surtout là ou elle ne devrait pas y être, prouvant sa suprématie.

La dessus, je vais jouer sur mon ile.

dimanche, janvier 07, 2007

L'autre vélo

J'ai adopté un nouveau vélo. Rouge, avec un panier en avant, comme celui que je voulais lorsque j'étais petite. Un petit peu rouillé aussi, pour pas avoir trop peur de l'hiver qui finira bien par arriver ni des méchants voleurs qui sillonnent Montréal. Il est un peu vieux, un peu croche, rien à voir avec mon superbe bolide bleu, mais peu importe; sur sa selle un peu trop grande, je me suis sentie toute petite derrière le panier, plus droite, moins pressée. En le bordant d'une toile pour la nuit, je me suis dit que j'aimerais probablement ce vélo plein de vécu gros comme on aime un vieux chien bâtard qui nous a vu grandir.

samedi, janvier 06, 2007

Taggée

C'est grace à Sauterelle que vous apprendrez 5 choses inédites et jamais dévoilées sur ce blog jusqu'a présent...

(roulement de tambour)

1. J'ai été clown, avec le nez, et tout... J'ai aussi été, dans le désordre, hôtesse, emballeuse de farines biologiques, une fatiguante qui vous appelle pour un sondage sur l'heure du souper, assistante dans une clinique vétérinaire, représentante commerciale pour un jeu d'arcade, buss girl, vendeuse dans une boutique de jouets, monitrice de camp de vacances, commis de dépanneur, serveuse, superviseure et intervenante psychosociale dans un refuge pour femmes sans abris et préposée aux manèges à la Ronde. Fallait bien payer mes études en soins infirmiers, photographie, langues, questions internationales, Droit et tout les cours comme étudiante libre que j'ai fait avant de retourner en soins infirmier.

2. En cinquième année, un professeur m'inscrivit a un coucours d'art oratoire. Ne me fiant qu'a mon talent, je négligeais d'apprendre mon texte et me retrouvais seule au milieu d'une scene, figée devant les juges et devant toute mon école pendant de longues minutes, incapable de bouger, jusqu'a ce que quelqun vienne me chercher et m'ammène dans l'arrière scène. C'est ce jour là que j'ai appris que mon talent, mon intuition et la chance ne suffiraient pas toujours. J'ai pourtant attendu au cégep avant d'être assez convaincue pour me mettre à étudier.

3. J'ai cru mourir plusieurs fois, quand on médecin peu précautionneux m'a annoncé que j'avais une tumeur au cerveau mais qu'il n'avait pas plus d'informations pour l'instant, quand je me suis piquée sur une seringue infectée au HIV et à l'HepC et les dizaines de fois ou on allait cueillir des vers de terres dans les champs du vieux Bellerose et qu'il sortait pour nous chasser de ses champs avec son fusil et sa rage légendaire.

4. Depuis que je suis toute petite, je rêve du grand Nord. J'ai depuis ajouté bien d'autres destinations dans les endroits que je veux voir, mais le Nord garde toujours sa place privilégiée et les clubs med m'inspirent toujours un certaine répulsion (ou répulsion certaine).

Je tag quiconque lit se blog et a envie de tenter l'exercice!

vendredi, janvier 05, 2007

Ma maison, c'est la neige.

Des jours inhabituellement chauds, sans ce cristal blanc qui habille le ma région de noblesse. On ne veut pas de soleil, c'est le froid de janvier qui nous manque, qui me manque.

Je ramène des vacances quelques boîtes en souvenir d'une partie de la vie d'une petite fille joyeuse perdue dans une maison triste. Quelques boîte prises en vitesse d'une maison depuis longtemps trop petite pour grandir. Quelques cartons remplis de mes petits dessins, de photos, de mes premiers livres.

Adieux aux planchers déchirés, paix aux souvenirs douloureux, tout le monde à déserté la maison rouge qui méritait d'être fermée pour la dernière fois. Sans regrets. Ce n'est plus chez moi depuis longtemps. Ça ne l'a peut-être jamais été.

