vendredi, janvier 25, 2008

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger

J'arrive où je suis étranger

     -L. Aragon

mercredi, décembre 05, 2007

Lendemain matin à Stalingrad

A Stalingrad, je me suis réveillée au son du silence de l'après guerre, les pelles de la pseudo-résistance abandonnées sur les balcons, capitulation éreintée et heureuse devant les régiments de neige ayant pris possession du pays.

Les char d'assaut locaux sont rangés jusqu'à cet après midi, leurs traces à moitié effacée dans ce paysage blanc et gris. Nos plus valeureux guerrier font la sieste doudou près du coeur ou travaillent distraitement les lettres en ne pensant qu'à hériger des monuments en l'honneur de l'envahisseur avant d'aller souper.

Et nous aussi, nous feront des statues avec des carottes en guise de nez, portant fièrement les nouveaux emblèmes du pays assiégé, foulards, mitaines et pompons colorés, nous amusants comme nos petits soldats dans la ruelle feutrée de blanc qui n'arrive pas à imposer son immobilité paisible à ses sujets heureux.

vendredi, novembre 16, 2007

Risque d'être

Je préfèrerais être une ombre dans tous les fuseaux horraires, furtive, que d'être entière et dévoilée en pleine lumière sous tes yeux, pour que tu m'aimes milles fois par secondes, parrallèlement, sans me savoir réelle avec certitude.

Mais je prends des risques plus grands que ce que je crois être, et je reste là, et je reste moi, juste parce que tu es ce que je voudrais être, un espoir flou et prometteur dans lequel je crois.

mardi, septembre 18, 2007

Ne pas le dire

Le dire serait déjà réduire ce qui est bien plus que tout ces mots.

Je voudrais en créer quelques uns juste pour lui, comme on invente notre quotidien, sans la mievreur et la petitesse des je t'aime de tout le monde, frais comme l'herbe mouillée des matins de soleil.

Mais je n'en trouve pas qui glissent et qui craquent comme des fraises pleines de sucre et qui se chantent comme un rire d'enfant.

Il y a quelque chose d'extraordinaire dans l'ordinaire de mes jours avec lui et qui excuse sans doute ma façon d'être si banale malgré moi.

mardi, août 28, 2007

Silences

Je vis dans mes silences sur l'été généreux qui s'achève, un peu perdue dans mes rêves, fatiguée des mes nuits blanches et de leur jours sombres.

Je ne sais quoi dire de ce qui coule de mon coeur alors je me tais, imprécise d'un silence qui reste ma plus sincère parole.

J'ai voudrais pouvoir assumer cette envie de froid, de glaces et d'immobilité; les états de cette saison qui impose ses épaisses neiges nous coupant du monde, même si ces envies là passent lorsquee les nuits redeviennent sombres et silencieuses.

On ne choisit pas ses lunes.

Mais on peut aller les voir d'une autre planète. Regarder son reflet et reconnaître le décor. Et se taire. Puis revenir.

samedi, août 18, 2007

Vide

Il y a des soirs ou on a la chance de se retrouver seuls avec nos vides. Entre tous les bonheur qu'on peut vivre, ils restes là, sans fin ni fond, n'attendant qu'un carton ouvert et un moment de solitude pour envahir un instant plus long qu'a son habitude. L'absence prends tant de place.

Mais je n'ai pas peur: dans mes rêves, je sais voler.

lundi, juillet 30, 2007

25 ans

Aujourd’hui, j’ai atteint le quart de siècle. Si j’avais eu 7 ans et qu’on m’avait appris cette étrange nouvelle, je l’aurais trouvé bien déprimante. 25 ans vu 7 ans et un pied de moins en hauteur, c’est être adulte, vieux, trop grand et rabougris, mais voilà que mes prévisions enfantines s’avèrent fausses, que j’ai a peine dépassé les 5 pieds et que je ne suis qu’une écureuil trépignant de joie sur sa montagne de noix.

24 ans et 364 jours d’expérience m’ont apprises que les bonnes choses prennent de la profondeur et de la saveur avec l’age. : le fromage, le vin, les maisons et moi…
De toute façon, les écureuils ont toujours 7 ans si ça leur plait, les autres âges n’étant que des possibilités qui s’ajoutent quand c’est utile.

Je suis heureuse, d’autant plus que je viens de déplacer mon tas de noix avec celles d’un écureuil noir (avec quelques poils blancs) qui me laisse tout le fromage pour moi toute seule. On a plusieurs tonnes de branches à explorer et encore plein de nouveaux soleils à venir pour se regarder courir plus haut que le plancher des vaches.

samedi, juin 30, 2007

Déménager

Déménager ma vie ailleurs, partager mon lit, incorporer le cochon aux pattes de velour et des cartes aéronautiques dans mon paysage. On ne perds rien de ce qui était avant la fusion de nos deux univers, ce sont nos racines, notre prologue; on y gagne de l'espace et du possible.