Et eux, ils sont partis ailleurs, me faisant cadeau pour noël de milliers de kilomètres de paix et de la culpabilité de n'éprouver aucune tristesse autre que celle de souhaiter avoir pu garder avec moi de mes premières années de vie avec mes parents plus que quelques boîtes de déchets auquels j'essaie de prêter un peu de valeur. Ces boîtes que je suis allées prendre moi même alors qu'ils étaient déjà partis.

Moi, tout ce que je veux, c'est de la neige pour aller skier.

Parce qu'il n'y a rien de plus vrai que le froid qui pique les joues, rien pour quoi je sois plus reconaissante que le sang que je sens battre dans mes veines, que l'air qui lutte pour trouver son chemin ne cédera pas sa place, et alors je sais que je suis en vie, que cette vie est la mienne, mon choix, mon bonheur et ma liberté, et alors je me sens capable de tout pardonner et d'aimer parce que c'est la seul moyen de narguer la méchanceté et l'injustice tout en gardant les yeux ouverts.

La neige, parfois, c'est tout ce qui importe.
Parce que sans neige, il n'y a pas de printemps.
Parce que la neige, c'est ma vraie maison, parce que chaque flocon est un souvenir et une promesse de bonheur.
C'est le ski avec grand-maman, les forts avec Catherine et Charles, le patin sur le lac, les guerres de boules en attendant le bus...
Noël vert, c'est pas pareil...

Moi, tout ce que je veux, c'est de la neige pour aller skier. Désespérément.

jeudi, décembre 14, 2006

L'infini qui se cache

Voir un monde dans un grain de sable
et le ciel dans une fleur sauvage
tenir l'infini dans la paume de ta main
et l'éternité dans une heure
-William Blake


Les plus grandes choses sont dans les petites, c'est ce que j'aurais voulu écrire aujourd'hui mais Blake l'a fait avant moi ;o)

mercredi, décembre 06, 2006

De l'amour...

J'ai envie d'écrire sur toutes ces questions qu'on a peur de se poser, par craite de casser les angles du bonheur si vulnérable qu’on a accroché au coeur, juste à coté des doutes, d’écrire sur la fragilité, celle des choses, la mienne, celle des autres.


Mes certitudes ont toutes leur part de doute.


Je me souviens de la part de papillon qui accompagnait l’incertitude des premiers jours, des nuits sur le balcon, et tout cela me manque.


Je voudrais fuir l’indifférence que je vois parfois dans ses yeux, qu’il lit probablement dans les miens. L’habitude, ces moments ou on ne se voit plus, entre d’autres magnifiques, j’ai peur que ces derniers s’estompent au profit des autres, pas encore, mais nous marchons sur une corde raide et je ne suis pas sure d’être funambule.


Mais pour éviter le fil, il faudrait que ne commencer des histoires d’amour, syncroniser les ruptures avec le début du vertige, le vrai, celui qu’on a au dessus du vide, l’endroit ou on se sent parfois seul ou trop à deux, ou on a plus que n’importe ou ailleurs l’impression de perdre l’équilibre alors qu’on reste debout.


On regarde à coté et on voit l’autre, on se méprend parfois en le tenant responsable du vide en dessous, du vertige en dedant, du ciel qui annonce la tempête, alors que c’est l’ordre des choses, qu’on est simplement soumis aux forces du monde et qu’il en a probablement le souffle coupé lui aussi, parce qu’il a pris le risque du même chemin.


Une transition à apprivoiser, doucement, le quotidien sans l’oubli, se laisser être humain l’un l’autre, avec mes pieds froid et son cheveu blanc, avec nos rires et nos ennui.


Et je n’ai aucunement envie d’un être moins extraordinaire que lui. Ce sont toutes ces questions de sentiment qui m'effraient, et je ne suis pas Alexandre Jardin.



Aimer est un apprentissage. Il faut se dépasser soi même pour avancer, aller véritablement plus loin, tout en ayant la douceur de modifier la cadence pour prendre quelqun par la main, d’accepter de vivre averc la possibilité que l’autre ne veule plus avancer avec soi un jour, de choisir d’avance de rebrousser chemin seul,


d’aller ailleurs plutôt que de se regarder mutuellement mourrir, statique, au bord de la route, de mourrir ensemble mais séparés en regardant ailleurs.