Je n'ai pas peur, le coeur dans une boîte à moitié faite. C'est parce que je l'aime.
Parce qu'il y a demain et tout le reste.

mercredi, juin 20, 2007

La guerre

Il y a des nuits ou des peurs coursent dans mon corps en ne laissant qu'une empreinte inidentifiable, me laissant fragile comme une petite chose combative et traquée. Lorsque j'arrive à pleurer, c'est que j'arrête de me battre et qu'enfin cette lourdeur des exigeances que je m'impose laisse la place au reste de moi pour respirer. J'ai le droit de n'être qu'imparfaite, de baisser la garde, d'être insouciante face à ce monde qui pourrait me faire mal ou pire encore, insouciante face à ces imperfections que j'ai peur de découvrir en moi.

Ne pas essayer de controler le cours des choses n'est pas naturel. Vivre du bonheur qui me tombe dessus me semble anormal vu l'effort que j'ai pu mettre à le produire en artisane bornée avant.

Il est plus dur d'apprendre le calme lorsqu'on est un vétéran de guerre. L'inertie me semble suspecte, comme si les troupes ennemies m'épiaient ou qu'un champ miné était devant sur mon chemin bucolique. J'avance bordée de paquerettes sous d'énormes nuages dans un ciel bleu, les nerfs a vif comme si j'étais au coeur de Bagdad. Se préparer à se battre est aussi fatiguant que le faire mais surtout, parfois inutile.

Je prends ma retraite de la guérilla jusqu'à ce que j'arrive à devenir un maître zen. J'ai assez vu de sang mais je ne regrette rien de tout ce que j'ai gagné en force et connu sur les champs de bataille.

Il y a aussi un temps pour reconstruire.

mardi, juin 05, 2007

Le retour

De retour dans ces gestes familiers dans lesquels qui ont mon empreinte, un peu déphasée, un peu changée d'avoir évolué sans elles, de nouvelles expériences écrites dans les lignes de mes mains et les pieds un peu plus usés. C'est toujours chez soi qu'on revient de toute façon, qu'on s'y sente perdu ou pas. Moi j'ai beaucoup de chance, je me retrouve.

J'ai vu là bas des châteaux, d'heureux privilégiés et des enfants au visage sale chanter dans le métro. C'est que de la vie, toujours pareille, merveilleuse même dans ses injustices, de sa force brute qu'on trouve partout.

Trouver et retrouver. Une autre famille ou un gaillard adorable qui m'attends et m'intimide un peu, le visage plus sombre, les yeux plus clairs et de nouveaux symboles autour du cou. Ces trains qui partent. Un long chemin. Une mère qui pleure. Une grande tour, jusqu'en haut, des falaises aussi. La guerre. Des chants basques, de toutes petites voix dans la grande cathédrale.
Un sourrire de grand-mère oublieuse. Des nuages et du soleil.

Omniprésents, un avion, des plages, des épaves, l'amitié. Des choses qui m'échappent mais que je lui souhaite encore.

J'attends de regagner ma place dans le moelleux de ma couette, maintenant deux ronrons à réapprivoiser plutot qu'un.

mardi, mai 01, 2007

France

Demain, j'irai jouer à la marelle sur les fuseaux horraires vers une autre toile de fond ou peindre d'inestimables souvenirs.

À l'échelle d'une carte, le monde est un jeu d'enfant.
       -Laurent Graff

mardi, avril 24, 2007

Lâcheté

Let me Fall - Josh Groban




La vie est parfois lourde à plaquer au sol, irrespirable.

Je m'efface de mon miroir, floue comme ces aveugles à qui j'adjuge la responsabilité de ce coté du monde qui, parfois, transperce et torture en toute hypocrisie. Mais moi je ferme les yeux de toutes mes forces toutes ces petites fins du monde, mon âme se désarticule.

Et je me saoule de bonheur pour oublier ce que je n'oublie jamais. Puis-je faire autrement?

Hier, une fille que j'aurai pu être est morte seule dans la rue après une 24 ans d'abandons et d'abus, dans l'indifférence la plus générale. La fin pour elle était prévisible, volontaire, mais on ne traduira jamais en justice ceux qui l'avaient tuée avec violence et devant témoins bien avant sa mort esseulée.

Il y a tout ces vivants qui souffrent autant qu'elle et à qui je n'ai pas su dire au revoir les yeux dans les yeux. Je n'ai plus le courage de mon impuissance, mais j'y reviendrai un jour. Autrement.

dimanche, avril 22, 2007

Vent de souvenirs

Il y a quelque chose dans l'air ce soir qui me ramene à lui, le vent chaud et frais d'une nuit d'été naissant qui dépose des souvenirs sur ma peau.

Fébrile.

De vieux batiments défilaient à coté de nous dans la ville endormie. Nous dormions peut-être aussi puisque nous rêvions assurément. Nous allions quelque part mais nous ne savions pas jusqu'a quel point, se retrouvant surpendus à un balcon plein d'étoiles jusqu'a ce que l'aurore les chasse.