Certains ont oublié que construire l’amour, que de le garder vivant, continuellement, est un aussi beau défi que de le créer et de le voir naître, fragile. Il grandit et reste tout aussi fragile, se calque sur le bonheur, parfois caché, subtil, mais illuminant la vie.


Toucher le ciel en gardant les pieds sur terre demande de grandir.


Je me demande s’il a aussi les mêmes doutes au fond des yeux, s’il se sent seul parfois lui aussi, envahi d’autres jours, s’il a peur, s’il se questionne sur la nature des sentiments, si je l’emmerde par bout, s’il aurait envie de partir pour qu’on se rertouve mieux parfois. Des questions que j’ai peur d’aborder de peur de casser un peu de la confiance qui nous lie, de peur d’être mal le dire, de peur que ça arrête.


Et pour prouver que je ne suis qu’une kétaine et que j'assume, j’ajouterais ceci, que je ressens comme si je l’avais écrit moi même. Entendu à l’intermarché hier alors que j’achetais du pain et que toutes ces questions trottaient au fond de ma tête :


J'ai compris tous les mots, j'ai bien compris, merci
Raisionnable et nouveau, c'est ainsi par ici
Que les choses ont changé, que les fleurs ont fané
Que le temps d'avant, c'était le temps davant
Que si tout zappe et lasse, les amours aussi passent

Il faut que tu saches

J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore

Fallait pas commencer m'attirer me toucher
Fallait pas tant donner moi je sais pas jouer
On me dit qu'aujourd'hui, on me dit que les autres font ainsi
Je ne suis pas les autres
Avant que l'on s'attache, avant que l'on se gâche

Je veux que tu saches

J'irai chercher ton cœur si tu l'emportes ailleurs
Même si dans tes danses d'autres dansent tes heures
J'irai chercher ton âme dans les froids dans les flammes
Je te jetterai des sorts pour que tu m'aimes encore

Je trouverai des langages pour chanter tes louanges
Je ferai nos bagages pour d'infinies vendanges
Les formules magiques des marabouts d'afrique
J'les dirai sans remords pour que tu m'aimes encore

Je m'inventerai reine pour que tu me retiennes
Je me ferai nouvelle pour que le feu reprenne
Je deviendrai une autre après qui tu soupires
Ces jeux seront les nôtres, si tel est ton desir

Plus brillante plus belle pour une autre étincelle
Je me changerai en or pour que tu m'aimes encore.

mardi, décembre 05, 2006

Spaghetti

La sauce à spag, c'est pour l'odeur que ça laisse dans la maison, pendant des jours. La même recette que grand-maman, la même façon de saupoudrer les épices, il n'y a qu'a se fermer les yeux pour revoir la maison du premier rang Ramsay, les joues rouges et l'appétit dévorant de petite fille qu'on a après une journée passée dehors.

jeudi, novembre 30, 2006

Les lumières

Le paysage illuminé me fait miroir
mais je ne saurai qu'être timide
humble des couleur de mes yeux
un secret, chut
parce que je connais les voiles humides qui couvrent d'autres pupilles
ces voile que le bonheur des autres épaissit
quand on est seul et qu'on a que son courage pour affronter le froid.
Et à ceux là, on voudrait dire qu'il rester l'espoir
mais on aurait tellement préféré dire autre chose, promettre.
On aurait tellement voulu...

mais il y a des chose qu'on ne peut donner,
comme la capacité de voir la lumière même dans le noir
de la suivre, d'y croire et de la trouver
jusqu'a ne voir que ça.



En attendant ils installent les lumières
signe de l'année qui arrive, de ses milles espaces,

à fuir vers une terre jazz encore humide, la nouvelle-Orléan
à retrouver l'encre des livres, l'université
à retomber dans les flocons, l'hiver
à attendre sa patrie tout azimut, la France
à espérer des terres de poussières et de soleil, le Mali


La réalité est plus belle que les histoires qu'on se raconte.
La vie coule donnant raison aux espoirs qu'on a jamais pu réfuter.

C'est qu'il y a ces gens qui colorent les lignes de mon destin
qui tachent mes mains et mon coeur de couleurs
pareilles à celles qu'on suspends aux arbres pour Noël.

lundi, novembre 27, 2006

Souvenirs de combat

Ca c'est mon fusil. Y'en a beaucoup comme ça mais lui c'est le mien. Mon fusil c'est mon vrai copain. Lui c'est ma vie. Il faut que je maîtrise mon fusil comme il faut que je maîtrise ma vie. Car sans moi mon fusil ne sert à rien. Et sans mon fusil je ne sers plus à rien. Je fais feu pour mettre dans le mille. J'ai plus de précision que mon ennemi qui essaie de m'abattre.


Qui aurait cru que je me retrouverais au front? Je me souviens...

L'air est froid, ça sent la poussière mais on ne s'en rends pas vraiment compte, occupés à se terrer avant de se propulser plus loin, plus près de l'ennemi, de sa mort ou de la notre. Le bruit de mon coeur est plus assourdissant que le bruits des balles qui fendent l'air trop près de ma tête. Mais je me découvre un courage nouveau pour couvrir ceux qui foncent courageusement au devant des nôtres.

Je sens un liquide entre mes doigts. Je suis dégoutés. Il y a partout des uniformes qui s'imprègnent de ce liquide visqueux mais qui continuent de lutter malgré la douleur. Mon fusil est froid comme la sueur qui me coule dans le dos. Je me demande ce que je fais là et soudain, la peur m'envahit. Je le sens, l'ennemi est parmis nous, je suis traquée.

Je regarde autour, que les notres. Devant, ils se cachent. C'est le bon moment. La peur au ventre, je tire en rafale et cours vers une planque ou nous sommes plus nombreux.

C'est alors que je le sens, comme au ralentis, la première balle touche ma cuisse gauche, la seconde pénètre mon mollet droit. La douleur est lancinante, je ne peux plus courrir.

Je porte la main au mollet. Je suis bien touchée. La peinture blanche salit mon pantalon pendant que ce maniaque de l'équipe des bleus continue de tirer. Merde. Ok, arrête: la guerre, c'est pas une raison pour se faire mal! Eh!!! C'est qu'un jeu de paintball! Je suis une pacifiste moi!

Qu'es ce qui est le plus maniaque: jouer à se tirer avec des balles de peintures ou dormir dehors en plein mois de novembre, avec l'espoir qu'il gèle pour avoir de la glace pour mieux lutter avec le canot? Quoi qu'il en soit, je m'amuse bien!

vendredi, novembre 17, 2006

L'exil 100 fois

J'aurais aimé aujourd'hui aller me promener dans les pas de mon enfance, aller tracer ces sentiers qui peu à peu redeviennent sauvages et disparaissent.

Il faut parfois marcher longtemps pour revenir à ses racines. Aujourd'hui, après avoir dédrapé plusieurs fantomes, je me rends compte de la partie de mon coeur restée là bas, de ces petites traces de pieds qui m'ont portées vers ici.

Chaque fois que j'y retourne, l'image d'un présent si semblable et tellement différent de la succession d'images un peu statiques que j'ai pour souvenirs me trouble. Le paysage reste le même mais je ne suis pas la seule à vieillir.

Le temps, si doucement, passe sans possibilité de retour. Et c'est beau, tout de même, la vie qui coule.

Je voudrais quand même stopper le temps, les voir grandir, vieillir, faire partie de leur quotidien, que mes souvenirs coulent avec le présent.

Que mes absences ne coupent pas le fil.

J'ai roulé 400 milles
Sous un ciel fâché.
Aux limites de la ville
Mon cœur a clenché.

Les gros flashes apparaissent
Dans mon âme égarée,
Les fantômes se dressent
À chaque pouce carré.

Revenir d'exil
Comporte des risques
Comme rentrer une aiguille
Dans un vieux disque.

Y a eu ben du progrès,
Ben d' l'asphalte, ainsi d' suite;
J' me demande qui j' serais
Si j'étais resté icitte.
(Richard Desjardins)

J'me demande juste qui j'serais
si j'étais restée là bas.

Comme sur des roulettes

Tout va si bien que j'ai même oublié d'être timide avec les gentils amis d'O. qui sont venus souper ce soir.

Et je n'ai toujours rien à écrire. Mon âme est en mode bonheur et c'est encore plus doux lorsqu'on a connu les batailles et la loi de Murphy à son meilleur trop souvent.