Et cette brise, la même qui revient me visiter, tangible, rendant douce son absence, palpable. Il est si présent même ailleurs.

mercredi, avril 18, 2007

Se relire

Ce qu'on a pu souffrir pour être si heureux.

Chroniques étudiantes 1

J'ai laissé mes gros livres grands ouverts au milieu de mon lit, les feuilles libres s'envollant un peu partout dans mon bordel ambiant laissant de quoi s'amuser au chat autre que mes crayons et mes orteils qui bougent. Je quitte mon cloître et les yeux ronds de mon clandestin à moustaches pour aller chercher des vivres.

Il y a du soleil partout dehors, de l'air pur tant qu'on en veut.

Une brève fuite à l'air libre.

5 jours... 5 jours... 5 jours...

jeudi, avril 12, 2007

Snapshot

Je les aime, moi, ces derniers flocons qui viennent fondre sur le bout des nez. C'est un peu de magie en poudre pour oublier le stress des examens finaux, un instant gelé dans des minutes trop pressées.

Juste un avant gout de liberté.


Je m'envole le mois prochain vers le vieux continent sans devoirs dans mon sac à dos.

jeudi, mars 15, 2007

Faute d'aimer

La nuit parfois, je pense à vous,
à milles lieux l'un de l'autre et loin de nous.

Faute d'aimer.

Vous n'êtes que de grands enfants qui se perdent et se sauvent en boucle.


Je vous oublie tout les jours pourtant, en vous remerciant de votre leg, ce vide que je prends comme espace de liberté.

Pas vraiment de parents, mais tellement d'autres choses.

Tellement de choses à rêver que je crois pouvoir arriver, cette fois, à fermer les yeux jusqu'a demain.



mercredi, mars 14, 2007

Ici





"C'est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l'envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu'on y croise, aux idées qui vous y attendent... Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c'est qu'on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait."

"A l'est d'Erzerum, la piste est très solitaire. De grandes distances séparent les villages. Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu'on arrête la voiture et passe la fin de la nuit dehors. Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tiré sur les oreilles, on écoute l'eau bouillir sur le primus à l'abri d'une roue. Adossé contre une colline, on regarde les étoiles, les mouvements vagues de la terre qui s'en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l'aube se lève, s'étend, les cailles et les perdrix s'en mêlent... et on s'empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s'étire, on fait quelques pas, pesant moins d'un kilo, et le mot "bonheur" paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui vous arrive."
Nicolas Bouvier





Comment expliquer que c'est ici que je me sens dans l'esprit du voyage?

Difficile d'expliquer ce doute face à ce départ que j'ai pourtant si longtemps cherché, cette graine d'incertitude. Mais pourquoi s'en aller quand on a envie de rester encore un peu, lorsqu'on se découvre de nouvelles envies, de nouvelles aventure, des chemins neufs qui commence à 2 pas de soi?

Voyager, c'est ces autres yeux qu'on prends pour voir le monde plus que les lieux qui nous entourent. Je les ai ces yeux, ici, maintenant, et j'ai envie de lire encore ce pays aux milles visages; dans ses sourrires et ses airs las, tellement de choses à découvrir.

J'ai toujours cette immense carte du monde au dessus de mon lit, presque la même que celle qui était dans le bureau de grand-papa, et elle me fait encore autant rêver. Je ne suis pas de mon village; les gens de St-Félix ne rêvent pas du monde parce que le monde se limite pour eux à ce qui est visible en tournant la tête. La petite fille que j'étais adorait passer des heures dans les vieux atlas qui faisaient parure dans la bibliothèque ou écouter des documentaires sur des pays étranges et fascinant. J'aurais voulu danser avec les papous et je me voyais vivre dans les cités d'or. J'adorais partir même si c'était pour camper dans les bois entre les 2 rangs Ramsay. J'étais intenable.

Aujourd'hui pourtant, j'ai choisi de ne pas partir. J'ai envie de faire ce voyage qui m'appelle en moi même avant de pouvoir me connecter sur le reste, pour mieux profiter du reste quand viendra le temps.

J'ai envie de respirer l'air du monde avec une autre main dans la mienne. Que deux regards se croisent en regardant ensemble dans la même direction.

Lorsque tout est possible, choisir de rester est un voyage comme un autre.

On partira... plus tard...

En attendant, je reste.

« La grande aventure, c'est de voir surgir quelque chose d'inconnu, chaque jour, dans le même visage. C'est plus grand que tous les voyages autour du monde. »
Alberto Giacometti

mercredi, mars 07, 2007

Coeur de pomme






J'ai un coeur de pomme.

Lui, c'est un drôle d'oiseau.

Et je l'aime très fort, tout bêtement.

C'est sucré et aérien, un peu de nous deux, presque enfantin, dans l'espace ou toujours peut être léger comme si le monde ne saurait être gris.

Aussi vrai que le père noël existe lorqu'on a 4 ans, j'y crois fermement.

En souhaitant ne jamais vieillir,
de ne pas perdre le goût de tout ça
et de ne jamais oublier.