Je suis de bonne humeur, comme si tout était plus beau. Mon petit chat qui était si malade est guéris. J'ai le temps d'aller en perdre chouettement aux RIDM. Et lorsque je me couche dans la lumière tamisée de ma chambre, je me dis que c'est merveilleux quand quelqun arrive même à nous offrir la lumière.

Maintenant, j'attends la neige. La vraie. Celle qui reste, qu'on peut mettre en boule ou en bonhomme.

lundi, novembre 13, 2006

1095 jours

Les échos annoncent 1095 jours de papillons, 1096 si on a de la chance, si le décalage des astres et des années nous fait cadeau d'un jour de février et d'une dernière lune.

Pas plus.

On dit qu'après, rien n'est plus pareil, que le voyage devient fade, que ceux qui ne sautent pas de ce train aux wagons démembrés le font par peur.

Je ne veux pas y croire.

Il y a un papillon, le notre, qui vole depuis 150 jours, si haut parfois, toujours là même s'il ferme parfois ses ailes colorées et réveille quelques larmes clandestine que j’ai au cœur plutot que dans l’iris.

Mais je sais que ce papillon porte quelque chose d’invisible sur ses ailes, un sentiment si léger qu’il glisse sur les vents, à faire mentir tous les échos du monde.

Et si on doit sauter du train, on sautera ensemble. J’aimerais.

Parce qu’on peut réinventer les papillons pour rêver le jour pendant cent ans.
Parce qu’il y a des petites choses que j'avais voulu créer avec des éprouvettes de verre, plus maintenant.
Parce qu'il connais le vent et moi la neige. On survivra mieux ensemble dans ce monde à découvrir et renouveler.
Parce que sans raison, je me surprends à ne pas vouloir être ailleurs.
Mais surtout, parce que c’est lui.



Et si l’écho disait vrai, je donnerais tout pour cette dernière lune qui ne présagerait plus ni mars ni le printemps.

3 ans, c’est trop court, et je ne sais même pas le dire.

mercredi, novembre 08, 2006

RRRRrrrrRRRRrrrrr

Il y a lové dans mon cou une minuscule boule de poils tigrés roux qui ronronne.

lundi, novembre 06, 2006

Intemporel

La légende des siècles, Victor Hugo


C'est parce que je roule en moi ces choses sombres,

C'est parce que je vois l'aube dans les décombres,

Sur les trônes le mal, sur les autels la nuit,

C'est parce que, sondant ce qui s'évanouit,

Bravant tout ce qui règne, aimant tout ce qui souffre,

J'interroge l'abîme, étant moi-même gouffre ;

C'est parce que je suis parfois, mage inclément,

Sachant que la clarté trompe et que le bruit ment,

Tenté de reprocher aux cieux visionnaires

Leur crachement d'éclairs et leur toux de tonnerres ;

C'est parce que mon cœur, qui cherche son chemin,

N'accepte le divin qu'autant qu'il est humain ;

C'est à cause de tous ces songes formidables

Que je m'en vais, sinistre, aux lieux inabordables,

Au bord des mers, au haut des monts, au fond des bois.

Là, j'entends mieux crier l'âme humaine aux abois ;


vendredi, novembre 03, 2006

Chinook

Mon petit chat est disparu depuis assez longtemps pour comprendre qu'il s'est aventuré vers une de ses autres vie.

C'est triste sans petit chat, sans mon petit chat.

Si vous tombez sur mon Chinook dans sa prochaine vie, faites lui un calin pour moi, un gros, même s'il vous réveillera la nuit pour vous emmerder et même s'il perds ses poils.

C'est fou comme on s'attache a ces petites bêtes tellement pleines de personnalité. Comme tous ceux qui partagent la royauté d'un chat, je dirais que Chinook n'étais pas un chat ordinaire. Il fut une fidèle présence ronronnante dans pleins de maisons, de situations et d'humeurs.

Peut-être était il vieux de tout ce qu'on a vécu ensemble, à grandir plus vite que les années. Mais on a bien vécu et on a jamais manqué de croquettes, hein le chat? Juste d'un peu de litière parfois. Juste d'un peu de temps. Et surtout, surtout, d'espace. Je suis désolées de ces rues et ruelles. Tellement désolée pour cette fin.